B.R.I. (Banque des Règlements Internationaux)

Six ans après l’éclatement de la crise financière, l’objectif d’atteindre une «croissance économique robuste, durable et équilibrée reste hors de portée», constate la Banque des règlements internationaux (BRI).

Six ans après l’éclatement de la crise financière, l’objectif d’atteindre une «croissance économique robuste, durable et équilibrée reste hors de portée»,  constate la Banque des règlements internationaux (BRI).

Depuis le début de la crise financière il y a près de six ans, les banques centrales et les autorités gouvernementales ont soutenu l’économie mondiale avec des mesures sans précédent. Les taux directeurs ont été maintenus proches de zéro dans les grandes économies avancées. Centrale des bilans bancaires des Banques centrales ont doublé, passant de $ 10 billions à plus de 20 billions de dollars. Et les Etats  un peu partout ont accumulé des montagnes de dette qui ont augmenté  de 23 billions  de dollars depuis 2007. Dans les économies des marchés émergents, la dette publique a augmenté plus lentement que le PIB, mais dans les économies avancées, elle a augmenté beaucoup plus rapidement, de sorte qu’elle dépasse maintenant Le PIB d’une année.

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Scott Mather- Responsable de la gestion du portefeuille monde chez Pimco: Nous n’en sommes qu’aux prémices de la crise de la dette. Pour la simple raison que le niveau d’endettement de la majorité des grandes économies est aujourd’hui supérieur à celui de l’année précédente. Tant que nous n’aurons pas au moins stabilisé le niveau de la dette des Etats par rapport à leur taux de croissance, la crise continuera.

L’importance de la dette crée de l’instabilité, qui elle-même entraîne de la méfiance parmi les investisseurs. Du coup, personne ne veut prendre des risques et s’engager dans l’économie réelle. Cela montre bien que notre modèle de croissance ne fonctionne plus correctement: les pays développés ne savent plus croître sans s’endetter, tandis que les pays émergents dépendent encore trop de la demande extérieure. La dette crée aussi une instabilité politique et sociale. Les années de récession annihilent les espoirs et l’environnement devient plus propice aux manifestations.  Les politiques doivent comprendre que les réformes – même si elles sont douloureuses – sont le seul moyen de renouer avec la croissance.

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Dimanche dernier  la banque des banques centrales a dressé un constat quelque peu désabusé des réformes entreprises ces dernières années par les Etats, en particulier en ce qui ­concerne les pays industrialisés. Une large partie de son 83e rapport annuel est consacrée à la question de la dette publique.

Selon la BRI, le poids de la dette, qui a atteint des niveaux record en temps de paix dans plusieurs pays développés, continue d’augmenter. Parmi 15 pays industrialisés passés en revue, 14 nations affichent un taux d’endettement supérieur à 80%, avec des niveaux encore plus élevés au Japon (228%), en Grèce (184%) et en Italie (144%). La situation est tout autre dans les pays émergents, où le Brésil affiche le taux le plus élevé, avec un taux d’endettement de 67%. Malgré certains progrès réalisés, un niveau d’endettement élevé représente clairement un facteur de vulnérabilité pour ces pays. En raison du versement d’intérêts élevés, il réduit la marge de manœuvre pour des politiques monétaires anticycliques. En revanche, une amélioration est observée en ce qui concerne l’évolution du déficit primaire du budget (déficit hors paiement des intérêts) dans tous les pays industrialisés. Selon la BRI, de nombreuses économies doivent encore réduire ce déficit, afin de se replacer sur une «trajectoire sûre» en matière d’endettement. La maîtrise des dépenses de retraite et de santé sera cruciale à cet égard.

PLUS DE BRI EN SUIVANT:

Entre les lignes, la BRI fait part de son scepticisme concernant les politiques de relance. «Avant de miser sur une expansion, il faut d’abord effectuer les réparations», a argumenté l’un des auteurs du rapport. «Il n’est pas possible de réduire l’endettement en commençant par emprunter davantage», juge-t-il.

Si la BRI appelle à une réduction de l’endettement, elle n’emploie nulle part le terme d’austérité dans son rapport. Elle préfère insister sur les réformes à mettre en œuvre, une tâche qui n’est pas du ressort des banques centrales.

«La politique accommodante des banques centrales durant la phase de reprise n’a, en vérité, octroyé qu’une période de répit», du temps pour assainir les finances des secteurs privé et public et pour engager des réformes, en par­ticulier celle du marché du travail. L’organisation se défend de vouloir dicter un agenda aux gouvernements: «Chaque pays a besoin d’ajuster son programme de réforme pour maximiser ses chances de succès sans mettre en danger la reprise de l’économie en cours. Mais, à la fin, seule une baisse de l’endettement et des réformes dans divers domaines permettra aux économies de retrouver une croissance robuste.»

Si tous les acteurs font leur travail, «les banques centrales seront en mesure de normaliser à nouveau leur politique monétaire».  La BRI, qui s’appuie sur les travaux effectués par quatre autres groupes de recherche et réalisés entre 2010 et 2012,  énumère plusieurs raisons qui expliquent pourquoi un endettement public élevé constitue un frein pour la croissance. Une hausse de la dette augmente les intérêts à payer par les Etats, ce qui réduit les dépenses gouver­nementales productives. De plus, une augmentation de l’endettement entraîne aussi une hausse des primes de risque pour la dette souveraine. Enfin, si la dette augmente, les autorités perdent toute flexibilité pour mettre en place des politiques conjoncturelles anticycliques.

Le seuil critique de 80%

Selon les quatre études analysées par la BRI, une hausse de 10% du ratio dette/PIB est associée à un recul de 13 à 17 points de base de la croissance du PIB par habitant pour les pays dont le niveau d’endettement dépasse les 80%. Selon la plus récente de ces études (Baum, Checherita-Westphal et Rother), qui porte sur 12 économies de la zone euro de 1990 à 2010, une hausse de 10% de la dette a eu un impact encore beaucoup plus négatif sur la croissance (recul de 59 points de base).

De plus, une hausse des niveaux d’endettement, lorsqu’elle intervient sur une longue période, ne peut pas être considérée comme due à un événement extérieur inattendu, mais résulte de décisions politiques délibérées. «Si une croissance faible persiste et si l’on ne s’attaque pas à ses causes profondes, augmenter l’endettement ne peut être qu’une solution temporaire. Tôt ou tard, cela poussera une économie vers son niveau d’endettement maximal», estime la BRI. Le seuil devient critique dès que le ratio d’endettement dépasse 80% du PIB. Une conclusion peu réjouissante pour le Vieux Continent, si l’on tient compte du fait que dix pays membres de la zone euro affichent un endettement nettement supérieur à 80%.

Les banques centrales doivent avoir le courage de retirer leurs mesures de soutien monétaire, mais leur priorité doit être d’empêcher une flambée des taux, dont les conséquences seraient dramatiques pour l’économie mondiale… Tel est en substance le message délivré par la Banque de règlements internationaux (BRI, la banque centrale des banques centrales).

Plus la décision des banques centrales de réduire leur soutien aux marchés est repoussée, plus les risques pour l’économie et les marchés sera important, avertit la BRI… « Plus les conditions accommodantes se prolongent et plus il devient difficile d’en sortir », affirme-t-elle, tout en admettant que cette sortie ne se fera pas sans heurts : « Les banques centrales sont conscientes du fait que la taille et la portée de la sortie sera sans précédent (…) Cela augmente les incertitudes qui y sont attachées et le risque que cela ne se fasse pas en douceur », prévient-elle.

La BRI se montre particulièrement inquiète pour le marché obligataire, où les pertes pourraient atteindre 1.000 milliards de dollars aux seuls Etats-Unis, si les taux d’intérêt montaient de 2,5% à 3% par rapport à leur niveau actuel. En outre, une hausse brutale des taux de refinancement des Etats entraînerait un nouveau et brutal alourdissement des dettes publiques qui plomberait la croissance mondiale, estime encore la banque…

La BRI met en garde et avertit de façon solennel: « Pensez  à ce qui arriverait aux porteurs de titres du Trésor américain (à l’exception de la Réserve fédérale) si les rendements obligataires devaient augmenter de 3 points de pourcentage dans l’ensemble du spectre des maturités: ils perdraient plus de 1 billion de dollars, soit près de 8% du PIB américain (graphique I.3 , panneau de droite). Les pertes pour les détenteurs de titres de dette émis par la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni seraient de l’ordre de 15 à 35% du PIB des pays respectifs. Les rendements ne sont pas susceptibles de monter de 300 points de base pendant la nuit, mais l’expérience de 1994, lorsque les rendements obligataires à long terme pour un certain nombre d’économies avancées ont augmenté de près de 200 points de base au cours d’une année, montre qu’un grand mouvement à la hausse peut arriver relativement vite. »

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French government spending

La dette française atteint un niveau record

L’endettement de l’Hexagone s’établissait fin mars à 1870,3 milliards, soit 91,7% du PIB. 

C’est un chiffre qui vient confirmer – s’il en était encore besoin! – la nécessité des efforts que doit faire la France pour assainir la situation de ses finances publiques. Au lendemain d’un sévère rapport de la Cour des comptes, mettant en garde contre les risque de dérapage du déficit public, l’Insee révèle que la dette vient de batte un nouveau record. En hausse de 36,5 milliards d’euros au premier trimestre, elle atteignait fin mars 1870,3 milliards, soit 91,7% du PIB. Le ratio de dette sur PIB a augmenté de 1,5 point par rapport à fin 2012 – elle atteignait alors 90,2% du PIB. Aujourd’hui, l’endettement représente plus de 28.600 euros par Français.

En France, la charge d’intérêt des administrations publiques (plus de 52 milliards en 2012) représente plus du double de l’effort budgétaire consacré à la recherche et à l’enseignement supérieur.

Le nouveau dérapage du premier trimestre tient surtout à un celui de l’État, dont la dette augmente de 37,3 milliards au premier trimestre, pour s’élever à 1477,2 milliards. La contribution des administrations de sécurité sociale ont progressé également de 2,4 milliards, alors que les collectivités locales se sont désendettées de 3,3 milliards d’euros sur les trois premiers mois de l’année.

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Source Le Temps/Boursier.com/Le Figaro Zerohedge Juin13

1 réponse »

  1. Je ne comprends pas pourquoi une augmentation du rendement des obligations ferait perdre de l’argent a leurs porteurs.
    Puisque par défaut une obligation perd de l’argent a cause de l’inflation.

    Si il y a un lien pour l’m’expliqué le phénoméne, je suis prenneur.

    merci

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