Art de la guerre monétaire et économique

Europe-Italie/ La vérité est ailleurs ! « De « Extend-Et-Pretend » à « Lie-Et-Deny »

Europe-Italie/ La vérité est ailleurs ! «  De « Extend-Et-Pretend » à  « Lie-Et-Deny »

Spanish & Italian banks' bad loans

 Ce que j’essaye de souligner depuis des années, c’est que l’Europe nous ment avec une grande régularité .

 Qu’il s’agisse de la façon dont ils calculent leurs ratios de dettes sur PIB ou de ce qu’ils ne nous disent pas, la seule chose qui compte, dans l’esprit des dirigeants de l’UE c’est faire tout ce qu’il faut pour préserver la zone euro. Peu importe qu’il faille tricher et mentir pour poursuivre cet objectif ».

Le problème ici n’est pas tant que l’on mente, mais plutôt que ces mensonges soient crus. Chaque politicien du continent claironne et répète ce qu’ils veulent que vous entendiez et que vous croyiez, puis ils s’attendent à ce que vous agissiez comme on vous dit de le faire. Chaque publication média répète les ratios de dette officielle sur le PIB comme une vérité absolue, parce que c’est ce qu’on leur dit. Puis tout le monde est choqué… choqué… quand les chiffres ne s’additionnent pas et que les notes à régler sont élevées parce qu’à la fin, il faut tout de même s’acquitter de ce qui n’avait été pris en compte, ou de ce qui avait fait l’objet d’un mensonge.

Tout cela nous amène à l’article paru dans le Financial Times sur le mensonge de l’Italie.

PLUS DEUROPONZI EN SUIVANT:

L’Italie aurait-elle aussi, comme la Grèce, maquillé ses comptes pour rendre la mariée plus belle au moment de son entrée dans la zone euro? C’est ce qu’affirme le Financial Times, qui s’est procuré, comme le journal La Repubblica, un rapport confidentiel de 29 pages émanant de la Trésorerie italienne, qui détaille les dettes de l’Italie au cours de la première moitié de l’année 2012. Il mentionne notamment la restructuration de 8 contrats dérivés avec des banques étrangères pour un montant notionnel total de 31,7 milliards d’euros.

Les experts à qui le Financial Times a demandé d’analyser ce rapport lui ont expliqué que cette restructuration avait permis à la Trésorerie, qui manquait alors de liquidités, de reporter les échéances des paiements dus aux banques, mais que cela s’était fait au détriment de l’Italie dans certains cas. Selon les experts, certains de ces contrats dataient des années 1990, la période qui a précédé l’entrée de l’Italie dans la zone euro. A cette époque, l’Italie a eu recours à ces contrats spéciaux pour obtenir des paiements immédiats des banques, des « swap off market », selon la Repubblica. Ces produits se matérialisent par un paiement comptant des banques prêteuses à la Trésorerie qui paye en contrepartie un taux variable. Dans les comptes, ils étaient enregistrés comme des prêts.

Ainsi, l’Italie pouvait se conformer aux critères de Maastricht relatifs à l’adhésion à la zone euro à laquelle elle avait postulé pour une entrée en 1999, en compagnie des 11 autres premiers pays à avoir adopté la monnaie unique. En 1995, le déficit de l’Italie s’élevait à 7,7% du PIB. Mais il n’en représentait plus que 2,7% en 1998, l’année au cours de laquelle les comptes publics devaient être audités pour déterminer s’ils satisfaisaient les critères d’entrée à la zone euro. Cette chute drastique du déficit ne pouvait ni s’expliquer par une franche augmentation des recettes fiscales, ni par une sévère baisse des dépenses publiques.

A cette époque, c’était Mario Draghi, l’actuel président de la Banque Centrale Européenne (BCE), qui dirigeait la Trésorerie Italienne. On ne sait pas encore quel rôle il aurait pu jouer dans la souscription de ces contrats dérivés.

Le rapport du Trésor ne chiffre pas le montant des pertes potentielles liées au «coût de restructuration» des contrats. Mais selon les calculs de divers experts cités par «La Repubblica», la perte atteindrait 8,1 milliards d’euros, soit plus de 25% du notionnel des instruments de couverture de taux et de changes restructurés en 2012. Le rapport évoque aussi la fermeture d’un contrat de dérivés avec Morgan Stanley, en janvier 2012, qui aurait coûté plus de 3 milliards d’euros à l’Etat. «De nombreuses erreurs ont été commises dans les années 90 pour faire entrer l’Italie dans l’euro et aujourd’hui, elles se transforment en un surcroît de dettes, dissimulées dans les comptes officiels», conclut un haut fonctionnaire italien cité par «La Repubblica». Aujourd’hui, le Trésor conteste l’assimilation d’un «passif de valeur de marché» à des «pertes».

L’année dernière, on avait appris en marge d’une enquête administrative que l’Italie avait souscrit près de 160 milliards d’euros de contrats dérivés, soit près de 10% des obligations souveraines en circulation, et que les pertes sur ces contrats s’étaient élevées à 31 milliards de dollars (environ 23 milliards d’euros).

 Le ratio de dette sur PIB italien dépasse les 236% sans les produits dérivés et seul Dieu, et peut-être M. Draghi, connaissent les véritables chiffres du total. (…) A mon avis, le « mentir et nier » des contrats dérivés de l’Italie est le plus petit des problèmes. Le plus grand problème, à mon avis, c’est que les investisseurs vivent dans la tromperie permanente. Il est désormais évident, si l’on se base sur ce que l’on voit sur les marchés, qu’ils continueront d’avaler la pilule amère qu’on leur donne et qu’on leur demande d’avaler sous le prétexte qu’elle nous permet de rester en bonne santé. Le décalage entre les marchés et les fondamentaux est devenu gigantesque. Les gens vont-ils se réveiller un jour? Je ne sais pas. Mais je sais une chose: lorsqu’ils le feront, l’Enfer de Dante ressemblera au Paradis perdu…

Mark J. Grant  Zero Hedge  26/6/2013

http://www.zerohedge.com/node/475715

Tout le monde sait que l’Europe est insolvable ; la seule question qui subsiste, c’est à quel moment l’Europe sera contrainte de l’admettre. Le château de cartes pourrait finalement commencer à trembler dans les six prochains mois  

La seconde plus grande banque de l’Italie, Mediobanca, vient d’indiquer dans une note confidentielle à ses clients que « le temps était compté » pour l’Italie, indique Ambrose Evans Pritchard du Telegraph. « La situation macro économique italienne ne s’est pas améliorée au cours du dernier trimestre, bien au contraire. 160 grandes sociétés italiennes ont été placées sous surveillance », écrit son analyste, Antonio Guglielmi. Il indique que la production industrielle italienne a chuté de 25% par rapport à son plus haut niveau de la décennie passée. Le revenu disponible s’est réduit de 9% et les cours de l’immobilier se sont effondrés pour retrouver les niveaux qu’ils avaient en 1985. 

Le PIB de l’Italie s’est contracté sur les 7 derniers trimestres, et une note de la Coface indique que le risque d’impayé provenant des entreprises italiennes, qui était auparavant 3 fois supérieur au risque d’impayé émanant d’entreprises françaises, lui est désormais 7 fois supérieur. 

Le déclencheur d’un effondrement du pays pourrait être la demande de la Slovénie de bénéficier d’un plan de sauvetage, ou une crise de l’Argentine, qui est un grand partenaire de l’Italie. C’est ce dernier scenario qui inquiète la Mediobianca : « L’Argentine en particulier nous inquiète, parce qu’un nouveau défaut semble de plus en plus probable ».

http://www.zerohedge.com/news/2013-06-25/time-running-out-fast-italy

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