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Mister Market and Doctor Conjoncture du Samedi 27 Juillet 2013 : Inflation au Japon, échec ou succès? Echec à ce stade! Par Bruno Bertez

Mister Market and Doctor Conjoncture du Samedi 27 Juillet 2013 : Inflation au Japon, échec ou succès? Echec à ce stade! Par Bruno Bertez 

EN LIEN: Le sudoku du seppuku : Le Japon, une affaire à suivre!

Mad MenDd 

   On parle peu du Japon, comme si la politique de reflation de Abe était, chose entendue, déjà succès ou échec. On a à peine évoqué le résultat des dernières élections.

 

Les chiffres de hausse des prix viennent d’être publiés. 

L’indice de Juillet est en hausse de 0,4% année sur année. Les esprits superficiels pourraient croire que cela va dans le sens voulu par Abe.

 

La hausse a pour origine une forte avance des prix administrés ou quasi administrés comme le fuel, l’électricité, et l’eau. Ces fournitures voient leur cout renchérir de 9%, year to year, année sur année. 

D’autres prix plus ou moins administrés ou quasi, grimpent de 1% ou plus, c’est le cas des transports  ou des services de communication. 

En revanche le core, l’indice le plus significatif, est en baisse de 0,4%, contre 0,2% en Juin et 0,4% en Mai. Si ce n’est pas de la déflation, cela y ressemble.

 Qu’est-ce que cela  veut dire? 

PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT:

Cela veut dire que rien n’est joué, presque au contraire, on démarre sur un mauvais pied.

En effet la hausse des prix administrés peut être considérés comme une sorte des hausse des prélèvements obligatoires, sorte de hausse des impôts qui réduit les pouvoir d’achat disponible pour les autres dépenses. En ce sens cela renforce les tendances à la déflation et non pas les tendances à l’inflation. 

Pour que la hausse des prix s’enclenche, il faut que les japonais aient plus de pouvoir d’achat disponible et non pas moins, Il faut que leurs revenus augmentent. Le seul moyen d’enclencher une hausse des prix auto-entretenue est la hausse des revenus disponibles et non leur réduction. 

L’inflation des prix n’est pas la solution au problème japonais, surtout celle des prix administrés, la seule solution est celle des revenus, lesquels alimentent la consommation nominale, la GDC, laquelle équivaut au GDP. 

Le pays est en déflation depuis la fin des années 90, vers 98 ,  la hausse des prix en terme de core rate est négative depuis près de 14 ans. Seule l’année 2008 a connu une remontée éphémère les premiers mois.

 

Du coté des changes, le succès de Abe n’est pas plus certain, le yen a cessé de baisser et les niveaux actuels ne sont pas suffisamment bas pour soutenir l’inflation importée.

  Japan trade balance with EU

Conclusion, le scepticisme s’impose!

BRUNO BERTEZ Le Samedi 27 Juillet 2013

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7 réponses »

  1. Très bonne analyse comme toujours. toutefois serait-il possible à M? BERTEZ d’éviter les anglicisme et les mots techniques de finance pour n’utiliser que les mots français, peut-être plus longs, mais plus précis et surtout…plus compréhensibles.
    Qu’est que GDC, GDP, core et core rate?
    SVP halte au globish
    Merci, continuer cela dit.
    (Je précise que j’ai été un de vos (nombreux) contributeurs.
    ADS

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    • @ADS

      Concernant les anglicismes utilisés dans certains textes et plus précisément ceux à vocation dirons-nous plus orientés Marché, Bruno Bertez s’en est expliqué à plusieurs reprises…Loin de lui l’idée d’une volonté d’un quelconque ostracisme entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas, ni d’un quelconque snobisme ou effet de style, il s’agit simplement d’une mise à niveau, d’une mise au diapason vis à vis du « dominant », car la langue financière c’est la langue anglo-saxonne et il n’existe bien souvent peu ou pas de termes, d’équivalent français qui expriment sans friser le ridicule ce que recouvre la terminologie anglo-saxonne employée… Pour combattre un faux ami et ce que qualifions à juste titre ici bien souvent d’ennemi(je parle ici de la finaciarisation de l’économie et non du secteur financier en général) il faut savoir pratiquer sa langue, connaitre ses us et coutumes, ses tournures d’esprit , ses façons de raisonner…c’est au prix de cet effort que nous pouvons un jour espérer nous libérer de nos chaines et nous battre à armes égales sur des terrains de jeu choisis par d’autres que nous….En attendant nous invitons tout à chacun à se munir d’un petit dictionnaire financier; on en trouve de très bien sur le net, permettant de se familiariser avec certains termes, sachant que nous mettons ici parallèlement et dans ce but des textes à vocation plus pédagogiques et explicites….

      Merci de votre intérêt et soutien…

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    • @ADS

      Nous vous avons déjà répondu de façon détaillée, mais je souhaite apporter quelques précisions. C’est un sujet qui me passionne.

      Je suis de ceux qui considèrent qu’une langue est intraduisible. Chaque mot, chaque concept fait référence à une culture, une expérience qui sont spécifiques.

      Les idiots modernes veulent qu’une langue ne soit qu’horizontale, c’est à dire qu’ils veulent que l’on puisse trouver des équivalences comme le fait le système de traduction Google.

      C’est une erreur de pensée, une opération idéologique, une langue a une dimension horizontale , certes , mais aussi verticale , une profondeur qui va puiser dans le passé dans les acquis, les cultures , les théories de ceux qui l’emploient.

      Au même titre, je considère que les synonymes n’existent pas. Si il y a des mots voisins, c’est parce qu’ils recouvrent des nuances.

      Chacun a un code, en fonction de ses apprentissages. Pour comprendre tout ce que je lis , tout ce que j’étudie , je dois sans cesse passer d’un code à l’autre , vérifier, accumuler. C’est cette démarche qui fait l’efficacité de la pensée et son originalité. C’est sur ce même chemin que je tente de vous entrainer.

      Je concède que dans certains cas, je pourrais faire un effort. Dans certains textes, il m’arrive de le faire, mais ici , je préfère maintenir une certaine difficulté d’accès pour préserver l’adéquation et éviter les à peu-près.

      Quand j’étais patron de presse , il y avait une plaisanterie qui circulait : un journaliste qui rendait un article trop long se justifiait en disant , en rigolant : je n’ai pas eu le temps de faire court.

      On peut transposer et dire de moi que je n’ai pas toujours le temps de faire simple.

      Je vous remercie de votre intérêt et de votre remarque.

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  2. J’irai de le sens de la plupart des commentaires en vous remerciant de vos analyses.
    Il est tout à fait clair dans mon esprit que la solution basée sur l’inflation de certaines catégories d’actifs visant à abtenir une inflation contrôlée, si tente qu’elle puisse l’être, est illusoire.
    Seule l’augmentation de pouvoir d’achat des agents économiques peut entraîner la mise en route du système, avec tous les risques qu’il comporte et la réduction de valeur du yen entraînant commercial croissant est à mon sens un point insuffisamment envisagé dans un pays qui à plus de 200% de dettes

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  3. Lundi 29 Juillet : Le Japon, une affaire à suivre.

    Les résultats obtenus par Abe sont, à ce stade mitigés.

    Il y a un incontestable réveil de la demande interne, tout l’indicateur convergent. Hélas, il est difficile de faire la part de l’effet d’annonce sur le sentiment des agents économiques et la part du durable.

    La contradiction majeure de la politique de Abe s’explicite ainsi: Comment rendre compatible un taux d’inflation objectif de 2% et un taux des fonds d’état, les JGB, de moins de 1%, dans un marché global des capitaux ouvert?

    Contradiction subsidiaire: Comment refinancer un stock de dettes colossal et des déficits abyssaux avec des taux longs en hausse?

    Et encore : comment obtenir une reprise économique auto entretenue avec des taux longs en hausse?

    Et encore: Comment relancer fondamentalement l’économie japonaise alors que les problèmes structurels ne sont pas traités, nous pensons au cout de l’accès à l’énergie, à l’absence de fluidité du système, à la rigidité du marché du travail, au vieillissement de la population, etc

    Actuellement, nous sommes dans une phase de consolidation et dégorgement de la spéculation sur le Nikkei et les changes.

    Le Yen ne baisse plus, les Américains ont réussi à refaire baisser le dollar grâce à la volte-face sur le fameux « taper », la modération des achats de titres par la Fed, mais cela ne veut pas dire que Abe a dit son dernier mot. Un nouveau round est possible, à mon avis.

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    • Notre opinion sur l’Europe

      De nombreux investisseurs sont persuadés que l’Europe peut faire un parcours relatif positif au cours de ces prochaines semaines. Déjà les performances boursières relatives des différentes places pointent en ce sens. Pourquoi pas?

      Le fait important est que Draghi a réaffirmé que la politique monétaire de la BCE était là pour durer; Il y a une sorte de décalage, au point de vue monétaire, entre les USA et l’Europe. Aux USA on parle et on débat de la fin des largesses, ce n’est pas le cas sur le vieux continent.

      Voici les autres points favorables, si on le considère ainsi, bien sûr:

      -Quelques indicateurs économiques positifs, grâce au report des plans d’austérité.

      -Net mieux en Espagne, au moins au plan cosmétique.

      -Consensus pour éviter tout sujet qui fâche avant les élections allemandes.

      -Maquillage en cours des marchés de l’emploi et parkings pour les jeunes….

      En revanche :

      -On ne voit pas à ce stade ce qui pourrait alimenter une reprise au-delà d’une embellie passagère, pas de créations d’emplois productifs, ponctions fiscales qui vont encore augmenter!

      -Baisse de la demande globale qui se fait sentir surtout en Allemagne et fragilise les perspectives manufacturières.

      -Crise politique possible au Portugal.

      -Aggravation et dislocation en profondeur en Italie, récent downgrade de son rating.

      -Risque de retour des problèmes structurels de l’euro après les élections allemandes.

      -Problème bancaire non admis, non reconnu, et donc non traité, bombe à retardement, campagne de pression des anglo-saxons contre le statu quo bancaire européen.

      A vous de peser et choisir, bien entendu ceci ne concerne que ceux qui spéculent.

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  4. Et pendant ce temps là, à Nicosie, le gouvernement chypriote a décidé
    que le « prélèvement » qui serait fait sur les comptes de 100 000 euro et plus sera de :
    RARARARARARARARAARARA (roulement de tambour)

    47.5%.

    Mais oui quarante sept pour cent et demi c’est bien ça ….
    Enfin, façon de parler bien sur ! Hum !!!.

    Et ceci dans le cadre de l’obtention du « prêt » (sic) de 10 milliards à suivre !

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