Bitcoin et Monnaies virtuelles

La Semaine à Béchade 30/11/2013

La Semaine à Béchade 30/11/2013

Nous allons donc faire un crochet par la vraie vie des vrais gens avec de nouvelles manifestations massives anti-austérité en Espagne.

Il faut se dépêcher de s’en faire l’écho. En effet, ces rassemblements qui fâchent les partisans de l’actuel gouvernement de centre droit risquent de disparaître au cours des prochains mois si l’Assemblée espagnole vote un projet de loi prévoyant d’infliger 600 000 euros d’amende aux organisateurs de manifestations non autorisées par les autorités locales.

Après l’anéantissement en moins de quatre ans de 40 ans de conquêtes sociales, c’est le droit de manifester qui pourrait être “encadré” — et plus cyniquement enterré –, comme aux heures les plus sombres d’une histoire pas si ancienne, où le peuple espagnol rêvait de démocratie.

Allez lui expliquer que “c’est pour le bien du pays” car il faut tout faire pour rassurer les investisseurs… Et le concept de “dictature des marchés” cesserait d’être une simple figure littéraire.

▪ Un scénario à la japonaise

La question du tapering apparaît cependant presque secondaire en comparaison de la promesse implicite de maintien de taux zéro jusqu’en 2016… voire 2020… voire quasi éternellement dans le cadre d’un scénario à la japonaise.

C’est que les partisans d’un Dow Jones à 20 000 points et d’un Nasdaq à 5 100 (réédition du zénith du 10 mars 2000) pensent avoir abattu leur carte maîtresse : aucune correction indicielle majeure ne s’est jamais produite à Wall Street avant que la Fed ne relève à plusieurs reprises son taux directeur.

Pas de hausse de taux avant deux à trois ans (au minimum), c’est synonyme de hausse inexorable des indices boursiers jusqu’à qu’une hypothétique consolidation.

Ajoutez à cela que le Mont St Yellen de liquidités va continuer de s’élever toujours plus haut, de se gonfler, de se dilater à l’infini tout au long de l’année 2014 — de nombreux facteurs tels que la multiplication des faillites de municipalités américaines et les défauts en masse sur les prêts étudiants vont interdire toute réduction durable des injections monétaires — et vous obtenez le scénario haussier du siècle.

Ceux qui évoquent un risque de bulle sont ridicules, hors sujet, se complaisent dans le contresens boursier le plus consternant. Une bulle, c’est quand les marchés s’envolent de 20% en un mois comme en décembre 1999 ou février 2000.

Une bulle, c’est quand le Bitcoin passe de 145 à 1 050 $ en 36 jours (car la valeur du Bitcoin est calculée, chaque heure, chaque seconde, 365 jours par an, y compris le 4 juillet et le 31 décembre à minuit).

Puisque le S&P 500, le Nasdaq ou le Russell 2000 ne gagnent pas plus de 4% à 5% par mois cette année, il s’agit d’une progression sur un tempo raisonnable, sans emballement. Elle ne traduit aucun excès de valorisation et — tenez-vous bien –, elle est bien entendu entièrement justifiée par les perspectives de croissance qui se dessinent en 2014 et 2015, une fois que la “transmission” de la politique quantitative sera complète et viendra à bout des derniers îlots de faiblesse économique. 

▪ L’Europe ne sera pas en reste

En Europe, la BCE ira au bout de ses promesses de “faire tout ce qu’il faut” pour sauver l’euro et vaincre la “fragmentation”. Cela passe par la mise en oeuvre d’un quantitative easing lorsque l’union bancaire sera achevée (ce qui fera disparaître pour de bon et à tout jamais le risque systémique).

Aucune des réfutations que nous exposons au fil de nos chroniques n’entame la confiance des haussiers dans un avenir radieux — pas plus que l’inexistence de la Grande rotation (actions contre obligations) qu’ils nous avaient annoncée en début d’année.

Ils ne s’étonnent pas que, malgré la persistance de taux zéro durant 20 ans, les actions japonaises aient par exemple perdu 65% entre juillet 1995 et mars 2003 (en plusieurs vagues successives, entre 22 500 et 7 600 points), puis de nouveau 62% entre juillet 2007 et mars 2009 (entre 18 300 et 7 000 points) avant de stagner sous les 11 000 jusqu’en décembre 2012.

Ils ne s’étonnent pas que plus la Fed injecte, plus le taux de rotation du crédit (le seul critère fiable de mesure d’une reprise de l’économie réelle) ralentit.

Ils ne s’étonnent pas que le principal poste de dépenses des entreprises en 2012 puis 2013, ce n’est pas l’investissement productif… mais le rachat de leurs propres titres en bourse. Quant à la préservation des marges, elle s’obtient au détriment des effectifs salariés, tandis que le partage de la richesse est complètement déséquilibré, au profit exclusif des actionnaires qui n’investissent pas un sou dans le long terme.

En ce qui concerne l’Europe, Jean-Claude Trichet affirmait mercredi dernier que c’est “open bar” sur les liquidités pour les banques qui refinancent les Etats (Portugal, Espagne, Italie…). Lesquels Etats font à leur tour semblant de sauver tel ou tel établissement financier en difficulté (Bankia, BMPS, Emporiki, etc.).

Le QE, cela fait longtemps que la BCE le pratique en douce, par la bande… et la taille de son bilan en témoigne : il est supérieur à celui de la Fed.

En imaginant la mise en oeuvre d’un programme d’injection direct et pleinement assumé dans les caisses des Etats européens en difficulté, cela ferait littéralement exploser l’encours de dette souveraine qu’elle absorbe “furtivement” depuis quatre ans.

Mais plus les réfutations sont énormes, plus ceux qui les profèrent sont jugés à côté de la plaque et totalement inconscients de l’ampleur de la hausse séculaire qui a débuté sur les actions il y a deux ou quatre ans (selon les écoles)… et qui va se propager sur les deux prochaines décennies, comme de 1981 à 2000, portant le CAC 40 à plus de 10 000, le Dow Jones au-delà de 50 000 points et le Nasdaq vers les 20 000.

.Le cours du Bitcoin = une once d’or. A quand la parité avec le lingot ?

 ▪ Non il n’y a pas de bulles, nulle part. C’est certifié par les membres de la Fed, le bon de livraison de ce postulat aux médias a été validé et tamponné par Ben Bernanke, contresigné par Janet Yellen. 

Personne, oh non, absolument personne un peu passionné d’informatique et de produits financiers exotiques ne se comporte aujourd’hui comme un piranha qui vient de flairer une moitié de hamburger bien juteux échappé des mains trop grasses d’un touriste navigant sur le fleuve Amazone. 

Ben Bernanke a qualifié le Bitcoin d’alternative intéressante en tant que véhicule de transfert d’argent dans le monde entier. 10 jours après cette déclaration, le Bitcoin a doublé, passant de 600 $ à 1 200 $. 

Le Bitcoin a triplé depuis le 15 novembre, quintuplé depuis le 28 octobre. Sa valeur exprimée en dollar a été multiplié par 100 depuis le 15 janvier… et il vaut désormais l’équivalent d’une once d’or à 1 240 $. 

Au rythme actuel — progression exponentielle –, son cours attendra celui du lingot d’or d’ici Noël. Si jamais quelqu’un détenait par exemple 1 000 Bitcoins achetés 5 $ en janvier 2012 et qu’il décidait de les convertir en lingots, cela représenterait alors une transaction de 40 millions de dollars (une tonne d’or). 

Aujourd’hui déjà, l’heureux détenteur de 1 000 Bitcoins dispose déjà d’un pouvoir d’achat (sorti du néant) de 1,24 millions de dollars. Cela représente 1 000 pièces de 20 $ or (ou de 50 pesos mexicain)… soit un total quasi intransportable de 33 kilos d’or. 

Peut-être serait-il plus malin d’acheter des actions ! Elles ont ces temps-ci un pouvoir d’appréciation bien supérieur à celui du métal précieux… d’autant qu’il est plus facile d’acheter un million de titres Google (1 065 $/pièce) qu’un million d’onces d’or (33 tonnes) ! 

Ben Bernanke a publiquement adoubé une crypto-devise qui avait déjà vu son cours multiplié par 50 depuis le 1er janvier (un simple détail sans importance). Puisque la valeur du Bitcoin s’exprime principalement en dollar, le billet vert qui se déverse à raison de quatre milliards par jour ouvré dans les circuits financiers est en train de se dévaluer depuis un mois à la vitesse du dollar zimbabwéen au début des années 90 ! 

Le Bitcoin n’est adossé ni à un stock d’or, ni à une richesse tangible — présente ou future — mais seulement à une (très grosse) capacité de calculs algorithmiques (le “minage”). Sachant cela, son évolution — non proportionnelle à la croissance économique mais constituant le pur reflet du degré d’avidité des acquéreurs — est ce qui s’apparente le plus à l’hystérie spéculative des bulbes de tulipes, avec une multiplication par 100 de leur valeur en deux ans (la culmination survenant en février 1637). 

Le Bitcoin fait d’ores et déjà mieux. Il lui aura fallu moins d’un an… et il n’a même pas eu besoin de fleurir en avril dernier. 

Cependant, la Fed est formelle : aucun danger que la fausse monnaie qu’elle imprime suscite ou encourage le moindre comportement spéculatif ni suscite le moindre phénomène de survalorisation.

SOURCE ET REMERCIEMENT: CHRONIQUE AGORA

http://la-chronique-agora.com/

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