Iraq

Qui finance l’Etat islamique? Vous et moi!

Qui finance l’Etat islamique? Vous et moi!

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Les missiles tirés du ciel ne suffiront pas à stopper ou à faire reculer l’Etat islamique. C’est le Pentagone qui le dit. Alors, que faire contre ces bataillons brutaux et fanatisés qui contrôlent maintenant, sous la houlette du nouveau calife, un gros morceau de l’Irak et de la Syrie ? Il y a de la panique dans l’air. La preuve ? On cherche des coupables.

Hillary Clinton s’en prend ainsi à Barack Obama (et c’est bien la preuve qu’elle est déjà candidate, sans le dire, à sa succession). Elle reproche à son ancien patron de ne pas l’avoir écoutée, il y a deux ans, quand elle proposait d’armer la résistance syrienne modérée contre Bachar el-Assad. Le refus américain, dit-elle, a créé un vide que d’autres ont rempli. L’argent et les armes qui ont afflué par ces canaux-là sont allés aux groupes islamistes les plus extrémistes, assurant leur suprématie, d’abord en Syrie, maintenant en Irak.

Quels canaux ? Hillary Clinton ne le dit pas. Mais Dominique de Villepin casse le morceau. L’ancien premier ministre français, qui n’est pas le plus mal informé sur ces questions, dénonce le «jeu destructeur» de «l’Arabie saoudite et des monarchies conservatrices» du Golfe.

John McCain, l’adversaire républicain d’Obama en 2008, désignait il y a quelques mois les mêmes coupables. Mais pas pour les condamner : il félicitait les Saoudiens, les Qataris et autres émirs d’avoir fourni aux rebelles syriens les armes que leur refusait Obama. C’était avant, il faut le dire, la prise par l’Etat islamique de Mossoul et d’une bonne partie de l’Irak.

John McCain’ avec Al-Baghdadi (ISIS) lorsqu’il soutenait les « rebelles Syriens » => Etat Islamique en Irak/Syri

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Sir Richard Dearlove, ancien chef des services de renseignements britanniques, est plus précis. Il rapporte des propos que lui avait tenus naguère le prince Bandar ben Sultan, l’un des architectes depuis trente ans de la sécurité du royaume saoudien. Le prince annonçait que le moment de régler leur compte aux chiites approchait. Pour le Britannique, la promesse a été tenue : une armée djihadiste inspirée par le wahhabisme saoudien défie aujourd’hui, devant Damas et devant Bagdad, les pouvoirs soutenus par l’Iran chiite.

Or, Bandar vient d’être démis de ses fonctions. Il a d’abord perdu la responsabilité des opérations clandestines du royaume, puis des services de renseignements qu’il dirigeait.

Tout se passe comme si Riyad, sous pression américaine, avait soudain pris conscience que ses pétrodollars ont nourri un monstre. Comme en Afghanistan il y a trente ans. L’appui massif – avec les Etats-Unis cette fois – aux moudjahidines antisoviétiques avait alors donné naissance à Al Qaïda.

Les Saoudiens, naturellement, rejettent à hauts cris ces accusations, portées aussi par le premier ministre irakien Nouri al-Maliki, désormais sur un siège éjectable.

Mais Riyad sait bien que la formidable armée de l’Etat islamique n’est pas née par génération spontanée dans les sables. Même si les rois et les émirs n’y sont pas allés directement de leur poche, les milliers de princes et les énormes fortunes du Golfe ont suffi, au départ, à pourvoir les légions sunnites du futur calife. On connaît même les circuits de ces financements discrets : ils passent par le Koweït où l’argent ne laisse guère de traces.

Maintenant que les brigades de l’Etat islamique ont établi leur domination sur les terres non contrôlées de Syrie et d’Irak, et maintenant que des recrues venues de partout se rallient à son drapeau noir, le calife autoproclamé a acquis ses propres sources de revenus. Il lève des impôts, pille les banques, rackette les infidèles. Et surtout, il a du pétrole.

C’était même sans doute son objectif central : s’emparer des puits dans la région de Raqqa, puis autour de Mossoul, en visant aussi Kirkuk. Le califat est potentiellement une puissance pétrolière, il se libère peu à peu des bailleurs de fonds qui ont permis son ascension.

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Et on en revient toujours à cette évidence ecopolitique : la richesse et le malheur du Proche-Orient sont les produits de notre soif inextinguible de pétrole et de gaz. Ces économies de rente, qui tuent la démocratie dans le Golfe et emprisonnent les peuples dans des combats fratricides, sont intimement liées à nos besoins énergétiques. Tant que nous remplissons nos réservoirs, tant que nous allumons le gaz, le calife peut se payer des canons.

ALAIN CAMPIOTTI /Bilan.ch Publié le 12 Août 2014

http://www.bilan.ch/alain-campiotti/affaires-exterieures/finance-letat-islamique-moi

L’État islamique étend son emprise en Syrie

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En parallèle de leur progression en Irak, les jihadistes de l’État islamique (EI) poursuivent leur avancée en Syrie, où ils ont pris aujourd’hui le contrôle de plusieurs villages.

Le groupe ultra-radical a pris six villages au nord de la ville d’Alep, non loin de la frontière turque, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Les combats, qui se poursuivent pour le contrôle d’un nouveau village, Arshaf, ont déjà fait 40 morts. « Au moins 31 combattants rebelles et 8 de l’EI ont été tués dans les combats », selon l’ONG.

Les combats, qui durent depuis des mois, se sont intensifiés la nuit dernière après un « assaut majeur » de l’EI sur ces villages. Dans cette zone, les bataillons islamistes avaient été lâchés par leur ex-allié, le Front al-Nosra, qui s’était retiré de la région fin juillet.

Al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda, était alliée aux rebelles aussi bien contre l’EI que contre les troupes du président Bachar al-Assad. Mais ces dernières semaines, Al-Nosra a commencé à combattre les rebelles, rendant encore plus complexe le conflit syrien qui, à l’origine opposait le régime et des forces rebelles.

La prise par l’EI de ces villages est une avancée stratégique qui lui permettra d’attaquer les villes de Marea et d’Aazaz, explique l’OSDH. Cette dernière localité, proche de la frontière turque, pourrait constituer un atout pour l’EI qui veut étendre son « califat » proclamé début juin sur les territoires saisis en Irak et en Syrie.

13/08 Par Les Echos

http://live.lesechos.fr/88/0203701476688.php#xtor=CS1-2 

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‘Les Etats-Unis ont vu venir l’Etat Islamique’

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La semaine dernière, l’administration Obama a décidé d’intervenir militairement en Irak pour endiguer l’avancée du groupe terroriste de l’Etat islamique (EI). Le monde a été pris par surprise le mois dernier lorsque les djihadistes de l’EIIL (l’Etat islamique en Irak et au Levant, qui s’est rebaptisé par la suite Etat Islamique) ont lancé une offensive contre Mossoul, la seconde ville irakienne, déclenchant la fuite des troupes irakiennes qui y stationnaient.

Cependant, une audition devant le Congrès américain et des documents officiels révèlent aujourd’hui que les services de renseignements américains suivaient le groupe dissident d’Al-Qaïda depuis au moins deux ans et que le gouvernement américain a été tenu informé de la plupart des objectifs de l’EI et de sa stratégie, écrit Jonathan Landay de McClatchyDC sur le site Merced Sun-Star.

Au cours de cette audition, il est devenu évident que les officiels de Washington étaient parfaitement au courant des plans de l’EI d’utiliser la Syrie comme tremplin pour envoyer des troupes, des armes et des kamikazes en Irak. Ils savaient aussi que les forces de sécurité irakiennes ne seraient pas capables de les arrêter.

Le 5 février dernier, soit 4 mois avant la prise de Mossoul, le Secrétaire d’État adjoint Brett McGurk avait indiqué au Congrès quelles étaient les motivations du groupe terroriste mené par Abou Bakr al-Baghdadi:

La campagne a pour objectif déclaré de provoquer l’effondrement de l’Etat irakien et de se tailler une zone de contrôle dans les régions de l’Ouest de l’Irak et de la Syrie. »

En outre, McGurk a indiqué cette semaine que l’administration Obama avait appris que l’EI avait l’intention d’attaquer Mossoul avec 3 jours d’avance, et que l’organisation n’était plus un groupe terroriste régional, mais une armée bien déployée qui contrôlait près de 50% de l’Irak et plus d’un tiers de la Syrie.

Les officiels irakiens et des diplomates à l’ambassade américaine de Bagdad avaient réclamé l’intervention de drones américains contre les bases de l’Etat islamique à la frontière syrienne.

Vali Nasr, le doyen de l’Université John Hopkins d’Etudes Internationales Avancées, évoque une « politique de négligence délibérée » de la part de l’administration Obama. Les officiels du département de la Défense affirment qu’ils n’auront pas fini d’étudier toutes les options ouvertes pour les Etats-Unis avant la fin de la première moitié du mois d’août. Mais un tel délai est trop long, à l’aune de la rapidité des offensives de l’EI.

McGurk a également expliqué au Congrès cette semaine que le gouvernement irakien avait exprimé le souhait d’agir sans l’aide des Etats-Unis. Il n’aurait commencé à réclamer des frappes aériennes qu’à partir de ce mois de mai, alors qu’il était déjà dépassé par la situation.

Selon des experts, Obama aurait commis une erreur lorsqu’il aurait refusé d’entraîner des troupes rebelles syriennes modérées pour contrer Bachar al-Assad. L’absence de troupes armées sur le terrain a donné aux djihadistes toutes opportunités pour l’occuper. En outre, les Américains, qui s’opposaient eux-mêmes à Bachar al-Assad, ont dans un premier temps considéré les troupes de l’EIIL, qui le combattaient, comme des alliées. Dans le même ordre d’idée, ils n’ont rien fait pour empêcher leurs pays amis que sont l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie de leur fournir une aide financière et militaire. Dans un premier temps, l’EIIL n’a donc pas rencontré d’opposition de nature à entraver son irrésisitible montée en puissance.

Selon Phillip Smyth de l’Université du Maryland, la Maison Blanche aurait été paralysée par la complexité de la crise : elle s’opposait à Bachar al-Assad, elle a constaté que tous les groupes qui s’y opposaient avaient des liens avec les djihadistes, et cependant, elle a jugé qu’apporter son soutien à ces rebelles aurait été assimilé à une alliance avec Al-Qaïda. « Lorsque vous avez une politique qui a été paralysée par un certain nombre de choses différentes, le résultat est une politique confuse », dit-il.

« Nous l’avons vu venir », affirme Ed Royce, de la Chambre des représentants. « Ce qui a commencé comme une crise en Syrie est maintenant devenu un désastre régional avec des implications mondiales graves ».

« Cette erreur de calcul a essentiellement contribué à réaliser le pire cauchemar pour cette administration, une administration qui s’enorgueillissait de sa stratégie en matière de lutte contre le terrorisme. Elle préside maintenant à la réémergence d’un cauchemar d’extrémisme et de terrorisme », sanctionne Vali Nasr.

Pendant ce temps, l’Europe ne parvient pas à se mettre d’accord sur une réponse unifiée à apporter à la crise en Irak.

PAR MYLÈNE VANDECASTEELE/ Express.be · 13 AOÛT 2014

http://www.express.be/joker/fr/platdujour/les-etats-unis-ont-vu-venir-letat-islamique/207060.htm

3 réponses »

  1. Je pense que la Turquie a une grosse responsabilité elle qui a laissé depuis 3 ans transité les candidats au jihad qui a apporté soutient logistique et base de replie sur son territoire.

    En réalité la Turquie joue sa partition en volant renouer avec les démons de son passé et l’Arabie saoudite par haine atavique et aveuglement religieux, les deux se sont servis des USA qui sorti du Potomac ne comprenne pas grand chose du monde qu’ils veulent diriger quand à la France qui comprenait très bien les finesses du moyen orient a abandonné par faiblesse et lâcheté tout en ce quoi elle s’est bâtie pour n’être plus qu’un vassal désargenté de l’Empire Américain…..

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