Commentaire de Marché

L’Edito du Mardi 4 Novembre 2014: Les taux d’intérêt négatifs sur les dépôts arrivent par Bruno Bertez

 L’Edito du Mardi 4 Novembre 2014:  Les taux d’intérêt négatifs sur les dépôts arrivent par Bruno Bertez

Les Allemands orthodoxes, comme Weidmann ou Sinn, ne cessent de démontrer que la politique soi-disant monétaire de la BCE est en fait une politique fiscale qui ne dit pas son nom et qui s’exonère de l’approbation démocratique.

Nous-même avons expliqué, il y a peu, que les stress-tests bancaires de l’Autorité Bancaire et de la BCE étaient en fait de la politique fiscale implicite maintenant et explicite à l’avenir. Nous avons expliqué en quoi la méthode et les paramètres choisis constituaient des mécanismes qui préparent le  transfert des dépôts et de l’épargne des ménages vers les banques. En décernant des satisfécits non  mérités, les autorités évitent aux propriétaires des banques de remettre de l’argent et, si les propriétaires n’augmentent pas les fonds propres des banques, cela veut dire que le risque est assumé par les déposants et/ou contribuables. La non-remise à niveau des fonds propres des banques transfère le risque sur les déposants alors que les bénéfices eux restent acquis aux propriétaires. Les législations européennes ont été modifiées l’an dernier afin de permettre cette opération que l’on désigne sous le nomde bail-in. Ces opérations permettent l’amputation des dépôts pour sauver les banques en cas de crise. Nous avons également expliqué que l’augmentation de la taille du bilan de la Banque Centrale était une dilution de la monnaie (effet Cantillon) et qu’à ce titre il s’agissait d’un autre transfert de richesse des ménages citoyens au profit du système bancaire et des Etats.

Nous avons démontré que la politique monétaire produisait, de façon consciente et volontaire, des bulles de prix des actifs et des assets financiers et que ces bulles faisaient partie intégrante de la gestion, à la fois comme mal nécessaire, mais aussi comme élément utile dans ce que nous appelons Le Grand Transfert. Dans la gestion par les bulles, les autorités suppriment les rémunérations des placements dits sans risque, les prix des actifs à risque enflent car les détenteurs de capitaux sont assoiffés de rendement ; à un moment donné, les politiques monétaires non conventionnelles vont stopper, les taux monter, la liquidité va se restreindre et les prix des assets vont s’effondrer. La masse de capitaux qui s’est engouffrée tout au long du processus de gonflement des bulles va déflater et, ainsi, aura été réalisée l’euthanasie des rentiers. Entretemps, car cela est structurel, les gouvernements et le grand système bancaire, les TBTF, eux, auront vendu les assets accumulés à crédit tout au long de la hausse des marchés et la plus-value réalisée viendra gonfler leurs fonds propres, ce qui les fera sortir de la crise. 

Le mot clef du processus de gestion par les bulles est celui de Alan Greenspan en 2009, « la dispersion des risques ». Disperser les risques du système financier, c’est les transférer sur le public, c’est à dire sur les moins sophistiqués et les moins à même de les supporter. Le système de régulation par les bulles est cohérent, cynique mais cohérent, car il rend les excès de capital fictif biodégradables par le jeu des marchés à condition que les banques refilent le risque au public. Dans la phase de montée et de gonflement des bulles, le mistigri, c’est le cash ; dans la phase de descente et de dégonflement des bulles, le mistigri, c’est le risque. La crise de 2008 s’est produite  parce que le système bancaire a été trop gourmand, il a voulu trop gagner et il a gardé le risque, a continué à danser alors que la musique avait stoppé.  

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D’une façon générale, toute la politique de traitement de la crise qui s’est révélée depuis 2008 est un traitement fiscal présenté sous une forme et une apparence technique à la faveur de la complexité des choses monétaires. Il s’agit en l’occurrence du plus grand transfert de richesses de tous les siècles, de la poche des particuliers, ménages et citoyens, au profit des gouvernements et des banques. Ce transfert est étalé dans le temps, subreptice, réalisé de diverses façons, soit par appauvrissement progressif des uns, soit par enrichissement plus rapide des autres. Ce n’est pas un hasard si l’un des thèmes qui, peu à peu, s’impose comme thème mondial est celui de l’accroissement des inégalités. Le traitement de la crise produit de l’inégalité de façon accélérée. Et les fonctionnaires internationaux s’en inquiètent car cela peut remettre en cause les consensus sociaux, ce dont ils ne veulent absolument pas. La politique anti-crise est une politique destinée à ne rien changer, à reproduire l’ordre social et mondial d’avant 2008, il ne faudrait pas que les remèdes soient pire que le mal que l’on veut traiter.   

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La crise financière que les responsables de la conduite des affaires s’empressent d’oublier, sinon même de nier, est une crise d’excès de dettes dans le système mondial. On  a stimulé la croissance par le crédit pendant 30 ans, le rendement décroissant de la dette n’a pas permis aux économies réelles de croître assez vite pour que la dette soit supportable, la dette est devenue trop lourde et on ne peut, ni la servir, ni la rembourser. S »il n’y avait pas création monétaire à jets continus, la dette se dévaloriserait sur les marchés, précipitant la faillite du système  bancaire. On a répondu à cette crise par la création d’encore plus de dettes. Nous n’y reviendrons pas. Cette dette est une dette que l’on peut appeler d’entretien du système, de survie, ce n’est pas une dette productive de son intérêt et de son remboursement, c’est pour cela qu’elle ne cesse d’enfler et de s’accumuler. Le symétrique de la dette qui est non-productive, c’est le capital fictif. La dette des uns est toujours le capital des autres. Et si la dette est non-productive en elle-même, alors le capital, qui est son symétrique, est fictif. 

L’endettement est déflationniste. On évite de vous le dire car vous feriez la liaison. Quand on vous dit : il faut lutter contre la déflation, on se garde bien de vous dire que la cause de cette menace déflationniste, c’est l’excès de dettes. Si on vous le disait vous comprendriez tout! L’endettement est déflationniste car l’argent ne circule plus pour acheter des biens et services et investir, non, il circule de moins en moins, devient oisif pour tenter de redevenir solvable, pour déleverager, comme on dit. Cela ne l’empêche pas de faire un petit tour de spéculation entre temps, bien sûr.  C’est particulièrement net en ce moment en Europe, par exemple. 

Chart from the Land of the Setting Sun: Government debt relative to tax revenues

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Face au surendettement ou à son symétrique, l’excès de capital fictif, l’intérêt ne peut plus être servi, le capital ne peut être remboursé ; si on veut éviter l’effondrement, il faut faire ce que l’on appelle du Ponzi. Cela consiste à créer de nouvelles dettes, de la monnaie, à inonder le système de telle façon que cette monnaie devienne tellement en excès, qu’elle brûle les doigts et soit considérée comme ce que nous appelons un mistigri qu’il faut repasser à d’autres. En se débarrassant du mistigri qu’est la monnaie, on est obligé d’acheter des actifs financiers, de la quasi monnaie. Comme le disait Bernanke,  il faut bien que tous les actifs financiers soient détenus par quelqu’un! Tant pis si c’est vous, tant pis  pour celui qui n’a pas le bon actif et a le mauvais mistigri du moment. 

Il est évident que le jeu du mistigri n’est pas éternel et qu’il faudra, un jour ou l’autre, en sortir. Il faudra détruire l’excès de dettes et son symétrique l’excès de capital fictif. C’est ce que nous appelons souvent l’Exit. Si on ne le fait pas, ce sera l’asphyxie et la fragilité croissantes: on croîtra de moins en moins, il y aura de plus en plus de chômage et, en même temps, la pyramide financière sera de plus en plus instable.  Donc il faut des mécanismes de résorption de l’excès de dettes/capital fictif. 

L’inflation, la perte de valeur de la monnaie, en est un, à condition qu’elle permette la croissance nominale des GDP, des revenus et des productions nationales. Hélas, elle est quasi impossible à réaliser dans les circonstances présentes. L’excès des capacités de production inemployées crée un « glut » qui pèse sur les prix, et l’inflation par les salaires gonflerait les coûts, réduirait les profits, feraient monter les taux et précipiterait la chute de la pyramide. 

Il faut donc empêcher l’accumulation par les citoyens, les empêcher de capitaliser, donc il faut confisquer, rogner, euthanasier ce que l’on appelle le rentier. C’est la fonction par exemple des taux d’intérêt zéro sur l’épargne. Il ne rapporte plus rien d’épargner, l’épargne n’est plus récompensée. Cela est possible car on a institutionnalisé la concurrence de l’épargne par le crédit. Les firmes n’ont plus besoin de l’épargne, elles peuvent s’en passer car elles peuvent s’endetter pour presque rien. La preuve ? Elles remplacent les capitaux propres, remboursent leur capital, en contractant de la dette. Elles décapitalisent à grande échelle. Par les buy-backs, et le Private Equity, le système remplace le capital par la dette! Les banques et le crédit ont supplanté la classe des épargnants, il les ont évincés. On comprend que les épargnants  n’aient plus de pouvoir, victimes qu’ils sont de la concurrence de ceux qui, institutionnellement, ont l’argent pour rien, au coût zéro. 

La BCE vient, il y a peu, de passer aux taux négatifs. Une banque allemande, la première à notre avis, vient d’annoncer qu’elle imposait des taux négatifs de 0,25% aux gens qui avaient plus de 500.000 euros. Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que celui qui a plus de 500.000 euros voit son capital amputé de 0,25%. L’excès de capital dont nous avons parlé commence à se réduire. Et bien sûr, cela n’est qu’un début, ce type de mesures va se généraliser:  les 0,25 vont augmenter, on passera à 0,5,  puis 1%. Donc on va accélérer le jeu du mistigri. Il y aura des gens qui préféreront aller acheter des actifs sur les marchés financiers, spéculer et enfler encore plus les valorisations. Ils vont se mettre en position de subir le grand coup d’accordéon, le ratissage du croc à phynance  que nous avons décrit ci-dessus, le coup d’accordéon de la dégringolade des Bourses, quand il aura été décidé que c’est le moment. Comme on doit payer pour mettre son argent à la Banque et que la perte est assurée alors que la loterie de la Bourse bat son plein et que l’on montre les gagnants. Chaque jour, on bat les records, donc on ne résiste pas, on y va, on va jouer et préparer… sa perte. On va participer au Grand Transfert. 

Pour les taux négatifs, la BCE déploie  un sens de l’humour merveilleux: «Notre décision va en fait bénéficier aux épargnants car, à la finale, elle soutient la croissance, et ainsi elle crée un climat dans lequel les taux peuvent ensuite retourner à la normale ». 

Réfléchissez sur le cynisme et la justesse de cette phrase à la lueur de notre analyse ci-dessus.

BRUNO BERTEZ Le Mardi 4 Novembre 2014 

illustrations et mise en page by THE WOLF

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12 réponses »

  1. Lumineux, comme toujours…

    Mais quelle voie de sortie, pour qui a 3 francs 6 sous ardûments gagnés?

    Il est fort intéressant de savoir que l’on se trouve la position de la vache menée à l’abattoir, mais une fois cette information acquise il semble vital de trouver l’idée pour sauver ses abatis de cette machine à dépecer.

    Le cash à la banque, après Chypre? Les actions / obligs d’état, dans une bulle magnifique? L’Or, noyauté par le papier et les banques centrales, prêt à être interdit/saisi par nos belles démocraties au premier prétexte? L’immobilier, à la merci de la première hausse des taux?

    Je ne suis pas défaitiste : je cherche! C’est que je sais que tous ces braves gens mettent *toujours* en place des portes de sorties dérobées (sic) pour eux-mêmes et leurs petits camarades. Toujours.

    Auriez-vous une idée de la couleur ou de la forme d’une de ces fameuses portes? J’ai beau chercher…

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    • Je sais , la situation, pour ceux qui ont un peu de lucidité est angoissante. Les dettes ne cessent d’augmenter alors que la propagande cherche à faire croire que l’on fait quelque chose pour s’y opposer.

      La volonté de contrôler les endettements est en train de faiblir, on le voit en Italie et en France, puisque ces pays refusent la discipline qui permettrait de stabiliser la situation. Le thème de l’austérité s’est étiolé peu à peu, plus personne ne pense que la situation peut être redressée par l’austérité, cela se voit chaque jour.

      Comme les dettes continuent de croitre, il faut maintenir des taux d’intérêt quasi nuls et bientôt ils faudra passer aux taux négatifs, c’est écrit, c’est une fatalité incontournable. Il y a un lien logique entre la croissance de la masse de dettes et la nécessité de baisser le coût de cette masse, c’est à dire le taux d’intérêt.

      Contrairement au sens commun, plus la masse de dettes s’accroit et plus il faut baisser les taux pour pouvoir la soutenir, Et c’est la raison pour laquelle les Banques Centrales achètent la dette, monétisent cette dette: pour faire de plus en plus baisser les taux et la rendre supportable.

      Draghi, souvenez vous a proposé que la BCE rachète, c’est à dire monétise la dette des entreprises. Pour racheter cette dette, il crée de la monnaie à partir de rien, c’est à dire il fait du « printing ».

      Plus la dette va croitre, et plus le taux moyen, le coût de cette dette devra être abaissé, ce qui signifie la ruine des épargnes et des retraites. Ce sera également la ruine de la prévoyance institutionnelle comme les assurances. Tout devra être réformé, on devra cesser progressivement la répartition, sans même avoir d’alternative.

      Le public croit encore que ceci est une période exceptionnelle, c’est à dire que c’est un mauvais moment à passer. Il se fait des illusions. Le système est non seulemnt fait pour durer, mais aussi pour s’aggraver. La disparition de toute rémunération est déjà une réalité et les taux négatifs ne sont déjà plus une utopie.

      La disparition de toute rémunération signe la fin, signe l’euthanasie des systèmes de retraites. Pour l’instant, ces systèmes tiennent artificiellement par le Ponzi c’est à dire par la mécanique qui, en baissant les taux fait gonfler la valeur apparente des actifs financiers. Les systèmes de retraites tiennent par la plus-value fictive que génère la baisse des taux. Mais arrivés à zéro, puis négatifs, les choses vont se compliquer.

      Au fur et à mesure que la masse de dettes s’accroit, le besoin de réduire son coût et de baisser les taux se renforce. Donc il faut que la Banque Centrale monétise de plus en plus, souscrive de plus en plus aux emprunts avec de la fausse monnaie. In fine non seulement vous serez ruinée par la disparition de toute rémunération sur votre épargne/prévoyance, mais votre capital sera détruit par l’effondrement de la monnaie.

      Il n’ y a aucune issue dans la voie actuelle. L’austérité a été essayée et elle a échoué. Bien peu en ont pris conscience car les médias et les politiciens ne le disent pas. On croit encore que nous sommes dans un sorte de pause de l’austérité, on vit sur le mythe de la reprise qui est toujours pour l’an prochain!

      il n’y a qu’une solution, mais le rapport des forces politiques et sociales ne la permet pas, cette solution c’est la restructuration, renégociation des dettes pour en réduire le poids. Il faut convertir les dettes courtes et moyennes en dettes longues, abandonner celles qui ne peuvent pas être honorées, bref il faut une opération large d’allégement du poids des dettes qui font crouler le système et l’asphyxient.

      Les classes dominantes s’y refusent.

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      • Bonjour et merci pour vos articles qui permettent de déchiffrer la situation actuelle. Cet article et celui du 28/10 sont d’une grande clarté.

        Pour rebondir sur la question de @Lautre, si j’ai bien suivi, j’en déduis qu’il vaut mieux placer son capital dans de l’immobilier durable (rés. principale) et dans de l’épargne monétaire (fonds en euros ? ou une autre devises ?) même si ceux-ci sont spoliés (le premier, par des taxes croissantes, le second par des taux de rémunération négatifs)… Ca met au moins à l’abri de l’effondrement du cours des assets.

        Mais quant aux dettes, une fois renégociées et étalées, il ne parait donc pas pertinent de chercher à les rembourser ? Pourtant, liquider une épargne rémunérée négativement pour rembourser une dette à 2, 3% paraîtrait une bonne opération ?

        Je cherche aussi l’issue…

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      • La seule solution, ce sont les investissements tangibles (immobilier principal, or, métaux précieux, parts de sociétés familiales, terres agricoles, etc…). Si vous avez des enfants en âge de se loger ou à la recherche de capital, vous pouvez leur transférer vos liquidités par prêt ou par donation partage.
        Si vous ou un membre de votre famille avez des dettes, vous pouvez les rembourser ou aider à les rembourser. « Qui paie ses dettes s’enrichit ! »

        En gros, le capitalisme style XIXe XXe siècle (société anonyme, personne morale,…) est mort. Nous revenons à un fonctionnement ante 1789 où les transferts/investissement de capital se faisaient dans le cadre familiale, d’une communauté de vie (village, quartier,…) ou de manière individuelle de la main à la main sans médiation bancaire.

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        • C’est à dire que même l’or est… captable! La France l’a déjà fait, l’Allemagne aussi, les Ricains ne s’en sont pas privés (« Land of the Free », hein!)… bref, si l’Or cesse d’avoir cours légal (pendant 5, 10 ou 15 ans), et rachetable obligatoirement par l’État (à taux fixe – mijoté coton), on n’est pas plus avancé.

          De la même manière pour l’immobilier (tenir, tenir, tenir!) où l’on est spoliable à loisir (cf la République Frônçaise ces jours-ci), et à la merci de lois scélérates qui pourraient facilement écraser le peu de rentabilité ou de plus value ainsi qu’absorber toute la liquidité du marché en un claquement de doigt…

          Alors il reste peut-être, PEUT-ÊTRE, quelques rendements sur des actions bien choisies, avec des réserves de liquidités pour baisser le coût moyen d’achat en cours de baisse sanglante…

          Mais effectivement, comme le disait Mr Bertez, un peu de lucidité est angoissante. Et la porte de sortie (pour les Maîtres) bien camouflée.

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        • J’invite les fidèles de Lupus à méditer et assimiler la remarque ci dessus et mes remarques ci dessous.

          Elles sont pleines de bon sens et elles sont parfaitement adaptées à la situation. En particulier sous six points:

          -la débancarisation
          -la priorité au réel
          -la priorité au travail, et à l’activité vivants
          -la désocialisation,. démarchandisation, transferts familiaux
          -la sortie du cadre à ‘intérieur duquel se déroule la prédation
          -la mise à l’abri des prédations futures, elles sont inéluctables.

          Le tout fut-ce au prix d’une absence de rentabilité et de l’accent mis sur la préservation. Le jeu et l’appât du gain ont de tous temps été le moyen de spolier les joueurs, confère les loteries de l’ancien régime que l’on a reconstitué avec la Bourse.

          Enfin abandonnez l’idée que l’argent est en sûreté dans le Système, nous vivons les dernières années de la monnaie telle que vous croyez la connaitre. Mais il faut du courage pour renoncer à tout espoir de gain quand on voit les tirages à la loterie et la valeur de son épargne s’éroder.

          Je rappelle la base de mon analyse, les assets financiers ne font pas bulle, c’est l’argent, en particulier les dépôts bancaires qui font bulle. Réfléchissez à toutes les implications de cette affirmation. Demandez vous pourquoi les emprunts souverains de pays pourtant endettés sont recherchés au point que l’on accepte les taux négatifs, c’est à dire que l’on paie une assurance pour les posséder.

          A l’échelle de l’Histoire, à l’échelle d’un patrimoine familial c’est le moment d’être non pas « contrarian », mais non-conventionnel. Radicalement.
          .

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  2. Réponse @Lautre et Vigrid

    Pourquoi vous perdez et perdrez encore et toujours

    Désolé, mais il n’ y a pas de solution. Nous sommes engagés dans une guerre, C’est ce qu’il faut bien comprendre et cette guerre est une guerre de mouvements: ce n’est pas une guerre de tranchées. C’est une guerre du Système qui lutte pour se reproduire, qui lutte contre vous.

    Le Système se personnifie par ceux que j’appelle les dominants. La lutte qui est engagée est à mort, car l’enjeu c’est l’ordre social. Les dominants préfèrent prendre le risque de tout perdre plutôt que d’abandonner leur position de dominants.

    Pour l’élite dominante, ce dont il est question, ce qui est en jeu, ce n ‘est pas, bien sur, la mort physique, c’est la mort sociale, la perte du statut social, le fait d’être au dessus de autres. Je sais cela est compliqué et difficile à admettre surtout que pour être exact, il faut, en plus, ajouter que la classe des dominants, la classe des gestionnaires du Système n’a pas conscience claire de ce qu’elle fait, on est dans l’action inconsciente. Mais si c’était simple, tout le monde tiendrait le haut du pavé.

    Il faut admettre pour me suivre, les postulats de la psychanalyse et les bases du structuralisme. Les intellectuels qui sont à la solde des dominants, ceux qui sont leurs mercenaires dans la pub, la propagande, la manipulation ont parfaitement assimilé ces théories et les technique qui en découlent pour garder le pouvoir et les richesses. Parmi ces mercenaires, il y a les fameux Communicants, les publicistes, les propriétaires de journaux , on devrait t dire les propriétaires de journalistes…

    Une guerre de mouvements, c’est une guerre ou il faut être mobile, passer d’une tactique à une autre, d’un terrain à un autre et à chaque fois inventer une nouvelle stratégie. L’ennemi n’est pas statique, nous sommes en théorie des jeux:
    « qu’est ce que je dois faire sachant qu’il sait ce que je fais faire et que son objectif est de me prendre mon patrimoine pour sauver le sien ».

    N’oubliez pas, en plus que les jeux ne sont jamais faits: Ainsi les dominants sont globalement en guerre contre vous, mais eux aussi sont en guerre entre eux car « il n’ y en a plus assez pour tout le monde ». Regardez la lutte de la bourgeoise anglo-saxonne contre la bourgeoise traditionnelle de l’Europe Continentale, et la nouvelle bourgeoisie des émergents. Cette lutte qui signe la fin de la globalisation.

    Regardez ce qui s’est passé depuis 2008. Au début il fallait être sur les fonds d’état sans risque, puis sur le dollar, puis il fallait fuir le dollar, puis il fallait vendre les fonds d’état et aller sur les actions et les emprunts à risque, etc etc Entre temps il y a eu un moment ou il fallait être sur l’or, il y a eu un moment ou il fallait être hors de l’immobilier, maintenant il faut revenir sur l’immobilier etc: c’est cela une guerre de mouvement.

    Une guerre de tranchées cela consisterait à acheter de l’or physique, de l’immobilier et à avoir un gros paquet de cash en dollars; et à attendre. En espérant que les mouvements intermédiaires vous laisseront profiter de l’assaut final contre les monnaies.

    Je ne peux développer le fond de ma théorie car elle est complexe et je ne la maitrise pas encore assez pour l’exposer clairement. Mais en deux mots, nos ennemis, les dominants ont découvert ce que j’appelle « le secret du temps ». Par la pensée abstraite une chose est noire ou blanche. On monte ou on baisse, on est positif ou négatif, mais eux gère le mouvement qui fait que l’on passe du noir au blanc, de la hausse à la baisse et du positif au négatif. Ils sont dans un autre monde ou vous n’avez pas accès car pour vous il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée, alors qu’ eux gèrent le mouvement, la fermeture de la porte et vous êtes toujours baisé:

    -ils ont l’éternité devant eux

    -ils ont l’infinie liquidité de la printing press

    – ils ont le hedge suprême, comme un casino face au joueur, par la socialisation des pertes; quand ils perdent, c’est vous qui payez!

    -ils ont la propagande pour faire avaler les couleuvres et les mensonges

    -ils ont éliminé les véritables alternatives

    Face à eux, vous avez comme le site du même nom, Zero Hedge, des moyens limités, un temps compté, des besoins intermédiaires, des émotions, des convictions, etc

    Le Système gagne car il dépasse, il transcende les individus qui le composent.

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  3. L’essoreuse fonctionne à merveille. Ils ont mis le linge sale avec le propre et personne ne sera étonné du résultat !

    Mais pour nettoyer le linge, il nous faut une machine à laver avec une bonne lessive et certainement pas une essoreuse.

    L’issue n’est plus simplement la restructuration des dettes, c’est aussi une redéfinition de la monnaie et des règles du jeu qui vont avec.

    S’il est possible de virtualiser la monnaie, virtualiser la valeur, c’est une autre chose.

    Aujourd’hui, nous sommes dans un Monopoly mondial qui n’a pas plus de valeur que celui de notre enfance. Mais nous n’avons plus nos parents pour sonner la fin de la partie quand les enfants commencent à se disputer, suite à une triche de l’un des joueurs.

    Et comment ce jeu finissez chez vous, quand les parents était absents ?

    C’est ce que nous allons certainement découvrir, très prochainement…

    Le vermillon fait le plein, le cramoisi sent le souffre.

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  4. Chapeau, « Ils » travaillent comme de vrais chefs.

    Vous comprenez pourquoi nous sommes contre les Cassandre et autres millénaristes. « Ils » travaillent comme des chefs! Et ce n’est pas humoristique.
    Le relais de l’injection de nouvelles liquidités globales pris par la Banque du Japon est un trait de génie; en particulier dans le timing.

    La promesse de Kuroda de monter ses opérations d’achats de titres DE 30%, de favoriser la baisse du yen et de continuer jusqu’à ce que la mentailité déflationniste disparaisse au Japon est géniale. Elle relance la baisse de la devise nippone, elle fait affluer les capitaux aux USA, elle stabilise toutes les opérations de Carry et relance le risk-on lequel avait trébuché pendant quelques jours. Elle bénéficie par contre coup à l’Europe alors que l’on avait vu un début de deleveraging sur les emprunts souverains des pestiférés.

    La transition de la fin du QE Américain se passe bien , voire très bien à la satisfaction de tout le monde. Pas de hausse des taux longs, pas de liquidation de positions sur les actions et le High Yield, les vendeurs à découvert, comme nous ne cessons de le répéter sont une fois de plus pris à contrepied. Malheur à celui qui attaque les valorisations ne cessons nous d’écrire. Il n’ y a pas de bulle tant, et c’est le cas, tant que la création de monnaie globale reste ce qu’elle est c’est à dire colossale, tant qu’il y a un « glut » de cash. La bulle ce n’est pas sur les assets, la bulle c’est sur le cash.

    Le résultat des élections US de mid-term est bullish pour le système américain et les opérateurs ne s’y trompent pas, eux qui achètent le dollar en force. Le dolar index est en ce moment à 87.56 , c’est le plus haut depuis 2010. On vient au premier semestre de 2014, d’un niveau de 80 environ. Le dollar index est en route pour de nouveaux sommets, vers les 90.

    Contre yen, la paire USD-YEN est au plus haut de très longtemps, on est à 114,50 et nous anticipons un franchissement de la résistance des 115 pour attaquer la zone critique de très long terme de 120.

    En terme fondamental, c’est l’aventure et nous pesons nos mots.

    Nous abordons des zones inexplorées et en plus avec des mesures non conventionnelles, jamais expérimentées. Nous ne pouvons analyser toutes les conséquences des mouvements en cours, en particulier, l’incidence sur les émergents. La baisse du yen, la hausse du dollar, la chute du pétrole sont des mouvements complexes et tout ce que nous pressentons, c’est que des accidents sont possibles, mais les USA et leur alliés s’en fichent . Si ils peuvent mettre en difficulté la Chine et la Russie et le Brésil et tous les non-alignés etc cela n’est pas pour leur déplaire.

    Tout cela est une grande victoire et il suffit de lire les commentaires de ceux qui avaient vendu la peau du Bull américain, pour s’apercevoir à quel point ils sont dépités.

    Malheureusement, nous n^’avons aucun repère pour tenter de proposer une analyse des conséquences des évènements en cours sur la situation économique réelle en Europe. Tout ce que nous voyons c’est que cela stabilise le château de cartes financier: cela ne va peut être pas faire plaisir aux chômeurs, mais cela convient à Draghi et à une frange du capital klepto.

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  5. Plus fort que macron, Gattaz, Sapin et Rebsamen réunis!

    Le Gouverneur de la Banque Nationale du Canada, pays de liberté et libertés vient de donner un conseil aux jeunes adultes qui ne trouvent pas de travail.

    Sa proposition est rapportée par le journal Globe and Mail: les jeunes adultes qui sont forcés d’habiter dans le sous-sol de leurs parents parce qu’ils ne trouvent pas de travail devrait accepter de prendre un travail non payé, car ainsi ils enrichiraient leur curriculum vitae en attendant la reprise économique.

    Vous savez que pour lutter contre le chômage, nous sommes partisans de mesures radicales.

    -supprimer les allocations chômage
    -supprimer le SMIC

    Ainsi chacun pourrait offrir sa force de travail au prix qui lui convient, ce qui ferait sauter la barrière à l’entrée du marché que constitue le SMIC.

    Quand Gattaz et Macron veulent remettre en cause les allocations chômage, ils n’osent pas aller au bout de la logique: supprimer les allocations chômage ne ferait que plonger les gens dans la misère. Pour que ces gens ne deviennent pas miséreux il faut en même temps supprimer le salaire minimum afin que chacun puisse faire du dumping et ainsi que les jeunes puissent mettre dehors les vieux surpayés.

    C’est la logique économique imparable dans un monde globalisé ou les entreprises n’ont pas la possibilité d’employer des gens à perte en raison de la concurrence des émergents.

    Nous n’étions pas allé au bout du raisonnement et il faut remercier M. le Gouverneur Stephen Poloz d’avoir eu l’audace d’y aller et de nous inviter à en faire autant.

    Car les jeunes ne savent rien faire et c’est pour cela qu’ils sont inemployables. Il faudrait, dans le système aberrant actuel, leur donner le SMIC, ce qui est plus qu’ils ne produisent et en plus les former! Donc je vais encore plus loin et je suggère que ces jeunes adultes qui auront la chance d’apprendre quelque chose et de se faire un CV paient l’entreprise qui va les employer pour la dédommager de perdre du temps avec eux.

    Je pense et je suggère que les banques bien pensantes comme BNP PARIBAS réfléchissent à des prêts spéciaux pour ces jeunes adultes afin qu’ils puissent emprunter pour payer leur futur employeur.

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