Art de la guerre monétaire et économique

La gauche dure ne fait plus peur / Syriza détaille son programme/L’alliance contre nature/ Remise en cause de l’austérité: l’Allemagne craint une contagion

  La gauche dure ne fait plus peur  Par François Schaller

 L’euro et les marchés financiers en général auraient pu réagir très mal, hier, à l’ampleur du score. Même en ayant largement anticipé la victoire d’Alexis Tsipras. Il n’en a rien été. L’euro s’est même ressaisi face au franc. On peut évidemment parler d’anesthésie des investisseurs après l’annonce du quantitative easing de la Banque centrale européenne quelques jours auparavant. Pourquoi ne pas évoquer alors l’accoutumance aux problématiques migratoires et culturelles déviantes après les événements et contre-événements du début du mois à Paris, puis en Allemagne? Le phénomène Syriza prépare-t-il l’acceptabilité en Europe du Front national de la famille Le Pen? Le moins que l’on puisse dire est que le champ des possibles semble s’élargir en Europe. Qu’il bouge du côté de la gauche dans certains Etats peut aussi faire reculer les limites à droite dans d’autres.    

L’étonnante tolérance envers la gauche dure en Grèce décrédibilise d’un coup tous les défenseurs de l’orthodoxie allemande sur la scène politique européenne. D’autant que les Allemands eux-mêmes ont fait pas mal de concessions ces derniers mois. Comme s’ils n’y croyaient plus vraiment. Quels politiciens professionnels auront encore envie de se trouver parmi les derniers à défendre le monstre multicéphale surnommé austérité? 

Cette brusque évolution va en revanche dans le sens des anti-européens radicaux et viscéraux. Ceux qui ont tout de suite prédit l’impossibilité de l’euro, et qui annoncent sa fin prochaine depuis des années avec une jubilation intacte. Le ciment monétaire européen ne s’est-il pas transformé en véritable centrifugeuse? La politique non conventionnelle de la Réserve fédérale américaine n’avait de sens qu’accompagnée de resserrements structurels. La plupart ont eu lieu. La timide copie européenne est au contraire déjà interprétée comme un nouveau report envisageable des traitements douloureux. Les fonctionnaires et rentiers seront réhabilités dans leur dignité. Les investissements productifs dont la Grèce a besoin seront en quelque sorte détournés pour alimenter une politique de la demande sans levier ni durabilité. Les Grecs envisagent même de poursuivre leurs expatriés pour les rançonner. S’ils ne sont pas stoppés rapidement – et l’on ne voit pas très bien par qui – ils seront vite et largement imités.

AGEFI SUISSE MARDI, 27.01.2015

http://www.agefi.com/une/detail/artikel/la-gauche-dure-ne-fait-plus-peur-390681.html?issueUID=771&pageUID=23044&cHash=bb66b174c4b9d3f7c2e4b0fb5dafbc82

Syriza détaille son programme

Yorgos Tsipras. Le coordinateur du département de politique étrangère de Syriza est aussi le cousin germain d’Alexis Tsipras. Il détaille pour L’Agefi les intentions du nouveau parti au pouvoir en Grèce.

Interview: Mohammad Farrokh/Agefi suisse

  • Que ferez-vous si l’Europe ne vous donne pas les 10 milliards promis le mois prochain?

On peut travailler sans cela. Mais on part de l’idée qu’il y aura des négociations. Si l’Europe nous refuse sa garantie cela posera aussi de gros problèmes pour l’Eurozone. Dès lors, on nous donnera du temps pour négocier.

Il y a aussi la question des actifs destinés à la privatisation et regroupés dans Taiped, un fonds de développement de l’économie grecque placé sous le contrôle de la Troïka. Emmanuel Tzanos, analyste financier basé à Genève pense qu’ils sont bradés sans évaluation correcte…

Le grand problème est en effet qu’on assiste à un bradage à des prix trop bas. Au surplus, beaucoup d’actifs et de sociétés regroupés dans le fonds ne devraient tout simplement pas être privatisés. Pour ce qui est de la Troïka, nous ne négocierons pas avec cet organisme qui n’existe pas dans les traités, mais nous aurons des contacts avec le FMI et la Commission européenne. Des fonctionnaires de second rang ont dicté sa politique au premier ministre, et cela va cesser. Taiped sera transformée et réorganisée pour soutenir des projets, notamment pour soutenir la sécurité sociale au bord de l’effondrement. Taiped pourrait y transférer des actifs pour la stabiliser.

Mais il est trop tard pour Hellinikon, le site de l’ancien aéroport d’Athènes qui, avec ses 6 kilomètres carrés représente la plus grande friche urbaine d’Europe et qui a été vendu un peu plus de 900 millions à une société grecque agissant pour le compte d’un consortium d’investisseurs internationaux…

La privatisation sera gelée, car la transaction n’est pas finalisée. L’idée est d’utiliser ces terrains de manière équilibrée, entre espaces verts et zones résidentielles, une petite partie étant laissée au secteur commercial.

  • Quel est le chiffre exact de la dette et qu’allez-vous faire à ce sujet?

La dette se chiffre à 340 milliards d’euros, ce qui représente 175% du PNB contre 124 millions au début de la crise. Ce n’est pas viable et doit faire l’objet de négociations. Il y a le précédent du Traité de Londres en 1953, où plus de 60% de la dette allemande a été annulée. Le service de la dette restante devrait aussi être aménagé pour dépendre de la croissance.

  • Que se passera-t-il si l’UE refuse?

On ne va pas aborder la négociation en évoquant ce qui se passera si cela ne marche pas. Mais bien sûr on y a pensé.

  • Qu’en est-il du scénario de sortie de l’euro?

Il est encore trop tôt pour parler de la possibilité d’une guerre totale. J’espère qu’on n’en arrivera pas là. Mais si cela arrive alors les caisses d’un pays comme l’Italie seront également affectées. Une guerre serait mutuellement catastrophique. Notre objectif est au contraire d’inaugurer une nouvelle politique qui sera valable également ailleurs en Europe.

  • Votre politique ne va-t-elle pas heurter frontalement l’UE? On dit que vous aller réengager l’ensemble des fonctionnaires licenciés…

Beaucoup de choses ont été dites par nos adversaires de Nea Demokratia. Seuls les gens licenciés illégalement seront réengagés. Le secteur public est l’un des plus petits de l’Europe, mais ses effectifs sont mal répartis: dans les hôpitaux il y a par exemple trop de médecins et pas assez d’infirmières.

  • Les taxes immobilières introduites par Nea Demokratia expliquent en partie sa défaite. Allez-vous les maintenir?

Sous la pression européenne, le gouvernement a introduit des hausses d’impôts linéaires sans tenir compte de l’état de fortune. Cela va changer: on ne taxera plus le domicile des gens et ce qui ne sera pas loué à usage commercial sera exonéré. D’une manière générale, les gens qui gagnent moins de 12.000 euros par an ne seront pas imposés. Par contre, on ne peut annuler l’ensemble des dettes fiscales envers l’Etat grec qui atteignent 70 milliards d’euros, Mais il y aura des réductions et des allégements.

  • Qu’en est-il des riches Grecs à l’étranger?

La liste donnée par Christine Lagarde comporte 500 noms de personnes qui détiennent 600 milliards. Ils devront payer les impôts éludés. Le but sera aussi de faire rapatrier certains montants pour financer l’économie grecque.    

  • La Suisse collabore-t-elle assez?

Jusqu’à présent c’est plutôt le gouvernement grec qui n’a pas beaucoup cherché à en savoir plus.

  • Vos relations avec la Turquie et avec la Russie vont-elles changer?

Nous sommes à l’épicentre de deux zones conflictuelles: au nord, il y a l’Ukraine et au sud-est la Syrie.  On veut davantage de relations avec la Russie, qui doivent s’inscrire dans une politique multidimensionnelle. On ne veut plus d’une politique d’alignement euro-atlantique. Les sanctions contre la Russie ont fait perdre beaucoup d’argent à la Grèce qui n’y a rien gagné.

  • L’indice peut tripler en trois ans

Petros Iakovou est CEO de Hellenic American Securities and Asset Management à Athènes. Il revient sur les causes de la défaite de Nea Demokratia et aborde les perspectives pour le marché des actions grec.

  • On évoque un scénario catastrophe de sortie de l’euro. Est-ce la réalité?

Non, en tant que Grec, je ne peux pas y croire. D’ailleurs, Alexis Tsipras comme Antonis Samaras aime son pays. Ce sont des gens fatigués du système qui l’ont mis au pouvoir. Cette fatigue est à remettre dans le contexte d’une Grèce virtuellement en faillite, mais sans que celle-ci soit déclarée et à qui on demande de payer plus que ce qu’elle a. C’est aussi la situation des Grecs sommés de payer des impôts qui excèdent leurs possibilités financières. C’est notamment le cas dans le domaine immobilier où les propriétaires sont taxés sur des logements inoccupés et qu’ils ne parviennent pas à louer. Précédemment, les propriétaires ne devaient payer des impôts que sur les logements raccordés à l’électricité. Antonis Samaras a supprimé cette exception et, à mon avis, c’est cela qui lui a fait perdre les élections de dimanche.

  • Alors c’est un gouvernement de gauche radicale porté au pouvoir par les propriétaires?

Oui, les Grecs sont très attachés à la propriété. En accroissant la masse fiscale, Antonis Samaras s’est comporté comme un communiste.

Mais rien ne dit que l’arrivée au pouvoir de nouvelles têtes va changer quelque chose…

Sur vingt personnes, seules sept ont voté sur Syriza qui est néanmoins victorieux parce que le reste des votants n’a pas voulu de Nea Demokratia. Il y a un besoin de nouveauté, les Grecs ont envie de voir arriver de nouveaux visages et cela aura l’effet psychologique recherché qui permettra de relancer la machine économique et de générer une nouvelle masse fiscale.

  • Que ce passera-t-il si les Grecs ne reçoivent pas l’aide financière promise par l’UE?

Si  cela ne se fait pas, tout le système européen aura un problème. La Grèce n’est pas seule dans sa situation, il y a aussi l’Italie, le Portugal et même la France.

  • Les relations avec la Troïka sont compromises?

La Troïka est venue trop tard. Elle peut vendre des actifs, mais le gouvernement doit agir comme régulateur. Les prix de vente sont bas, mais ce sont des actifs qui, pour l’instant, ne génèrent aucun cash flow L’idée est de donner du travail aux gens et de relancer l’activité.

  • Quelles sont les perspectives pour les actions?

La bourse était remontée à 1350 après avoir touché le fond aux environs de 500. A partir des niveaux actuels, le prochain support est à 760 et il existe un support plus fort à 600. A partir de ces niveaux, l’indice peut aller aux environs de 1800 dans un horizon à deux ans et demi ou trois ans. Je m’appuie sur un modèle mathématique.

  • Quels sont les secteurs les mieux positionnés?

Certains titres vont bénéficier d’arbitrages du fait de notre appartenance à l’Europe. Le marché grec est faiblement évalué et bien positionné pour profiter du QE. Certaines banques vont en profiter notamment Eurobank, la seule en mains privées. Le tourisme et le shipping peuvent en profiter ainsi que le transport, par exemple le Port d’Athènes qui profite de la baisse du pétrole. (MF)

http://www.agefi.com/europe-monde/detail/artikel/yorgos-tsipras-le-coordinateur-du-departement-de-politique-etrangere-de-syriza-est-aussi-le-cousin-germain-dalexis-tsipras-il-detaille-pour-lagefi-les-intentions-du-nouveau-parti-au-390717.html?catUID=16&issueUID=771&pageUID=23062&cHash=b81a2ed02ccf33625093de362a5b5e0d

L’alliance contre nature

Le représentant de la gauche radicale s’est allié avec un parti de droite souverainiste pour gouverner, ce qui laisse augurer de négociations difficiles avec l’Union européenne. L’Europe a d’ores et déjà prévenu Alexis Tsipras qu’elle n’est pas prête à effacer la dette du pays dont Syriza réclame la restructuration. Or, c’est la ligne la plus ferme vis-à-vis des créanciers UE et FMI qui semble l’avoir emporté avec l’annonce d’un accord de gouvernement entre Syriza et le petit parti de droite souverainiste des Grecs indépendants (ANEL).  Les deux formations vont cumuler une majorité de 162 sièges (149+13) sur les 300 du parlement. Désigné Premier ministre lundi après-midi, Alexis Tsipras devrait annoncer la composition de son gouvernement d’ici demain.

Scène inédite: le chef de la gauche grecque s’est dispensé d’une prestation de serment religieuse, comme le veut la tradition, optant pour une cérémonie civile. Son nouvel allié souverainiste est lui réputé proche de l’Eglise orthodoxe, non séparée de l’Etat, et défend des positions conservatrices sur le plan des moeurs, à l’opposé de Syriza.

Syriza s’allie aux souverainistes

Fabien Perrier Athènes

Alexis Tsipras formera un gouvernement avec les Grecs indépendants

Panos Kammenos, le responsable des Grecs indépendants (GI), a répondu en rendant visite au chef de l’Eglise grecque pour chercher sa bénédiction. Dès le premier jour, deux visions s’affrontent. Syriza, le parti de la gauche radicale qui, avec 149 sièges, a manqué de peu la majorité absolue, est favorable à la séparation de l’Eglise et de l’Etat et veut imposer l’Eglise, quand les GI, parti de la droite souverainiste, refusent tout geste en ce sens.

Un véritable choc des cultures qui inquiète dans les rangs de Syriza, une fois passé l’enthousiasme à l’annonce des premiers résultats. Une cadre de Syriza expliquait ainsi: «C’est comme si nous étions arrivés à la source et ne pouvions pas boire d’eau.»

A la source, il y a un rejet commun de la troïka, qui regroupe les représentants de la Commission européenne, de la BCE et du FMI, et des politiques d’austérité qu’elle applique en Grèce depuis 2010. Syriza a promis de renégocier la dette, de changer de politique économique et sociale tout en restant dans la zone euro. C’est sur cette base que les GI ont fait savoir à Syriza qu’ils étaient prêts à gouverner à ses côtés.

La défense au régime?

Cependant, des divergences existent sur les questions de société et la politique extérieure. Syriza est par exemple favorable à la naturalisation des immigrés ou prêt à ce que les voisins du nord conservent le nom «Macédoine» dans la dénomination de leur pays, ce que rejettent en bloc les souverainistes des GI, tout comme ils s’opposent à une politique d’ouverture envers la Turquie, ou à la construction d’une mosquée à Athènes. La principale pierre d’achoppement concerne la défense, dont les GI revendiquent le ministère. Syriza a fait de la baisse de ce poste un élément central de son programme économique afin de disposer de marges de manœuvre supplémentaires pour appliquer sa politique économique fondée sur la relance. Les GI sont farouchement opposés à toute diminution en la matière. Ils exigent donc un poste clé… pouvant plomber le programme de Syriza.

Pour Alexis Tsipras, le plus dur commence.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/054ff69e-a599-11e4-9acf-c65b500212f4/Syriza_sallie_aux_souverainistes

C’est d’Allemagne, dont la position sera déterminante, que sont venues les réactions les plus réservées face à la nouvelle donne politique en Grèce. Pour la chancelière allemande Angela Merkel, le nouveau gouvernement grec doit «respecter les engagements pris» par son prédécesseur. Une réduction de dette est exclue, a averti de son côté le Ministère allemand des finances.  «Faire partie de la zone euro signifie qu’il faut respecter l’ensemble des accords déjà passés», a renchéri le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, alors que les ministres des Finances de la zone euro étaient réunis lundi à Bruxelles.

Remise en cause de l’austérité: l’Allemagne craint une contagion

Berlin craint que la victoire de Syriza en Grèce ne remette en cause les politiques de rigueur au sein de la zone euro

Angela Merkel n’a montré aucun empressement à «féliciter» Alexis Tsipras: s’en tenant à la «tradition», elle ne lui enverra de télégramme qu’«une fois qu’il aura été officiellement nommé premier ministre». En votant Tsipras, les Grecs ont voté contre Merkel, et contre la rigueur, estime leSpiegel. Dimanche, ni la CDU ni le SPD n’avaient jugé bon de réagir au vote grec. Seul Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, avait pris la parole pour l’Allemagne officielle, demandant à Syriza de «ne pas faire de promesses illusoires» à ses concitoyens. Lundi matin, le SPD assurait que l’Allemagne était «prête à travailler avec n’importe quel gouvernement élu démocratiquement. A condition que soit respectée la fidélité aux traités déjà signés par la Grèce vis-à-vis de ses partenaires de la zone euro.»

«Un traité est un traité»

«La zone euro n’est pas un tripot dans lequel chacun pourrait jouer comme il le veut. Un traité est un traité», s’indignait hier le quotidien populaire Bild Zeitung, rappelant que l’Europe «a respecté ses engagements depuis 2010» en accordant plus de 200 milliards d’euros à la Grèce. Selon le quotidienSüddeutsche Zeitung, Berlin n’a pas attendu le scrutin de dimanche pour négocier avec l’entourage d’Alexis Tsipras: le social-démocrate Jörg Asmussen a déjà entamé d’officieux entretiens avec Syriza au cours des dernières semaines pour préparer le terrain, assure le quotidien de centre gauche. Les relations entre Athènes et Berlin s’annoncent en effet houleuses.

Dans un premier temps, Berlin cherchera à dresser la liste des points de négociation possibles avec la nouvelle équipe grecque. Une troisième réduction de la dette d’Athènes est pour l’instant pour Berlin inenvisageable, tant pour la CDU que pour le SDP. «Entre Merkel et Tsipras, il va y avoir une partie de poker passionnante», estime Julian Rappold, chercheur à l’institut de politique étrangère DGAP.

Au-delà de la Grèce, l’Allemagne craint une contagion du rejet de l’austérité à d’autres pays en difficulté, comme l’Espagne avec le nouveau parti de gauche radicale Podemos.

Pour un «printemps rouge»

Mais même en République fédérale, le succès d’Alexis Tsipras pourrait réveiller les attentes d’une partie de la gauche. Hier, la présidente du parti néo-communiste allemand Die Linke, Katja Kipping, appelait à «un printemps rouge européen» tandis que la confédération syndicale DGB réclamait un changement radical de cap de la politique en Europe. «Il faut mettre fin aux programmes d’austérité, qui sont en premier lieu portés par les petites gens et qui en Grèce comme ailleurs ont mené à des conditions de vie scandaleuses», estime le chef du DGB, Reiner Hoffmann.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/2a0ec960-a599-11e4-9acf-c65b500212f4/Remise_en_cause_de_laust%C3%A9rit%C3%A9_lAllemagne_craint_une_contagion

La Grèce, même si elle est parvenue à stabiliser ses finances après avoir frôlé la faillite, est toujours sous perfusion de l’EU et du FMI qui lui ont octroyé 240 milliards d’euros (243 milliards de francs) de prêts depuis 2010. En échange, Athènes a dû accepter un catalogue de réformes structurelles et d’une stricte politique de rigueur.

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L’enjeu pour le nouveau Premier ministre grec sera de trouver des alliés parmi les membres de la zone euro pour faire bouger les lignes.

Les regards de Syriza sont tournés vers l’Italie, dont le ministre des Affaires étrangères, Paolo Gentiloni, a estimé que «le résultat grec, s’il est géré politiquement par la Grèce et l’Union européenne avec des négociations flexibles et réalistes, favorisera la demande de mettre un terme à la rigidité que nous, Italiens, avons toujours réclamée».

Côté français, le président François Hollande a été parmi les premiers à féliciter M. Tsipras avec bienveillance, tout en le rappelant à «l’esprit de responsabilité». Il est également le premier, lundi, à avoir officiellement invité le nouveau Premier ministre grec qu’il souhaite voir «rapidement à Paris».

Un troisième prêt?

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Grèce: un troisième prêt serait envisagé. Le pays a besoin de 15 milliards d’euros pour payer ses dettes en 2015 La dette grecque représente 177% du PIB en 2014, contre 110% en 2010

La dette grecque s’élève à 317 milliards d’euros, dont 270 milliards à la Banque centrale européenne (BCE) via le Fonds européen de stabilité financière (FESF), au Fonds monétaire international (FMI) (32 milliards) et aux divers Etats européens, notamment l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni (53 milliards). Le reste est détenu par les banques.

Les 270 milliards ont été déboursés dans le cadre de deux programmes d’ajustement structurel, signés en 2010 et en 2012. Ils sont gérés par la troïka BCE, FMI et Commission européenne.

Prévu en décembre, le dernier déboursement de 7 milliards d’euros est suspendu à un rapport de la troïka. Le pays a besoin de 15 milliards d’euros pour rembourser ses dettes arrivant à maturité en 2015.

Pour s’assurer qu’Athènes ne fasse pas défaut, la troïka souhaite négocier un troisième programme. Les négociations ont été suspendues dans le contexte d’élections de ce dimanche.

Face à ses obligations envers les créanciers, la marge de manœuvre du nouveau pouvoir est limitée. La renégociation du remboursement serait l’une des solutions.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/194c3414-a599-11e4-9acf-c65b500212f4/Un_troisi%C3%A8me_pr%C3%AAt

Quelques graphiques essentiels

6 réponses »

  1. Et le résultat d’Aube dorée ? et bien malgré qu’ils soient pour la plus part des dirigeants en prison ils ont dépassé les 5 % et ont 17 députés étonnant non ??

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    • C’est notre politique éditoriale, et elle n’a pas pour vocation de plaire à tout le monde…Pour autant cela ne rend pas votre critique illigitime c’est juste que de notre point de vue elle est hors cadre…Ces infos, opinions, éditos nous paraissent interessantes, leur sélection est subjective mais ne signifie en rien que nous en partagions le contenu dans leur ensemble au sens ètre en accord ou pas…Par contre ce qui nous interesse c’est les liens que l’on peut faire entre ces infos, liens qui sont en général ocultés par la presse et pour cause c’est le seul moyen qui est donné au citoyen lambda de se forger une opinion mème partielle sur une thématique donnée. Nous avons donc la redoutable mais humble prétention non pas de convaincre mais d’apporter quelques éléments de réflexion pouvant aider éventuellement à dépasser le registre de l’émotion, le simple conflit idéologique ou bien encore la simple récupération politique ou économique…

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