Art de la guerre monétaire et économique

Atlantisme – Europe : Qui tire profit de la crise bancaire italienne ? Les géants de Wall Street ! (Wolf Richter)

Les géants de Wall Street

Les refinancements bancaires sont une entreprise profitable. Et l’effondrement de la banque italienne Monte dei Paschi di Siena – dont les actions ne valent presque plus rien avec 0,25 centime d’euro, et qui a été refinancée deux fois par les investisseurs depuis 2014 et doit désormais demander un plan de sauvetage supplémentaire – est devenu le nirvana des banques d’investissement, et notamment de JP Morgan.

Monte dei Paschi a obtenu les pires résultats à l’issue du test de stress mené par EBA. Dans le cadre du scénario de crise utilisé, son ratio du capital de première catégorie est passé en-dessous de zéro (-2,4%), ce qui signifie que son capital aurait été plus qu’anéanti.

Un autre plan de refinancement est discuté aujourd’hui, qui est plus important encore que les deux premiers, qui ont si élégamment échoué à résoudre les problèmes de la banque. Il implique un ensemble de banques, dirigées par JP Morgan, comme l’a expliqué son directeur Jamie Dimon, ainsi que par la banque d’investissement italienne Mediobanca. Monte dei Paschi cherche à lever 5 milliards d’euros de capital et à vendre 9,2 milliards d’euros de prêts toxiques afin d’aérer ses bilans. Et les frais de souscriptions seront juteux.

« Trois sources impliquées » ont annoncé à Reuters que les frais de souscription s’élèveraient à 250 millions d’euros pour ce qui concerne la levée de 5 milliards d’euros de capital.

Et ce n’est pas tout. Ce plan vise également à l’établissement d’un véhicule spécial destiné à acheter les prêts toxiques de Monte dei Paschi. Le financement de ce fonds demanderait un prêt-relais de 6 milliards d’euros. JP Morgen tente d’arranger ce crédit, pour lequel les banques d’investissement pourraient recevoir plus de 300 millions d’euros de frais.

Les participants à ce prêt-relais se trouveront coincés avec les prêts non-performants de Monte dei Paschi (« toxique » est loin d’être un mot assez fort pour les décrire) s’ils ne trouvent pas d’investisseurs pour le véhicule spécial. Mais Dimon, qui s’intéresse toujours au bien-être des autres, a annoncé à CNBC que sa banque se tenait prête à prendre ce risque : « Si nous parvenons à mettre un tel programme en place, l’Italie ne s’en porterait que mieux. »

Ce qui nous donne un total combiné de 550 millions d’euros de frais bancaires pour un plan de sauvetage.

Mais ils ne représenteraient qu’un versement supplémentaire. En 2015, Monte dei Paschi a versé 130 millions d’euros de frais à un groupe de banques d’investissement pour avoir levé 3 milliards de dollars de capital, comme l’a rapporté Thomson Reuters. En 2014, elle avait déjà versé 304 millions d’euros de frais pour ses 5 milliards d’euros de capital. Les deux accords ont été orchestrés par UBS.

Au vu des frais actuels, ces versements passeraient à un total de 984 millions d’euros. Avec un peu d’efforts, ils pourraient atteindre le milliard d’euros.

Certaines sources ont indiqué à Reuters que le gouvernement italien a offert son soutien à JP Morgan en juillet, après que Dimon s’est entretenu à Rome avec le Premier ministre Matteo Renzi :

En conséquence, la banque américaine – dont l’ancien Ministre italien des finances, Vittorio Grilli, est responsable d’investissement pour l’Europe, le Proche-Orient et l’Afrique – comptera parmi les plus gros bénéficiaires de Monte dei Paschi si le projet voyait le jour. 

Ce qui n’est pas une évidence. Comme l’explique Reuters :

La facture salée reflète le risque de voir cet accord tomber à l’eau, parce que les investisseurs hésitent à offrir du capital à la banque italienne en raison de l’échec de ses plans de refinancement passés, des conditions de marché incertaines et de leur peur de s’exposer davantage à la troisième plus grosse économie européenne.

« Il est bien plus cher que n’importe quel autre accord des marchés obligataires et d’actions en raison du risque représenté par la transaction », a expliqué un analyste basé à Londres, qui a mis l’accent sur le fait que les risques liés au pays ajoutent à la complexité opérationnelle de la transaction.

Aucune des douzaines de banques contactées par Monte dei Paschi ne s’est pour le moment engagée à participer à son plan de refinancement de 5 milliards d’euros.

« Il s’agit d’accords de pré-souscription qui par définition ne représentent pas une souscription et donc ne sont pas un engagement », comme l’explique le directeur de Mediobanca, Alberto Nagel. Pas d’engagement, pas d’accord.

Un effondrement de la plus ancienne banque du monde endommagerait le système bancaire italien dans son ensemble et pourrait contaminer toute l’Europe. Le gouvernement du Premier ministre, Matteo Renzi, fait donc pression sur les banques d’investissement italiennes et internationales pour obtenir un plan de sauvetage.

Un porte-parole du gouvernement italien a cependant annoncé aux médias qu’il n’était pas au courant de ces pressions.

Pour ajouter à l’ampleur des frais et à l’incertitude qui plane sur ce plan de refinancement, nous avons aussi le risque de tourmente politique si le référendum sur la réforme constitutionnelle n’aboutissait pas – auquel cas Renzi a promis de démissionner. Le référendum aura lieu en octobre, juste avant l’échéance du plan de sauvetage. Un timing impeccable.

Si ce plan était signé, il pourrait laisser place à beaucoup d’autres. UniCredit, la plus grosse banque italienne et la banque européenne ayant enregistré les sixièmes pires résultats au test de stress d’EBA, cherche également à lever du capital et à se débarrasser de ses prêts non-performants.

Et d’autres plans de sauvetage pourraient aussi être nécessaires dans le reste de l’Europe afin de surmonter la crise de l’Union européenne. 

http://www.24hgold.com/francais/actualite-or-argent-qui-tire-profit-de-la-crise-bancaire-italienne—.aspx?article=8936267816H11690&redirect=false&contributor=Wolf+Richter.&mk=2

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