Allemagne

Mondialisme VS Pangermanisme : Le sort de l’Italie, le grand marchandage, le levier des anglo saxons qui les rend presque maîtres du jeu.

Le sort de l’Italie, le grand marchandage, le levier des anglo saxons qui les rend presque maîtres du jeu.

By Brunobertezautresmondesbrunobertez.com juin 6, 2018

 

Le discours de Conte a été conforme à ce que l’on pouvait attendre: politique, vague, sans grande cohérence interne. Conte a intérêt à focaliser l’attention sur ce qui est acquis, le changement de politique face à l’immigration et le refus de l’austérité. Insister sur ces terrains ne coûte rien ni en termes financiers ni en termes politiques.

La seule chose qui a été clairement confirmée c’est son indigence au plan budgétaire et sur les moyens de retrouver cette croissance nominale qui est la pierre angulaire de l’édifice programmatique de la coalition.

Le nouveau gouvernement n’a aucun intérêt à brusquer les choses au plan économique: elles ne dépendent pas de lui!

Elles dépendent de la BCE, de Draghi, de Merkel ou plutôt du rapport de forces entre Merkel et Macron, etc. Elles dépendent également des orientations du gouvernement espagnol conduit par Sanchez.

Elles dépendent du vice des anglo saxons et de leurs objectifs.

Reuters et le FT et Bloomberg ont plus de pouvoir que la Commission Européenne… ils contrôlent avec l’aide des agences de notation, les marchés et donc les lieux de déstabilisation. Les marchés sont les champs de bataille modernes, et les anglo-saxons y règnent en maitres. 

Le futur de l’économie italienne est lié à:

  • l’arrêt ou la poursuite des achats de dettes souveraines de la BCE
  • la tenue des cours boursiers des banques européennes
  • la situation bilantielle de banques européennes, gavées d’emprunts souverains dont la pondération est nulle dans les calculs de ratios de risques, le fameux cercle vicieux de la terreur
  • la nomination du remplaçant de Draghi
  • l’évolution des soutiens domestiques de Merkel

Bref le futur de l’économie italienne dépend d’une situation globale, complexe dans laquelle tout est interdépendant et connecté.

Au centre se trouve la question des eurobonds.

C’est la question souterraine, enfouie et seuls, on le voit bien, les anglo-saxons et le Financial Times y ont accès par leurs contacts privilégiés avec certains officiels de la BCE qui alimentent les fuites. La presse et les agences anglo-saxonnes bénéficient des manipulations souterraines et des luttes internes à la BCE.

A la limite, les anglo-saxons, la City et le FT ont plus de pouvoir que les opinions publiques et les citoyens européens. Ils sont le levier de la finance et ils savent en user très habilement. Il suffit d’un article dans le FT pour faire chavirer les marchés, une banque , une devise ne l’oubliez pas. C’est presque un levier, un atout dans les relations avec le Barnier du Brexit! Les anglo saxons ont le soft power financier .

L’article publié en début de semaine par le FT est un exemple de ce qu’est ce soft power financier , un  pouvoir vicieux, insidieux, qui permet de jeter du sel sur les blessures et surtout de titiller là ou cela fait mal: la situation réelle des banques européennes qui ont des tombereaux d’emprunts souverains dans leur bilan, avec une pondération de risque nulle et donc pas de fonds propres en face!

Il y a un lien dans la situation d’ensemble entre, le Brexit, l’euro, les divergences entre les dettes souveraines euros, le refinancement en dollars et … la Deutsche Bank. Le tout enveloppé dans le papier  qui créerait les eurobonds.

Regardez les deux articles ci dessous, issus du FT

“Italy Turmoil Shows Banking ‘Doom Loop’ Still A Powerful Force”).

[FT] Banks feel the heat as investors exit eurozone equities

Les eurobonds existent, c’est Draghi qui les a créés, il a créé un eurobond synthétique à l’actif  de son bilan  par ses quantitative easing et donc son panier d’achats de dettes souveraines. Il suffirait de faire un package , une titrisation de cet actif du bilan de la BCE et de le distiller aux marchés! 

Le risque aussi il existe déjà et il suffit d’insister un peu pour faire comprendre aux Allemands qu’ils n’ont pas intérêt  à se montrer trop durs trop longtemps en leur parlant enfin de Target2. Il suffit de changer de discours et de leur faire croire que les eurobonds réduiraient leurs risques sur Target 2 et le tour serait joué.

La question italienne n’est que le symbole, le reflet symptomatique de la fragilité de la construction européenne et j’aime à le répéter de la nullité des promoteurs de cette Europe bancale. Les problèmes sont surdéterminés, ils existeraient indépendamment des spécificités de l’Italie, car ce ne sont pas les participants qui sont défaillants, c’est la construction elle même. Les participants sont les révélateurs, les messagers.

La construction européenne bancale repose sur une béquille et cette béquille c’est l’Allemagne , l’Allemagne point à la ligne.

Tant que les électeurs allemands seront d’accord, que ce soit de bon gré ou de mal gré pour soutenir la construction, cela tiendra. SI les électeurs allemands en ont marre, ils cesseront de fournir les béquilles et la seule solution sera l’éclatement. Les Allemands sont ils prêts pour l’harmonisation fiscale et les eurobonds, c’est au fond la seule question qui compte et pas seulement pour les Italiens, pour tous. Pour tenir il faut un marché profond de l’équivalent d’une valeur du Trésor US, un Treasurie européen.

En fait, c’est ce débat qui couve en Allemagne et le discours de Merkel était l’un des éléments ce  débat: elle essaie de lâcher le minimum, le dérisoire comme je l’ai écrit.

Son aile droite est dans l’opposition sur ces points de mutualisation et de transferts et le parti AFD a de solides et puissantes tribunes car il est de haut niveau intellectuellement.

Dans le cadre de ce débat, le Président de la Bundesbank Jens Weidmann a déclaré cette semaine: “ceding a significant portion of their sovereignty to Brussels is precisely what the Euro area members are not prepared to do. It seems to me that it’s already hard enough at times to ensure that the European Commission’s existing powers are enforced and respected.” 

Cette déclaration de Weidmann nous semble s’inscrire dans le cadre du grand marchandage, du grand combat en cours, elle souligne que la question centrale est celle de la souveraineté et le fait que les esprits ne sont pas prêts à aller plus loin dans l’abandon d’une nouvelle portion de souveraineté. Mais quid si c’est l’Allemagne qui étend sa souveraineté , la sienne, au plan européen en prenant le contrôle d’une institution essentielle?

Mais quid dans le cadre d’un donnant-donnant, au sommet, donnant-donnant dont les peuples seraient   exclus bien sur,  qui échangerait  le contrôle quasi définitif de la BCE, abandonnant sa Présidence aux Allemands en échange d’une avancée en matière de mutualisation? Weidmann s’exprime déjà comme un futur patron de la BCE!

Les électeurs allemands j’en suis sûr accepteraient le « deal » de  la mutualisation  partielle contre le contrôle retrouvé de la BCE.

Les électeurs allemands ont confiance en Weidman, ils n’ont confiance en personne d’autre.

On en saura peut être plus sur les orientations futures et l’état des affrontements en cours:

Le 14 juin il y a une réunion importante à la BCE avec un débat sur la sortie des QE: “President Mario Draghi’s Governing Council is likely to treat the June 14 gathering in Latvia as a live opportunity to debate winding down bond-buying ,said the officials,who asked not to be named because such matters are CONFIDENTIAL,” écrit le FT . Le FT, comme par hasard!

Bruno Bertez, Editorial : Le sort de l’Italie, le grand marchandage, le levier des anglo saxons qui les rend presque maîtres du jeu.

Note: 

L’Europe paie sa nullité habituelle, nullité qui l’a conduite à ne pas comprendre en son temps que pour être fort avec une monnaie unique il fallait un marché financier unique, profond, puissant  et surtout un grand journal européen crédible au plan économique, monétaire  et financier …


[UK Guardian] Italy’s PM takes aim at migrants and austerity in maiden speech

[FT] Banks feel the heat as investors exit eurozone equities

UE : Angela Merkel freine les ambitions fédéralistes d’Emmanuel Macron

Que ce soit de son propre mouvement ou par souci électoral, ou plus vraisemblablement encore pour respecter les rythmes imposés par les fédéralistes européens qui savent quand avancer et quand temporiser, Angela Merkel a balayé au nom de l’Allemagne les propositions d’union fiscale et de mise en place d’un important dispositif anti-crise financière souhaité par Emmanuel Macron. Au président français de dessiner l’avenir, au chancelier allemand de modérer le pas pour ne pas compromettre l’objectif final. C’est après des mois de silence qu’Angela Merkel, revenant à la prudence à laquelle l’électorat allemand est favorable, a clairement signifié qu’il n’était pas question d’alourdir le poids qui pourrait peser sur son pays en cas de défaillance d’autres pays membres de l’UE.

« La solidarité entre partenaires de l’euro ne doit jamais conduire à une union de la dette », a-t-elle déclaré au Frankfurter Allgemeine dans un entretien programmatique ce week-end. Pour Ambrose Evans-Pritchard du Telegraph, c’est un moment clef dans le processus de la construction européenne : il s’agit selon lui de la « garantie » de voir le maintien d’une « union monétaire déformée et dangereusement instable lors de la prochaine récession mondiale ».

Angela Merkel ne soutient pas les ambitions fédéralistes d’Emmanuel Macron

Pour David Marsh, chef de l’Official Monetary and Financial Institutions Forum, think tank indépendant, c’est bien la preuve que la souveraineté reste à l’ordre du jour : « Elle a dit avec la plus grande clarté que le Parlement allemand doit avoir le dernier mot en ce qui concerne la dépense des deniers du contribuable allemand. Voilà le point crucial. »

Il faudrait tempérer cette déclaration par la réalité qui fait de l’Allemagne une contributrice nette au budget de l’UE.

Mais le fait est là : à la fin de 2017, les chrétiens-démocrates du CDU faisaient alliance avec les sociaux démocrates du SPD sur un programme de coalition prévoyant que les parlementaires européens plutôt que le Bundestag auraient compétence pour approuver les opérations de sauvetage financier. Le fédéraliste Martin Schulz a depuis lors perdu le contrôle du SPD, entraînant dans son départ ce projet impopulaire chez les Allemands.

Angela Merkel s’est donc bornée à approuver la mise en place d’un Fonds monétaire européen, qui n’entre pas dans le cadre des traités de l’UE mais constitue une entité « inter-gouvernementale » où l’Allemagne disposera d’un veto relevant de la compétence du Bundestag. L’intérêt de ce FME, du point de vue allemand, est de permettre l’exigence de mise en place de décotes pour les créances du secteur privé et de la restructuration de la dette souveraine avant tout sauvetage. Perspective qui selon l’ancien ministre des finances italien, Pier Carlo Padoan, aurait pour effet de déclencher une crise financière automatique. En attendant, ce n’est qu’une autre façon de maintenir l’euro à bout de bras sur le dos des peuples.

L’UE fédéraliste freinée par Merkel : elle n’ira pas plus vite que la musique

Est-il vrai, comme le dit David Marsh, que le plan Merkel profite de l’élection d’un gouvernement rebelle en Italie ? « Elle lui a donné d’excuse rêvée », assure l’analyste.

Pour Macron, le refus allemand serait donc un coup dur, l’affaire de l’euro étant précisément le lieu où le fédéralisme peut le mieux avancer actuellement, alors que Merkel veut sévèrement limiter les fonds dont disposerait la zone euro pour aider les pays en retard à 0,2 % de son PIB, soit 30 milliards d’euros selon des informations données par la presse. Cela ne laisserait guère de marge de manœuvre à l’UE pour servir de filet de sécurité aux banques. Tout au plus le chancelier allemand est-il d’accord pour l’ouverture de lignes de crédit sur cinq ans pour les pays en difficulté : cela peut paraître restrictif mais fonctionnerait selon les méthodes habituelles des institutions mondialistes.

En réalité, Angela Merkel a les mains liées par les dispositions constitutionnelles allemandes jalousement défendues par la Cour ad hoc, selon Evans-Pritchards. Celle-ci a jugé que le Bundestag n’a pas le droit d’abandonner ses pouvoirs budgétaires à quelque entité supranationale sous peine de vider de sa substance la démocratie allemande. Remarque de bon sens qui n’éveille donc aucun écho chez Emmanuel Macron… Et, bonne nouvelle pour les Allemands soucieux de leur souveraineté, c’est aujourd’hui l’AfD anti-européiste qui constitue la réelle opposition au Parlement où Alternatieve für Deutschland contrôle la commission du budget.

Les ambitions « carolingiennes » de Macron pour l’Union européenne. Vraiment ?

Pas moins de 154 économistes allemands ont également co-signé fin mai une lettre à Merkel pour dire que le plan Macron n’est pas seulement ruineux, susceptible de conduire l’Allemagne droit vers l’union de la dette au sein de la zone euro, mais une vraie menace pour l’intégrité de la démocratie allemande. Merkel suit la tendance en maintenant l’idée d’une « union disciplinaire » de fait, comme l’appellent ses critiques.

Fin du « rêve carolingien », conclut Evans-Pritchard. Sur ce point, impossible d’être d’accord : il y a un vide indépassable entre « l’empire » chrétien respectueux des coutumes et des particularités locales et l’union technocratique, ce cauchemar européiste qui a les faveurs de Macron, avec son poids fiscal et son étatisme qui auraient fait hurler les contemporains de Charlemagne.

Anne Dolhein

https://reinformation.tv/ue-angela-merkel-freine-ambitions-federalistes-emmanuel-macron-dolhein-85051-2/

OK+++++++++++++++

EN BANDE SON : 

1 réponse »

  1. “Look, I think Sebastian Kurz is a rock star. I’m a big fan,” said Grenell, referring to the leader of Austria’s conservatives who has formed a government with the far right. In Europe, Kurz and Merkel are considered to be on different ends of the conservative leadership spectrum. Merkel has often blurred the lines between conservative and liberal. Kurz has opposed Merkel on immigration and won his election on hard-line campaign promises. (In a separate Breitbart piece, Grenell was quoted as saying that Merkel has “suffered politically” by allowing in too many immigrants.)

    je reconnais ce sourire

    Thank You, Mr. President.

    A post shared by richardgrenell (@richardgrenell) on

    il est peut etre en train de defoncer la deutsche bank

    il y en qui disent que deutsche fusionnerait avec C , que cela arrangerait trump etc…

    je pense qu’il va la laissait crever

    c’est fini les équilibres cooperatifs fed bce
    trump et surtout Bannon detestent obama notamment pour 2008
    souvenez-vous, le probleme de la crise acuelle (sic) selon pisani ferry est d’avoir laisser LEH deposer le bilan (completement débile…)
    trump peut en fermer 2 3 4…

    le dessin est superbe (italie a évoqué un glass steagall, même si c’est surtout pour emb^ter bruxelles ama)

    J'aime

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