Art de la guerre monétaire et économique

Quel est l’enjeu du soutien du Venezuela pour la Russie ? (Avec Note du LUPUS)

Note du LUPUS

L’excellent Ron Paul,un vrai libertarien, a raison de dire que l’ingérence US au Venezuela s’apparente à une position néocon et contrevient aux promesses non-interventionnistes de Trump.

http://www.eurasiareview.com/29012019-ron-paul-trumps-venezuela-fiasco-oped/

Ce qui me donne à penser que la meilleure façon de ne pas faire la guerre c’est de s’y préparer…Sparte fut bien supérieure à Athènes ! Pas dans la communication mais dans les faits ! Avec seulement 6% du budget militaire US, la Russie humilie l’Occident…

Mais les alliances en matière diplomatique valent ce que vaut la nature humaine : volage et versatile. Les Russes sont en train de lâcher le Venezuela en échange d’une place au soleil au Moyen Orient !

https://leblogalupus.com/2018/12/20/le-billet-du-lupus-trump-et-poutine-imposent-de-nouvelles-regles-du-jeu-en-matiere-de-geopolitique/

Maduro la version édulcorée de Chavez ne tardera pas à être extradé vers Cuba…ou l’attend l’autre version light de Castro !

Quel est l’enjeu du soutien du Venezuela pour la Russie ?

Si Nicolas Maduro est évincé du pouvoir, la Russie pourrait perdre beaucoup. Les prêts massifs de Moscou à Caracas ne sont qu’une pièce du puzzle, explique le quotidien Deutsche Welle. En effet, les réserves de pétrole vénézuéliennes pourraient faire baisser les prix du pétrole et perturber l’économie russe.

Actuellement, le régime du président vénézuélien Nicolas lutte contre ses rivaux de l’opposition afin de conserver le pouvoir. Maduro est soutenu par Moscou et son départ du pouvoir serait également une perte pour la Russie et ce, à plus d’un titre.

Le Kremlin veut se débarrasser du vénézuélien Nicolas Maduro et souhaite le voir fuir à Cuba. Sa place pourrait alors être occupée par une autre figure anti-américaine, plus appropriée. C’est ce qu’un diplomate russe a confié au groupe Eurasia, une organisation qui fournit des conseils sur les risques géopolitiques. La Russie discuterait d’une telle solution avec le Canada.

Maduro doit partir

Les chances que Maduro reste au pouvoir encore longtemps se réduisent chaque jour. La seule question qui se pose est comment il quittera la scène politique. En fuyant et en laissant le contrôle du pays à l’armée. Ou en se faisant payer très cher. Cela aboutirait à l’arrestation de Juan Guaido, l’homme qui a été reconnu par les Américains comme président depuis le week-end dernier. Cette dernière option mènerait inévitablement à de grandes manifestations et à un bain de sang.

Un autre scénario préconisé par l’UE envisage l’organisation de nouvelles élections présidentielles. Mais cela nécessite le soutien du régime actuel, et semble totalement exclu d’avance pour cette raison.

La Russie est en marche

La Russie semble donc bouger. Le week-end dernier, on a appris que le Kremlin avait envoyé un nombre inconnu de mercenaires à Caracas pour assurer la sécurité de Maduro. Il s’agirait de membres du groupe Wagner, une milice privée contrôlée par Evgueni Prigojine, l’ancien responsable du président Vladimir Poutine.

Le Venezuela, dernier et unique allié de la Russie dans la région

La Russie a tout intérêt à normaliser la situation au Venezuela. Le Venezuela est également le dernier allié de Moscou en Amérique latine. Au cours des 20 dernières années, le pays a investi plus de 17 milliards de dollars en faveur des régimes de Hugo Chavez et de Nicolas Maduro. Ces aides ont généralement pris la forme de prêts et d’investissements.

Les liens entre les deux pays se sont renforcés chaque année depuis l’an 2000. Chavez et plus tard Maduro ont été les invités les plus fréquents de Poutine depuis le début du siècle. Chavez s’est rendu à Moscou plus de 8 fois avant sa mort en 2013, Maduro y est déjà allé 4 fois.

Rosneft est l’investisseur le plus important au Venezuela

Poutine lui-même n’est allé qu’une seule fois à Caracas. Il a confié les relations russo-vénézuéliennes à son homme de confiance, Igor Sechin. Ce dernier s’est rendu au Venezuela au moins deux fois par an, d’abord en tant que vice-Premier ministre, puis en tant que CEO de Rosneft.

Le principal investisseur russe dans ce pays d’Amérique latine est la société pétrolière russe Rosneft. Ces dernières années, cette firme a payé plus de 8,5 milliards de dollars pour les livraisons futures de pétrole. Si le régime Maduro ne survit pas, cet argent est perdu.

Les inquiétudes de la Russie se centrent principalement autour de Rosneft, le deuxième plus grand producteur de pétrole russe. En 2017, cette société qui appartient majoritairement à l’Etat russe, a consenti à un prêt de 6 milliards de dollars (5,26 milliards d’euros) au Venezuela. Le Venezuela devait honorer sa dette via les participations de Rosneft à cinq projets majeurs d’exploration et de production pétrolière de sa propre entreprise énergétique, Petroleos de Venezuela SA.

A la fin de l’année dernière, Rosneft détenait entre 25% et 40% des cinq entreprises. Toutefois, en raison du retard des livraisons, le PDG de Rosneft, Igor Sechin, s’est rendu à Caracas en novembre. Cependant, étant donné que le contrat doit expirer en 2019, il est fort probable que Rosneft a déjà récupéré la majeure partie de ses fonds, indique le journal allemand.

D’un autre côté, il semble également improbable qu’un nouveau gouvernement au Venezuela exproprie les fonds fournis par des investisseurs étrangers si ces participations sont obtenues légalement, sans corruption. En d’autres termes, tous les traders qui se sont dépêchés pour se débarrasser de leurs actions Rosneft à la bourse de Moscou pourraient avoir agi prématurément.

Un autre investisseur important est l’armurier russe Rosoboronexport. Le régime Maduro dispose ainsi d’armes, souvent financées par des prêts. 

Armes russes

La situation semble plus compliquée en ce qui concerne les prêts de la Russie au Venezuela pour l’achat d’armes russes. Selon plusieurs médias russes, Moscou aurait prêté 11 milliards de dollars à Caracas pour ces achats au cours des deux dernières décennies. Toutefois, on ne sait pas à combien s’élève le remboursement vénézuélien actuellement. Moscou devrait restructurer les dettes du Venezuela dans des conditions favorables, indique par ailleurs le journal.

Mais il n’est pas certain qu’un nouveau gouvernement accepte de rembourser l’argent à la Russie. Cependant, même si le Venezuela ne remboursait pas totalement sa dette, le projet ne serait pas vraiment une perte pour la Russie. En effet, ces fonds ont servi à la production de fusils Kalachnikov, de jets militaires, d’hélicoptères, de chars d’assaut et d’autres armes russes. Cela a permis de renforcer l’industrie de l’armement russe.

Perte totale pour la Russie

Au total, la Russie pourrait perdre environ 11 milliards d’euros si on assiste à un changement de régime au Venezuela. Toutefois, cette perte est minime si on la compare à l’impact possible des énormes réserves de pétrole du Venezuela sur les marchés mondiaux. Selon les experts, le pays sud-américain possède plus de pétrole que tout autre pays au monde, y compris l’Arabie saoudite. Mais après 20 ans de gestion désastreuse sous Hugo Chavez puis sous Maduro, l’industrie pétrolière vénézuélienne s’est détériorée et ne joue qu’un rôle mineur sur la scène mondiale.

Selon Deutsche Welle, un nouveau gouvernement vénézuélien pourrait installer des leaders plus compétents dans le secteur pétrolier. Ces derniers pourraient relancer l’industrie pétrolière et les exportations du Venezuela. Par ailleurs, les sociétés occidentales et américaines pourraient revenir dans le pays. Cette évolution pourrait créer un tout nouveau terrain de jeu pour les livraisons mondiales de pétrole et contribuer à la baisse des prix du pétrole.

« Ce serait le pire scénario pour la Russie dont l’économie repose fortement sur les exportations de pétrole et de gaz, maintenant les prix du pétrole à niveau supérieur », conclut Deutsche Welle.

EN BANDE SON : 

4 réponses »

    • Le deuxième exportateur d’armes , la Russie…Le choix d’un pays fournisseur dépend de la confiance dans le temps que le pays acheteur lui porte, afin de s’assurer qu’il continuera à lui livrer les pièces de maintenance dont il aura besoin, sans quoi ses armements seront inutilisables.

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  1. Si Poutine lâche prise avec le Venezuela, il risque d’avoir la même mésaventure qu’avec Kadhafi : 8 milliards de ventes d’armes russes qui n’ont jamais été payées . . . faute qu’il n’a pas renouvelée avec la Syrie (19 milliards au début du conflit)

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