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Censure : ZeroHedge, ascension et chute du « Fight-Club » des traders mais le combat continue !

ZeroHedge, ascension et chute du « Fight-Club » des traders

Par lesechos.fr 5 min 4 Fevrier 2020

Tyler Durden, a été la première victime collatérale du coronavirus dans le monde financier. Le héros du film « Fight Club », emblème du célèbre blog ZeroHedge, a peut-être livré le combat de trop. Son compte, qui avait près de 670.000 abonnés, a été fermé par Twitter pour violation des règles de bonne conduite. Un scientifique de l’Institut de virologie de Wuhan serait à l’origine de l’épidémie de coronavirus. Son nom et adresse ayant été divulgués, Twitter a sévi compte tenu des risques pour la sécurité du chercheur. 

La chimère 

Sur son site, Zerohedge persiste et signe le 3 février. Le coronavirus serait une arme biologique de destruction massive mise au point en secret par les autorités chinoises. Elle aurait échappé à son créateur, d’après un scientifique qui s’est exprimé sur le site «GreatGameIndia». Un scénario digne de « Mission impossible 2 » où la « chimère », un virus mortel redoutable, aux mains de criminels, menaçait l’humanité.

Le combat continue

Les partisans du blog ont vu dans la fermeture de son compte Twitter un acte de censure et une atteinte au premier amendement sur la liberté d’expression. Un compte @freezerohedge (« libérez ZeroHedge ») a déjà pris le relais et compte près de 46.000 abonnés. « Les combats continueront aussi longtemps que nécessaire », était la 7e des 8 règles qui régissaient les combats clandestins du film Fight Club. A coté de Daniel Ivandjiiski, le fondateur du blog, Tim Backshall, stratège sur le crédit et d’autres contributeurs comme Dave Collum, continuent d’alimenter le site. Dans cette année d’élections présidentielles, le blog, pro Trump et anti-démocrate, veut continuer de peser sur les débats. Très populaire dans les milieux radicaux et nationalistes, Zerohedge ne manque pas une occasion de tacler les démocrates américains, Biden, Sanders et  Warren . Le népotisme du clan Clinton est un de ses sujets de prédilection.

Né de la crise de 2008

Créé par Daniel Ivandjiiski, en janvier 2009, le blog est empreint du ressentiment à l’égard de ceux qui ont, selon lui, provoqué la grande crise financière : banquiers, banques centrales, politiciens. Face à Wall Street, il devient la voix de la « finance d’en bas », celle des « day-traders », les particuliers qui spéculent sur les marchés. Son premier message, le 9 janvier à 21 heures, est consacré à la chute d’Ezra Merkin, le gérant de hedge fund qui avait investi chez un  certain Bernard Madoff . « La diarrhée de Wall Street glisse vers Park Avenue », avait-il titré. Le ton était donné.

Savoir opprimé

Dans son manifeste, Zerohedge ambitionnait de « libérer le savoir opprimé », et « quand nécessaire, attaquer cette institution molle qu’est devenu le journalisme financier ». Ecrire sous pseudonymes permettait de « protéger contre la tyrannie de la majorité ceux qui manifestent des opinions peu populaires ». Le site connaîtra un grand succès. Ses visites mensuelles furent multipliées par 40 en dix ans pour atteindre près de 40 millions. Les publicités du site, notamment dans le secteur des cryptos-monnaies, généreront les revenus pour rémunérer son fondateur.

Glissement vers la politique

Centré à son origine sur les marchés financiers et l’économie, le blog va progressivement glisser sur le terrain politique. L’élection de Donald Trump et le Brexit ont accéléré ce basculement. Le blog voit se désintégrer l’Europe sous l’effet de la crise migratoire, la montée de la violence et l’aveuglement des élites. En France Zerohedge critiquait le président Emmanuel Macron et se félicita de l’émergence du mouvement des Gilets Jaunes, très couvert. Comme le héros de Fight Club, Tyler Durden, le blog livrait un combat sans merci pour l’émergence de la vérité alternative, popularisée par des soutiens de Donald Trump. Face aux mensonges des médias traditionnels, honnis car inféodés selon lui aux puissances de l’argent, tous les coups étaient permis.

« Survivalistes » des marchés

Ses détracteurs le voyaient comme un site financier pro russe, complotiste et « survivaliste ». Comme les croyants dans l’extinction imminente du monde libre, il était notoirement pessimiste sur l’économie, les marchés et l’évolution de la société notamment américaine qualifiée de décadente. Elle s’était éloignée de ses idéaux originels, minée par les lobbies et l’immigration. Dans cette atmosphère de fin du monde, seuls les actifs qui échappaient à l’action néfaste des banquiers centraux semblaient trouver grâce à ses yeux. C’était le cas de l’or et du  bitcoin , la devise libertarienne sans autorité centrale.

Goldman Sachs, Fed, Tesla

Ses cibles récurrentes dans le monde financier étaient les banques centrales, et notamment la Réserve fédérale (Fed), accusée d’avoir nationalisé et manipulé les marchés grâce à ses programmes d’assouplissement quantitatifs (rachat de dette par la Fed). Neel Kashkari, le président de la Fed de Minneapolis, dans la ligne de mire de ZeroHedge, a fait mine de s’inquiéter sur Twitter : « Attendez, Zerohedge est parti ? ». Dans le monde bancaire, JP Morgan et Goldman Sachs étaient les « pieuvres » de Wall Street et d’un système financier corrompu. Avec l’aide des traders haute fréquence (les automates de trading ultrarapides), ils manipulaient les marchés au détriment des petits porteurs. Elon Musk, le fondateur de Tesla, était régulièrement tancé pour sa mégalomanie. Les ratés et accidents de son véhicule « révolutionnaire » étaient dûment répertoriés. Paul Krugman, le prix Nobel d’économie, était quant lui l’archétype du « socialiste interventionniste » coupé des réalités. Plus de 700 articles  offensifs furent dirigés contre lui.

Coup dur 

ZeroHedge se remettra-t-il de ce coup dur après son bannissement de Twitter ? En 2016, Bloomberg avait révélé le nom des auteurs du site dans une enquête au vitriol, grâce au témoignage d’un de ses membres, Colin Lokey. Depuis, le blog vouait une haine tenace à l’agence financière. Son fondateur le candidat à la présidentielle Mike Bloomberg en fit les frais avec une couverture bien plus favorable de sa campagne. La vengeance de Tyler Durden fut aussi terrible à l’égard de celui qui viola la règle numéro 1 de « Fight Club » (« Il est interdit parler de Fight Club ») . Il publia sur Twitter ses messages privés dans lesquels Colin Lokey confessait sa dépression, ses problèmes d’alcool et son passé de vendeur de drogues pour financer ses études. La troisième règle des combats ne fut pas respectée. «Quelqu’un crie stop, quelqu’un s’écroule ou n’en peut plus, le combat est terminé ! ».  

https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/zerohedge-ascension-et-chute-du-fight-club-des-traders-1168902

EN BANDE SON :

1 réponse »

  1. Les attaques diverses et variées sur des sites comme ZeroHedge ne sont pas nouvelles…!

    Pour comprendre notre monde, il faut lire un max d’analyses de sources et d’opinions diverses, mais aussi comprendre la puissance des flux et l’évolution des faits…dans toutes les langues !

    ZeroHedge a le mérite de mettre heures, dates, le nombre de vues, nombre de commentaires, titres clairs avec phrases clés sur le contenu des articles sourcés classés, avec très peu de censures… ce qui le rend incontournable avec une audience en progression constante depuis toujours.

    La presstitude mainstream fait pâle figure face à des sites de ce niveau, Alors oui, ça dérange et les attaques sont nombreuses. Dans la pertinence et l’impertinence des lanceurs d’alertes comme tous les Wikileaks, la preuve par Assange et Snowden, l’anonymat est LA SEULE CLÉ contre toutes dérives autoritaires si nombreuses. Vous pouvez retourner ce problème dans tous les sens, il n’y a pas d’autres solutions pour un monde libre juste et équilibré. Dans cette recherche du meilleur pour tous, il nous faut éliminer le négatif et le corriger dans TOUTS les domaines, sous peine de disparaître et de tomber dans un fascisme sans nom.

    C’est l’Histoire de notre passé, notre présent et de notre avenir qui sont en jeux. Rien de plus, rien de moins.

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