C’est la nouvelle forme de la guerre
On nous parle de “droits de douane”.
Comme s’il s’agissait d’un ajustement technique.
Comme si c’était une ligne Excel.
C’est faux.
Les tarifs de Trump ne sont pas une politique commerciale.
Ce sont des frappes stratégiques.
La mondialisation promettait l’équilibre.
La puissance réclame tout.
Marchés, devises, chaînes logistiques, technologies, normes.
Dans la guerre économique moderne, il n’y a plus de compromis.
Il n’y a que des centres de gravité.
La guerre économique n’est pas une négociation.
C’est une hiérarchie.
Et la hiérarchie ne partage pas.

I — LE MARCHÉ AMÉRICAIN EST UNE ARME
Les États-Unis contrôlent :
- le premier marché de consommation solvable,
- la monnaie de réserve mondiale,
- le système de compensation en dollars,
- l’accès au financement global,
- la norme juridique dominante.
Coupez l’accès au marché américain,
et vous dégradez :
- l’industrie,
- la croissance,
- la monnaie,
- l’investissement,
- la stabilité sociale d’un pays exportateur.
Ce n’est pas du commerce.
C’est du rapport de force.
II — LE TARIF EST UNE SANCTION LÉGALE
La différence entre une sanction et un tarif massif ?
La sémantique.
Un tarif de 30 %, 40 %, 50 % sur un secteur clé
équivaut à :
- une contraction industrielle,
- une perte d’emplois,
- une chute d’excédent,
- une pression politique interne.
Trump l’a compris :
les chaînes d’approvisionnement sont des artères.
On ne bombarde plus des ponts.
On ferme des marchés.
Les économistes parlent de prix.
Trump parle de puissance.
Le tarif n’est pas un impôt.
C’est un missile.
Un droit de douane massif sur :
- l’automobile allemande,
- les exportations indiennes,
- l’électronique asiatique,
- le textile mexicain,
ce n’est pas une mesure budgétaire.
C’est un ultimatum.
Les États-Unis représentent :
- la plus grande demande solvable du monde,
- la principale monnaie de règlement,
- le cœur du système financier global.
Fermez l’accès à ce marché,
et vous frappez la colonne vertébrale industrielle d’un pays.
Trump a compris cela mieux que quiconque.
III — LA MONDIALISATION ÉTAIT UNE PARENTHÈSE
Pendant trente ans, on nous a vendu :
- l’interdépendance comme paix,
- le libre-échange comme harmonie,
- la finance comme neutralité,
- le dollar comme bien commun.
C’était une illusion.
L’interdépendance crée des vulnérabilités.
Et la première puissance mondiale a décidé d’en faire une arme.
IV — LA COUR SUPRÊME NE CHANGE RIEN AU FOND
On nous dit que la Cour suprême a “bloqué” Trump.
C’est faux.
Elle a compliqué la manœuvre.
Elle n’a pas désarmé la machine.
La décision 6–3 limite l’usage d’un outil juridique.
Elle ne supprime pas la doctrine.
Trump peut :
- déclarer une nouvelle urgence,
- utiliser d’autres sections légales,
- jouer sur les délais,
- contourner par le Congrès,
- maintenir un tarif global temporaire.
Il perd la brutalité immédiate.
Il garde la logique coercitive.
Qu’elle limite l’IEEPA ne change pas la réalité :
La guerre économique est structurelle.
Les États-Unis utilisent :
- tarifs,
- restrictions technologiques,
- contrôles d’exportations,
- sanctions secondaires,
- pression bancaire,
- réécriture des accords commerciaux.
Le droit devient un outil de puissance.
La morale disparaît.
Il ne reste que la hiérarchie.
V — LA CHINE EST LA SEULE À POUVOIR TENIR
L’Europe plie.
L’Inde négocie.
Le Japon ajuste.
La Corée s’adapte.
La Chine encaisse.
Parce qu’elle :
- planifie sur 20 ans,
- contrôle ses capitaux,
- accepte le ralentissement,
- structure ses chaînes alternatives,
- militarise sa politique industrielle.
C’est une guerre froide commerciale.
Et elle est déjà en cours.
La Chine est différente.
Elle :
- possède un marché intérieur massif,
- contrôle ses capitaux,
- planifie industriellement,
- accepte le ralentissement,
- joue le temps long.
Sans capacité de frapper immédiatement,
Trump perd un atout psychologique face à Xi.
La guerre tarifaire avec la Chine n’est pas commerciale.
Elle est civilisationnelle, industrielle, technologique.
C’est la bataille du XXIe siècle.
VI — LA FIN DU MYTHE LIBÉRAL
Le mythe était simple :
Le commerce adoucit les nations.
La réalité est plus brutale :
Le commerce hiérarchise les nations.
Quand l’accès au marché dépend du bon vouloir d’un seul centre de gravité,
le commerce devient chantage.
Trump n’a pas inventé la guerre économique.
Il l’a assumée.
La décision de la Cour suprême révèle quelque chose de plus profond :
Même aux États-Unis,
la puissance exécutive rencontre des limites institutionnelles.
Mais ces limites ne changent pas le fond :
Le monde est entré dans une ère de coercition économique.
Les sanctions.
Les tarifs.
Les restrictions technologiques.
Les contrôles d’exportation.
La fragmentation des chaînes d’approvisionnement.
La mondialisation libérale est morte.
Elle n’a juste pas encore été enterrée.
CONCLUSION LUPUS
Nous ne sommes plus dans un monde d’accords.
Nous sommes dans un monde de contraintes.
La guerre militaire détruit des villes.
La guerre économique détruit des modèles.
La différence ?
Elle est plus lente.
Plus silencieuse.
Plus systémique.
Et surtout :
elle ne s’annonce pas comme une guerre.
Elle se présente comme une négociation.
Trump n’est pas un protectionniste nostalgique.
Il est un stratège coercitif.
La Cour suprême n’a pas cassé son arme.
Elle l’a rendue moins automatique.
Mais la dépendance mondiale au marché américain demeure.
Et tant que le dollar domine,
les États-Unis disposent d’un levier que personne ne peut ignorer.
La question n’est pas :
“Trump peut-il encore imposer des tarifs ?”
La question est :
Le reste du monde peut-il vraiment se passer des États-Unis ?
Pour l’instant, la réponse est non.
Et c’est cela la vraie puissance.
🧨 ENCADRÉ I — LE DOLLAR EST UNE ARME
On continue à parler du dollar comme d’une “monnaie de réserve”.
C’est une erreur.
Le dollar n’est pas seulement une monnaie.
C’est une infrastructure de domination.
Qui contrôle :
- la devise de facturation mondiale,
- le système de compensation (SWIFT + banques correspondantes),
- l’accès aux marchés de capitaux,
- la liquidité en temps de crise,
- la capacité de sanction extraterritoriale,
contrôle la respiration financière du monde.
Un pays peut produire.
Il peut exporter.
Il peut commercer.
Mais s’il est coupé du dollar :
- ses transactions ralentissent,
- ses banques suffoquent,
- ses entreprises paniquent,
- sa monnaie chute,
- son crédit s’effondre.
On appelle cela “sanctions”.
C’est une arme.
Les États-Unis n’ont plus besoin d’envahir.
Ils peuvent exclure.
Et l’exclusion financière, à l’ère de la globalisation,
est souvent plus efficace qu’un blocus naval.
La guerre moderne ne passe plus par les chars.
Elle passe par la chambre de compensation.
🧨 ENCADRÉ II — L’EUROPE EST-ELLE DÉJÀ VAINCUE ?
La vraie question n’est pas militaire.
Elle est stratégique.
L’Europe :
- dépend du dollar pour ses échanges énergétiques,
- dépend des États-Unis pour sa sécurité militaire,
- dépend de la Chine pour ses chaînes industrielles,
- dépend des marchés américains pour ses exportations,
- dépend des géants technologiques étrangers pour ses données.
Elle régule.
Elle légifère.
Elle moralise.
Mais elle ne frappe pas.
Une puissance sans capacité coercitive n’est pas une puissance.
C’est une juridiction.
L’Europe parle de souveraineté.
Elle importe son énergie,
elle importe ses semi-conducteurs,
elle importe sa défense.
Vaincue ? Pas encore.
Mais structurellement subordonnée ? Oui.
Dans la guerre économique actuelle,
elle n’est pas un joueur.
Elle est un terrain.
Et un terrain, dans toute guerre,
est disputé.
Jamais souverain.

🎧 The Godfathers — “I Want Everything”
C’est parfait pour un article sur la guerre économique.
Pourquoi ?
Parce que ce morceau n’est pas subtil.
Il est brutal, direct, sans justification morale.
“I Want Everything” résume exactement la logique de la nouvelle ère :
- accès aux marchés
- contrôle des chaînes de valeur
- domination monétaire
- supériorité technologique
- levier financier
- sécurité énergétique
Ce n’est plus “win-win”.
C’est “I want everything.”
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Catégories :Art de la guerre monétaire et économique, Etat Profond, Etats-Unis, Europe, Libéralisme













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LA GUERRE ÉCONOMIQUE N’EST PLUS UNE MÉTAPHORE.
Les tarifs ne sont pas des taxes.
Ce sont des missiles.
Le dollar n’est pas une monnaie.
C’est une arme stratégique.
La décision de la Cour suprême n’a pas freiné Trump.
Elle a simplement déplacé le champ de bataille juridique.
Le monde découvre une vérité simple :
👉 Celui qui contrôle l’accès au marché américain contrôle la respiration industrielle de la planète.
👉 Celui qui contrôle le dollar contrôle la survie financière des États.
👉 Celui qui hésite est écrasé.
L’Europe regarde.
La Chine calcule.
Washington frappe.
La guerre économique est déclarée.
Elle ne se gagne pas avec des communiqués.
Elle se gagne avec la puissance.
🎵 Morceau d’accompagnement : The Godfathers – I Want Everything
#GuerreEconomique #DollarWeapon #Tarifs #Geopolitique #Trump #Puissance #BlogALupus
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