Etat Profond

🔥 ALAN GREENSPAN EST MORT : LE PARRAIN DE LA CIVILISATION DE LA DETTE S’EN EST ALLE

Alan Greenspan est mort à 100 ans. Avec lui disparaît peut-être le personnage le plus influent du capitalisme financier moderne.

La plupart des nécrologies parleront du président de la Fed. Elles se tromperont. Greenspan fut davantage que cela. Il fut l’architecte involontaire du monde dans lequel nous vivons.

Avant Greenspan, la dette était un outil.

Après Greenspan, la dette est devenue un modèle économique.

Avant Greenspan, les marchés craignaient encore les récessions.

Après Greenspan, ils ont commencé à croire que la banque centrale les sauverait toujours.

C’est ainsi qu’est né ce que Wall Street appellera plus tard le “Greenspan Put”.

Une idée simple.

Si les marchés chutent suffisamment, la Fed interviendra.

Cette idée a changé le monde.

Elle a encouragé davantage de risque.

Davantage de levier.

Davantage de spéculation.

Davantage de dette.

Davantage d’actifs financiers.

Davantage de bulles.

Davantage de richesse.

Mais aussi davantage de fragilité.


L’histoire est ironique.

Greenspan était initialement proche de la philosophie libertarienne d’Ayn Rand.

Il croyait aux marchés.

Il croyait à la discipline du capitalisme.

Il croyait à la responsabilité individuelle.

Et pourtant son héritage est presque l’inverse.

Une civilisation où les banques centrales sont devenues les assureurs ultimes du risque.


Le plus étonnant est qu’il a lui-même reconnu son erreur après la crise de 2008.

Cette phrase restera dans l’histoire : « J’étais dans un état de choc et d’incrédulité. »

Le grand prêtre du marché découvrait que les marchés n’étaient pas toujours rationnels.

Le gardien de l’autorégulation découvrait que l’autorégulation avait des limites.

Elderly man in suit and glasses on stock exchange floor with trading screens

À bien des égards, nous vivons encore dans le monde qu’il a créé.

Le monde de la dette permanente.

Le monde des bulles d’actifs.

Le monde du capital bon marché.

Le monde où chaque crise appelle davantage de liquidité.

Le monde où les banques centrales sont devenues les véritables centres de gravité du système.


Et c’est là que l’histoire rejoint AAMON.

Car la révolution IA actuelle repose exactement sur le même mécanisme.

Des centaines de milliards de dette.

Des milliers de milliards de valorisations.

Des marchés persuadés que le futur justifiera toutes les dépenses présentes.

Greenspan n’a pas créé l’IA.

Mais il a contribué à créer l’environnement financier qui la rend possible.


Peut-être que son véritable monument n’est ni Wall Street ni la Fed.

Peut-être que son véritable monument est invisible.

C’est la civilisation de l’actif.

La civilisation du crédit.

La civilisation de la liquidité.

La civilisation où chaque problème semble pouvoir être résolu par davantage d’argent créé.

Cette civilisation lui survivra probablement encore longtemps.

Mais aujourd’hui, son architecte principal vient de quitter la scène.

Et avec lui disparaît l’un des derniers témoins du moment où la dette est devenue le langage universel de l’économie moderne.

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