Classes Moyennes

Economie USđŸ”„ PROFITS RECORDS, DORITOS À 5,99 $ ET FIN DE LA CLASSE MOYENNE

Quand l’inflation devient un modĂšle Ă©conomique

L’AmĂ©rique dĂ©couvre que le capitalisme financiarisĂ© ne produit plus des consommateurs
 mais des survivants.


TL;DR

Les marges des entreprises américaines atteignent des records historiques.

Pas les ventes.

Pas la prospérité générale.

Pas les revenus réels des ménages.

Les marges.

Autrement dit :

les grandes entreprises extraient une part toujours plus importante de richesse d’une population qui s’appauvrit structurellement.

Pendant ce temps :

  • les salaires stagnent,
  • le coĂ»t de la nourriture explose,
  • les produits rĂ©trĂ©cissent,
  • les mĂ©nages s’endettent,
  • la qualitĂ© alimentaire s’effondre,
  • et la classe moyenne amĂ©ricaine devient une fiction statistique.

Le systÚme ne produit plus une société prospÚre.

Il produit :

  • des consommateurs captifs,
  • des dĂ©pendants,
  • des subventionnĂ©s,
  • et des actionnaires ultra-concentrĂ©s.

Le Doritos à 5,99 $ n’est pas une anecdote.

C’est un symptîme civilisationnel.

L’AmĂ©rique dĂ©couvre que le capitalisme financiarisĂ© ne produit plus des consommateurs
 mais des survivants.

I. Les marges records racontent quelque chose de trĂšs profond

Les marchés adorent les profits.

Mais les marges racontent autre chose.

Quand les marges explosent alors que :

  • les consommateurs souffrent,
  • les revenus stagnent,
  • les coĂ»ts essentiels augmentent,
  • et que l’économie ralentit,

cela signifie souvent une chose :

le pouvoir de fixation des prix est devenu oligarchique.

Autrement dit :

les grandes entreprises ne se contentent plus de vendre des produits.

Elles exploitent une dépendance structurelle.


II. Bienvenue dans le capitalisme de pénurie contrÎlée

Le systÚme économique américain entre dans une nouvelle phase.

Pendant des décennies,

le modĂšle reposait sur :

  • abondance,
  • production de masse,
  • consommation de masse,
  • enrichissement relatif des classes moyennes.

Aujourd’hui,

le systĂšme change de nature.

Nous passons :

du capitalisme d’abondance

au capitalisme extractif.

Ce qui compte désormais :

ce n’est plus de produire davantage.

C’est d’extraire davantage de cash-flow de populations fragilisĂ©es.


III. Le Doritos à 5,99 $ : symbole parfait du nouveau régime économique

Le petit sachet de Doritos Ă  5,99 $ est presque une Ɠuvre d’art Ă©conomique involontaire.

Car il concentre :

  • inflation,
  • shrinkflation,
  • baisse qualitative,
  • concentration industrielle,
  • dĂ©pendance alimentaire,
  • marketing comportemental,
  • et destruction nutritionnelle.

Le consommateur moderne paie plus cher :

  • pour moins de quantitĂ©,
  • moins de qualitĂ©,
  • et davantage de produits ultra-transformĂ©s.

Le systĂšme agroalimentaire ne nourrit plus.

Il monétise la dépendance biochimique.


IV. Les entreprises américaines sont devenues extraordinairement efficaces
 à transférer la richesse vers le haut

Le vrai sujet est lĂ .

Les profits explosent.

Mais les revenus médians stagnent.

Cela signifie :

la croissance ne diffuse plus horizontalement.

Elle monte verticalement.

Le capitalisme américain entre dans une phase néo-féodale :

  • concentration des actifs,
  • concentration des profits,
  • concentration technologique,
  • concentration Ă©nergĂ©tique,
  • concentration informationnelle.

Pendant ce temps,

les classes moyennes financent le systĂšme par :

  • la dette,
  • la consommation forcĂ©e,
  • l’inflation,
  • et la dĂ©pendance aux infrastructures privĂ©es.

V. Le grand mensonge : « l’inflation »

Le mot inflation masque souvent une réalité plus brutale.

Car une partie importante des hausses de prix actuelles ne relĂšve plus seulement :

  • des coĂ»ts,
  • des chaĂźnes logistiques,
  • ou des matiĂšres premiĂšres.

Elle relÚve du pouvoir de marché.

Quand quelques conglomérats contrÎlent :

  • la nourriture,
  • la distribution,
  • les plateformes,
  • les mĂ©dicaments,
  • les mĂ©dias,
  • les donnĂ©es,
  • et les infrastructures numĂ©riques,

ils peuvent maintenir des marges mĂȘme dans un contexte de destruction du pouvoir d’achat.


VI. La destruction lente de la classe moyenne américaine

Le modÚle américain historique reposait sur un pacte implicite :

travail → salaire → propriĂ©tĂ© → stabilitĂ© → ascension sociale.

Ce pacte se désintÚgre.

Aujourd’hui :

  • les jeunes achĂštent moins de logements,
  • les familles retardent les enfants,
  • les mĂ©nages vivent Ă  crĂ©dit,
  • les dĂ©penses alimentaires explosent,
  • les soins deviennent inabordables,
  • et les classes moyennes survivent par refinancement permanent.

Pendant ce temps,

Wall Street atteint des records.

C’est le signe classique d’un systĂšme de plus en plus dissociĂ© de sa base sociale.


VII. Le paradoxe américain : profits records + société épuisée

VoilĂ  le grand paradoxe.

Les entreprises amĂ©ricaines n’ont jamais Ă©tĂ© aussi rentables.

Mais la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine n’a jamais semblĂ© aussi :

  • anxieuse,
  • fragmentĂ©e,
  • obĂšse,
  • endettĂ©e,
  • dĂ©pendante,
  • mĂ©dicalisĂ©e,
  • psychologiquement instable.

Le systÚme produit simultanément :

  • richesse extrĂȘme,
  • et dĂ©sintĂ©gration sociale.

VIII. La financiarisation a remplacé la civilisation industrielle

L’AmĂ©rique industrielle produisait :

  • des usines,
  • des infrastructures,
  • des classes moyennes,
  • des communautĂ©s stables.

L’AmĂ©rique financiarisĂ©e produit :

  • des buybacks,
  • des algorithmes,
  • des plateformes,
  • des dĂ©pendances,
  • et des flux de rente.

Le consommateur n’est plus un citoyen Ă©conomique.

Il devient une unité de monétisation comportementale.


IX. Le systÚme alimentaire américain ressemble désormais à une industrie pharmaceutique inversée

Le cycle devient absurde.

Le systĂšme :

  1. vend une nourriture ultra-transformée,
  2. détruit la santé métabolique,
  3. vend ensuite :
    • mĂ©dicaments,
    • assurances,
    • traitements,
    • thĂ©rapies,
    • injections,
  4. puis refinance tout cela via dette publique et déficits.

Le capitalisme tardif devient circulaire :

il monĂ©tise les dĂ©gĂąts qu’il produit lui-mĂȘme.


X. La fracture fondamentale : actionnaires contre producteurs

L’économie amĂ©ricaine semble dĂ©sormais divisĂ©e en deux blocs.

Le bloc patrimonial :

  • actionnaires,
  • dĂ©tenteurs d’actifs,
  • Big Tech,
  • finance,
  • oligopoles,
  • plateformes.

Le bloc extractif :

  • salariĂ©s,
  • consommateurs,
  • endettĂ©s,
  • dĂ©pendants,
  • allocataires,
  • classes moyennes en Ă©rosion.

Le problùme est qu’un systùme ne peut pas durablement :

  • Ă©craser sa base productive,
  • dĂ©truire sa classe moyenne,
  • et maintenir sa stabilitĂ© politique.

XI. Le retour possible du réel alimentaire

Le paradoxe,

c’est que cette crise pourrait aussi produire un contre-mouvement.

Quand la nourriture industrielle devient :

  • trop chĂšre,
  • toxique,
  • artificielle,
  • et insoutenable,

alors réapparaßt potentiellement :

  • le local,
  • le brut,
  • l’agricole,
  • le circuit court,
  • le vrai produit,
  • la souverainetĂ© alimentaire.

Le systĂšme pourrait avoir tellement optimisĂ© la rentabilitĂ© qu’il finira par rĂ©habiliter le rĂ©el.


XII. Ce que révÚle vraiment le sachet de Doritos à 5,99 $

Ce sachet raconte toute une époque.

Une civilisation oĂč :

  • les profits explosent,
  • les aliments rĂ©gressent,
  • les individus grossissent,
  • les salaires stagnent,
  • les marchĂ©s montent,
  • et la cohĂ©sion sociale s’effondre.

L’économie amĂ©ricaine ressemble de plus en plus Ă  un empire tardif :

technologiquement brillant,

financiÚrement hypertrophié,

mais socialement épuisé.


Conclusion — L’AmĂ©rique mange son propre futur

Le problùme n’est pas seulement l’inflation.

Le problÚme est que le systÚme économique américain semble désormais incapable de produire une prospérité diffuse.

Il produit :

  • des records boursiers,
  • des marges records,
  • des gĂ©ants monopolistiques,
  • et des consommateurs prĂ©carisĂ©s.

Le sachet de Doritos Ă  5,99 $ devient alors un symbole parfait :

une civilisation oĂč mĂȘme la malbouffe devient un luxe inflationniste.


Phrase manifeste — Blog à Lupus

« Quand mĂȘme les Doritos deviennent inabordables,

ce n’est plus seulement l’inflation.

C’est la preuve qu’un systĂšme entier commence Ă  dĂ©vorer sa propre population. »


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