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Réglementation et solidité bancaire

Dans la consolidation du secteur bancaire, des limites sur la taille des établissements sont plus prometteuses qu’une réglementation des bonus.

PLUS DE DETAILS EN SUIVANT :

« SI LES BANQUES ONT PERSISTÉ DANS DES CERTITUDES QUI SE SONT AVÉRÉES FAUSSES, LES DOMMAGES AURAIENT SANS DOUTE ÉTÉ LIMITÉS PAR UNE CULTURE DE DÉBAT CRITIQUE »

Les pertes essuyées par les banques ont clairement montré le besoin d’un ajustement de la régulation. Beaucoup d’attention se porte sur la réglementation des salaires et bonus, l’argument étant que les compensations actuelles encouragent des stratégies de placement avec de forts profits à court terme, mais avec des pertes substantielles plus tard. Il faut toutefois prendre garde à ne pas se tromper de cible. S’il ne fait nul doute que certains aient sciemment pris des stratégies de court terme, s’agit-il vraiment du coeur du problème?

Les articles et livres décrivant le fonctionnement des institutions financières avant la crise montrent que bien des acteurs étaient convaincus du bien fondé de leurs stratégies. La crise a démontré que cette conviction était erronée, car elle oubliait par exemple que la structure de l’économie avait changé et qu’il n’y avait aucune garantie que la hausse des prix immobiliers persiste. Rallonger l’horizon des bonus n’aurait alors sans doute rien changé.

En outre, il convient de rappeler que bien des banques ont traversé la tourmente sans avoir besoin du secours direct de l’état. Certes, cela peut être une bien maigre consolation quand les banques à problèmes ont été les plus grandes, mais cela ne justifie pas de contraindre les acteurs n’ayant pas fauté.

Si la réforme des compensations ne s’attaque pas au coeur du problème, que faire alors?

Une première stratégie serait d’encourager un esprit critique au sein des établissements. Si les banques ont persisté dans des certitudes qui se sont avérées fausses, les dommages auraient sans doute été limités par une culture de débat critique. Comme dans un séminaire académique, les questions critiques et pointues, si elles ne sont pas toujours agréables, sont une excellente manière d’améliorer l’analyse et d’éviter de grosses erreurs. Le problème est qu’il est difficile de changer des cultures d’entreprises souvent bien ancrées. Il n’est pas possible – ni souhaitable – que le régulateur s’implique dans le détail des décisions des différentes banques.

Il reste alors une stratégie de cloisonnement.

Comme les investisseurs feront des erreurs, ce qui est somme toute humain, il convient d’en limiter les conséquences. Une première approche est d’augmenter les fonds propres des banques.

Une seconde approche est de limiter la taille des institutions. Promouvoir la compétition implique qu’un secteur économique ne devrait pas être dominé par un groupe restreint, et cela s’applique tout aussi bien aux banques qu’aux autres entreprises. Une taille plus restreinte faciliterait aussi la gestion, comme il semble que les équipes dirigeantes de plusieurs grands établissements n’avaient pas une vue suffisamment précise de l’ensemble de l’institution. En outre, une limite sur la taille limiterait les implications systémiques d’établissements donnés.

Si ces stratégies concernent l’ensemble des pays, elles sont particulièrement pertinentes pour la Suisse où le secteur bancaire est non seulement large mais dominé par deux grands établissements.

L’actualité a clairement démontré les risques inhérents à une telle structure.

CEDRIC TILLE economiste,Université de Genève

EN COMPLEMENT INDISPENSABLE  : LES EXCELLENTS BILLETS DU NON MOINS EXCELLENT JP CHEVALLIER SUR CES QUESTIONS(ET D’AUTRES BIEN SUR) DE SOLIDITE BANCAIRE

 http://www.jpchevallier.com/article-30458374.html  (cliquez sur le lien)

http://www.jpchevallier.com/article-34590501.html  (cliquez sur le lien)

)http://www.jpchevallier.com/article-34576057.html (cliquez sur le lien)

http://www.jpchevallier.com/article-34556847.html (cliquez sur le lien)

6 réponses »

    • Interessant merci beaucoup…Je vais reprendre cette info…Neanmoins je préfère nettement le classement établi par The Banker dont le critère principale de classement est la solidité des capitaux et là cela change totalement la donne 🙂

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