Art de la guerre monétaire et économique

Trappe a dette façon sushi : le Japon se fait harakiri et se faisant joue les kamikazes sur les Marchés financiers

Retour sur  la Politique mercantiliste du Japon 

Revanche sur la 2ème guerre mondiale et la crise financière (crise du crédit) des années 80 le Japon mène clairement depuis des années à l’image de la Chine une politique économique de type  mercantiliste nationaliste et agressive destinée  à accumuler  d’abord des excédents commerciaux puis d’énormes réserves de changes  dans le seul  dessein et objectif de : 

Premièrement de  maintenir sa monnaie le yen sous évaluée par rapport au Dollar US  et ceci afin de favoriser l’essor de ses exportations aux Etats Unis et en Europe et de pousser à la délocalisation des entreprises occidentales en mal de compétitivité 

Deuxièmement manipuler les taux longs américains  pour les maintenir suffisamment bas et ceci afin d’y encourager une surconsommation et un endettement  endémique  à la fois au niveau de la sphère privé (USA) et public (Europe) créant de fait un contexte propice à toutes les spéculations surtout immobilères… 

Mais face a la décrue de son épargne Le Japon se trouve désormais  pris a son propre piège car en organisant depuis trop longtemps l’insolvabilité de ses débiteurs il a contribué  à scier la branche sur lequel  il était assis depuis des années et se faisant pourrait rejoindre le club très sélect des tenanciers de bouge hyperinflationiste…. 

PLUS DE DETAILS EN SUIVANT : 

 

Japon : de la déflation à l’hyperinflation ? 

Le Trésor japonais pourrait ne plus trouver plus suffisamment d’investisseurs à un horizon de cinq ans, dans un contexte d’assèchement de l’épargne domestique. Seule une baisse du yen et une forte hausse des taux permettront bientôt d’attirer des investisseurs. Mais à quel prix pour l’économie et pour les comptes publics ? 

La dégradation constante du ratio dette / PIB au Japon n’est pas nouvelle. Mais aussi considérable qu’il soit par son ampleur, ce déséquilibre n’a jusqu’à présent suscité qu’un intérêt poli de la part des investisseurs, durablement rassurés par l’absence de conséquence sur le niveau des taux à long terme. Mais voilà. L’importance de la crise économique et des plans de relance va accélérer ce phénomène dans des proportions préoccupantes. Une dérive qui commence à être prise au sérieux, puisque des économistes de grandes banques d’investissement commencent à s’alarmer de ses conséquences possibles. C’est notamment le cas de J.P. Morgan a récemment organisé une conférence téléphonique sur le thème : « le Japon a-t-il passé le point de non-retour?». 

1. Bientôt une pénurie d’épargne domestique 

Le moment se rapproche où l’Etat japonais ne sera plus en mesure de financer son déficit grâce à l’épargne domestique. Si cette incapacité n’est pas anticipée et prévenue, le Japon risquera d’aller soit vers le défaut, une hypothèse peu probable, soit vers l’hyperinflation, conséquence inéluctable de la monétisation de la dette qui serait alors nécessaire. L’équilibre actuel repose sur le fait que l’épargne domestique est suffisante pour couvrir la totalité des besoins d’emprunt de l’Etat, et que les investisseurs japonais acceptent de placer à long terme pratiquement sans rémunération. La dette est détenue à 93,6% par les investisseurs locaux. Mais, contrairement à une idée reçue, le taux d’épargne des ménages n’est plus élevé aujourd’hui. Pire, il diminue régulièrement du fait du vieillissement de la population. Autour de 20% en 1980, il devrait avoisiner 0% dès 2014. Les compagnies d’assurance-vie commercialisent d’ailleurs de moins en moins de contrats d’épargne nouveaux et versent de plus en plus de rentes. 

A l’horizon de cinq ans, le Japon risque donc d’avoir besoin des investisseurs étrangers pour acheter les titres du Trésor. Mais ce n’est ni avec un yen au niveau actuel, ni avec des taux d’intérêt aussi bas qu’il rencontrera une demande. Un spirale baisse de la devise / hausse de l’inflation / hausse des taux pourrait alors se mettre en place, la banque centrale étant la seule contrepartie possible jusqu’à ce que le système s’équilibre. 

2. Un ratio dette / PIB de 300% en 2019 ? 

L’OCDE estime à 60% le ratio dette / PIB du pays en 1980. Il était de 170% en 2008. D’autres sources le situent à un niveau un peu plus élevé. En tout cas, la récession de 2009 accompagnée d’une légère baisse des prix combinée à un déficit budgétaire important va lui faire faire un nouveau bond qui sera de l’ordre de 20%. La barre des 200% sera dépassée rapidement. Sur la pente actuelle, le ratio serait de 300% en 2019. Les causes de cette dégradation se trouvent dans une croissance nominale proche de 0% depuis plus de quinze ans et dans la hausse des dépenses liées à la protection sociale. L’arrivée au pouvoir du parti de centre gauche DPJ n’est pas susceptible d’inverser cette dernière tendance : le DPJ estime que le parti libéral LDP a trop peu fait dans le domaine de la protection sociale. 

3. Vers une baisse du yen, une hausse des taux et un retour de… l’inflation 

A un horizon de cinq ans, le Trésor japonais ne trouvera plus suffisamment d’investisseurs. La banque centrale sera alors amenée à monétiser la dette publique dans des proportions de plus en plus importantes, provoquant une baisse du yen susceptible de susciter l’intérêt des investisseurs étrangers. Mais ceux-ci n’investiront pas sans une hausse des taux obligataires. Actuellement, grâce aux taux très bas, le service de la dette ne représente que 2,6% du PIB (un ratio inférieur à celui des USA ou de la zone euro). Mais si les taux venaient à monter de 2% pendant une période de dix ans, la totalité des recettes fiscales seraient absorbées par le service de la dette. On voit là que la perspective de long terme va être très difficile à gérer. La faiblesse de la démographie et l’absence d’immigration constituent un facteur aggravant. Le Japon est dès aujourd’hui dans une spirale de la dette dont la sortie va être dans tous les cas difficile : baisse de la devise, hausse des taux et inflation nettement plus élevée seront au rendez-vous. 

4. Quelles solutions ? 

Dans la gamme des réponses classiques à ce type de situation, il n’existe pas de mesure qui puisse se révéler efficace. 

 La réduction des dépenses publiques n’est pas possible dans la situation actuelle. 

Une hausse de la fiscalité, par l’intermédiaire d’une hausse de la TVA par exemple, aurait un impact négatif sur une consommation déjà faible. 

L’absence et l’impossibilité future (du fait d’une démographie désastreuse et du cout exponentiel de la protestions sociale) de croissance nominale rend en fait toute tentative d’ajustement inopérante. 

 La crise de la dette japonaise apparaissant inévitable, l’attitude la plus raisonnable pour les autorités serait d’accepter qu’il faut l’anticiper de façon qu’elle ne devienne pas totalement ingérable. Le Japon doit comprendre que bien que son économie soit très compétitive, ce que traduit la force du yen, elle est entrée dans un processus d’implosion lente. La valeur de la monnaie doit traduire cette dégradation qui est un phénomène très profond. Cela est difficile : la fierté nationale est en jeu. Par ailleurs, la baisse de la devise sera accompagnée d’une hausse des taux qui pèsera sur les comptes publics. Mais la situation sera pire si rien n’est fait. 

Profiter de toute baisse de la devise pour augmenter les salaires dans les sociétés exportatrices de façon à faire remonter graduellement l’inflation et faciliter une baisse structurelle progressive du yen est une piste à explorer. Les autorités japonaises sont les premières concernées.  L’hypothèse du défaut étant peu probable, l’absence de réponse concrète dans les prochaines années ferait passer le Japon d’une situation de croissance nominale structurellement proche de 0% à une période d’hyperinflation, la devise risquant de s’effondrer en quelques mois. 

Source Stelphia Asset Management nov 09 

Le 30/11/2009 à 09:07 

« L’économie japonaise est en voie d’implosion »

 

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 Alors que les places boursières occidentales évoluent à proximité de leurs records annuels, le marché actions japonais a récemment inscrit un plancher de quatre mois. Les importants déséquilibres du pays, à commencer par son endettement massif, inquiètent de plus en plus les investisseurs. Le président-directeur général de Stelphia Asset Management Etienne Pourny revient sur les problèmes de l’archipel et les perspectives du marché actions local. 

Capital.fr : La dette publique nippone atteint près de deux fois le produit intérieur brut du pays. A-t-elle passé le point de non retour ? 

Etienne Pourny : Le problème de surendettement dure depuis des années, mais la crise économique a aggravé l’état de la deuxième économie mondiale. L’envolée de la dette japonaise ne sera pas enrayée via des solutions conventionnelles, car avec une croissance zéro, le gouvernement peut difficilement augmenter les impôts ou réduire les dépenses publiques. La situation de l’archipel est ainsi très différente de celle qui prévalait au Royaume-Uni après les guerres napoléoniennes. A l’époque, la dette de la Grande-Bretagne représentait 250% du produit intérieur brut, un ratio progressivement revenu à 50% grâce à la révolution industrielle. Notre voisin avait à nouveau massivement emprunté lors de la seconde guerre mondiale, mais la période d’inflation élevée qui a suivi a permis de purger la dette. Or, il n’y a pas actuellement de phénomène de hausse des prix au Japon. Les chances de réduire la dette nippone sont donc minces. D’ici 2020, elle pourrait ainsi représenter trois fois le produit intérieur brut, mais le système aura peut-être lâché avant.  

Capital.fr : La force du yen pèse actuellement sur les entreprises exportatrices japonaises. La devise va-t-elle continuer de s’apprécier ?  

Etienne Pourny : Le yen est en bout de course et devrait se déprécier face au dollar et à l’euro au cours des prochains trimestres. La force actuelle de la monnaie nippone s’explique par la compétitivité de l’industrie et les excédents de la balance commerciale, tandis que les investisseurs locaux ne craignent pas encore un défaut de l’Etat. Pour l’heure, la dette du pays reste financée quasi-intégralement par les ménages japonais. En vieillissant, ils devraient toutefois tirer sur leurs réserves et vendre des emprunts d’Etat, ce qui fera mécaniquement remonter les taux d’intérêt. Une crise de confiance n’est pas exclue, et la population pourrait se mettre à acheter des actifs libellés en devises étrangères, ce qui pèsera sur le yen pendant plusieurs années. Délaissés par les japonais, les emprunts d’Etat trouveront alors difficilement preneur à l’international, compte tenu des mauvaises perspectives de la devise et d’une rémunération inférieure à 2%. Le Japon est ainsi entré dans un processus d’implosion lente.  

Capital.fr : Quelles solutions sont envisageables ?  

Etienne Pourny : Le problème est complexe, compte tenu de l’incapacité de l’archipel à générer de la croissance et de l’inflation. Les excédents commerciaux restent actuellement conséquents, ce qui empêche pour l’instant le yen de se déprécier trop rapidement, même si sa dévalorisation est inéluctable à long terme. Il faut faire en sorte que la baisse soit progressive et non brutale, en trouvant des mesures nécessitant une concertation internationale. 

 Capital.fr : Quelles sont les perspectives du marché actions, et notamment de l’indice phare   

Etienne Pourny : La Bourse japonaise n’est pas un marché directeur et son parcours a largement divergé des places occidentales depuis 1989, année de l’éclatement de la bulle sur le Nikkei 225. A l’époque, les sociétés japonaises se payaient près de 60 fois leurs bénéfices, un niveau anormalement élevé, qui appelait une correction d’ampleur. In fine, le Nikkei a perdu les trois quarts de sa valeur en vingt ans. Pour l’avenir, les perspectives des valeurs exportatrices sont meilleures que celles du reste de la cote, car elles profiteraient d’une reprise du commerce international. Elles bénéficieraient aussi d’une dépréciation du yen, un mouvement qui pourrait être favorisé par une appréciation progressive du yuan chinois. A contrario, les sociétés totalement dépendantes de la demande intérieure du pays ne devraient pas faire d’étincelle, compte tenu de la baisse de la fécondité et de l’hostilité envers l’immigration. A l’image des autres bourses mondiales, l’important rebond du Nikkei jusqu’à l’été s’explique par un phénomène de rattrapage, car la baisse des marchés actions a été très importante jusqu’en mars. Si les places européennes et américaines restent bien orientées en 2010, le Nikkei pourrait délivrer des performances honorables. A plus long terme toutefois, l’absence de croissance du Japon est problématique et laisse entrevoir peu de potentiel pour les actions nippones, d’autant plus que le pays ne dispose pas d’atouts spécifiques décisifs.  

Propos recueillis par Nicolas Gallant 

 

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