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Commentaire : FED / Bernanke devrait s’inquiéter TOUJOURS et davantage du déficit budgétaire américain

Le Congrès américain  fait parfois son travail….

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Le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, s’est exprimé mercredi devant la commission des Services financiers de la Chambre des représentants, dans le cadre du rapport semestriel de la banque centrale américaine sur sa politique monétaire.

Alors que l’instabilité qui prévaut actuellement en Europe a déclenché d’intenses discussions sur les déficits publics, le rapport écrit de Ben Bernanke passe sous silence la question des finances gouvernementales. Voilà qui est bien étrange, si l’on se souvient que le patron de la Fed avait consacré toute une partie de son dernier rapport semestriel, rendu en juillet, à plaider pour la mise en oeuvre d’une politique budgétaire soutenable.

Heureusement, les questions de la commission ont amené Ben Bernanke à évoquer le sujet du déficit fédéral – et il semble qu’il ait conservé un ton plutôt rigoureux à cet égard.

 Le patron de la Fed a en effet souligné qu’un déficit compris entre 2,5% et 3% du produit intérieur brut est acceptable, mais noté que certaines prévisions à moyen terme tablent sur un déficit plus élevé, compris entre 4% et 7% du PIB. « 

Le président de la Réserve fédérale s’est mème montré tranchant sur le sujet du déficit public américain, dont le niveau structurel à moyen terme est jugée insupportable. «Il est très important que nous commencions à nous préoccuper de la trajectoire du déficit, a-t-il souligné. Ce n’est pas juste un problème à long terme, car il est possible que le marché obligataire s’inquiète du caractère soutenable [des déficits]. Et nous pourrions faire face à des taux d’intérêt élevés même aujourd’hui».

Le projet de budget fédéral table en effet  sur un déficit de 10,6% du PIB pour l’exercice 2011 clos à fin septembre, ratio qui serait ramené à 4,2% en 2020, tandis que la dette négociable doublerait à 18.500 milliards de dollars, soit 77% du PIB.

Les investisseurs obligataires feraient toutefois mieux d’éviter de croire que la Fed est leur alliée.

D’abord parce que les récents achats d’actifs de la Fed ont contribué à financer les dépenses du gouvernement. La banque centrale a non seulement acheté des emprunts d’Etat, mais également 1.250 milliards de dollars de titres dits MBS – qui sont adossés à des crédits hypothécaires – émis par Fannie Mae et Freddie Mac – soit pratiquement des obligations gouvernementales hors bilan.

 Certes, la Fed a commencé à diminuer ses rachats d’actifs, mais B.Bernanke ne les a pas complètement exclus. Et si la Fed devait recommencer à acheter des bons du Trésor, son attitude restrictive vis-à-vis des déficits n’aurait plus de sens.

Finalement, même si la Fed se posait en fervente adversaire d’un creusement du déficit, son influence reste limitée par le fait qu’elle n’a aucun contrôle direct sur la politique budgétaire américaine. Evidemment, en cas de menace inflationniste, la Fed pourrait toujours relever ses taux d’intérêt, ce qui aurait pour conséquence de rendre le déficit encore plus difficile à supporter.

Un tel scénario semble relativement improbable pour le moment. Mais pour éviter qu’il ne se produise, il faut que Ben Bernanke réitère son message sur le budget du gouvernement – au lieu de le passer sous silence dans ses discours clés.

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