Behaviorisme et Finance Comportementale

Formation Financière : La liquidité est un mécanisme mal connu

La réglementation n’est pas la panacée pour empêcher le renouvellement de la crise financière. Comme le montre l’exemple de la liquidité, facteur clé du fonctionnement des marchés financiers.

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La crise financière s’est largement traduite, on ne le sait que trop bien, par une crise de liquidité. Les emprunteurs les plus solvables ne trouvaient plus personne qui veuille leur prêter. Même les banques, dont le métier est pourtant de prêter, ont fermé le robinet du crédit, sans lequel l’économie ne peut pas fonctionner.

On considère traditionnellement que pour qu’un marché soit – au moins potentiellement – liquide dans des conditions dites normales, il faut que notamment deux conditions soient remplies:

1. grâce aux infrastructures de marché efficace, les coûts des transactions doivent être les plus faibles possibles et les écarts de prix limités;

2. acheteurs et vendeurs doivent être nombreux pour assurer un flux régulier de transactions.

Mais en période de crise, les mécanismes économiques évoluent différemment, la liquidité en particulier.

Parce qu’en la matière, on touche directement au comportement et à la sensibilité des acteurs, à leurs anticipations et à leur rapport au risque. Et c’est l’incertitude, c’est-à-dire une aggravation du risque inconnu et non mesurable, qui domine. Incertitude due à la perte ou à l’absence de repères.

Incertitude accrue si l’on a affaire à des produits financiers complexes et donc largement incompréhensibles.

Résultat: les acteurs ont alors tendance à choisir le scénario le moins favorable, par défaut d’information ou de compréhension.

Les acheteurs s’abstiennent, les vendeurs ne trouvent pas de contrepartie. Tous les intervenants ont tendance à synchroniser leurs réactions, ce qui accentue la baisse des prix des actifs.

L’absence de liquidité du marché reporte l’incertitude sur le niveau de solvabilité des banques. D’où une baisse généralisée des valeurs financières en bourse, mouvement encore accéléré par la spéculation.

La liquidité est donc un mécanisme complexe et au fond très mal connu, même si on ne l’avoue pas au grand public.

Dans son récent ouvrage Faut-il brûler les banquiers?, qui «veut dissiper des idées reçues», Georges Pauget, directeur général du Crédit Agricole, première banque française, le reconnaît volontiers. Les mécanismes prudentiels mis en place ne sont, d’après lui, qu’un emplâtre sur une jambe de bois. Tout ne doit pas se limiter à des ratios.

NDLR : on lira donc avec grand intéret le dernier billet de JEAN PIERRE CHEVALLIER qui cause des ratios que MR PAUGET se refuse à voir :   Le Crédit Agricole 2009 et les Gos Banques françaises (cliquez sur le lien)

Dans la zone euro tout au moins, estime-ce dernier, une approche transfrontalière est indispensable. Actuellement, avec la même monnaie, on continue à considérer que la liquidité des établissements actifs dans plusieurs pays doit être gérée sur une base exclusivement nationale, quoique différente d’un pays à l’autre. C’est inacceptable.

La liquidité équivaut à la représentation que se font, à un moment donné, les acteurs de l’état d’un système. Cette représentation change au gré des événements. Il importe de mieux connaître «les facteurs qui expliquent le passage, parfois brutal, d’une représentation à une autre».

HENRI SCHWAMM Université de Genève FEV10

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