Asie hors émergents

Albert Edwards (SG): Les facteurs techniques présagent le retour de Bourses en baisse

Albert Edwards (SG): Les facteurs techniques présagent le retour de Bourses en baisse  

 

  « Le marché boursier, extrêmement survendu, a déclenché en juillet le rebond qui s’est poursuivi en septembre. Par conséquent, si la performance à court terme peut s’expliquer par l’évolution des fondamentaux (progression des données), c’est en revanche la performance du marché qui façonne en général la perception qu’ont les investisseurs des fondamentaux. La tendance favorable soutenue par les facteurs techniques a désormais pris fin et nous attendons à présent une nouvelle phase baissière. Le verre, encore récemment à moitié plein, va désormais sembler à moitié vide », juge Albert Edwards.

PLUS DEDWARDS EN SUIVANT :

 « Si, à long terme, les marchés évoluent en ligne avec les fondamentaux, ils tendent, à court terme, à être tirés par des facteurs techniques. Le récent rebond boursier n’est autre, selon nous, qu’une correction par rapport aux niveaux extrêmement survendus du marché. Le marché évolue en effet à des plus-hauts historiques avant d’entrer dans la troisième phase d’un marché baissier de plusieurs décennies », précise l’analyste de Société Générale Cross Asset Research. 

« Comme c’est souvent le cas, le marché fait l’actualité. Les données économiques sont interprétées de manière à justifier les fluctuations du marché. Au cours d’un rebond technique, les données économiques solides, ignorées quelques semaines auparavant, font l’objet d’une attention particulière. » 

« Nous considérons donc le récent regain d’optimisme des investisseurs comme un avertissement et ce d’autant plus que les indicateurs avancés continuent d’indiquer à terme un affaiblissement de l’économie. Alors que l’indice ISM américain a reculé à 54,4 en septembre, le carnet de commandes a chuté bien en dessous du seuil critique de 50, à 46,5. Cette situation s’est produite pour la dernière fois en octobre 2007, seulement un mois avant le déclenchement officiel de la Grande Dépression ! » 

« La situation au Japon est pire encore. La production manufacturière s’oriente à la baisse pour le troisième mois consécutif. En septembre, l’indice PMI et la composante nouvelles commandes ont reculé sous le seuil de 50. De même que le Japon a servi de modèle aux événements de l’Age de glace ces dernières années, le Japon constitue également un très bon indicateur des changements cycliques qui se profilent à l’horizon. Tout comme les facteurs techniques ont clairement conduit à l’éclatement du Nasdaq au T1 2000, la baisse de l’indice PMI japonais entraîne généralement le repli de l’indice ISM américain dans son sillage, conduisant l’économie mondiale vers la récession. » 

« Septembre a clairement été un mois favorable aux actions dans la mesure où les positions extrêmement survendues observées en milieu d’année ont été corrigées avec succès. Alors que 90% des actions se situent désormais au-dessus de leur moyenne mobile sur 50 jours, il est temps de se préparer à une période plus difficile. Attendez-vous à voir le marché – fidèle à son inconstance habituelle – faire volte-face : il pourrait désormais accueillir favorablement des données économiques plus faibles qu’attendu alors qu’il affectionnait, récemment encore, des données solides. » 

« Nous avons toujours dit que les investisseurs mondiaux ne pouvaient qu’ignorer le Japon à leurs risques et périls. Il est en effet intéressant de noter que la thèse de l’Age de glace qui se matérialise clairement aux Etats-Unis a déjà frappé le Japon il y a 10 ans. A nos yeux, le Japon a souvent été le précurseur de certains changements de tendances mondiales. Un investisseur vigilant peut tirer profit d’une observation attentive du Japon. » 

« Le marché baissier des valorisations a commencé début 2000 avec l’explosion de la bulle du Nasdaq. Pour les investisseurs mondiaux, la bulle technologique américaine n’a finalement été qu’une pâle réédition des excès largement apparents durant la bulle technologique japonaise. Certes, le pays étant déjà fortement aux prises avec l’Age de glace, tout espoir de croissance au Japon serait accueilli avec un plus grand enthousiasme que partout ailleurs. Néanmoins, pour ceux qui ont suivi l’évolution du Japon de près, il était clair que la bulle technologique mondiale avait éclaté avant que les événements aux Etats-Unis ne le suggèrent. » 

« De même, nous considérons que les récents développements économiques au Japon auront des répercussions au-delà des frontières nippones. L’indicateur avancé officiel japonais s’est effondré à moins de 40 ces deux derniers mois alors qu’il dépassait 90 en début d’année. La croissance des exportations se ralentit et la production industrielle a décliné sur trois mois consécutifs. Néanmoins, c’est le recul de l’indice PMI japonais qui est le plus intéressant et peut-être le plus significatif. » 

« Contrairement au Tankan qui représente un indicateur retardé, l’indice PMI japonais tend à être un bon indicateur avancé de l’économie japonaise mais, à l’inverse de l’ISM, il ne semble pas susciter outre mesure l’intérêt des marchés. En septembre, l’indice PMI s’est replié pour atteindre 49,5 contre 50,1 en août. Les nouvelles commandes (composante de l’indice PMI) ont également reculé en deçà du niveau critique de 50 qui détermine la progression ou la contraction de l’activité manufacturière. Sur la même période aux Etats-Unis, l’indice ISM publié et les nouvelles commandes sont restées supérieures au niveau critique de 50. » 

« C’est en juillet 2007 que cette configuration s’est produite pour la dernière fois. Alors que l’indice PMI publié et les nouvelles commandes au Japon indiquaient une contraction de la production manufacturière japonaise, l’indice ISM américain et les nouvelles commandes s’inscrivaient à de solides niveaux, 52,1 et 57,1 respectivement. Toutefois, dans les 6 mois qui ont suivi, les Etats-Unis sont tombés en récession. Le Japon constitue donc souvent un indicateur avancé. » 

« Enfin, une réflexion rapide sur les obligations américaines. A court terme, l’évolution à 3 mois de l’IPC sous-jacent américain fait clairement apparaître une succession de hausses et de baisses. Après avoir dépassé le taux en glissement annuel, l’IPC sous-jacent pourrait bien entrer dans une phase fortement baissière. Au vu de la poursuite attendue de l’affaiblissement de l’économie réelle, les obligations américaines à 10 ans mettront-elles du temps à se replier en deçà de 2% ? »

source sg/aof oct10

BILLET PRECEDENT : Le marché continue à se bercer d’illusions par Albert Edwards – SG

2 réponses »

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s