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Marché / US-EUROPE : les rachats d’actions atteignent des niveaux record

Marché / US-EUROPE  : les rachats d’actions atteignent des niveaux record

 Jamais les entreprises n’ont eu autant de liquidités. Réductions d’effectifs, baisse des coûts, puis reprise de la demande ont permis aux grandes sociétés d’amasser des montants conséquents de liquidités ces derniers mois. Les sociétés non financières détenaient ainsi 1.800 Milliards de dollars de liquidités et d’actifs à court terme à la fin du deuxième trimestre, selon la Réserve fédérale. Mais au lieu d’investir cet argent dans de nouveaux outils de production ou d’embaucher du personnel, les grands groupes américains préfèrent racheter en masse leurs propres actions . On le remarque quasi quotidiennement à la Bourse de Bruxelles: les sociétés rachètent leurs propres actions. Elles ne le font pas toutes bien sûr, mais celles qui s’y emploient consacrent des moyens substantiels. Parmi les grands amateurs de cette technique on trouve le chimiste Solvay, mais aussi la CNP d’Albert Frère, le promoteur immobilier Atenor et bientôt Umicore qui va demander le feu vert de ses actionnaires fin octobre.

Aux  Etats-Unis, les rachats d’actions propres se font à coups de milliards de dollars comme ceux annoncés par Hewlett-Packard (10 milliards) ou Pepsico (15 milliards). Selon la firme Associates Birinyi citée par  le Washington Post, le montant total consacré par les entreprises US pour ratisser le  marché atteint 273 milliards de dollars depuis le début de l’année, soit cinq fois plus que l’an dernier à  pareille époque!

PLUS DE RACHATS EN SUIVANT :

  « Certaines entreprises rachètent leurs propres actions en partie parce qu’elles ne veulent pas investir dans le développement de nouveaux produits ou de services alors que la demande des consommateurs reste faible », affirme au journal américain, Zachary Karabell, directeur de RiverTwice Research. « Ils ne savent pas ce qu’ils veulent faire avec tout l’argent sur lequel ils sont assis ». Les taux d’intérêt historiquement bas ont également incité certaines sociétés à emprunter pour racheter leurs actions. 

Bourse : Les faux effets des rachats d’actions

Le WP note ainsi que Microsoft  a emprunté 4,75 Milliards de dollars le mois dernier par l’émission de nouvelles obligations à taux d’intérêt extrêmement bas et a annoncé qu’il allait utiliser une partie de cet argent pour racheter des actions. La société compte déjà près de 37 Milliards de dollars de trésorerie, mais une grande partie de cette somme est détenue par ses opérations à l’étranger. Or, le géant de l’informatique est réticent à rapatrier cet argent, en raison du haut niveau d’imposition. 

Parmi les plus gros rachats d’actions de l’année, Hewlett-Packard, premier fabricant mondial d’ordinateurs a annoncé en août qu’il allait dépenser 10 Milliards de dollars pour réaliser ce type d’opérations. .

Ce qui est frappant aux Etats-Unis, c’est que les entreprises n’hésitent pas à s’endetter pour racheter leurs actions en Bourse. Il faut dire que le niveau des taux encourage cette démarche.

Les Entreprises s’endettent pour racheter à tour de bras leurs actions

Le site Business Insider donne l’exemple de Pepsi qui affiche une dette de 20 milliards de dollars et préfère acheter ses propres parts plutôt que d’alléger ce fardeau pas trop dur à financer par les temps qui courent. Le groupe de boissons ne doit en effet payer qu’un intérêt de 3,9% pour des obligations à 10 ans.

Et le site de pointer cette connexion entre ces deux machés opposés : les entreprises vendent d’un côté des obligations à faible rendement et achètent de l’autre, à des cours relativement bas, leurs actions ou celles des concurrents 

« C’est de l’argent totalement gaspillé », affirme William Lazonick, professeur à l’Université du Massachusetts et directeur du Centre pour la compétitivité industrielle. « Cela ne fait rien à long terme pour les entreprises ». Lazonick ajoute que les cadres exécutifs aiment les rachats de titres car ils augmentent leurs propres stock-options. A contrario, « Il y a des moments où la meilleure chose à faire pourrait bien être de racheter ses actions et émettre en retour à des prix plus élevés », déclare au Washington Post, Jim Paulsen, stratège chez Wells Capital Management. « Il n’y a rien de mal à cela ».

source agences+echo oct10

EN COMPLEMENT Microsoft : quand le roi du cash emprunte de l’argent…

Microsoft dispose de près de 37 milliards de dollars de liquidités, a distribué près de 170 milliards à ses actionnaires ces 10 dernières années… et prévoit pourtant de s’endetter à hauteur de 6 milliards de dollars. Paradoxal ?

Microsoft a annoncé son intention de lever 4,75 milliards de dollars sur des maturités allant jusqu’à 30 ans. L’appel au marché survient au lendemain de l’annonce que le conseil d’administration du groupe l’avait autorisé à un recours accru à l’endettement à hauteur de 6 milliards de dollars.

Ces sommes serviront aux besoins généraux de l’entreprise, a précisé le n° 1 mondial des logiciels, qui a cité parmi les usages possibles le financement du besoin de fonds de roulement, des investissements, des achats d’actions et des acquisitions.

La décision peut surprendre de la part d’un groupe qui dégage du cash à ne plus savoir qu’en faire. Très généreux avec ses actionnaires, Microsoft a d’ailleurs annoncé en début de semaine qu’il augmenterait le dividende de ses actionnaires de 23 % au troisième trimestre. «Cette augmentation du dividende, combinée avec notre programme en cours de rachat d’actions, traduit notre engagement à restituer du capital à nos actionnaires et notre confiance dans la croissance à long terme de la compagnie», a expliqué Peter Klein, directeur financier du géant de Redmond.

Ces 10 dernières années, Microsoft affirme avoir restitué près de 170 milliards de dollars à ses actionnaires, sous forme de dividende et de rachats d’actions. Le groupe peut encore racheter 23,7 milliards de dollars de ses propres actions au titre de l’autorisation qui lui avait été accordée par son conseil d’administration en septembre 2008.

En dépit de tous ces versements, l’éditeur dispose encore d’une réserve de cash de 36,8 milliards de dollars. Mais comme le plus gros de ce trésor est détenu à l’étranger, cela l’oblige à payer des impôts sur toutes les sommes utilisées pour payer des dividendes ou des programmes de rachat d’actions, explique Bloomberg. Pour Guy LeBas, analyste cité par l’agence financière américaine, cela traduit le fait que «Microsoft n’a pas beaucoup d’opportunités d’acquisitions ni grand-chose à faire en interne, apparemment, avec ce capital. Aussi, ils le rendent aux actionnaires.»

Il faut dire que, compte tenu de sa solidité financière exceptionnelle, la signature de Microsoft lui permet d’emprunter à des taux extrêmement bas.

L’Expansion.com srp10

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