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Indicateur de Marché / Sondage BofA-MERRILL LYNCH : nov10

Indicateur de Marché / Sondage BofA-MERRILL LYNCH : nov10

Le sondage réalisé chaque mois par Bank of America Merrill Lynch auprès de plus de 200 gérants dans le monde entier montre que les investisseurs s’attendent à une correction du marché à court terme. « Il est possible que le traditionnel ‘rally’ de fin d’année ait déjà eu lieu, laissant les marchés vulnérables à divers événements risqués comme une intensification de la crise des dettes souveraines européennes ou une hausse du dollar », selon Michael Hartnett, le responsable de la stratégie actions de BofA Merrill Lynch.

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Les gérants pourraient se retrouver en difficulté en cas d’évènement exceptionnel, alors que leurs niveaux de liquidité sont au plus bas depuis sept ans, montre l’enquête de Bank of America Merrill Lynch, réalisée du 5 au 11 novembre auprès de 302 gestionnaires. La confiance des investisseurs est au plus haut depuis avril 2010, grƒce à l’annonce du QE2, qui a ravivé les attentes sur la croissance et l’inflation, réduisant par là-même le niveau de liquidité détenu dans les fonds à des niveaux « dangereusement faibles », note le document publié mardi.

« Le consensus haussier rend le rally de fin d’année extrêmement vulnérable à une situation déflationniste sur les actifs libellés en dollars. Des progrès concernant les inquiétudes sur le refinancement des dettes publiques européennes ou de solides statistiques dynamisant les actions des banques sont désormais nécessaires pour prolonger le rally d’automne en faveur du risque. »

« La proportion de sondés anticipant un rebond plus important de la croissance a grimpé de 15 à 35%, tandis que les attentes d’inflation ont bondi de 27 à 48%. La perception d’une politique monétaire trop lache s’est renforcée, s’élevant à son niveau le plus haut (45%) depuis juillet 2004. On note cependant la baisse étonnante des attentes concernant la croissance chinoise tandis que les inquiétudes sur un cas extrême se concentrent autour d’un défaut européen sur la dette. »

« Notre indice sur le goût du risque s’envole à 45, soit son plus haut niveau depuis avril, et, avec moins d’un investisseur sur cinq attendant une hausse de taux de la Fed avant le dernier trimestre 2011, il semble naturel que l’allocation actions passe d’une sur-pondération de 27% (en octobre) à 41%, tandis que les obligations sont sous-pondérées à 36%, contre 24% le mois d’avant. » L’assouplissement quantitatif décidé par la Fed a incité les gestionnaires à mettre l’interrupteur de la prise de risque sur la position positive. La hausse de l’appétit du mois précédent, au-dessus de la moyenne de 40, s’est ainsi plus que confirmée, avançant de 43 à 45. La peur d’un relèvement des taux directeurs jugé prématuré s’est éloignée. Les participants au sondage mensuel de BofA-Merrill Lynch ont repoussé cette échéance, qu’ils avaient encore vu en grande majorité au troisième trimestre 2011 au mois d’octobre, au dernier trimestre 2011 (31%), voire à 2012 (47%).

Les attentes d’une croissance vigoureuse aux Etats-Unis ont gagné 12 points, s’établissant à 78% des sondés en novembre, alors que celles pour les autres régions développées ont avancé nettement moins. La victoire des Républicains aidant, les craintes d’un resserrement fiscal avant l’heure ont elles aussi presque diminué de moitié. L’état des finances de certains pays européens est tout de suite remonté au premier plan des craintes. La seule autre catégorie de risque ayant enregistré une augmentation étant une inflation provoquée par une hausse de prix des matières premières. Selon les gestionnaires, c’est le moment idéal pour les entreprises pour débloquer enfin leur masse de liquidités, de préférence en les reversant aux actionnaires, les investissements suivant toutefois de près.

« Les gestionnaires d’actifs ont asséché leurs réserves de liquidités (on note une situation, rare, de sous-pondération sur le cash à hauteur de 5%, contre une sur-pondération de 6% le mois précédent), avec une moyenne des avoirs en cash qui est tombée à 3,5% en novembre. »Ils se montrent déterminés à donner l’exemple: la part de leurs portefeuilles en liquidités n’atteint plus que 3,5%, tombant ainsi en-dessous du seuil statistique déclenchant un signal de vente d’actions selon BofA-Merrill Lynch. En toute logique, 41% des gestionnaires disent surpondérer les actions (contre 27% en octobre). Plus d’un tiers sous-pondère les obligations, que trois quarts (la part la plus élevée depuis avril 2004) jugent surévaluées.

 Les allocations régionales entre les différents marchés actions n’ont toutefois guère changé.

Les allocations régionales entre les différents marchés actions n’ont toutefois guère changé. Les pays en voie de développement bénéficient ainsi toujours d’une vision nettement plus favorable que celle pour les autres marchés. La part des sondés les surpondérant a presque atteint le niveau record d’avril 2004 (56%, contre 57%). En revanche, le Japon se trouve toujours placé dans une défaveur encore plus importante que celle pour les Etats-Unis. Un signal clair pour les investisseurs plaçant leurs fonds à l’encontre des tendances, conclut Merrill Lynch: ils devraient vendre des positions dans les marchés émergents et en acheter du côté du Japon! En dépit des inquiétudes sur la dette souveraine, on note un retour, incongru en quelque sorte, aux actions de la zone euro (sur-pondérées à 15%, contre 3% le mois dernier, soit la plus forte hausse dans les choix d’allocations). Le Japon reste le mal-aimé sur les marchés actions. »Les Etats-Unis n’ont pu passer du bon côté de la barre que de justesse: 1% leur accorde plus de poids que dans la référence.

L’appétit pour le risque retrouvé se reflète également dans les réallocations sectorielles: les cycliques ont les faveurs de la cote, tandis que les branches réputées défensives, comme par exemple les pharma, réunissent une part plus faible, alors même que leur valeur est jugée trop basse. les technologies et l’énergie restent les favoris, mais les investisseurs se sont également tournés massivement vers les matières premières (sur-pondération de 21% contre 9% en octobre), tandis qu’ils sont sortis à l’inverse des valeurs pharmaceutiques et industrielles. Les financières demeurent les valeurs les plus sous-pondérées

«  »Malgré des inquiétudes sur le cas extrême d’un défaut sur la dette en Europe, le ton est manifestement au risque, d’après ce qui ressort de l’étude ; mais, avec des niveaux de liquidités tombés très bas, cet enseignement est contradictoire. Au pire, on pourrait voir un repositionnement des défensives vers les cycliques, mais le risque d’une correction du marché reste tout de même très fort. »

source agences/agefi nov10

sondage précédent :  Indicateur de Marché / Sondage BofA-MERRILL LYNCH : OCT10

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