Art de la guerre monétaire et économique

Transparency International : 180 pays passés au crible de la corruption

 Transparency International : 180 pays passés au crible de la corruption 

 Le moins que l’on puisse dire, c’est que le magazine Maclean’s a déclenché une véritable tornade politico-médiatique en affirmant que le Québec était la province la plus corrompue au Canada.

À vrai dire, le Québec a été particulièrement touché par les scandales de toutes sortes ces dernières années, comme n’importe quel observateur le moindrement averti s’en est déjà rendu compte. C’est une réalité, même si cela fait mal de se le faire rappeler par un magazine torontois.

Cela nous amène à une question fondamentale: la corruption se mesure-t-elle?

PLUS /MOINS DE CORRUPTION EN SUIVANT :

L’exercice est hautement périlleux. Par définition, tout se passe en secret. Pour des raisons évidentes, corrompus et corrupteurs agissent dans l’ombre. Il n’y a donc pas de base statistique qui pourrait aider les chercheurs à mesurer la corruption. Les meilleures sources d’information demeurent les rapports occasionnels d’agences officielles comme le Bureau du vérificateur général, ainsi que les enquêtes (parfois dangereuses, souvent courageuses) des médias. À cet égard, on demeure pantois devant les loufoqueries de Maclean’s, qui accuse les médias québécois de complaisance: n’a-t-on jamais entendu parler, à Toronto, de tous les scandales dévoilés, entre autres, par mes collègues Alain Gravel, de Radio-Canada, et André Noël, de La Presse?

Toujours est-il qu’en 1993, un groupe d’universitaires allemands a décidé de s’attaquer au problème. Ce fut la fondation de Transparency International, groupe qui s’est donné comme mission de combattre la corruption partout dans le monde. Depuis 1995, Transparency publie un palmarès annuel de la corruption. Au début, ce classement ne couvrait que quelques dizaines de pays – ceux où l’information était la plus facile à recueillir. Les chercheurs de Transparency ont continuellement raffiné leurs méthodes de travail; leur palmarès, qui couvre aujourd’hui 180 pays, fait désormais autorité. On estime généralement que les résultats du classement sont précis à 90%.

Consulter le rapport (3 Mo)

Le site : Transparency International

À l’heure où le Québec est accusé d’être plus corrompu que les autres provinces, il serait peut-être intéressant de jeter un coup d’oeil sur la méthodologie de Transparency.

En fait, il s’agit d’une vaste enquête menée auprès de 73 000 répondants répartis dans 70 pays. Et cet énorme échantillonnage ne comprend pas n’importe qui: analystes financiers et politiques, gens d’affaires, économistes, journalistes spécialisés, chercheurs universitaires, hauts fonctionnaires internationaux, spécialistes du renseignement. Tous ces participants ont une connaissance approfondie des différents pays visés par l’enquête. On leur demande de remplir un questionnaire sur le ou les pays qu’ils connaissent le mieux. Les résultats sont ensuite transposés sur une échelle de 1 à 10. Un score de 1 dénote un pays totalement corrompu; un score de 10 signifie que le pays est totalement exempt de corruption.

Dans les deux cas, c’est à peu près impossible. Même dans les sociétés les plus pourries par la corruption, vous avez une petite chance de trouver un juge, un fonctionnaire ou un policier honnête. Le contraire est aussi vrai.

Au dernier classement, la Somalie, avec un score de 1,1, frise la corruption totale. C’est le pire élève de la classe. En tout, 19 pays ne réussissent pas à atteindre un pointage de 2.

Parmi ces grands corrompus, on trouve les deux Congo, le Burundi, Haïti, le Soudan, la Birmanie et l’Afghanistan.

À l’autre bout de l’échelle, les pays les plus exempts de corruption sont, dans l’ordre, la Nouvelle-Zélande, le Danemark, Singapour, la Suède et la Suisse. Les cinq obtiennent 9 points ou plus au classement. Le Canada obtient une honorable 8e place avec 8,7.

La corruption, donc, se mesure.

Question intéressante: le palmarès de Transparency compare des pays, mais quels résultats obtiendrait-on si on appliquait la même méthodologie aux provinces canadiennes?

On ne peut pas le savoir, mais on peut raisonnablement penser que le Québec, éclaboussé par tous les récents scandales, se classerait au dernier rang des provinces canadiennes. Maclean’s, nonobstant le traitement grotesque qu’il a réservé à la nouvelle, a probablement raison sur le fond de la question…

L’immense majorité des juges, des policiers, des fonctionnaires, des administrateurs publics, des gens d’affaires (sauf peut-être dans la construction, domaine que Transparency, dans son dernier rapport annuel, considère comme un des pires nids de corruption – pas seulement au Québec, mais partout sur la planète), que l’immense majorité donc des comptables, des avocats, des professionnels québécois ne sont pas corrompus. Sans doute, à cause des récents scandales, le Québec reculerait de quelques dixièmes de points au classement mondial – ce qui le placerait à un rang comparable à l’Allemagne, à l’Autriche, au Royaume-Uni ou aux États-Unis, qui ne sont pas précisément les pires élèves de la classe.

Claude Picher La Presse /sep10

EN COMPLEMENT : Lutte contre la corruption : la France perd des points

Les pays les plus corrompus de la planète, selon l’ONG Transparency International, sont la Somalie, l’Afghanistan et l’Irak. Parmi les plus vertueux figurent le Danemark, la Nouvelle-Zélande et Singapour.

Au classement des pays corrompus, la France a régressé. Selon le classement établi par Transparency International, elle a perdu encore une place. Elle a cédé six places depuis 2007. Elle se classe désormais au 25e rang avec une note de 6,8 sur 10, sur 178 pays. Soit «derrière de nombreux pays européens tels que la Suède (4e), les Pays-Bas (7e), l’Allemagne (15e) et le Royaume-Uni (20e)». Mais elle devance l’Espagne (30e), le Portugal (32e), l’Italie (69e) et la Grèce (78e).

Sur l’ensemble des pays d’Europe de l’Ouest, La France se classe 14e. Depuis 1995 et la création de ce classement annuel, réalisé à partir de différentes enquêtes auprès d’hommes d’affaires et de spécialistes, elle n’a jamais fait mieux que la 18e place mondiale (1995, 2005 et 2006). Pour 2010, elle ne fait néanmoins pas partie des pays pour lesquels l’ONG pointe une «détérioriation» de la situation sur un an, parmi lesquels on compte notamment les Etats-Unis, la République tchèque, l’Italie et la Grèce.

Le Danemark, la Nouvelle-Zélande et Singapour forment le trio de tête des pays les moins corrompus, avec un indice de confiance de 9,3. La Somalie arrive en dernière position (178e), avec une note de confiance de 1,1, tandis que la Nouvelle-Zélande, le Danemark et Singapour se placent en tête du classement avec 9,3. Parmi les mauvais élèves, ex-aequo la Birmanie et l’Afghanistan (1,4), précédés par l’Irak (1,5).

Transparency International a mené des études auprès d’entreprises et d’experts afin d’y mesurer l’indice de perception de la Corruption (IPC) affectant l’administration publique et la classe politique.

«Ces résultats montrent que des efforts beaucoup plus importants doivent être accomplis pour renforcer la gouvernance dans le monde. Lorsque la survie d’un si grand nombre de personnes est en jeu, les engagements des gouvernements en faveur de la lutte contre la perception, la transparence et la redevabilité doivent se traduire par des actes concrets», souligne Transparency International.

Dans un communiqué séparé, la section française de Transparency International, présidée par Daniel Lebègue (auparavant directeur du Trésor, vice-président de la BNP puis directeur général de la Caisse des dépôts), déplore que « la France recule encore » et pointe une image « relativement dégradée de la classe politique française » à l’international. Celle-ci serait notamment due à « plusieurs affaires » survenues depuis début 2009 comme l’affaire Woerth-Bettencourt, qui jette le doute sur la façon dont la classe politique garantit « la primauté de l’intérêt général sur les intérêts particuliers ». Sont également cités les derniers rebondissements de l’enquête sur l’attentat de Karachi, le projet de suppression du juge d’instruction et la lenteur de la traduction dans le droit de la convention OCDE sur la corruption. Ce dernier reproche n’est pas isolé, puisque Transparency International l’adresse à une vingtaine de pays au total.

source : lefigaro.fr | JDF |Challenge/ 26.10.2010 |

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La Belgique reste mauvaise élève dans le classement de la corruption.

 Selon Transparency international, ce piètre résultat s’explique par le peu de volonté politique de faire progresser l’éthique et la lutte contre la corruption

Trois quarts des 178 pays composant l’indice 2010 de perception de la corruption publié par Transparency International aujourd’hui, ont un score inférieur à 5 sur une échelle allant de 10 (haut niveau d’intégrité) à 0 (haut niveau de corruption).

La Belgique se classe en 22e position avec un score de 7,1, soit le même score que l’année dernière. Elle reste l’un des moins bons élèves au sein des pays quicomposent “vieille Europe” dans le classement opéré par Transparency International. La Belgique occupe comme l’année dernière la 10e position dans le groupe de l’Europe des 15, derrière le Danemark, la Finlande, la Suède, les Pays-Bas, le Luxembourg, l’Irlande, l’Autriche, l’Allemagne et le Royaume-Uni.

Le Danemark, la Nouvelle-Zélande et Singapour se retrouvent en haut du tableau avec un score de 9,3. Les gouvernements instables, souvent héritiers de conflits, continuent à monopoliser le bas du tableau. L’Afghanistan et le Myanmar se partagent l’avant-dernière place avec un score de 1,4, et la Somalie arrive dernière avec 1,1.

Pourquoi la Belgique n’obtient-elle pas un meilleur score?

Transparency International Belgium, la section belge de l’organisation internationale, signale qu’elle avait mis le doigt sur des mesures à prendre pour assainir la situation, mais celles-ci n’ont pas été prises. « Il faudrait avant tout s’attaquer au problème de la gestion des conflits d’intérêt comme le font d’ailleurs les pays qui figurent en tête du classement, revoir des règles qui découragent les agents publics- pourtant bien placés pour contrer la corruption en amont-, de mettre à jour les cas de corruption qu’ils constatent, protéger ceux qui s’y risquent, et réintroduire les enquêtes administratives que menait le Comité Supérieur de Contrôle avant sa suppression consécutive à  » l’Affaire Agusta « .

Transparency International Belgium avait aussi rappelle avoir aussi épinglé l’éthique dans la sphère politique. Elle insistait notamment pour que soit mis fin au phénomène des  » candidats fantômes  » qui prêtent leur nom pour renforcer des listes électorales sans l’intention d’exercer le mandat brigué. Elle plaidait pour que les revenus et avantages publics et privés des mandataires soient rendus publics, et que la transparence et le contrôle du financement des partis politiques soient renforcés.

source : echo/oct10

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Le financement des partis écorne l’image de la Suisse

 L’Index de Transparency International la place cependant au 8e rang des pays les plus propres.

L’image d’une Suisse «propre» a été légèrement égratignée, selon l’Index 2010 de Transparency International (TI) sur la perception de la corruption publié mardi. En comparaison internationale, elle se place au huitième rang d’un classement emmené par le Danemark, la Nouvelle-Zélande et Singapour. Avec une note de 8,7, la Suisse partage sa place avec l’Australie. Si ce score lui permet de toujours faire partie des dix premiers pays perçus comme les plus «propres», il est le plus bas obtenu depuis 2003, souligne la section suisse de TI .

L’affaire des dons de l’UBS au PDC, à hauteur de 150.000 francs, alors même que la grande banque helvétique venait d’être sauvée de la faillite par la Confédération, a contribué à augmenter la perception de corruption en Suisse, explique TI Suisse.

Si l’image d’incorruptibilité des autorités suisses n’a pas été complètement détruite par cette affaire, elle a certainement été égratignée, estime le bureau bernois de l’ONG. C’est pourquoi il demande la publication des finances des partis dans un but de transparence. L’ONG souligne que la Suisse est le seul pays démocratique qui ne dispose pas de règlement concernant le financement des partis.

Le classement de TI est emmené par le Danemark, la Nouvelle-Zélande et Singapour qui obtiennent un indice de 9,3. Les Etats-Unis sont quant à eux sortis du «top 20» du classement. Sous l’effet de scandales financiers mettant en évidence les liens entre les milieux d’affaires et la politique, les Etats-Unis qui figuraient en 19e position dans le classement 2009 perdent trois places et pointent au 22e rang.

Tout en bas de l’Index 2010, l’Afghanistan et la Birmanie sont ex-aequo avant-dernier sur la liste avec un indice de 1,4, tandis que la lanterne rouge revient à la Somalie avec un score de 1,1.

L’indice, élaboré grâce à des sondages réalisés auprès d’hommes d’affaires et de spécialistes, va de 10 pour un pays considéré comme «propre» à zéro pour un pays perçu comme gangrené par la corruption.

Transparency Interantional lance une mise en garde aux gouvernements, estimant que la corruption pèse sur leurs efforts pour renflouer les marchés financiers, et lutter contre le réchauffement planétaire ou contre la pauvreté.

Sur les 178 pays étudiés par l’ONG, dont le siège est à Berlin, près des trois quarts affichent un indice de perception de corruption inférieur à la moyenne. –

source ats nov10

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Très mauvaises notes pour la Russie

Les mesures gouvernementales s’avèrent inopérantes.

La Banque mondiale et Transparency international viennent à quelques jours d’intervalle de publier leur nouveau classement sur le climat général des affaires dans les quelque 180 pays soumis à leur appréciation. Habituée depuis toujours à figurer en queue de peloton, la Russie continue toutefois à s’enfoncer. Aussi bien sur le plan de la corruption, où elle a reculé de huit places pour atteindre le 154e rang, que sur celui des conditions-cadre, où elle a également enregistré une détérioration de sept places pour terminer au 123e rang, la réalité que reflètent ces résultats constitue un sérieux discrédit pour la politique menée par le tandem Poutine/Medvedev. Certains observateurs locaux tentent de relativiser ce mauvais score en invoquant le fait que la plupart des mesures correctives instaurées par le Gouvernement  sont entrées en application ultérieurement à la collecte des données.

Il est un fait que depuis son entrée en fonction le président Medvedev tente de s’attaquer aux multiples disfonctionnements qui affectent le pays. Vladimir Poutine de son côté multiplie la tenue de forums internationaux d’investissements organisés à Sotchi ou ailleurs, où il réaffirme à chaque fois que la Russie accueillera à bras ouverts les entreprises désireuses de profiter du potentiel économique considérable du pays. En écho à cet appel, le président Medvedev a engagé  lui-même le forcing pour adhérer à l’OMC et accélérer les négociations sur la suppression des visas avec la Communauté européenne. Dans la même logique, il tentera lors du prochain Forum de Davos de mobiliser les industriels occidentaux pour participer au processus de modernisation du pays qu’il a initié.

Face à ce déploiement d’énergie, le décalage entre le discours officiel et l’appréciation d’organes non gouvernementaux extérieurs n’en est que plus éclatant.  Le manque de loyauté et de sens des responsabilités que l’on observe à travers l’ensemble de  l’édifice étatique donne en effet à cette croisade des airs de peine perdue. A l’instar de Vladimir Poutine qui avait fait installer des caméras de surveillance sur les principaux sites ravagés par la vague d’incendies de l’été dernier afin de pouvoir contrôler personnellement l’avancement des travaux de déblaiement et de reconstruction depuis son fauteuil de premier ministre, Dmitri Medvedev vient de se voir proposer par l’un de ses conseillers une nouvelle application informatique qui lui permettra lui aussi de contrôler en continu la mise en place des directives qu’il a ordonnées avec «le nom du responsable» car comme il le dit lui-même, il en a assez de s’entendre répondre «désolé, on a pris du retard…».

L’absence de forces d’opposition politique et la répression farouche de tout mouvement de contestation permettent  à l’Administration aussi bien centrale que régionale de continuer à mélanger allégrement affaires publiques et privées dans un climat de large impunité grâce à la toiture protectrice du Kremlin. 

Dans une réaction publiée en début de semaine par le quotidien populaire Komsomolskaia Pravda sur le classement international de la Russie, Dmitri Potapienko, ex-PDG d’une grande chaîne de distribution, déclarait: «le 123e rang ce n’est finalement pas si mal au regard du caractère imprévisible de la Russie». Tandis que le député à la Douma du parti pro-gouvernemental «Russie unie», Alexander Hinstein, proposait pour sa part de «… s’entendre avec la Banque mondiale pour que la Russie apparaisse dans les vingt premiers. Cela reviendra moins cher que d’injecter des sommes énormes dans l’économie».

Philippe Gaillard Estrade Consulting nov10

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Corruption en Afrique: La Tunisie lève la tête, l’Algérie s’enfonce, le Sénégal en zone rouge

 

Les trois-quarts des pays de la planète sont très corrompus. C’est ce qui ressort du rapport 2010 sur la perception de la corruption publié mardi par Transarency International. Les pays africains figurent toujours parmi les plus corrompus. 

L’ONG de lutte contre la corruption Transparency International a publié mardi son rapport annuel sur la perception de la corruption dans le monde [1]. L’organisation affirme que les trois-quarts des 178 pays étudiés sont perçus comme très corrompus. Rien de nouveau sous les tropiques africains, où l’enracinement du phénomène entrave le développement économique. Le continent reste très mal noté, indique Chantal Uwimana, directrice régional pour l’Afrique et le Proche-Orient de Transparency International. « On trouve un nombre impressionnant de pays de la sous-région, et c’est les pays, justement, où il y a une forte concentration de populations pauvres, qui sont donc assez directement touchées par les méfaits de la corruption », explique-t-elle. 

Selon le nouveau classement, le Botswana (33e), l’île Maurice (39e), le Cap-Vert (45e), les Seychelles (49e) et l’Afrique du Sud (54e) occupent le haut du pavé des pays les moins corrompus d’Afrique. 

Le Rwanda et la Gambie progressent 

Le Rwanda et la Gambie pointent, de leur côté, en tête des pays ayant réalisé la plus forte progression en matière de lutte anti-corruption depuis 2009. Le Rwanda est, en effet, remonté de la 89e à la 66e place, tandis que la Gambie est passée de la 106e à 91e place. 

La République démocratique du Congo et la Guinée Conakry la 164e place. Egalement ex-æquo, l’Angola et la Guinée équatoriale sont 168e au classement. 

Madagascar et le Niger en net recul 

En Afrique du Nord, c’est la Lybie qui est perçu comme le pays le plus corrompu (146e), devant l’Algérie (105e), l’Egypte (98e), le Maroc (85e) et la Tunisie (59e). 

Madagascar, en proie à une grave crise politique et économique depuis janvier 2009, et le Niger, [affecté par une pénurie alimentaire, affichent un net recul, passant respectivement du 99e et 106e au 123e rang. La Somalie (178e) est toujours considérée comme le pays le plus corrompu au monde. Pour enrayer le phénomène de la corruption dans le monde, Transparency International plaide pour une mise en oeuvre plus stricte de la Convention des Nations Unies contre la Corruption, que l’organisation considère comme la seule initiative internationale offrant un cadre permettant de mettre fin à la corruption. 

[1] L’indice de corruption est établi sur la base d’enquêtes d’opinion menées auprès d’hommes d’affaires, d’entreprises et d’experts. L’IPC 2010 évalue la perception du niveau de corruption au sein du secteur public dans 178 pays à travers le monde. Il note les pays à partir d’une échelle allant de 10 (haut niveau d’intégrité) à 0 (haut niveau de corruption). 

Par Djamel Belayachi / Afrik.Com nov10

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Près des trois quarts des Etats de la planète jugés gravement corrompus

Sur les 178 Etats étudiés par l’ONG Transparency International, la France arrive à la 25e place avec un indice de perception de corruption à 6,8. En tête, on trouve le Danemark, la Nouvelle-Zélande et Singapour. La Somalie arrive bonne dernière précédée de l’Afghanisan et la Birmanie. Les Etats-Unis sortent du « top 20 ».

« Des efforts bien plus importants » doivent être accomplis « pour renforcer la bonne gouvernance dans le monde ». Tel est le constat amer d’Huguette Labelle, présidente de l’ONG Transparency International (TI), à la lumière de la publication de son indice de perception de la corruption, élaboré en consultant un panel d’hommes d’affaires, d’experts et d’universitaires. En effet, d’après le dernier classement de TI, près de trois quarts des 178 Etats étudiés par l’ONG sont perçus comme gravement corrompus, avec un indice de perception de corruption inférieur à la moyenne. Ce dernier va de 10 pour un pays considéré comme «propre» à zéro pour un pays perçu comme gangrené par la corruption. De surcroît, sur les 36 pays industrialisés ayant signé la convention anti-corruption de l’OCDE, qui interdit notamment le versement de pots-de vin à des fonctionnaires étrangers, une vingtaine d’entre eux montrent «peu ou pas» d’empressement à faire respecter la législation.

«Accepter que la corruption perdure est inacceptable ; trop de personnes pauvres et vulnérables dans le monde continuent à souffrir de ces conséquences. Nous avons besoin de voir une mise en oeuvre plus importante des règles et lois existantes», a martelé Huguette Labelle. Au passage, l’ONG lance une mise en garde aux gouvernements, estimant que la corruption pèse sur leurs efforts pour renflouer les marchés financiers, et lutter contre le réchauffement planétaire ou contre la pauvreté. Responsable de TI pour l’Allemagne, Edda Müller, a renchéri jugeant la situation internationale «très inquiétante» et estimant nécessaire la mise en place de structures gouvernementales crédibles dans des pays où l’Etat a failli. «Ceci est au moins aussi important que la mise à disposition de milliards en aide au développement», a-t-elle insisté.

En tête de classement , on trouve comme l’an dernier le Danemark, la Nouvelle-Zélande et Singapour (indice à 9,3). A l’inverse, la Somalie, arrive bonne dernière avec un indice à 1,1, juste derrière l’Afghanistan et la Birmanie, ex-aequo (indice à 1,4). Parmi les autres pays, le Canada arrive à la 6e place avec un bon indice de 8,9; la Suisse en 8e position (8,7); la Grande-Bretagne en 20e position (7,6); les Etats-Unis et la Belgique se retrouvent tous deux à la 22e place (7,1); tandis que la France arrive en 25e position (6,8).

L’ONG adresse par ailleurs un satisfecit au Bhoutan, au Chili, à l’Equateur, à la République de Macédoine, à la Gambie, à Haïti, à la Jamaïque, au Koweït, et au Qatar, qui ont amélioré leur score depuis 2009. A l’inverse, elle pointe du doigt la République Tchèque, la Grèce, le Hongrie, l’Italie, Madagascar, le Niger, et les Etats-Unis (voir l’encadré), perçus comme plus corrompus que l’an dernier.

Les Etats-Unis sortent du « top 20 »

Sous l’effet de scandales financiers mettant en évidence les liens entre les milieux d’affaires et la politique, les Etats-Unis qui figuraient en 19e position dans le classement 2009 perdent trois places et pointent au 22e rang. Les Etats-Unis enregistrent leur plus mauvais score (7,1) depuis la création de l’indice il y a 15 ans et sortent pour la première fois du groupe des 20 Etats les mieux classés. Des affaires comme celle qui a vu la condamnation du financier Bernard Madoff ou certaines pratiques de prêts dans la crise des subprimes ont contribué au recul des Etats-Unis dans le classement.

En Russie, la lutte anticorruption reste lettre morte

La lutte contre la corruption affichée par le Kremlin est restée lettre morte, selon l’antenne russe de l’ONG Transparency International. «Nous nous attendions à des changements positifs, puisque depuis 2008 une campagne anticorruption était menée, et la direction prononçait tous les mots qu’il fallait. Mais les lois et les décrets ne fonctionnent pas, le pays est dans l’impasse», a déclaré une responsable de l’antenne. Dans le classement sur les perceptions de la corruption, la Russie est ainsi descendue de 8 places en un an, passant de la 146e place en 2009 à la 154e en 2010, sur 178. La Russie se trouve ainsi au même niveau que des pays comme le Kenya, le Congo et le Cambodge. Dans ce classement, elle dépasse de loin la Colombie (78e place), l’Ethiopie (116e) et le Pakistan (143e). «Aucun changement ne se produit dans la pratique», regrette l’ONG. «Les autorités du pays ne doivent pas se limiter à manifester la fermeté de leurs intentions dans la lutte contre la corruption. Ils doivent aussi commencer à faire la preuve de cette détermination dans la pratique», a ajouté Transparency. Le président russe Dmitri Medvedev, élu en 2008, a déclaré faire de la lutte contre la corruption et de la modernisation du pays une priorité. 

Le classement mondial 2010 établi par Transparency International

Voici les pays les mieux notés et les moins bien notés au classement international 2010 du degré de perception de corruption
1. Danemark, Nouvelle Zélande et Singapour (indice à 9,3)
4. Finlande, Suède (9,2)
6. Canada (8,9)
7. Pays-Bas (8,8)
8. Australie, Suisse (8,7)
10. Norvège (8,6)
11. Islande, Luxembourg (8,5)
13. Hong Kong (8,4)
14. Irlande (8,0)
15. Allemagne, Autriche (7,9)
20. Royaume-Uni (7,6)
22. Belgique, Etats-Unis (7,1)
25. France (6,8)
164. République démocratique du Congo, Guinée Conakry, Kirghistan, Venezuela (2,0)
168. Angola, Guinée équatoriale (1,9)
170. Burundi (1,8)
171. Tchad (1,7)
172. Ouzbékistan, Soudan, Turkménistan (1,6)
175. Irak (1,5)
176. Afghanistan, Birmanie (1,4)
178. Somalie 1,1

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1. Danemark 9.3
1. Nouvelle-Zélande 9.3
1. Singapour 9.3
4. Finlande 9.2
4. Suède 9.2
6. Canada 8.9
7. Pays-Bas 8.8
8. Australie 8.7
8. Suisse 8.7
10. Norvège 8.6
11. Islande 8.5
11. Luxembourg 8.5
13. Hong Kong 8.4
14. Irlande 8.0
15. Allemagne 7.9
15. Autriche 7.9
17. Japon 7,8
20. Grande Bretagne 7,6
22. Belgique 7,1
22. Etats-Unis 7,1
25. France 6,8
30. Espagne 6,1
67. Italie 3,9

 Transparency International

Transparency International (TI) est une organisation internationale non-gouvernementale consacrée à la lutte contre la corruption. Son objectif est de sensibiliser l’opinion publique aux effets nocifs de la corruption. Elle s’associe aux gouvernements, au secteur privé et à la société civile pour promouvoir et mettre en place des mesures qui font baisser les niveaux de corruption.Transparency est présente dans 80 pays du monde, avec un secrétariat international basé à Berlin. TI a été fondée en 1993 par un ancien directeur de la Banque mondiale, Peter Eigen, de nationalité allemande.

 source les echos oct10

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