Analyse Technique

Analyse Technique : Retournement des taux américains en vue en 2011 par Bruno Estier

Analyse Technique : Retournement des taux américains en vue en 2011 par Bruno Estier

Les outils de l’analyse technique sont cette fois appliqués à l’évolution des taux d’intérêts sur les emprunts à dix ans du Trésor. L’indicateur «MACD» annonce un changement de tendance. Un autre indicateur pourrait signaler ces prochaines semaines le début d’une hausse l’an prochain…

PLUS DESTIER ET DINDICATEURS EN SUIVANT :

  Evolution des obligations américaines depuis 1990 et amorce d’une tendance haussière (cliquer sur le lien pour le graphique)

La prochaine décision majeure qui affectera les investisseurs en 2011 sera probablement centrée sur la direction prise par les taux longs à dix ans des emprunts d’Etat américains. La partie supérieure des graphiques ci-dessus montre bien la tendance baissière du taux de ces obligations à dix ans depuis 1990.

Un outil d’analyse technique, appelé le «Moving Average Convergence Divergence» – ou indicateur «MACD» –, permet de mesurer la vitesse d’évolution de ces taux et d’anticiper de possibles retournements de tendance.

Cet indicateur mesure la convergence ou la divergence de deux moyennes mobiles, ici celles des taux américains. Cet indicateur sophistiqué, représenté dans la partie inférieure des graphiques, est indiqué par les deux lignes oscillant autour du niveau zéro. La première de ces courbes (en noir) montre l’évolution de la différence de deux moyennes mobiles exponentielles calculées sur 12 et 26 périodes. Dans le cas d’un graphique mensuel (à gauche), lorsque la moyenne sur 12 mois passe en dessous de celle sur 26 mois, leur différence est reflétée par une courbe passant en territoire négatif. A cet instant on considère qu’une tendance baissière des taux est établie.

Ce premier signal peut être anticipé par un autre, plus précoce. Comme la direction des moyennes mobiles est toujours en retard par rapport à la direction effective des taux, les analystes préfèrent surveiller la progression de l’écartement entre les deux moyennes. Un début de diminution de cet écartement annonce que les moyennes vont se rapprocher. Il y a alors de fortes chances d’anticiper leur croisement; et, partant, un futur changement de tendance des taux.

Pour retenir seulement les signaux les plus valides fournis par le «MACD», on utilise comme filtre sa moyenne mobile (courbe rouge). Cette fois, lorsque le MACD (en noir) croise sa propre moyenne mobile (rouge), cela signale le passage d’un écartement à un resserrement, ou vice versa. Et donc une accélération ou un ralentissement de la vitesse d’évolution des taux.

Pour mieux repérer ces signaux, on représente ce nouvel écart par un histogramme (en bleu), affichant une hausse si la différence est positive, une baisse si elle est négative. Ceci afin de suivre non seulement la première dérivée de l’évolution des taux, mais aussi la seconde, ce qui permet d’anticiper les changements de direction.

Les graphiques inférieurs montrent qu’en 2009, la ligne noire (la «MACD») a croisé la ligne rouge (sa moyenne mobile) à la hausse en milieu d’année; puis à la baisse début 2010. En cette fin d’année, la ligne noire pourrait prochainement croiser à nouveau à la hausse cette ligne rouge, car l’écartement entre ces deux lignes diminue comme le montrent les barres bleues se rapprochant du zéro.

Courant 2011, la ligne noire devrait croiser à la hausse la ligne du zéro pour confirmer une nouvelle hausse des taux. Ce scénario semble déjà en bonne voie si l’on se reporte sur les variations hebdomadaires, présentées dans les graphiques de droite. Entre octobre et novembre 2010, un signal de croisement à la hausse de la ligne noire et rouge annonce un resserrement des deux moyennes mobiles. Ce signal est interprété comme le début d’une potentielle hausse des taux, qui sera confirmée lorsque la ligne noire hebdomadaire croisera la ligne du zéro dans quelques semaines.

Ainsi, seulement quelques mois après que le taux américain à dix ans soit venu tester la limite inférieure mensuelle de sa «bande de Bollinger» vers 2,45% – ces deux courbes bleues encadrant l’évolution des taux à dix ans indiquent quand les cours s’éloignent de leur moyenne, en prenant en compte leur volatilité – le rebond actuel des taux, à 2,85%, a aussi produit un retournement sur l’indicateur «MACD» hebdomadaire. Un retournement qui a de fortes chances d’enclencher au début de 2011 un signal sur le «MACD» mensuel.

Les analystes de marché observent donc la vitesse d’évolution des taux grâce à ces indicateurs du «MACD», afin d’anticiper un changement de tendance des taux américains à dix ans. Et ce, avant qu’un trop grand nombre de participants transforme l’émergence d’une tendance haussière en une évidence.

Bruno Estier/ Bruno Estier Strategic Technicals. Analyse indépendante./le temps dec10

EN COMPLEMENT : Les tendances : le mot le plus important de la finance comportementale 

Distinguons les tendances à court, moyen et long terme 

Les cours boursiers fluctuent beaucoup. Les adeptes de l’analyse technique passent des heures à observer ces graphiques pour en déterminer les tendances.

Si vous examinez un graphique boursier sur de courtes périodes vous voyez d’importantes variations. Si vous élargissez dans le temps ce graphique, vous observerez une tendance dans la direction du graphique. De temps en temps vous observez des changements dans la direction du graphique qui pourrait être à l’opposé de la direction précédente.

Il y a les tendances à cour terme et les grandes tendances à long terme.

Par exemple, la tendance à long terme pour les voitures a commencé au début du siècle passé et elle a connu des ralentissements sur de courtes périodes pendant les récessions et les guerres(tendances à court terme) mais la croissance à long terme a toujours été très forte. Aujourd’hui en Amérique du Nord on voit un changement de cap sur une nouvelle tendance où les nouvelles ventes de voitures pourraient être inférieures au tiers des ventes actuelles.

Ici on parle de changement de tendances à long terme.

Les investisseurs, dans l’industrie automobile, ont intérêt à comprendre les tendances à court, moyen et long terme de chacune des catégories d’investissement. S’ils avaient suivi les tendances qui se dessinaient, ils auraient investi différemment. Les japonais ont compris qu’une tendance à long terme se dessinait pour des voitures plus propres pour l’environnement. 

William André Nadeau Gestionnaire canadien de portefeuille dec10

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Le vrai indice de la peur 

Le VIX tombe-t-il en disgrâce? Zero Hedge (cliquez sur le lien) consacrait il y a peu de temps un sujet sur l’étrange décorrelation de cet indice, qui mesure la volatilité des prix des options sur le S&P500 et 15 autres classes d’actifs référencés sur les marchés d’options.

En d’autres termes, cet indice surnommé indice de la peur ne reflète plus vraiment la peur des investisseurs.

De fait, un rapide coup d’oeil au graphique ci-dessus montre que le VIX se traite actuellement à des niveaux comparables à ceux de 2007. A 18.24, il se traite toutefois encore au-dessus de sa moyenne historique.

Chez Bank of America, on pense aussi que cet indice ne reflète plus la peur du marché. BofA Merrill Lynch vient juste d’introduire son propre indice, le GFSI, qui selon eux se montre plus précis. Et effectivement, le graphique ci-dessous dépeint une situation bien différente que celle du VIX.

En territoire négatif en 2007 (avec un plus bas atteint à 0,50), cet indice est repassé il y a peu à 0,35. Certes, on est encore loin des niveaux records atteints en 2008. Mais ceci montre que la nervosité des investisseurs est toujours palpable. « L’indice indique un stress marginalement élevé des marchés » souligne un communiqué de Bofa Merrill Lynch.

Benjamin Bowler, responsable des dérivés sur actions chez BofA Merrill Lynch, souligne que le « VIX représente les vues d’une seule classe d’actifs sur un seul marché. Le GFSI intègre 20 facteurs de risque sous-jacents venant des marchés globaux, sur cinq classes d’actifs« .

Il a précisé que les sources du risque sur les marchés sont devenues plus nombreuses. Pour cette raison, les marchés deviennent plus difficiles à juger d’un point de vue risque.

Mais à quoi servent ces indices?

Dans le cas du VIX, il a été établi depuis longtemps que cet indice présente des corrélations avec d’autres classes d’actifs. Par exemple, chaque fois qu’il subi une appréciation manifeste, les marchés d’actions se replient le lendemain.

Lors du séminaire Hedge 2010, Ed Baker, le fondateur de Cambridge Strategy, un hedge funds, a aussi démontré une corrélation entre le VIX et les monnaies émergentes. Chaque fois que le VIX grimpe, les devises dévaluent.

Ce n’est pas pour rien que cet indice intervient dans les processus d’allocations d’actifs des gestionnaires de fonds. Mais reste-t-il pertinent?

Jennifer Nille Faire Trade /echo Nov10

2 réponses »

  1. Mardi 7 décembre 2010 :

    Strauss-Kahn appelle l’Union Européenne à allonger la durée de remboursement du prêt grec.

    Le directeur général du Fonds monétaire international estime qu’Athènes n’a pas les capacités d’honorer ses engagements envers les Européens aussi vite que prévu.

    http://www.lepoint.fr/economie/strauss-kahn-appelle-l-ue-a-allonger-la-duree-de-remboursement-du-pret-grec-07-12-2010-1272118_28.php

    – Les Etats européens sont surendettés.

    – Les Etats européens vont emprunter sur les marchés internationaux.

    – Avec cet argent, les Etats européens surendettés vont prêter des dizaines de milliards d’euros à des Etats européens en faillite.

    – Les Etats européens en faillite ne pourront jamais rembourser ce prêt.

    Conclusion :

    En Europe, des Etats surendettés se surendettent encore plus pour prêter de l’argent à des Etats en faillite … alors qu’ils savent que ces Etats en faillite ne pourront pas les rembourser !

    Conclusion numéro 2 :

    L’Union Européenne, ça consiste à emprunter de l’argent qu’on n’a pas, pour le prêter à des Etats en faillite, qui ne pourront pas nous le rembourser, et qui nous entraîneront dans leur chute !

    Conclusion numéro 3 :

    Le Titanic européen coule, mais nous coulerons tous ensemble ! Nous mourrons tous noyés, certes, mais nous mourrons tous noyés ensemble !

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