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La revanche des électeurs en Europe par The Wolf

La revanche des électeurs en Europe par The Wolf

 Les Irlandais avaient rendez-vous le 25 février avec les urnes  fermement décidés à chasser du pouvoir le parti du Fianna Fail. Ce qui fut fait avec force et vigueur . Ainsi le 6 Mars un nouveau gouvernement irlandais de coalition fut formé. Ce sont donc le Fine Gael, parti de centre-droit, avec à sa tête le désormais Premier ministre irlandais Enda Kenny, et le Parti travailliste le Labour, qui dirigeront désormais l’Irlande. Un changement historique puisque depuis quatorze ans, le gouvernement etait tenu par le Fianna Fail , avec à sa tête Brian Cowen.

Une coalition qui devra tenir sa principale promesse électorale : renégocier avec l’Europe le prêt de 85 milliards d’euros consentis à l’Irlande à un taux de 5.8%, taux qualifié de punitif  par le Premier ministre Enda Kenny

La saga irlandaise est instructive. Les problèmes initiaux de l’Irlande et de la zone euro étant liés : Le problème de compétitivité a conduit à un potentiel problème de liquidité dans le système bancaire irlandais qui, par la suite, à suscité des inquiétudes à l’égard de la solvabilité budgétaire. A  moins d’un environnement extérieur favorable (sous la forme d’une demande mondiale soutenue et d’une dépréciation de l’euro), il y avait toutes les chances que la seconde phase de la crise s’accompagne de nouveaux tours de vis budgétaires. L’Irlande étant déjà passée par cette phase il y a quelque temps, les élections du  25 ont donc   été intéressantes car elles ont marqué le début de la troisième, et sans doute dernière, phase de ce feuilleton. A savoir, une moindre volonté politique de s’engager dans de nouvelles années de rigueur budgétaire pour restaurer la compétitivité et la solvabilité du pays. Comme cela s’est produit , les investisseurs peuvent désormais  s’inquiéter d’une potentielle restructuration ou d’un défaut sur la dette irlandaise.

Cela démontre au moins une chose c’est  que désormais le risque  politique dans la zone euro pourrait revêtir un aspect essentiel pour les investisseurs.

Avec six autres élections régionales après Hambourg, les électeurs allemands pourraient par exemple essayer de dissuader le gouvernement d’accroître le financement des pays périphériques de la zone euro via l’élargissement du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Des élections sont aussi prévues aux Pays-Bas et en Finlande cette année, lesquelles pourraient contribuer à renforcer l’incertitude entourant la taille et le champ d’action du FESF. Même si le sentiment économique s’est récemment amélioré en Europe, les investisseurs seraient bien avisés de suivre avec attention la tournure des événements sur le front politique. Car dans l’apparent « Baloche » du tout économique les « Baltringues » du tout politique ne sont  jamais bien loin….

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