Bordier

Indicateur de Marché : Consensus Isag Avril 2011

Indicateur de Marché : Consensus Isag Avril 2011

Les stratèges genevois se préparent à la fin de l’argent gratuit

Les experts de l’ISAG sont confiants à long terme. Mais l’allocation devra s’adapter au changement de ton des banques centrales

PLUS/MOINS DE CONSENSUS EN SUIVANT :

«Le régime d’investissement est en train de changer, mais cela ne signifie pas que nous ne sommes pas confiants à long terme ou que nous ne voyons pas d’opportunités», a résumé au Temps Patrice Gautry, économiste à l’Union Bancaire Privée (UBP) après les discussions des membres de l’ISAG cette semaine. L’Association des stratégistes d’investissement de Genève se réunit chaque trimestre et dévoile son consensus une fois par mois.

Reste que les «périodes de transition peuvent être délicates pour les marchés actions», a poursuivi l’expert. D’où une «grande prudence à court terme». «La dynamique a été très forte sur les marchés depuis le début de l’année, mais nous avons l’impression que le moteur ralentit», a repris l’économiste. Pour le consensus, la hausse a été portée par le sentiment et les résultats des entreprises. Or les indicateurs de confiance se stabilisent et les bénéfices des sociétés pourraient à terme se révéler moins bons.

Les stratèges s’attendent à un deuxième semestre 2011 très différent du premier pour deux autres raisons.

La première se trouve dans «la politique monétaire très accommodante des banques centrales qui est en train de changer, a expliqué Patrice Gautry. La plupart d’entre elles ont renforcé leurs discours, voire, comme la Banque centrale européenne, ont commencé à relever leurs taux directeurs.» En revanche, les économistes divergent sur la direction que prendra la Fed. «Sa politique soulève de nombreuses interrogations. Va-t-elle changer de ton sans prévenir? Va-t-elle attendre jusqu’à l’année prochaine pour relever son taux directeur? Pour certains membres, l’allocation d’actifs sera affectée par l’attitude de la Fed cet été», a précisé l’économiste de l’UBP. Car si elle poursuit sa politique monétaire accommodante, cela sera encore favorable pour les actifs risqués. Dans le cas contraire, ce sera le signe qu’il faut faire preuve d’une prudence encore plus grande sur les actions, a-t-il expliqué. Sur un an, le consensus table sur une légère hausse des taux d’intérêt. En moyenne, ils devraient passer de 0,25% à 0,63% aux Etats-Unis et de 0,25% à 0,75% en Suisse.

La deuxième raison à ce changement d’environnement se trouve dans les attentes d’inflation qui continuent d’augmenter. Elle devrait atteindre 2,2% sur un an aux Etats-Unis et 1,2% en Suisse. «La progression est légère, par rapport aux dernières prévisions, mais elle s’inscrit dans une série de relèvement des attentes.»

Cette «période de transition» entraînera des changements dans l’allocation ces deux prochains trimestres, a poursuivi l’économiste. D’un mois à l’autre, l’allocation d’actifs du consensus a peu évolué. Les actions restent légèrement surpondérées, de même que les obligations de débiteurs privés. L’allocation aux matières premières a globalement été augmentée, tandis que le désintérêt des obligations d’Etat reste le même. «Avec des hausses des taux, il faudra se pencher sur les titres à revenu fixe. De même, un rééquilibrage des pondérations des marchés développés vers les marchés émergents a été évoqué», a révélé l’expert. Le consensus continue par ailleurs d’anticiper une hausse de l’or – utilisé comme une alternative au billet vert –, qui pourrait atteindre 1500 dollars l’once.

Par Mathilde Farine /le temps avril11

EN LIEN : SYNTHESE CONSENSUS ISAG

EN COMPLEMENT : Commentaire Bordier :  La décision de la BCE n’a pas d’impact sur les marchés. Il sera plus intéressant de voir comment le Portugal, à la veille d’élections générales, pourra négocier une aide fi nancière européenne, refusée par le parti qui semble pouvoir gagner ces élections ! La saison de publication des résultats pour le premier trimestre 2011, qui devraitvoir les profi ts américains progresser de 13% par rapport au T1 2010, mais stagner par rapport au T4 2010, va débuter. Les surprises positives devraient être modérées et tout sera lié à l’évolution des marges.

Les marchés qui sont vite et beaucoup remontés devront désormais plutôt affronter d’une part un prix du pétrole qui progresse et qui ne peut qu’attiser les pressions infl ationnistes et surtout d’autre part leurpropre démon: les niveaux de sentiment bullish et bearish tendent vers des niveaux extrêmes, signifiant un niveau de complaisance inquiétant. La prudence est de mise !

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