A Chaud!!!!!

A Chaud!!!!! du Samedi 7 Avril 2012 : Petites nouvelles du front … de Mer des liquidités / La marée descend par Bruno Bertez

 A Chaud!!!!! du Samedi 7 Avril 2012 :  Petites nouvelles du front … de Mer des liquidités / La marée descend par Bruno Bertez

 « C’est quand la mer se retire que l’on voit ceux qui se baignent nus. » Warren Buffet

 

 Faut-il s’inquiéter du comportement des marchés financiers en cette première semaine d’Avril ?

Sommes nous dans une simple correction, normale, après un rally expceptionnel ou bien dans une veritable interruption, remise en question ?

   L’appétit pour le risque a chuté brutalement, les actions ont plongé, les valeurs du Trésor US ont été recherchées. Tout cela pourrait ètre une simple correction puisque les actions avaient beaucoup monté tandis que les Treasuries avaient nettement chuté. Ce qui fait douter et se poser la question cependant, c’est le comportement du crédit, la rechute des emprunts souverains européens, la tension sur les speads, les CDS, la baisse de l’euro.

PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT :

-Les marchés américains ont bien résisté avec un recul limité de 0,7 % du S&P 500

S&P 500 INDEX-1.png

-Les places européennes ont été étrillées avec une baisse de 2,5 % en Allemagne, 3,5 % en France,  4,5% en Espagne et 5% en Italie.

-La hierarchie des baisses témoigne d’un regain d’inquiétude sur la situation des souverains européens surendettés.

On a noté des achats refuges sur les Bunds Allemands, tandis que les speads s’élargissaient très nettement partout ailleurs : +47 pbs sur la dette espagnole a 10 ans, +41 sur l’italienne, +16 sur la française. Le mouvement a été confirmé par la tension sur les CDS.

La cause est entendue, les problèmes européens ressurgissent et les taux remontent vers les plus hauts de l’année à 5,75% pour l’Espagne et 5,44% pour l’Italie. Comme on pouvait s’y attendre le secteur bancaire est à la peine tant au niveau des cours de bourse que des CDS. L’Euro pour sa part a perdu 1,8 % revenant ainsi dans sa fourchette 1,30/1,31 contre le dollar.

  

Le flux des nouvelles n’a pas été très bon :

Le compte rendu du FOMC americain du 18 mars a douché les espoirs de quantitative easing dans un avenir proche , voire au dela  en raison des divisions de la Fed sur ce sujet

Les minutes de la dernière réunion du FOMC dévoilées mardi soir ont découragé les investisseurs car malgré la situation économique américaine loin de la normale, la possibilité de QE3 s’est réduite. Ainsi, Morgan Stanley prévoit désormais qu’il y a une chance sur trois pour que la Fed s’engage dans un nouveau round d’assouplissement quantitatif contre deux chances sur trois auparavant.

-L’adjuducation de dette espagnole a été horrible, la française médiocre

L’Espagne a vendu pour 2,6 milliards d’euros d’obligations, dans le bas de la fourchette prévue. Le taux d’obligations à huit ans a été de 5,338% contre 5,156% en septembre et 5,2% attendu avec la demande excédant 3 fois l’offre. Les obligations à trois ans ont vu leur taux augmenter jusqu’à 2,89% contre 2,440% le mois dernier tandis que celles à quatre ans ont vu leur taux bondir jusqu’à 4,319% après 3,376% en mars et au-dessus des attentes des analystes qui s’attendaient à une hausse des taux à 3,95%. Après la fin de l’adjudication Mariano Rajoy, le Premier Ministre espagnol, a déclaré que l’Espagne était dans une situation «extrêmement difficile».

-Les statistiques économiques européennes ont pointé dans le sens de la faiblesse

L’activité privée a continué de se contracter en mars dans la zone euro, traduisant un retour en récession au premier trimestre, selon une deuxième estimation de l’indice PMI des directeurs d’achats. L’indice composite, qui synthétise l’activité dans les secteurs des services et manufacturier, s’est établi à 49,1 points en mars contre 49,3 en février. Il s’agit du deuxième mois consécutif où l’activité se contracte. Pour Standars & Poor’s, la zone euro devrait traverser une phase de récession modérée jusqu’au troisième trimestre avant de renouer très légèrement avec la croissance à la fin de l’année ou début 2013.

Les chiffres américains sur l’emploi ont été décevants

  

chart of the day, percent job losses since WWII, april 2012

Ce qui est sûr, c’est qu’un coup d’arret a été donné au regain spéculatif qui sest developpé depuis Octobre dernier.

Notre analyse est la suivante :

-Les banquiers centraux ont délivré un message brouillé tout au long de ces deux dernières semaines , ce qui laisse planer des doutes sur la poursuite des largesses, QE, LTRO , futures

-La récession européenne même si elle est peu appuyée est bien là, les espoirs d’amélioration en fin d’année paraissent fragiles

 

Le sentiment anglo saxon sur l’Europe est négatif, le Wall Street Journal du 2 Avril a révélé que les banques euros multipliaient les subterfuges, habillaient leurs comptes et leurs ratios; par ailleurs les chiffres de besoins de fonds propres qui circulent a nouveau sont colossaux ;

Pour arranger le tout on constate que les recours des banques Italiennes et espagnoles aupres de la BCE galopent, et qu’elles augmentent, sans souci du risque, leurs souscriptions aux emprunts de leurs souverains

Net financing of Spain’s central government debt (Source: Barclays Capital)

source Sober Look

La thèse du découplage américain perd une partie de ses adeptes, suite logique du caractère mitigé des dernières indications conjoncturelles.

Nous pensons que les convictions vacillent. L’absence de promesses de nouvelles injections de liquidités par la FED et la BCE vaut comme une mauvaise nouvelle.

Tout se passe comme si l’on était tellement intoxiqué, tellement dépendant que la seule absence de promesse fait ressortir le  »manque ». Nous sommes au delà du dopage, dans la crainte l’angoisse que le  »fix » vienne à manquer.

 

FED.jpg

Plus fondamentalement c’est le doute sur l’utilité et l’éfficacité des remèdes qui peut commencer à germer. Les gouverneurs de la Fed sont divisés, ce qui n’est pas trop grave,mais ce qui l’est plus c’est que l’Allemagne n’apprécie pas les LTRO et si il apparait qu’ils sont inéfficaces, les opposants allemands à la politique de la BCE seront renforcés et validés.

Les largesses de  liquidités en cours, jointes aux espoirs de promesses ont provoqué un grand mouvement de retour sur le risk-on depuis quelques mois, le deleveraging s’est arreté ,les animal spirits se sont reveillés puis excités, la transitivité s’est mise en branle qui a multiplié les liquidités au dela de celles fournies par les banques centrales.

Entre temps, tout s’est a nouveau fragilisé puisque la spéculation s’est enhardie. On parle par exemple de positions considérables sur les CDS.

La transitivté positive fait une pause, pour le moment une simple pause ; mais elle peut s’inverser et devenir négative. Réduction de la liquidité sur les marchés, appels de marges, deleveragings forcés etc  On connait la musique.

 Nous considérons que les marchés sont fragiles, vulnérables et donc dangereux, le mieux est de ne pas rester à portée du grand croc à Phynance.

BRUNO BERTEZ Le 7 aVRIL 2012

llustrations et mise en page by THE WOLF

EN BANDE SON :

1 réponse »

  1. On est dans un classique. Les marchés européens sont partis seuls et ont perdu entre 6 et 8 % sans que Wall Street ne bronche. Maintenant les US vont baisser ce qui va faire craquer les derniers haussiers chez nous :

    10 % de baisse sur le cac depuis les plus hauts du 18 mars et 4 % de dividendes qui tombent bientôt. Un rebond au moins technique aura lieu rapidement probablement après une baisse autour de 3230, voire 3180 en excès en début de semaine.

    N’oublions pas que les LTRO sont en place et que le problème principal relatif aux banques espagnoles est provisoirement sous contrôle.

    L’élection française donnera probablement lieu à une attaque quelque soit le candidat élu. La finance fourbit ses armes et Eurex va d’ailleurs relancer le 16 avril notre bon vieux contrat notionnel (un contrat future sur la dette souveraine française)…

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