Changes et Devises

La sortie de l’Euro en pratique par Charles Gave

La sortie de l’Euro en pratique par Charles Gave

Voici une réponse aux questions que je peux apporter aux questions que nous nous posons tous et je vais essayer de donner aussi les points de vue d’Anatole Kalentsky et de Francois-Xavier Chauchat, le plus honnêtement possible 

 En ce qui concerne la survie de l’Euro

 Les points de vue d’Anatole et de FX ici se rejoignent. L’Euro ne peut pas survivre si les taux longs sont substantiellement au dessus du taux de croissance des économies sous jacentes (TRAPPE A DETTES) et si la structure institutionnelle actuelle c’est à dire interdiction par les traités d’une mutualisation de la dette et interdiction similaire d’un achat direct d’obligations par la BCE se maintient. 

De ce fait, il ne peut y avoir survie de l’Euro que si la dette est mutualisée (et à mon avis cela ne suffira pas) ou si la BCE est autorisée à acheter MASSIVEMENT des obligations de ces Etats de façon à ramener les taux d’intérêts « manu militari » en dessous du taux de croissance à des niveaux comparables à ceux que l’on voit sur la dette Allemande, Anglaise ou Américaine. 

Si cela pouvait être fait, il est probable que cela donnerait du temps pour effectuer les reformes. 

Cette solution devrai être accompagnée d’une mise sous tutelle par la BCE des banques Européennes et par une garantie Européenne donnée à TOUS les dépositaires ou qu’ils soient, avec le risque de hasard moral que cela comporte. Cela veut dire passer dans un système financier ou la concurrence entre banquiers n’existera plus…et ou l’intervention politique dans le système financier ne cessera de croitre. 

Il ne faut pas se cacher cependant que cette solution a été expressément interdite par les traités et qu’elle se heurterait peut être à un veto de la Cour Constitutionnelle Allemande. 

Qui plus est, cela reviendrait pour chacun des Etats à abandonner a peu prés complètement leur souveraineté dans le domaine budgétaire qui serait exercée par une espèce de Commission qui serait de fait et de Droit sous contrôle Allemand, ce qui ne manquerait pas de créer des problèmes politiques partout en Europe. 

Au cas ou l’Allemagne refuserait cette solution, Anatole pense que les pays du Sud pourraient essayer au travers d’un vote au conseil de la BCE de forcer la BCE à acheter ces obligations, les Allemands n’ayant que trois voix se trouvant donc mis en minorité. Il leur faudrait donc soit se soumettre soit se démettre. La démission reviendrait à ce que l’Allemagne sorte purement et simplement de l’Euro et dans ce cas on peut penser que l’Euro croupion verrait son cours s’effondrer contre toutes les monnaies. Un tel effondrement rendrait à nouveau des pays comme l’Italie la France et l’Espagne compétitifs, ce qui permettrait a ces pays de procéder aux reformes de structures dont ils ont besoin. Cependant si l’Italie (par exemple) procédait à ces reformes et pas la France, nous nous retrouverons très rapidement ramené au problème précédent… 

Nous avons donc deux « solutions » pour que l’Euro survive : la solution fédérale couplée à une monétisation de la dette et à une garantie des dépôts par la BCE ou la sortie de l’Allemagne de l’Euro. 

De loin la plus probable et la moins dangereuse politiquement des deux me semble être la sortie de l’Allemagne.

Mais l’Euro survivrait et de toutes les solutions c’est certainement celle qui couterait le moins. Elle implique cependant une nationalisation et une recapitalisation des banques Allemandes ainsi que la Bundesbank qui n’ont pas les fonds propres pour accepter une perte de plus de 30 % sur leurs actifs étrangers. 

· En ce qui concerne le cout de la rupture,

PLUS DE GAVE EN SUIVANT :

ici nous avons des différences profondes entre FX et Anatole d’un coté et Louis et moi de l’autre qui je le crois sont bien mises en valeur dans notre recherche. Anatole et FX comparent la rupture de l’Euro à la faillite de Lehmann et calculent les pertes gigantesques qui s’en suivraient. L’autre point de vue est que les pertes actuelles sont déjà inimaginables (chômage , faillite des systèmes bancaires, faillite de 5 Etats souverains en Europe) et que la plupart des institutions ont déjà pris leurs précautions. Qui plus est, je n’ai jamais vu que dans l’histoire si l’on mettait à mort un systeme qui ne marche pas comme l URSS ou l’étalon or cela n’ait jamais été une mauvaise nouvelle 

· En ce qui concerne les reformes structurelles qui doivent être faites, la nous sommes tous d’accord, mais je ne connais pas d’exemples de telles reformes qui aient eu lieu et qui aient réussi sans qu’au préalable nous n’ayons eu une immense dévaluation qui permet de remplacer la demande interne , détruite par les reformes par une demande externe. Il s’agit en effet de transférer des sommes gigantesques du rentier vers l’entrepreneur et cela peut se faire sans douleur et sans faillite obligataire si le taux de change s’écroule et recrée les conditions de la croissance. Laval et Rueff avaient essayé dans le cadre de l’étalon or en 1934 et avaient aussi piteusement échoué que la Grèce l’Espagne ou l’Italie sont en tain de le faire en ce moment. Une sortie de l’Allemagne de l’Euro serait la bonne solution dans ce cadre là. Il est a peu près certain que dans ce cas, la Finlande et le Danemark sortiraient immédiatement de l’euro pour se rapprocher de l’Allemagne et que la Hollande , l’Autriche , la Slovénie et la Slovaquie ne seraient pas loin derrière. Nous aurions créé un Euro du Nord et un Euro du Sud… ce qui après tout serait peut être une solution. 

· Enfin, en ce qui concerne notre participation aux débats, je sais qu’Anatole en GB et FX en France sont très actifs et si j’ai créé l’Institut des Libertés, c’est bien pour essayer de faire entendre ma voix Mais la nous avons un vrai problème dans la mesure ou dans un pays comme la France, ce qui compte ce n’est pas ce que vous dites et votre compétence, mais « d’ou vous le dites » pour reprendre la célèbre formule de Maurice Thorez. D’où la nécessité de passer par la toile. 

Comme vous le voyez, je suis aussi perplexe que vous l’êtes. 

Tout ce que je sais c’est que nous arrivons au moment ou il va falloir trancher le nœud gordien. Je préférerai, et de loin, que cela se passe de façon rationnelle plutôt que dans le désordre le plus total dans la mesure où une solution raisonnée, si non raisonnable permettrait de conserver intact le Marché Commun , ce qui est l’essentiel.

SOURCE ET REMERCIEMENTS : INSTITUT DES LIBERTES

http://institutdeslibertes.org/2012/06/22/la-sortie-de-leuro-en-pratique/

5 réponses »

  1. Personnellement, je pense que la sortie de l’euro ne changera rien.
    C’est il y a 10 ans qu’il aurait fallu le faire.
    Avant tout, le problème est avant tout un problème de perte de compétitivité qui a été cachée par un niveau de vie à crédit dû aux taux uniques de la BCE.

    Dévaluer la monnaie ou diminuer les salaires, cela reviendra probablement au même, excepté que la dévaluation est plus insidieuse.
    Certes, l’évolution des taux de change permet d’ajuster plus facilement la balance des paiements, mais le problème vient d’un déséquilibre des salaires.

    La monnaie unique n’est pas en cause, c’est la politique monétaire unique qui a fait que la BCE a prêté à un Grec comme elle a prêté à un Allemand.
    J’imagine qu’avoir une politique selon les pays ou ne pas avoir de BCE aurait permis d’éviter la déroute, que les pertes de compétitivité aient été tout de suite révélées.

  2. Ca changera forcément quelque chose à partir du moment où chaque pays vivra avec des facteurs qui reflètent son économie réelle. A commencer par une monnaie à la valeur propre à chaque économie réelle des pays en question.

  3. Le paramètre qui n’a pas été pris en compte (me semble t-il ?)

    LE DÉNI ABSOLU, COMPLET ET IRRÉDUCTIBLE (sic) DES FRANÇAIS
    QUAND AUX SOLUTIONS « OBLIGÉS » à apporter à la problématique.

    Et avec François II aux commandes (Flamby le niais ?)
    ils ont un chevalier « servi »(le) pour défendre âprement ce point de vue suicidaire !

    Les solutions intelligentes, constructives et … inévitables
    ne sont point encore à l’ordre du jour, tant s’en faut !
    Mais peut-être que je n’ai rien compris hein ?
    Ou que mon pessimisme n’est pas justifié ?
    Si c’est le cas ? ET BEN TANT MIEUX ! Pfiouuuu !!!

  4. Cool, ça vient…
    C’est bientôt la dure réalité qui imposera sa loi.
    Le sourire de FH va bientôt tourner en grimace et on pourra l’appeler Pinochio avec un nez qui s’allongera tous les jours.

  5. Si l’on se dirige vers une sortie des pays vertueux de la zone Euro, que se passera-t’il dans la nouvelle zone Euro regroupant les pays déficitaires ? L’Euro perdra beaucoup de valeur à la suite de l’injection massive de monnaie par la new-BCE. Dans un premier temps, les investisseurs locaux vont être laminés alors que les gouvernements vont reprendre leur souffle. Dans un deuxième temps, la compétitivité revenant, nos politiques auront-ils le courage de favoriser l’épargne et l’investissement pour repartir dans la voie d’un assainissement ? Si l’on écoute la voix de la France, certainement pas ; mais les autres pays de sud auront vu passer le boulet et sont moins collectivistes que nous. Il faut espérer qu’ils nous rameneront à la raison…

Laisser un commentaire