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Zone Euro : Défiance de très grande ampleur, via Target2 l’Allemagne continue de financer l’Espagne et l’Italie

Zone Euro : Défiance de très grande ampleur, via Target2 l’Allemagne continue de financer l’Espagne et l’Italie

Les taux négatifs à court terme des obligations françaises démontrent que la méfiance (même entre banques) atteint des niveaux très inquiétants. 

Source Zerohedge

Comme à l’accoutumée, les signes d’amélioration économique de la semaine dernière ont été de courte durée. Bizarrement, la baisse du taux repo de la BCE a aggravé le fonctionnement des banques européennes. Dans notre hebdomadaire du 20 juin, nous expliquions comment le système de reverse repo (LTRO) de la BCE avait induit une pénurie dans les inventaires d’obligations et la contraction des prêts interbancaires (tant en espèces qu’en valeurs mobilières). Avec des taux d’intérêt à court terme encore plus bas, les banques ont tout simplement cessé leurs opérations sur le marché monétaire. Pourtant, ces fonds détournés des marchés monétaires sont toujours en quête de placement sécurisé – plus sûr en tous cas que les banques elles-mêmes! – et leur seul refuge est désormais les obligations gouvernementales à court terme. S’il fut aisé d’expliquer les taux négatifs à court terme des obligations d’état allemandes et suisses, il aura fallu la clôture des fonds du marché monétaire pour expliquer ceux des obligations à court terme du gouvernement français!

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On peut s’étonner que quiconque accepte de voir baisser la valeur de son capital, plutôt que de le laisser intact dans une banque, ou que celles-ci se sentent obligées d’utiliser leur argent pour acheter des obligations à court terme à des taux d’intérêt négatifs. La seule explication est que la méfiance a pris une telle ampleur (même entre banques) qu’une modeste moins-value garantie semble préférable à une perte potentielle beaucoup plus importante si la situation se détériore davantage. Selon certains, les banques doivent être «contraintes» à se prêter entre elles et aux entreprises, mais il n’existe aucun mécanisme juridique pour cela. Espérons que les mesures de l’UE pour démêler la crise bancaire de celle de la dette souveraine porteront éventuellement leurs fruits. 

En attendant, sommes-nous bien conscients que l’Allemagne n’a jamais cessé de renflouer les pays périphériques en dépit des sept «nein» d’Angela Merkel? Bien que passé largement inaperçu, le mécanisme de sauvetage au sobriquet de «Target2» a été mis en place dès la création de l’euro (merci à Andrew Hunt pour sa perspicacité). Il vise à assurer un flux équilibré de fonds entre pays déficitaires et excédentaires au sein de l’union monétaire. La nation la plus largement excédentaire au sein de la zone, l’Allemagne, avec sa Bundesbank, est au cœur du système. Outre son excédent commercial de quelques 20 milliards d’EUR par an, le pays enregistre actuellement d’importantes rentrées de capitaux estimées à environ 40 milliards d’EUR (ces données n’ont qu’une valeur indicative). Le chiffre combiné de 60 milliards d’EUR par an pourrait même être en dessous de la réalité en cette période de méfiance à l’égard des états périphériques et des banques en général. 

Les euros qui affluent vers la Bundesbank sont dirigés vers la BCE, puis reversés aux banques centrales des pays déficitaires, qui à leur tour les prêtent aux banques nationales ou les investissent dans des obligations souveraines domestiques. Il n’existe apparemment pas de limite aux montants ainsi recyclés, de sorte que l’incitation à la rigueur dans les pays déficitaires fait défaut. D’autres forces pourraient imposer l’austérité, telles que des accords de renflouement au moyen de fonds autres que ceux du système Target2, mais d’une part l’opacité de ce dernier a permis à la zone euro de fonctionner jusqu’à présent, et d’autre part, il a atténué la pression sur les pays en déficit pour rechercher un équilibre extérieur. Target2 est ainsi devenu un facteur-clé d’encouragement de l’irresponsabilité – et devra s’inscrire dans la remise en cause fondamentale de l’UME qui est désormais amorcée. 

Il existe des parallèles entre Target2 et le «Fedwire» américain, mais avec davantage de motivation pour les «Régions» de la Fed (qui couvrent chacune plusieurs états) de rechercher l’équilibre régional par la déflation et l’austérité.

Roy Damary bridport Investor Services www.bridport.ch /Adefi Juil12

5 réponses »

  1. L’Espagne n’a rien produit de remarquable en terme d’esprit d’entreprise. Elle va mourir. Economiquement, c’est ce qu’elle mérite.

    En France comme (presque) partout en Europe, les épargnants vont morfler car LE MONDE EST AUX ENTREPRENEURS (ce que la société française refuse d’admettre de façon historique).

    Amicalement.

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