A Chaud!!!!!

Les Clefs pour Comprendre du Mercredi 27 et Jeudi 28 Février 2013: La preuve par neuf, sociale démo/klepto, même combat Par Bruno Bertez

 Les Clefs pour Comprendre du Mercredi 27 et Jeudi 28 Février 2013: La preuve par neuf, sociale démo/klepto, même combat Par Bruno Bertez

La sociale démocratie européenne a fait le forcing afin d’influencer le vote des Italiens. La collusion antidémocratique pour tordre le bras des Italiens et les faire voter en faveur de la coalition de centre gauche a été totale, cynique. Personne ne s’est caché. Preuve du pouvoir de ces gens, sûrs de leur impunité.

   Les déplacements et déclarations ont fait se souder une étrange alliance de la droite allemande à Mélenchon. Lequel Mélenchon n’a aucun scrupule à assassiner Hollande,  tout en soutenant un social-démo, pire que Hollande en Italie.

Les marchés, souvenez-vous, ont bu du petit lait, tant que le centre gauche maintenait une avance.

Les premiers résultats semblent donc indiquer un avantage formel au centre gauche,  mais une situation délicate au Sénat rendant l’Italie difficilement gouvernable.
Quand on dit pudiquement « gouvernable », il faut entendre que le nouveau gouvernement aura du mal faire imposer une nouvelle cure de baisse du niveau de vie et les réformes demandées par les autorités européennes, entendez par là, le cartel des banques mondiales.

Les Américains ne pensent pas, mais ils font des modèles, établissent des  corrélations, ils s’interdisent maintenant de parler en terme de cause et de causation.
Dans ce cadre, on ne peut que remarquer qu’à la suite du vote italien le secteur des banques euro et globales a fortement chuté. La corrélation est nette, quand les peuples se rebellent, quand les socio-démos et fausses droites ne gagnent pas… les banques chutent.

Traduit en mode de pensée courant, cela veut dire que la défaite des socio-démos  équivaut à une défaite des banques et que ceci se reflète dans le cours de bourse spontané du secteur. Ce que nous appelons « la preuve par neuf ».

Italy 5Y CDS rose above Spain 5Y CDS for the first time in a year…

 Broadly ugly…

 Italy – last two days… even as the short-selling ban provided some stability

 Italy – longer-term…

Notice the difference in volume on this downturn relative to the similar sized dump in December… it is different this time…

 Charts: Bloomberg/Zerohedge

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« Il s’agit du plus mauvais résultat imaginable du point de vue du marché », souligne Alessandro Tentori, responsable des marchés de taux au niveau mondial chez Citigroup. « Ce résultat très serré et l’impasse parlementaire créent un risque non négligeable d’assister à de nouvelles élections », estime Holger Schmieding, responsable de la recherche économique chez Berenberg Bank, qui n’écarte pas non plus totalement le risque que de nouvelles élections ne débouchent sur l’organisation d’un référendum sur l’euro en Italie.

Paris a perdu 2,67%, Londres 1,34%, Francfort 2,27% et Amsterdam 1,46%. La Bourse de Milan a chuté de 4,89% et celle de Madrid de 3,20%.

L’indice paneuropéen EuroStoxx 50 a abandonné 3,07%, plombé notamment par un secteur financier, gorgé de dette souveraine de la zone euro. L’indice bancaire a perdu 3,05% et celui de l’assurance  2,33%.

Les banques italiennes sont particulièrement touchées avec des pertes de 8% à 9% de ses deux principales banques du pays, Intesa Sanpaolo et UniCredit. La Consob, l’autorité italienne des marchés financiers, a interdiction, mardi et mercredi, des ventes à découvert sur Intesa Sanpaolo.

A Paris, BNP Paribas a dégringolé de 4,62%, Crédit Agricole de 5,86% et Société Générale de 5,45%.

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Le PS français, le Front de Gauche de Mélenchon ont soutenu la coalition des banques et ils n’ont pas gagné, voilà ce que nous dit la réaction des marchés mardi matin. Car les marchés parlent, envoient des messages, lorsqu’ils ne sont pas manipulés. Les mains faibles de l’internationale noire de la kleptocratie lâchent prise, bradent le papier acheté sur les espoirs de défaite des classes moyennes.

Quel est lien avec le fondamental, le radical, que nous exposons régulièrement?

PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT:

 C’est simple et évident, les élections sont l’un des aspects du combat qui est engagé pour savoir qui va être ruiné, détruit, laminé. Qui va être détruit : les banques, la finance et leurs alliés, la classe des politiques et des fonctionnaires ou bien les peuples, le privé, les classes moyennes, le secteur productif et nos enfants?

Les rebelles ont marqué un point en Italie, mais un point seulement. Anticipez les magouilles honteuses à venir qui vont les priver de leur succès, le temps n’est pas encore venu.

Les dégâts des socio-démos et du secteur financier ne sont pas encore assez grands pour constituer un front du refus large. Nous ne sommes pas encore dans la vraie impasse, puisque l’enjeu, c’est encore la capacité à imposer de nouveaux rounds d’austérité.

 Un vote contre l’Europe, l’Allemagne et le consensus klepto européen

 La démonstration dont il est question ci-dessus étant faite, comment se présente la situation italienne?

  • D’abord, comme incertaine ; ensuite, comme scandaleuse ; enfin, comme positive.

-D’abord, incertaine, car la coalition de centre gauche de Bersani ne devance celle de Berlusconi que de 0,4%, majorité faible, fragile, peu légitime, à la Chambre Basse donc. Des alliés de Berlusconi demandent un nouveau décompte des voix. Berlusconi lui-même prétend qu’il ne fera pas alliance.
Le mouvement Five Star fait plus de 25%, c’est le premier parti à la Chambre Basse, le second au Sénat.
Le grand, l’énorme perdant est Mario Monti et les Européens de tous bords qui ont cherché à l’imposer, puis le reconduire.
Bersani va tenter de former un gouvernement, de nouvelles élections sont une possibilité, mais personne n’en veut pour le moment.

-Ensuite, comme scandaleuse. Scandaleuse car Bersoni, c’est l’alliance de la carpe et des lapins dont le seul but politique était négatif, empêcher le peuple de s’exprimer de façon claire contre l’Europe. Il est extraordinaire que Bersoni ait profité de voix de gauche pourtant anti-Europe, ce n’est possible que dans le monde de mystification et de déni de démocratie dans lequel nous vivons.

La rébellion du peuple, à notre avis, est condamnée à l’échec dans sa forme institutionnelle: problèmes d’organisation, de morale, d’unité d’action, insolubles. On a vu l’exemple grec. Et celui du mouvement Poujade en France. La politique a un côté institutionnel qui résiste aux chocs de ce type.

-Enfin, un grand espoir. Nous n’avons jamais considéré que les populistes constituaient une solution positive, non, absolument pas. Le populisme ne résiste pas à l’épreuve du Pouvoir. Le populisme n’est utile que pour cristalliser les refus, rien de plus.
L’espoir, il est dans le refus, la négativité, pas dans les capacités positives de Grillo ou de Berlusconi. Il faut que les peuples aient fait le tour de tout l’échiquier et fait le constat d’impossible, pour que quelque chose de neuf puisse sortir. Le succès des populistes n’est qu’une étape sur le chemin des échecs, et de l’approfondissement de la crise, et du besoin de changement.

La solution ne peut venir d’aucune institution représentative de l’ordre qui est responsable du désordre actuel. Il manquera toujours la confiance, l’adhésion, et bien sûr le Projet autour duquel se rassembler. Le réel va se charger de le montrer, pas les hommes.

En revanche, il convient de se méfier et d’être vigilant sur les dérives autoritaires, dures ou molles. Franches ou subreptices. C’est semble-t-il la parade de la coalition au pouvoir en Europe formée des fausses droites, des socio-démos, des kleptos, des fonctionnaires et classes de la répartition, des bobos, des marginaux.

Italie : les images parlent

Nos sociétés vivent sous la dictature du signe, du signe ou des signes. Les signes tiennent lieu de réalité, bien peu de gens s’en aperçoivent ou en ont conscience.

Le signe privilégié, c’est la parole ou l’écrit ; bref, les mots que l’on assemble. Les mots qui sont couchés sur le papier ou bien parlés.

Hélas le signe « mots », la parole, l’écrit, ont été, comme beaucoup de chose, récupérés par les Pouvoirs. Au lieu d’exprimer le réel, d’être signe de vérité, ils ont basculé. Ils trahissent le réel, le travestissent, le renversent. La parole, au lieu d’être échange authentique, devient mensonge et manipulation,

Comme la monnaie à laquelle elle ressemble, la parole cesse d’être instrument de liberté pour devenir celui de domination, d’esclavage. La similitude est tellement forte entre parole et monnaie que l’on dit « La parole est d’or, mais le silence est d’argent » ou l’inverse, selon les cas.

Les Pouvoirs maitrisent parfaitement les jeux de la parole, ils en usent, abusent. A tel point que, maintenant, la problématique de la parole de Pouvoir n’est plus son contenu, mais sa crédibilité. Elle est comme les monnaies, dévalorisée.

Nous reviendrons sur ces questions, désinformation et autres, à l’occasion d’un compte rendu d’un beau livre de Bruno Lussato sur la désinformation, livre intitulé : « Virus, huit leçons sur la désinformation ». Editions des Syrtes.

Nous regardions les chaines internationales pour apprécier le traitement de l’information italienne. Nous avons alors mesuré la lourde chape de la désinformation et admis, comme le dit Lussato, que la désinformation, ce n’est pas les autres, mais c’est nous. Nous sommes tous coupables, nous en sommes les véhicules comme les réseaux informatiques sont les véhicules des virus.

Pourtant, il y a eu des moments de vérité dans ce fatras minable.

Nous avons vu, en parallèle, chacun en moitié d’écran, à droite Monti et à gauche Beppe Grillo.

Le positionnement est déjà de la désinformation car toute image à droite est plus valorisée que toute image à gauche d’écran. Et pourtant,  tout le vrai message du signe visuel était intact.

Et là, on voit qu’ « ils » n’ont pas encore la maitrise de tout, la vérité passe encore.

Monti était une image de mort, il symbolisait inconsciemment la grande faucheuse, les forces de mort dans son costume gris et son visage sinistre, ces forces de mort de cette société en crise et qui s’accroche pour emporter tout, tout le reste dans sa tombe. Monti symbolisait tout cela, le mort qui veut se saisir du vif et l’entrainer dans les ténèbres des zombies.

Beppé était fantastique, avec ou sans lunette il était dans le soleil, porté par les forces de vie, celles qui, de la crise, veulent émerger, sortir, faire éclore. Eclore, non pas les pousses rabougries des Bernanke et Monti, mais celle de la vie et de la jeunesse. Celles de l’avenir. Celles que les Monti, Hollande et Merkel s’arque-boutent pour empêcher de sortir. Dans leurs petits costumes étriqués et tailleurs de croque morts.

 Ah, la belle phrase de ce sinistre monde, au sortir de la victoire de Beppé Grillo:  ont-ils dit en chœur.

Le mort doit continuer à s’imposer au vif, traduisons-nous.

Il n’y a pas plus conservateurs que ces gens, non pas conservateurs de ce qui est bien, les valeurs, la culture, la civilisation, non, conservateurs de leurs petits avantages acquis de leur médiocre volonté et ambition de puissance satisfaite, de leurs petits phallus rabougris qu’ils croient encore scintillants.

L’un des moyens d’échapper à la propagande est celui-là, changer de registre, ne plus se laisser dominer par les mots, les paroles fausses, mais prêter attention aux autres signes, aux images par exemple, aux actes, et devenir réceptifs aux messages qu’ils  transportent.

Italy

EN COMPLEMENT du Jeudi 28 Février 2013 : Quelques nouvelles d’Europe. L’élection italienne n’est pas « game changer ». Ce qui compte, c’est la France.

L’événement en début de semaine a été constitué, bien entendu, par les résultats d’e l’élection italienne. Nous avons commenté ce résultat. Notre position est que ceci ne constitue nullement une rupture. Cela ne veut pas dire que les marchés ont eu tort de saluer le résultat de l’élection par une chute, cela veut dire que tout cela n’est que circonstanciel, n’est que de l’écume, sur une situation fondamentale qui, elle, continue de glisser vers l’ingérabilité.

Tous les spécialistes savent depuis longtemps que l’Italie est ingérable et que le gouvernement au pouvoir, quel qu’il soit, finalement, importe peu. Même les réformes qui sont votées importent relativement peu. Ce qui compte, c’est leur mise en application et leur acceptation par les citoyens italiens. L’austérité de l’Italie est un peu une sorte de village Potemkine que l’on visite à usage de la presse et des responsables européens. N’oubliez pas que les banques s’en fichent complètement, il n’y a que les naïfs comme Hollande pour croire que les banques font attention à la solvabilité. La seule chose importante pour les banques était de manipuler suffisamment les marchés, de tordre le bras de la BCE, et de menacer l’euro pour obtenir le fameux OMT. C’est-à-dire la promesse de liquidités sans limite.

On a tort, par conséquent, de se faire du souci pour la mise en application de programmes d’austérité en Italie. Cela n’a rigoureusement aucune importance. Ce qui compte, ce sont les volontés  politiques des Européens et évidemment celles des pays du nord. Et de ce côté, ce qui compte, c’est l’échéance électorale en Allemagne.

La situation italienne ne présente guère plus d’intérêt que la situation grecque, dès lors que la volonté politique de dissimuler les choses est intacte, dès lors que l’on accepte le Potemkine généralisé et surtout dès lors que Draghi est là avec son gros bazooka pour sauver les banques.

C’est donc presque pour le plaisir, un plaisir vain, que nous commentons la situation italienne.

Bersani, le Centre gauche, va donc tenter de former un gouvernement. Bepe Grillo a exclu toute participation à une grande coalition, semble-t-il, aussi bien avec Bersani que Berlusconi. Il ne faut pas oublier que Bepe Grillo déteste encore plus Berlusconi que les eurocrates. Bepe a déclaré qu’il ne s’engageait à rien et qu’il déterminerait sa position au coup par coup, réforme par réforme, loi par loi. Bersani lui a répondu en disant qu’il allait élaborer un programme de réformes, pour ainsi dire à la carte, et on verra au cas par cas qui le vote et qui s’y oppose. La cuisine politique et politicienne va commencer.

Finalement, ce n’est pas ce qui nous paraît le plus intéressant. Ce qui nous paraît le plus intéressant, c’est l’attitude « démocratique » des personnalités européennes, singulière conception de la  démocratie. Ainsi, le clown Steinbrück du SPD allemand, dont nous avons déjà rappelé les tendances fascisantes, a insulté le peuple italien en déclarant : ce sont deux clowns qui ont gagné les élections en Italie.

 BRUNO BERTEZ Le Mercredi 27 Février et Jeudi 28 Février 2013

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2 réponses »

  1. Rejet de l’Europe.

    Dans l’entourage de Pier Luigi Bersani, on accusait en revanche le coup porté par les partis de Beppe Grillo et de Silvio Berlusconi qui, chacun à sa façon, ont exprimé un rejet de l’Europe. « Si ces résultats sont confirmés, alors de 55% à 60% des électeurs italiens auront voté brutalement contre l’euro, l’Europe, Merkel et l’Allemagne, a commenté le secrétaire général adjoint du Parti Démocrate, Enrico Letta. C’est le début d’une semaine très difficile pendant laquelle un gouvernement stable aurait dû être formé pour guider le pays vers une sortie de la crise. Au lieu de cela, nous pourrions avoir un gouvernement complètement instable. »

    http://www.lefigaro.fr/international/2013/02/25/01003-20130225ARTFIG00674-elections-italiennes-la-menace-d-un-blocage-politique.php

    A propos des élections en Italie, le commentaire le plus révélateur a été la une du journal allemand « BILD ».

    En une du « BILD », il y avait les deux photos de Silvio Berlusconi et de Beppe Grillo. Surtout, il y avait ce titre de une :

    « Ont-ils désormais brisé notre euro ? »

    « Machen sie jetzt unseren Euro kaputt ? »

    http://www.bild.de/politik/ausland/wahlenin-ternational/italiener-waehlen-chaos-regierung-29271958.bild.html

    Ce qui est révélateur, c’est l’utilisation du mot « notre ».

    « Ont-ils désormais brisé notre euro ? »

    En clair : l’Allemagne considère que l’euro, c’est sa monnaie, et la monnaie de personne d’autre.

    L’euro, c’est la monnaie de l’Allemagne.

    La politique monétaire européenne, c’est la politique monétaire adaptée à l’économie de l’Allemagne, adaptée à la démographie de l’Allemagne, décidée par l’Allemagne, imposée par l’Allemagne.

    Que les peuples du sud s’appauvrissent à cause de cette politique monétaire n’a strictement aucune importance pour l’Allemagne.

    L’Allemagne n’en a rien à foutre des peuples du sud.

    Aujourd’hui, les élites allemandes pensent : « Ces cueilleurs d’olives sont en train d’affaiblir NOTRE euro »

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