Brèves de Trottoirs

Brèves de Trottoirs du Samedi 5 Octobre 2013: Doutes sur la vigueur de la reprise chinoise! Village Potemkine? (Avec Commentaire de Bruno Bertez actualisé au 6/10/2013)

Brèves de Trottoirs du Samedi 5 Octobre 2013:  Doutes sur la vigueur de la reprise chinoise! Village Potemkine? (Avec Commentaire de Bruno Bertez actualisé au 6/10/2013)

AVANT PROPOS DE Bruno Bertez 

La Chine est dans l’impasse, le modèle ancien bute sur les bulles de crédit et les mauvaises dettes. On ne repart que si on refabrique de l’inflation, en particulier immobilière. Pour tenter de réaliser les objectifs de croissance il faut accepter de ré-aggraver les déséquilibres. La mise en place d’un modèle nouveau de développement est une Arlésienne, car la Chine ne peut changer de forme de croissance que si elle accepte un ralentissement temporaire prononcé, des réformes sociales, sociétales et politiques qui lui mettront à dos une partie de la population. Un changement de modèle de croissance implique des réformes sociales qui priveront le Pouvoir du soutien de sa clientèle.

C’est par un artifice et pour des besoins de commodité que l’on sépare les différents niveaux : économique, social, politique, financier, sociétal etc. En réalité nous sommes en présence d’un tout, d’une situation globale qui est le produit d’une histoire.

L’histoire ne s’est pas constituée « top down », elle n’est pas sortie du cerveau des chefs, elle a remonté des agents sur le terrain vers les organisations, les organisations se sont combinées en un mega système complexe, la complexité s’est enrichie etc .

Ce système agit à la fois comme une organisation et comme un moyen de transmission, un média qui informe. La complexité du système est telle que pour fonctionner il a besoin d’invariants, de certitudes, de sous-ensembles fixes que l’on ne remet pas en question: Quand vous commencez à toucher à ces sous-ensembles dits invariants, à ces certitudes, le système se modifie en cascade, la contagion finit par ne plus pouvoir être stoppée et le système global perd ses propriétés de reproduction, d’auto régulation.

Souvenez-vous de ce que je dis souvent: « Il n’est de vérité que du tout » de Jean Bodin.

Toute tentative de le faire repartir à l’identique, comme celle de Bernanke dans la crise actuelle, est vouée à l’échec. Plus cela dure, plus cela se délite en profondeur, plus les sous-ensembles dits invariants varient. Cela fait 5 ans! On voit les cascades à l’œil nu, exemple, la crise , l’accès de crise des émergents en Mai dernier.

Le Pouvoir chinois est terriblement conservateur, il a peur d’être déstabilisé à la fois par le haut et par le bas: Il connait la fragilité croissante de son système, il pratique la pensée dialectique, pas la pensée idiote de Bernanke qui se croit hors du monde et n’ a pas compris que sa pensée était produite , était un symptôme de la crise. La pensée de Bernanke est un moment de l’histoire dont on dira plus tard qu’elle a contribué à la catastrophe.

Ceci explique la prudence extrême des dirigeants chinois, ils veulent, c’est leur seul objectif, conserver le pouvoir, c’est une question de vie et de mort et de statut social.

Ils sont dans l’impasse et n’agissent qu’à la marge. Ils veulent rester vivants, n’oubliez pas que nous sommes, comme en Russie dans des systèmes ou la régulation de long terme se fait par la violence.

Une enquête américaine publiée la semaine dernière maintient que la conjoncture chinoise, qui a montré des signes de faiblesse l’hiver et le printemps derniers, n’est pas aussi rose qu’elle y paraît.

 La firme China Beige Book International (CBBI), de New York, soutient que la croissance a ralenti l’été dernier dans le manufacturier, les transports et la construction, sans oublier que l’investissement privé piétine.

 Ce rapport trimestriel de CBBI, calqué sur les sondages que mène la Réserve fédérale américaine auprès des milieux d’affaires (le fameux «Beige Book»), est catégorique: l’impression générale d’un retour à une forte croissance en Chine «est sérieusement erronée. En gros, le dragon chinois est essoufflé. L’enquête de la CBBI est jugée sérieuse par les économistes, étant réalisée auprès de 2000 cadres des milieux d’affaires en Chine. Dans le plus récent sondage, les répondants disent qu’il est plus difficile de trouver une main-d’œuvre compétente en Chine et que leurs embauches ont ralenti au troisième trimestre.

 Il ne faut pas  donc sombrer dans l’euphorie concernant la reprise de l’économie chinoise car sa bonne tenue apparente dépend aussi d’autres facteurs essentiels. L’économie chinoise a ceci d’intéressant qu’elle ne repose pas seulement sur des facteurs stables. Pour comprendre son évolution, il faut aussi surveiller de près des éléments sur lesquels les médias ne se focalisent pas spécialement.  

Sans parler de sujets aussi important que du taux de chômage ou des tensions sociales dans certaines villes chinoises, le mois de septembre a apporté son lot d’interrogations sur au moins  deux sujets brûlants. 

1 Le secteur de l’immobilier 

nailhouse

 Le secteur immobilier chinois continue de subir une surchauffe que l’on peut considérer comme inquiétante, si le gouvernement n’arrive pas à y apporter une rapide solution.  

En ce sens, le mois d’août 2013 aura confirmé les craintes. En effet, le prix des maisons neuves a augmenté en août à son rythme le plus soutenu depuis deux ans et demi. Si nous considérons les 70 plus grandes villes chinoises, le prix moyen des maisons neuves a augmenté de 8,3%. En juillet, cette progression était de 7,5%. Les villes de Shanghai et Pékin ont vu le prix bondir de 15% le mois dernier, la hausse surpassant même 18% dans des villes du sud telles que Guangzhou et Shenzhen.

Et le prix des maisons a augmenté plus rapidement encore  en septembre qu’en août en Chine, parallèlement à un relâchement du contrôle des prix. Le prix moyen des nouvelles maisons dans 100 villes a augmenté de 9,48% d’une année sur l’autre à 10.554 yuans (1700 dollars) le mètre carré, selon l’indicateur indépendant China Index Academy.  

Cette évolution complique les efforts du gouvernement visant à limiter ce prix sans pour autant casser la dynamique d’un secteur immobilier en pleine expansion. Le gouvernement est pris en tenaille entre, d’un côté, la double crainte d’une bulle immobilière et d’une gronde sociale en cas d’impossibilité pour un nombre toujours croissant de personnes d’avoir accès à la propriété et, de l’autre, le souci de ne pas pénaliser un secteur qui a partiellement compensé l’effet du ralentissement économique du pays.

Les collectivités locales chinoises toujours plus accros aux revenus fonciers 

C’est une des faiblesses bien connue du système financier chinois, et manifestement elle ne tend pas à se résorber. D’après des chiffres publiés par China Investment Securities, les surfaces de terrain vendues par des gouvernements locaux en Chine ont augmenté de 26% sur un an au cours des huit premiers mois de 2013. Sachant que sur la même période, le prix du mètre carré augmentait, en moyenne, de 43%. Soit des revenus en hausse de près de 80% sur un an pour les gouvernements locaux.

Depuis le milieu des années 1990, le système fiscal chinois concentre à Pékin l’essentiel des ressources, ce qui a poussé les gouvernements locaux à monnayer au prix fort les terres dont ils ont la gestion. C’est en grande partie ce mécanisme pervers qui pousse à la hausse le prix de la pierre, et limite la marge de manœuvre du gouvernement central dans sa politique de lutte contre la bulle immobilière. Certaines des mesures dictées par Pékin visant à limiter le nombre de transactions ne sont même pas toujours appliquées au niveau local. L’envol des transactions en 2013 est donc une sérieuse épine dans le pied du gouvernement, et illustre le fait qu’il ne dispose pas forcément de tous les leviers pour contrôler la situation. Le gouvernement est pris en tenaille entre, d’un côté, la double crainte d’une bulle immobilière et d’une gronde sociale en cas d’impossibilité pour un nombre toujours croissant de personnes d’avoir accès à la propriété et, de l’autre, le souci de ne pas pénaliser un secteur qui a partiellement compensé l’effet du ralentissement économique du pays 

A noté aussi les prix de l’immobilier, dans les quartiers de Shanghai environnant la future zone de libre-échange, ont connu une hausse de 20% au cours des deux derniers mois. La preuve que les investisseurs ont beaucoup misé sur ce territoire où doivent être testées les réformes libérales de la Chine. Aujourd’hui pourtant, les analystes sont sceptiques devant cette envolée des prix de la pierre, qui apparaît excessive au regard des dernières informations concernant la zone de libre-échange. Celle-ci, en effet, risque de ne pas tenir toutes ses promesses. Près de 200 secteurs d’activité vont en fait continuer d’y faire l’objet de restrictions ou d’interdictions en matière d’investissement étranger. de l’air à Pékin et dans les grandes villes d’ici à 2017.

Et c’est sans parler de tous ces planificateurs centraux fort occupés à construire des villes énormes où personne ne peut se permettre de vivre. Rien que cette année  20 nouvelles villes fantômes ont vu le jour. La Chine a même une réplique de Londres (Thames Town)

2 Le secteur bancaire 

La Chine se débat depuis un certain temps avec la forte hausse des dettes publiques, plus particulièrement celles des gouvernements locaux, et l’augmentation du fameux le «shadow banking» (instrument de crédit non régulé). 

Il faut rappeler ici que ce système parallèle de «shadow banking» a tellement gonflé au cours des deux dernières années qu’il pesait, fin 2012, jusqu’à 29.000 milliards de yuans (3550 milliards d’euros), soit 55% du PIB, selon Moody’s Investors Service. Le gouvernement a donc décidé, en juin 2013 de contrer cette économie de l’ombre et de mettre au pas un système bancaire gangréné par les créances douteuses, en «organisant» des audits et en tentant de forcer les banques à prêter avec plus d’ardeur. Cependant une sévère crise de liquidités a ébranlé le marché interbancaire chinois en juin 2013 et forcé d’une certaine manière, les PME à user du «shadow banking». 

Le gouvernement planche donc maintenant sur une forte réduction de la pression fiscale sur les petites entreprises, tandis que le gouverneur de la banque centrale appelle de plus en plus à renforcer les crédits à leur attention. A cela on peut rajouter les risques de défauts sur les WMP (Wealth Management Product), le déclin sur les ratios de capitalisation et de levier, les pressions en terme liquidité, un besoin de recapitalisation et une réforme de la compétitivité qui tarde à voir le jour. 

3 Surcapacité de production 

 Pour se relever de la crise financière américaine qui a secoué son économie, Pékin a injecté il y a quatre ans plus de 500 milliards US dans la construction d’infrastructures, ce qui a permis à l’industrie de se développer à toute vitesse. Mais les effets de ce soutien exceptionnel se sont estompés, si bien que des milliers d’usines sont sous-utilisées aujourd’hui. Dans l’aluminium, par exemple, les carnets de commandes sont dégarnis, et la moitié des producteurs ont affiché une perte l’an passé.

En témoigne le fait que la production industrielle a progressé moins fort en septembre qu’en août, selon les détails du chiffre publié. C’est avant tout la demande extérieure qui a maintenu à flots la deuxième économie mondiale en septembre. Il se confirme donc que le rebond constaté à la fin de l’été reposait en partie sur le soutien du gouvernement à certains secteurs, notamment dans les infrastructures ferroviaires. Et que par conséquent, sa pérennité est loin d’être acquise.

4 L’envolée du crédit 

Officiellement, la dette publique chinoise ne représente que 17% de l’économie (PIB). Mais en tenant compte des prêts des administrations régionales auprès des banques d’État, on se rapproche des 40%, selon certaines sources. Et en rajoutant les prêts du secteur privé, le poids total du crédit par rapport au PIB est de 215%, affirme la firme Fitch dans un nouveau rapport. C’est la rapidité de sa progression qui inquiète l’agence de notation, car le crédit ne pesait que 130% du PIB en 2008. 

 5) La pollution 

 Pour certains, incluant des scientifiques chinois, c’est « LA » grande menace. «La Chine est confrontée à des conditions environnementales extrêmement sinistres. Les températures pourraient grimper de 2,5 à 4,6 °C d’ici à la fin du siècle, et la production céréalière baisserait de 5 à 20%. Devant la grogne populaire, le gouvernement vient d’annoncer qu’il veut réduire de 25% la pollution.

EN BANDE SON:  

4 réponses »

  1. La Chine est dans l’impasse, le modèle ancien bute sur les bulles de crédit et les mauvaises dettes. On ne repart que si on refabrique de l’inflation, en particulier immobilière. Pour tenter de réaliser les objectifs de croissance il faut accepter de ré-aggraver les déséquilibres. La mise en place d’un modèle nouveau de développement est une Arlésienne, car la Chine ne peut changer de forme de croissance que si elle accepte un ralentissement temporaire prononcé, des réformes sociales, sociétales et politiques qui lui mettront à dos une partie de la population. Un changement de modèle de croissance implique des réformes sociales qui priveront le Pouvoir du soutien de sa clientèle.

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    • C’est par un artifice et pour des besoins de commodité que l’on sépare les différents niveaux : économique, social, politique, financier, sociétal etc. En réalité nous sommes en présence d’un tout, d’une situation globale qui est le produit d’une histoire.
      L’histoire ne s’est pas constituée « top down », elle n’est pas sortie du cerveau des chefs, elle a remonté des agents sur le terrain vers les organisations, les organisations se sont combinées en un mega système complexe, la complexité s’est enrichie etc .

      Ce système agit à la fois comme une organisation et comme un moyen de transmission, un média qui informe. La complexité du système est telle que pour fonctionner il a besoin d’invariants, de certitudes, de sous-ensembles fixes que l’on ne remet pas en question: Quand vous commencez à toucher à ces sous-ensembles dits invariants, à ces certitudes, le système se modifie en cascade, la contagion finit par ne plus pouvoir être stoppée et le système global perd ses propriétés de reproduction, d’auto régulation.

      Souvenez-vous de ce que je dis souvent: « il n’est de vérité que du tout » de Jean Bodin.

      Toute tentative de le faire repartir à l’identique, comme celle de Bernanke dans la crise actuelle, est vouée à l’échec. Plus cela dure, plus cela se délite en profondeur, plus les sous-ensembles dits invariants varient. Cela fait 5 ans! On voit les cascades à l’œil nu, exemple, la crise , l’accès de crise des émergents en Mai dernier.

      Le Pouvoir chinois est terriblement conservateur, il a peur d’être déstabilisé à la fois par le haut et par le bas: Il connait la fragilité croissante de son système, il pratique la pensée dialectique, pas la pensée idiote de Bernanke qui se croit hors du monde et n’ a pas compris que sa pensée était produite , était un symptôme de la crise. La pensée de Bernanke est un moment de l’histoire dont on dira plus tard qu’elle a contribué à la catastrophe.

      Ceci explique la prudence extrême des dirigeants chinois, ils veulent, c’est leur seul objectif, conserver le pouvoir, c’est une question de vie et de mort et de statut social.
      Ils sont dans l’impasse et n’agissent qu’à la marge. Ils veulent rester vivants, n’oubliez pas que nous sommes, comme en Russie dans des systèmes ou la régulation de long terme se fait par la violence.

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