Europe

Tel un canari dans la mine Espirito Santo fait encore monter d’un cran la pression sur Lisbonne

Tel un canari dans la mine Espirito Santo fait encore monter d’un cran la pression sur Lisbonne

 La banque s’écroule de nouveau de 20% en bourse . La galaxie Espirito Santo pourrait être placée sous contrôle judiciaire. Interrogations sur des prêts à risque octroyés en Angola…

Ancien de la Banque du Portugal placé à la tête de la banque Espirito Santo, Vitor Bento a répété mardi à ses 10 000 collaborateurs que la priorité était de «reconquérir la confiance des marchés». Celui qui vient de prendre les rênes d’une institution en pleine déroute a martelé que celle-ci était «capitalisée». Et que son équipe, composée notamment de l’ancien chef de l’agence de la dette publique, Joao Moreira Rato, s’échinait à remettre à flot ce «pilier de l’économie portugaise».

Pas plus ces assurances que les appels à la raison des analystes n’ont mis un terme à la panique. La valeur boursière de la seule grande banque portugaise n’ayant pas eu besoin de l’aide financière de l’Union européenne durant la crise s’est encore effondrée de 20% supplémentaires en quarante-huit heures. Après avoir fondu d’un tiers la semaine dernière.

Redoutant de devoir éponger une partie du naufrage, les milieux financiers internationaux s’interrogent sur une contagion s’étendant à l’ensemble du secteur financier – voire à l’Etat portugais se portant à son secours. Faisant ainsi ressurgir un engrenage que l’Union européenne s’évertue depuis deux ans à briser à l’aide de nouveaux mécanismes de secours.

Les investisseurs se demandent pourtant pourquoi une banque en situation de détresse n’a pas été détectée dans un pays qui vient de sortir du contrôle de l’Union et du Fonds monétaire international.

Réponse des spécialistes? Les problèmes financiers se situent dans la galaxie de sociétés de l’empire familial Espirito Santo, qui contrôle 20% de «sa» banque aux côtés de Crédit Agricole – actionnaire à hauteur de 15% – et de petits actionnaires. Par exemple dans la holding de tête – soupçonnée de malversations comptables – Espirito Santo International. Ou dans Espirito Santo Financial Group, structure où sont logées les parts de la banque. Ou encore dans Rioforte, conglomérat rassemblant l’immobilier de la dynastie, qui devait rembourser mardi 850 millions d’euros à Portugal Telecom. Selon les chiffres de la banque, ces difficultés lui font encourir un risque de perte  dépassant  1,5 milliard d’euros. Cela représente «25% des fonds propres «tiers one» au cœur du bilan de la banque», no­taient vendredi les analystes du bureau de recherche AlphaValue à Paris.

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D’autres inconnues demeurent. A commencer par l’ampleur exacte des activités de la banque en Angola. Lors de son abdication fin juin, le patriarche Ricardo Espirito Santo Salgado avait assuré au Financial Times que la situation de la banque dans l’ex-colonie était «parfaitement supportable». Ajoutant que le chiffre de 5,7 milliards d’euros de prêts angolais difficilement recouvrables qui avait circulé n’avait «aucun sens».

Source Le temps/16/7/2014

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/945844e8-0c49-11e4-8015-d2f7a06c82fb/Espirito_Santo_fait_encore_monter_dun_cran_la_pression_sur_Lisbonne

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