Art de la guerre monétaire et économique

Washington Joue À La Roulette Russe/ Le G20 En Australie : Bouffons D’un Côté, Grand Sud De L’autre Par Pepe Escobar

Washington Joue À La Roulette Russe Par Pepe Escobar

Cet article est une version revue et augmentée de ce que Pepe Escobar a publié sur sa page Facebook plus tôt cette semaine (Les USA jouent-ils à la roulette russe ?)
Temps froid d'un côté, guerre froide de l'autre
Temps froid d’un côté, guerre froide de l’autre

L’heure est grave. J’ai eu des discussions sérieuses avec certains interlocuteurs parmi mes principales sources, ceux qui savent mais qui n’en font pas étalage, préférant se faire discrets. Leur inquiétude est très grande. Voici ce qu’une de ces sources, un planificateur stratégique de New York, m’a envoyé :

 «  La propagande s’attaquant à Poutine en le comparant à Hitler est tellement extrême qu’on en vient à penser que les Russes ont du mal à en croire leurs oreilles et qu’ils ne peuvent plus faire confiance aux États-Unis en aucune circonstance.

 Je n’arrive pas à croire comment nous avons pu nous mettre dans cette situation pour protéger les pillards en Ukraine, dont Poutine se serait débarrassé. Nous avons même eu l’effronterie de placer en position de leadership un des pires voleurs. Mais c’est chose du passé. Ce qui est sûr, c’est que l’équilibre de la terreur n’a plus d’effet dissuasif aujourd’hui, quand chacune des deux parties croit que l’autre utilisera des armes nucléaires une fois qu’elle aura l’avantage et que la première qui jouira d’un avantage décisif y aura recours. L’équilibre de la terreur, c’est chose du passé. »

Ces propos peuvent paraître quelque peu alarmistes, mais il s’agit d’un prolongement logique de ce que Poutine a signifié dans l’interview déjà légendaire qu’il a accordée au réseau allemand ARD à Vladivostok la semaine dernière, à savoir que l’Occident provoque la Russie vers une nouvelle guerre froide. [1]

Il y a à peine quelques jours, Mikhaïl Gorbachev a souligné qu’une nouvelle guerre froide est en cours. Pour Stephen Cohen, de l’Université de Princeton, la guerre froide n’a jamais pris fin. L’œil itinérant parle de guerre froide 2.0 depuis des mois maintenant. Les Britanniques, toujours coincés dans leur nouveau grand jeu du XIXesiècle, préfèrent baratiner à propos de la personnalité hautement toxique de l’insignifiant Poutine [2]. C’est cet homme impitoyable, charmant et fondamentalement téméraire qui remet la guerre froide en vogue. De façon prévisible, le Conseil des relations étrangères [3] déplore la fin de l’après-guerre froide, s’en prend au désordreen cours et rêve de ces jours meilleurs où l’exceptionnalisme incontesté était de rigueur. [4]

 Pour savoir comment nous en sommes arrivés au périlleux état actuel des choses, Vladimir Kozin, de l’Institut de la recherche stratégique russe, donne une mise en contexte qui est sans doute l’une des meilleures qui soient. [5] Lisez son texte attentivement. Nous sommes effectivement en guerre froide 2.0, le remix double calamité, d’une part entre les USA et la Russie, d’autre part entre l’Otan et la Russie.

 Il y a des limites !

Dans son interview au réseau ARD, Poutine se référait à des faits concrets sur le terrain :

« L’Otan et les États-Unis ont des bases militaires disséminées sur toute la surface du globe, y compris dans des secteurs à proximité de nos frontières, et leur nombre augmente (…). De plus, ils ont récemment décidé de déployer des forces d’opérations spéciales, encore une fois très près de nos frontières. Vous avez fait mention de divers exercices, vols, mouvements de navire [russes] et ainsi de suite ? C’est une réalité. »

Pour les hordes s’appliquant à la diabolisation de la Russie, c’est toujours commode d’oublier que l’élargissement de l’Otan à la Géorgie et à l’Ukraine s’est décidé lors d’une réunion à Bucarest en avril 2008. L’opération en Géorgie a échoué de façon lamentable en 2008. L’Ukraine est un projet en cours.

Fait crucial, dans la même interview, Poutine a également averti la coalition de l’Union européenne, formée de vassaux et de guignols inconscients, que la Russie peut facilement faire s’écrouler le château de cartes ukrainien. Moscou n’a qu’à exiger les sommes d’argent immenses qui lui sont légalement dues.

Poutine a également fait comprendre très clairement, de façon catégorique même, que Moscou ne permettra pas que Kiev envahisse le Donbass, l’écrase et procède à son nettoyage ethnique :

« Aujourd’hui, il y a des combats dans l’est de l’Ukraine. Les autorités centrales ukrainiennes y ont envoyé leurs forces armées et utilisent même des missiles balistiques. Est-ce que tout le monde en parle ? Pas du tout. Qu’est-ce que cela signifie ? Que doit-on en conclure ? Cela indique que vous voulez que les autorités centrales ukrainiennes anéantissent tous les gens qui s’y trouvent, tous leurs adversaires politiques et opposants. C’est ce que vous voulez ? Ce n’est certainement pas ce que nous voulons et nous allons empêcher qu’une telle chose ne se produise. » [6]

D’après les propres données de Kiev, pas moins de 65 % des immeubles résidentiels et 10 % des écoles et maternelles du Donbass ont été détruits. Plus de 40 000 entreprises de taille moyenne sont paralysées. Pour l’ensemble de l’Ukraine, le taux de chômage est supérieur à 40 %. La dette extérieure pourrait atteindre 80 milliards de dollars et il ne faut pas s’attendre à ce que le Fonds monétaire international, qui aujourd’hui possède l’Ukraine, se transforme subitement en fondation philanthropique. Par-dessus tout, Kiev n’arrive pas à payer ses factures de gaz à Gazprom, il y en a pour des milliards de dollars, parce qu’il a dépensé une fortune pour terroriser les habitants de l’est de l’Ukraine. La diatribe de Porochenko indiquée en note [7] le résume très bien, avec la complicité pleine et entière des USA et de l’Union européenne.

 L’Otan est donc prévenue au sujet des lignes à ne pas franchir avec la Russie. Sauf qu’une bonne partie des élites de Washington et Wall Street adorent les jeux de guerre et veulent de l’action. [8] Nul ne devrait jamais sous-estimer la stupidité illimitée du Retour des morts-vivants néoconservateurs, qu’ils étalent au grand jour dans leur tribune favorite, la page éditoriale du Wall Street Journal.

 La logique derrière la guerre froide 2.0, qui bat maintenant son plein, n’a que faire de la stabilité en Europe. L’administration Obama l’a déclenchée, avec l’Otan comme fer de lance, pour empêcher l’intégration eurasiatique en construisant un nouveau mur de Berlin à Kiev. L’objectif immédiat est de saper l’économie de la Russie. À plus long terme, un changement de régime serait l’idéal.

abris-anti-atomiques

La logique de l’escalade est bien enclenchée. L’Union européenne, dont l’économie est dévastée, est une farce. Tout ce qui compte pour les USA, c’est l’Otan, dont la très grande majorité des membres sont gagnés à la cause et partagent le sentiment qui prévaut à Washington, soit de traiter Poutine comme s’il était Milosevic, Saddam Hussein ou Kadhafi. L’équipe Obama ne montre pas la moindre volonté de désamorcer la tension. Puis lorsque la présidente en attente, la Hillarator, montera sur le trône, tout sera possible.

Pepe Escobar Le 19/11/14
Traduit par Daniel pour Vineyardsaker.fr

http://www.vineyardsaker.fr/2014/11/22/loeil-itinerant-washington-joue-la-roulette-russe/

Notes

[1] Poutine à la TV allemande : « L’important, c’est d’arrêter immédiatement l’effusion de sang et les bombardements et de créer les conditions pour entamer un dialogue politique » , vineyardsaker, 19-11- 2014

[2] The new cold war: are we going back to the bad old days?, The Guardian, 19-11-2014

[3] Council on Foreign Relations, Wikipédia

[4] The Unraveling: How to Respond to a Disordered World, foreignaffairs.com, numéro de novembre et décembre 2014

[5] The USA and NATO have hammered out the Cold War 2.0 with Russia. How to overcome it ?, rapport de conférence de Vladimir P. Kozin, 2014

[6] The broken-down beauty of Eastern Ukraine, 25 years after the end of the USSR, Quartz, 15 novembre 2014

[7] How Poroshenko will win the war, YouTube, 17-11-2014 [8] The Wall Street Journal Wants the US to Go To War in Ukraine, Russia Insider, 18-11-2014

Source : Washington plays Russian roulette, Asia Times Online, 21-11-2014

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan: How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues: a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009) et le petit dernier, Empire of Chaos (Nimble Books).

Le G20 En Australie : Bouffons D’un Côté, Grand Sud De L’autre Par Pepe Escobar

Les cinq représentants des BRICS, le nouveau G5, affichent leur solidarité
Les cinq représentants des BRICS, le nouveau G5, affichent leur solidarité

Malgré leurs problèmes actuels, les cinq pays formant les BRICS, le G5 [1] qui compte vraiment dans le monde, se sont réunis avant le sommet avec la figure plus isolée que jamais. Du point de vue économique, le G5 est plus qu’à la hauteur du G7, qui tombe en décrépitude.

La présidente du Brésil Dilma Rousseff a encouragé énergiquement les membres du G5 à dynamiser leur coopération mutuelle et la coopération Sud-Sud. La banque de développement des BRICS fait évidemment partie de la donne. En soulignant leur préoccupation profonde, les BRICS ont de nouveau vu clair dans le jeu de Washington, qui refuse obstinément de cautionner une réforme structurelle du Fonds monétaire international (FMI) qui tarde à venir.

Le Conseil d’administration du FMI a en fait approuvé une réforme des quotes-parts et de la gouvernance du Fonds en 2010. Une de ses principales résolutions était d’augmenter le nombre de voix attribuées aux marchés émergents, les BRICS se trouvant en première ligne. Pour les républicains à Washington, c’est pire que le communisme.

Le président chinois Xi Jinping a ajouté que la coopération des BRICS devrait non seulement revigorer l’économie mondiale, mais aussi assurer la paix mondiale. Autrement dit, brassons des affaires, pas des missiles Tomahawks. Les 120 États membres du Mouvement des non-alignés, les mendiants au banquet, ont suivi le déroulement de celui-ci de très près.

Le Premier ministe australien Abbott et Obama tenant un Koala.. Photo Andrew Taylor
Le Premier ministe australien Abbott et Obama tenant un koala.. Photo Andrew Taylor

Que d’agressions !

Comparons maintenant la réunion de travail des BRICS avec la réunion exclusive qu’ont tenue les chefs d’État de l’Union européenne et le président américain Barack Obama, dans le but de définir leur stratégie,qui était non pas d’améliorer l’économie mondiale, mais bien de diaboliser davantage la Russie.

Avant cette réunion, le Premier ministre britannique David Cameron avait déjà dit à Poutine, lors d’une réunion virile, qu’il était à la croisée des chemins et sur le point d’être frappé de nouvelles sanctions. Le Premier ministre canadien Stephen Harper lui, s’était plaint d’avoir eu à serrer la main de Poutine. Quant au Premier ministre australien Tony Shirtfront [2] Abbott, il avait amené tout le monde à poser avec des koalas (beau cas de mauvais traitements envers des animaux), après avoir apparemment reculé sur son intention d’emboutir le chef d’État russe.

Il n’était pas uniquement question d’agression russe. Obama, Abbott et le Premier ministre japonais Shinzo Abe se sont également réunis séparément en vue d’augmenter la coopération militaire et de renforcer la sécurité maritime en Asie-Pacifique, en réponse à (je vous le donne en mille !) l’agression chinoise.

 Si l’on fait abstraction de l’arrogance et de la bouffonnerie impériales, Poutine s’est entretenu avec la chancelière allemande Angela Merkel pendant plus de trois heures. Ils ont discuté essentiellement de l’Ukraine. Rien n’a filtré de cette rencontre. Poutine a donc tenu des réunions et des discussions avec tous les adultes qui comptent : les BRICS et Merkel. Il n’y avait rien d’autre à régler du point de vue strictement commercial.

Pour reprendre les mots du président russe : « Je dois faire neuf heures de vol jusqu’à Vladivostok, puis huit heures de plus pour arriver à Moscou. Il me faut quatre heures de sommeil avant de reprendre le boulot lundi. Nous avons fait ce qu’il y avait à faire. »

Bonté divine ! C’est tout ce qu’il fallait pour rendre les médias institutionnels occidentaux complètement dingues et ressasser que la figure plus isolée que jamais a quitté le G20 dans la honte.

Les 800 mesures annoncées pour doper l'économie par le Pinocchio G20
Les 800 mesures annoncées pour doper l’économie par le Pinocchio G20

En cas de doute, imprime des billets !

Malgré tous les efforts déployés par le gang politique anglo-saxon pour dévaloriser le sommet, du travail (minimaliste) a été effectué. Même Poutine en personne a salué l’atmosphère constructive. Parlons plutôt de vains souhaits d’atmosphère constructive.

Dans le communiqué final [3], on lit la promesse d’accroître le produit intérieur brut (PIB) mondial d’un spectaculaire deux mille milliards de dollars d’ici 2018. L’essentiel du plan magique est de favoriser les investissements dans l’infrastructure, qui créent de l’emploi et favorisent le commerce mondial.

Soit dit en passant, c’est exactement ce que fait la Chine, en y mettant le paquet. Cette année, la Chine et la Russie ont conclu deux contrats gaziers géants d’une valeur de 725 milliards de dollars. Le Fonds d’investissement de la Route de la soie, doté de 40 milliards de dollars, va financer des projets de développement dans sept pays de l’Asie centrale. La figure plus isolée que jamais a confirmé que les échanges commerciaux avec la Chine et le reste de l’Asie vont représenter 40 % du PIB de la Russie, comparativement à 25 % aujourd’hui.

En outre, la Russie, la Chine et l’Iran, auxquels s’ajouteront d’autres pays asiatiques bientôt, s’activent à l’établissement d’un système de compensation de leurs devises, indépendant du système Swift [4] et du dollar US. Les échanges commerciaux et les investissements russo-chinois sont de plus en plus négociés en roubles et en yuan, plutôt qu’en dollars US. Pour les bouffons, c’est pire que l’apocalypse.

Le communiqué du G20 parle aussi d’une offensive néolibérale renouvelée de facto, où l’on serait passé d’unedéréglementation des marchés des biens et services à une flexibilité du marché du travail. Une sorte de plaque tournante de l’investissement mondial sera établie à Sydney, sauf que personne ne sait vraiment comment le tout fonctionnera.

Le G20 a également insisté sur la nécessité de lutter contre le système bancaire parallèle. De beaux gros vœux pieux, car les tout puissants joueurs, spéculateurs et, disons-le, gangsters financiers, vont l’en empêcher. Non mais les gars, allez-vous vraiment vous en prendre sérieusement aux zones de décharge desadorateurs du dieu dollar soumis à la Couronne, du genre de celle se trouvant sur les îles Turks et Caicos ?

C’est sans surprise que toute mention de transparence s’appliquant aux industries d’extraction a totalement disparu du communiqué final. Pour ce qui est du changement climatique, on n’a eu droit qu’à d’autres vœux pieux à propos de mesure efficace avant la conférence de Paris de 2015. Il y a des casinos au complet d’argent sale à parier que rien de substantiel ne se produira avant et après ladite conférence.

Les wahhabites du néolibéralisme ont évidemment tourné en dérision la tentative de l’Argentine, cettemauvaise payeuse, qui a demandé au G20 de mettre en place un régime de faillite supranational. Après tout, les fonds vautours de la variété Paul Singer devraient toujours pouvoir agir comme des vautours.

Finalement, beaucoup de travail attendait la figure plus isolée que jamais lundi matin, heure de Moscou. L’Union européenne est en voie de perdre au moins 15 % de ses échanges commerciaux avec la Russie en 2015, qui sont de l’ordre de 330 milliards de dollars, tandis que les échanges commerciaux entre les BRICS vont doubler. La débâcle absolue de l’Union européenne continuera d’être due principalement au néolibéralisme et au diktat des élites de Washington et Wall Street, qui est d’anéantir toute forme d’économie mixte au sein de cette union.

Au moment même où la Réserve fédérale américaine met fin à sa politique d’assouplissement quantitatif, la Banque centrale européenne rêve d’imprimer des tas de billets de banque, la Banque centrale du Japon imprime des tas de billets de banque et la Russie et la Chine achètent des quantités phénoménales d’or physique. Sauf que derrière l’écran de fumée qu’on créera en imprimant tous ces billets, l’économie mondiale continuera de souffrir.

L’intégration de l’économie russe à celles de la Chine, de l’Iran et du Kazakhstan sera encore plus prononcée. L’Asie-Pacifique va demeurer le centre névralgique des investissements mondiaux et au cœur de l’action. Aucune surprise donc que le sommet du G20 en 2016 ait lieu en Chine.

Pepe Mujica, le président sortant de l’Uruguay n’est pas allé au G20. Mais laissons-lui le dernier mot. C’est qu’il quitte le pouvoir. Il ne faut qu’un instant pour comparer sa dignité personnelle, son honnêteté, son humilité, son intelligence, son courage, son altruisme et ses politiques avisées à la bouffonnerie téméraire des Cameron, Harper et Abbott de ce monde.

Il y a des politiciens et des politiciens. Fort heureusement, l’immense majorité de l’opinion publique mondiale voit très clairement leur jeu.

Pepe Escobar
Traduit par Daniel pour Vineyardsaker.fr

http://www.vineyardsaker.fr/2014/11/18/loeil-itinerant-g20-en-australie-bouffons-dun-cote-grand-sud-lautre/#more-7566

Notes

[1] G5 ? BRICS leaders meet at G20 summit in Brisbane (Russia Today, YouTube, anglais, 15-11-2014)

[2] Au football australien, on parle de shirtfront lorsqu’un joueur fonce sur un adversaire à toute allure pour le frapper délibérément à la poitrine avec son épaule. Avant le dernier sommet du G20, son hôte, le premier ministre australien Tony Abbott, avait dit qu’il allait faire un shirtfront au président russe Vladimir Poutine.

[3] G20 Leaders’ Communiqué, Brisbane summit, 15-16 November 2014 [PDF] (g20.org, anglais, 17-111-2014)

[4] Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication, (Wikipédia anglais) & La Russie lance un nouveau système de paiement pour contourner le réseau Swift (vineyardsaker, français, 14-11-2014)

Source : G20 in Australia : Buffons v the Global South (Russia Today, anglais, 17-11-2014)

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