Douce France

Défiler derrière des salauds est un acte politique…Par Bruno Bertez

Défiler derrière des salauds est un acte politique…Par Bruno Bertez

Avertissement : je présente par avance mes excuses à ceux qui se sentiraient visés par mon qualificatif de « salauds », je ne vise aucun salaud concret existant même pas  ceux qui seraient tentés de se reconnaître dans ce qui n’est que la réification d’une abstraction.

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Je vous remercie.

Du fond du cœur. Mon pouls s’est accéléré quand j’ai mesuré l’ampleur de la réaction, le nombre incroyable de lectures et relectures de mon billet intitulé : « Je ne suis pas Charlie ».

C’est ce que j’espérais en l’écrivant, c’est vrai, mais j’ai été comblé bien au-delà de ce que j’imaginais.

Je vous remercie d’être venu à ma manif à moi, celle où vous avez pu donner un sens à votre comportement, à votre cri de révolte ou d’indignation. Celle où vous avez pu expliquer pourquoi vous étiez Charlie ou pourquoi vous ne l’étiez pas.

Là où les autres ne vous proposaient rien d’autre que de leur servir de marchepied ou de paillasson, je vous ai proposé de réfléchir, de vous interroger, de m’approuver ou de me bousculer.

Là où ils ne vous proposaient en général que l’unilatéralisme, la dictature de leur paroles et de leurs discours de Maîtres, je vous ai proposé de répondre, de renvoyer, de contester, et, pour beaucoup, de vous expliquer. La manif des « je suis Charlie » avait 10.000 sens, une infinité de significations possibles. Autant que de participants ou non-participants, mais la parole des Maîtres en tête de cortège et celle de leurs laquais médiatiques avaient comme effet, sinon comme but, de faire de sorte qu’elle n’ait qu’un seul sens, le leur. Celui qu’ils voulaient lui donner. Ces gens ne font que confisquer à leur profit. Et comme je savais qu’une fois encore, ils allaient tenter de le faire, j’ai voulu lancer une parole qui incite à braver, à contourner cette confiscation.

Là où je savais qu’ils voulaient fermer, clore, je voulais ouvrir, faire jaillir. La manif, ils l’avaient voulue comme une simple forme, un sac, un vide qu’ils voulaient remplir à leur guise, selon leurs intérêts. Votre nombre était le seul contenu qu’ils acceptaient. Ce qui se passait dans votre tête, dans votre cœur, ils s’en foutaient, totalement et même plus, ce qui se passait dans votre tête, il fallait l’occulter. Transformer le riche, le complexe, le contradictoire, le vivant, en un plébiscite, voilà ce qu’ils voulaient. Rien d’autre. Il suffit de regarder leurs têtes, uniquement préoccupées de protocoles et de « paraître » pour s’en persuader. Vous, vous étiez là, eux, ils n’y étaient pas. Regardez les images. Obnubilés qu’ils étaient par le spectacle qu’ils donnaient, ils étaient déjà sur les images des télés. Voilà leur essentiel.

Je voulais vous restituer le sens, la signification de vos propres réactions. Pas comme dans les sondages scélérats ou les micro-trottoirs débiles, non je voulais le faire en vous offrant un espace vierge, et une motivation, approbation ou condamnation, en vous offrant un environnement propice aux doutes et aux conflits. En vous provoquant, au bon sens du terme, comme le disait Leo Ferré, je provoque à l’amour. A l’amour de la vérité, pas la leur, la vôtre, celle que vous enfouissez de plus en plus, que vous « symptomatisez », tant vous avez perdu l’habitude de l’exprimer.

Pour vous rendre la capacité à transgresser, à parler par vous-même, il faut une situation exceptionnelle, un choc, une licence qui vous autorise à parler, il vous faut un « bon de sortie » dans ce monde de répression continue. Eux, ils voulaient vous enfoncer dans la névrose, dans la bulle,  dans la répétition sans fin, dans lesquelles ils vous font vivre pour satisfaire leurs petites ambitions, leurs volontés de puissance, leurs soumissions aigres à un  Système qui les dépasse, mais les comble personnellement, eux et leurs familles et copains. Ils voulaient que vous aussi, vous vous mettiez à genoux dans la procession de soumission… à quoi ? Nous y viendrons plus tard, pas ce jour.

Bref, j’ai voulu déchirer, faire sortir. J’ai joué, paradoxe, à Charlie, moi qui ai titré « Je ne suis pas Charlie ».

Nous avons eu plusieurs centaines de milliers de visites ces derniers jours, alors que nous ne sommes pas, surtout pas, grand public.  Pourquoi? Parce que les médias MSM nous ont cités, ils ont excité la curiosité. Ils ne l’ont pas fait pour nous faire plaisir, ils l’ont fait pour se faire plaisir, à  eux, sans risque. Il leur fallait, dans leur logique journalistique, trouver des points de vue divergents, contraires. Il fallait mettre en avant  des gens à qui faire endosser ce point de vue de paria, « Je ne suis pas Charlie », sans que cela leur retombe dessus. Il fallait que ce soit bon, fort, mais pas trop sulfureux. Et ils nous ont trouvés. C’est la technique habituelle : on en fait parler d’autres pour le faux équilibre de l’opinion démocratique. Bien entendu, leur publication est restée dans les limites de ce que les Maîtres souhaitent, une opposition inoffensive. Ils n’ont pas compris, d’une part, que vous prendriez la peine de venir tout lire et surtout que vous viendriez parler, rétorquer, débattre, contester. Bref, ils ne s’attendaient pas à ce que cet hommage du vice aux vertus de notre parole se  transforme en une occasion de prendre conscience de la complexité de la situation et de son irréductibilité aux slogans. Qui aurait imaginé que des radios me proposent des interviews!

Les sondages et les micros trottoirs sont une technique pour vous confisquer la parole, vous priver de ce que vous pensez vraiment. Ils vous réduisent et vous trahissent. Leur fonction est de dépolitiser, j’y reviendrais, et de transformer ce qui est politique, en un chiffre qui devient apolitique, qui devient un élément parmi d’autres qui traverse la société civile. Avec les sondages et les micros trottoirs, ils ont réussi à tuer la presse d’opinion: plus besoin de presse d’opinion pour savoir ce que vous pensez, il suffit de sonder ou d’interroger une « petite vieille » ou un abruti dans la rue. Voilà l’un des glissements subreptices qui servent à fabriquer des moutons. Je présente mes excuses aux « petites vieilles », j’ai emprunté le langage des autres…. J’aurai pu dire des « sans dents ». 

Le Maître, c’est celui qui détermine le champ de bataille, qui balise, qui impose les règles du jeu, voilà ce qu’il faut absolument comprendre. Le Maître ne dicte pas ce que vous devez dire ou penser, non, il vous laisse l’illusion de la liberté. Le Maître contrôle l’espace; il le clôt, il impose les codes, les grammaires, il gère, non pas les contenus, mais les formes. Il impose la forme binaire du « vous êtes Charlie ou vous n’êtes pas Charlie » et vous enferme.  Vous êtes ailleurs, vous pensez, vous réfléchissez, vous contestez, on s’en fout ! Basta ! Le Maître, c’est non pas celui qui commande les moutons, mais celui qui commande, qui donne les ordres et paie celui qui marque les limites du pré à l’intérieur duquel les moutons vont avoir la liberté de paître et de se repaître de leur « liberté ». Le Maître, c’est celui qui impose les codes, les vocabulaires, les thèmes, des faux débats. Et ici, ils ont imposé le faux débat de la liberté d’expression! A les entendre, tout est permis, on peut tout dire, c’est le nouveau dogme.  Et ils vont s’en servir pour bâillonner ceux qui pensent et diffusent autrement! Bientôt les techniques de l’Inquisition au service la liberté d’expression!

Déjà, ils commencent, ils dénaturent, ils triturent, sélectionnent ce qui doit être dit ou pas dit. La plus belle chose, la plus riche,  la plus vraie, dite par un dessinateur survivant de Charlie, c’est celle-ci : il a représenté ses amis arrivant au paradis et fait dire à Dieu ou aux saints qui l’accueillaient, dans un nuage parsemé de bites, « ils ont déjà mis des bites partout ».Mais cela, qui est le jaillissement artistique sacrilège de la vérité dérisoire des victimes, cela, qui exprime la force de la vie, du sexe, du désir, de l’absurde, cela, qui bande et qui défie, n’intéresse personne, n’intéresse pas les Maîtres.  Et pour cause, leur domaine à eux, c’est la mort. Les maîtres transforment les vivants en morts, en zombies,  en les privant du sens de leur vie. Et ils vont jusqu’à tuer deux fois ceux qui ont été assassinés.

L’espace mis à votre disposition a changé de nature, il est devenu espace de vrai débat un peu psychologisant  individuel, souvent moral,  mais toujours, même à son insu, politique. Car le fait de pouvoir s’exprimer, est toujours politique. Le fait de pouvoir s’exprimer ne vaut pas seulement par le contenu de ce que l’on dit, affirme ou conteste, non, c’est en soi, dans la démarche de l’échange et de la contestation qu’il est politique. Ce qui est politique, ce n’est pas l’impératif, l’obligation, non, cela c’est la morale, l’éthique. Ce qui est politique, c’est la réflexion, le combat, la divergence, l’affrontement contradictoire qui débouchent sur les décisions collectives.

Et c’est cela qu’ils veulent éviter, escamoter. Ils ont imposé l’émotionnel, le fusionnel, l’éthique, l’humanisme, et même les libertés bidons pour court-circuiter l’ordre politique et les questions politiques qu’il aurait fallu se poser avant et après les assassinats. Toutes ces questions qu’à Droite comme à Gauche on ne veut surtout voir poser, comme la politique étrangère de la France, comme la soumission Atlantiste à une politique de contrôle des ressources naturelles, comme le contrôle de leur acheminement, comme la mise au travail et à la consommation de masse des  main-d’œuvre  précapitalistes des pays dominés par les féodalités et les idéologies religieuses.

Il fallait surtout ne pas laisser réfléchir sur la présence de certains chefs d’Etat plus terroristes que les terroristes qui ont assassiné Charlie Hebdo. Ils ont essayé de transformer ce qui devait être de l’ordre du contradictoire et du dialectique en un impératif, une obligation morale. Pourtant, condamner ceux qui veulent mettre des limites à la liberté d’expression, ceux qui veulent tuer pour imposer leur dogmatisme, c’est hors sujet, personne ne défend ces absurdités et c’est pour cela qu’ils les ont choisies comme thématique, pour être sûr de l’unanimisme. Un unanimisme, que, par un processus de déplacement, ils ont fait glisser pour en faire un plébiscite.

Nous sommes au cœur de la « modernité du fascisme » qui constitue notre horizon. On escamote le politique, les différences légitimes, les antagonismes, les divisions sociales  et on force la Société Civile, on la manipule, on la structure autour de consensus artificiels  afin de constituer de larges fronts socio-démocrates, UMPSCFDTMEDEF. Le nouveau fascisme, celui qui impose le sacrifice de l’individu réel, concret,  le sacrifice de l’identité, de la liberté et des libertés ; ce nouveau fascisme n’est plus National, Racial, non il est au nom de quelque chose de complexe, neuf, moderne, qui se construit sous nos yeux et qui n’a pas encore de nom, il n’a pas encore de théoricien. Ce qui est sûr, c’est que c’est une idéologie, un nouveau dogmatisme, et malheur à ceux qui s’écartent du troupeau. C’est comme cela qu’on le définit le mieux, d’ailleurs,  par le rejet, la disqualification, de ceux qui le refusent.

C’est Juppé qui veut un large rassemblement qui exclut les extrêmes, c’est Valls qui espère que l’esprit de la manif va continuer à formater la société française. Et lui faciliter la tâche d’organiser la régression sociale. C’est Hollande, intoxiqué par ses communicants, qui ose dire et prendre l’engagement « Charlie vivra ». En route pour l’esprit Charlie, pour l’Union Nationale et la Troisième Voie de sinistre mémoire, lisez Goebbels, Goering,  nom de nom. Pas de sexe, pas de genre, pas de polarisation politique. Pas de différences, tous sacrifiés, circulez y a rien à voir ou à critiquer.

Qui ne voit que c’est ce processus qui rejette un nombre de plus en plus considérable de nos concitoyens hors du politique, sans parole politique, sans représentation,  qui produit la violence et fait du combat dissymétrique, du terrorisme la seule issue. La massification  produit autant de terrorisme  que le dogmatisme religieux, les drones, les bombardements, les frappes sur les civils… 

Le fascisme s’est renouvelé, ce n’est plus au nom de la Nation ou de la Race que l’on massifie, que l’on nie les différences,  que l’on appelle au sacrifice, que  l’on sort du politique, non, c’est au nom de la Société Civile. On produit la Société Civile, oui, on la produit ! On la fabrique, on la structure par la propagande, par la nouvelle morale permissive, par les droits de l’hommisme, par l’idéologie de la consommation, par le dogmatisme de la modernité, par le terrorisme et son avatar sécuritaire  qui font serrer les rangs.

Eh oui! Le terrorisme a une fonction objective dans notre système. Dans ce nouveau Système de dépossession et de négation de la vraie citoyenneté, il aide à le construire.  Et les salauds le savent, qui l’utilisent.

Bruno Bertez Le 15 Janvier 2015

21 réponses »

    • Imaginons un instant que les manifestations pour Charlie aient fait un bide….
      Là il y avait lieu de s’inquiéter grandement.
      Nous ne sommes pas sous Mao, on ne peut forcer les gens à descendre dans la rue. Ils
      l’ont fait parce que l’esprit Charlie est dans la constitution non écrite de la France, cas très
      rare dans le monde. Et c’est pourquoi Charlie se vendait peu, c’était comme l’air qu’on
      respire, on le croyait inépuisable, inviolable.
      La puissance de la réaction n’a rien à voir avec un ordre donné, mais la manœuvre politicienne est claire: ces messieurs ne sont-ils pas payés pour ça? Pour sauter dans les trains en marche
      et les faire dérailler…Jamais manifestation n’a été aussi fracturée sous une apparence
      aussi consensuelle. Les seconds couteaux d’un côté (les patrons sont ailleurs), la nation de
      l’autre.
      Le sens profond des manifs était aussi un acte de défiance contre les « salauds » dont vous parlez,
      ceux qui construisent les possibilités de telles situations; sauf que la liberté d’esprit n’est pas
      récupérable, et son retour au premier plan n’a pas tardé à déplaire, à divers titres, dans le monde entier, sur ordre ou non finalement peu importe, c’est toujours la même misère.
      Heureusement ce jour là presque tout le monde était Charlie dans le pays.

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  1. Brillant, et bien plus encore. On se sent vivant lorsque l on peut encore reflechir. Merci pour ce vent frais sur les collines du desert

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  2. Bonsoir,
    « Nous sommes au cœur de la « modernité du fascisme » qui constitue notre horizon. »
    Oui, mais nous y sommes déjà. Déjà, avec toutes ses techniques éprouvées.
    Nouveau fascisme? Non! Simplement fascisme pur, optimisé, sans aucun paravent; plus besoin d’excuse. Le but c’est le pouvoir, en commençant par les cerveaux. Panurge.

    « On produit la Société Civile, oui, on la produit ! »
    Et l’optimisation est telle que c’est cette même Société Civile modelée qui le demande et s’en satisfait. Elle pense et agit exactement comme il lui est demandée de penser et d’agir.

    « On la fabrique, on la structure par la propagande, par la nouvelle morale permissive, par les droits de l’hommisme, par l’idéologie de la consommation, par le dogmatisme de la modernité, par le terrorisme et son avatar sécuritaire qui font serrer les rangs. »
    Elle se laisse fabriquer par vacuité intellectuelle.

    L’Évolution de l’Homme suit son cours inexorablement. La fitness (valeur sélective) n’a plus besoin du travail d’un organe qui consomme 20% de l’énergie totale au repos.
    Il suffit de lui fournir des comportements réflexes associés au système de récompense (cf. Wiki).

    « Je ne suis pas manipulable »…
    Bien sûr que si! Comme tout cerveau, il suffit de mieux le non-programmer. Pas de concepts sans mots associés et vice-versa. Simplifier les réponses possibles en blanc ou noir; jamais de gris. Réduire les échanges au minimum (un sms, un tweet ou un slogan ne permet aucune nuance: activité cérébrale réflexe).
    Après, l’important est juste la gaussienne de cette Société Civile et l’inaptitude individuelle à peser.

    C’est propre, lisse, aseptisé; imparable.
    Idiocracy

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  3. Merci Mr Bertez pour ces espaces, ces mots, ces idées, ces analyses, ces réveils et poils à gratter divers.

    Quant à moi, j’ai même évité ce fil de discussion : trop, trop. Trop d’opinions, trop d’émotions, trop de certitudes, ils n’avaient pas besoin de la mienne… Que faire lorsque même les voies de traverse s’engorgent ???

    Passent alors 2-3 jours, et puis Dieudonné bien entendu, 54 arrestations rapportées pour … délit … d’apologie du terrorisme ? (faites gaffe!)…

    L’incroyable ironie de ces Ubus royaux, qui passe sans un rôt, parce que TOUT passe.

    Et puis une image. Venue de l’Est. Une image qui résume à merveille vos propos, la situation, le cancer :

    http://novorossia.today/des-journalistes-allemands-on-nous-a-trompes-les-leaders-ne-marchaient-pas-a-la-tete-du-peuple-a-paris-ils-defilaient-dans-une-ruelle-bien-gardee/

    Allez, c’est pas tout ça, mais mon cassoulet est prêt et avec ce petit -18o dehors, il ira merveilleusement bien avec ce petit Côte-du-Ventoux charnu et moelleux à souhait.

    Je vous laisse sur cette réflexion qui me laisse songeur : « le problème, le vrai problème, ce n’est pas qu’ils nous prennent pour des cons. Le vraie problème c’est que ça marche ».

    À la nôtre !!!

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  4. Je ne dirais qu’un mot: merci!
    Merci M. Berthez de chaque jour nous rappeler que celui qui n’entend qu’une cloche n’entend qu’un son. Jai le souvenir d’une pub d’Europe 1 (me semble t’il) qui demandait: l’important pour vous c’est qu’on vous donne l’information ou qu’on vous la commente ? j’ai toujours entendu cela comme  » qu’on vous explique ce que vous devez en penser » Merci, donnez moi l’info, pour ce que je dois en penser je me tricote mes opinions a la main…
    Merci M. Berthez, chaque jour, vous partagez avec nous un « autre regard » sur l’actualité. C’est la plus grande richesse.

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  5. Je me reconnais parfaitement dans le propos de Bruno Bertez et je suis persuadé que nous serons nombreux à réagir ainsi,(peut-être plus de 4 millions ?…), qui refusent les injonctions actuelles faites à tous, à vouloir guider nos actes et nos pensées. J’ai 65 ans et pense n’avoir jamais démérité en quoi que ce soit, me considère comme un honnête « citoyen » si tant est que ce vocable ait encore un sens…
    Je constate avec effroi, que jamais je n’ai ressenti un malaise aussi profond que depuis l’apparition du slogan « je suis Charlie ». Cet article m’a fait du bien car m’a conforté dans tout ce que j’ai pu éprouver ces derniers jours sans même oser en parler tant les pressions de toute part ont essayé de culpabiliser ceux qui n’iraient pas dans ce sens…
    Je ne me suis pas allé manifester et ne me reconnais aucunement dans le slogan à la mode…, et ce,depuis le début.
    Il est temps que ceux qui ont réagi ainsi le fasse savoir et montrent qu’ils ne sont pas prêts à accepter cette forme de fascisme qui se dessine actuellement , et ce bien sûr au nom de la liberté de penser !

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  6. L’empathie est le propre de l’être humain c’est sa force et sa faiblesse ! à lire Psychologie des foules « Gustave Le Bon » 1894 toujours d’actualité

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  7. J’adore le dessin de Amad+Vilv1, à la hauteur de votre prose.
    C’est lyrique, euphorisant comme une marseillaise.
    « Défiler derrière des salauds est un acte politique », comme vous lire .
    Quelques îlots de lucidité dans cette mer de suivisme…
    Je m’emporte, je m’emballe !
    Je me suis régalé de votre prose comme celle de Lordon hier, et de …
    J’ai contribué à rendre d’un Olivier millionnaire.J’ai visionné quelques « je ne suis pas Charlie ». Notamment celle d’un africain qui nous rappelait que chez lui ce n’est pas 12+epsilon , mais des milliers. Que nous réagissions parce que apeurés , étonnés que la guerre ait des effets tout près de nous, chez nous !
    Un journaliste anglais écrit qu’on ne peut pas s’isoler de la guerre, Paris est une leçon.

    Encore un coup de gueule à propos de cette photo cadrée large, montrant nos bergers entre eux, loin du bétail. On comprend les soucis de sécurité.Mais çà pue la manipulation.

    Enfin, prenons aux sérieux la chasse à « ceux qui ne sont pas Charlie ».
    Ceux qu’il faudra repérer, qui balancent sur internet, traiter et réintégrer.
    Même si nous ne faisons pas d’apologie d’actes de violence, c’est nous aussi çà, hein ?
    Prison, hôpital spy, Guantánamo ? Ceux du cirque veillent !
    Nos IP, nos alias , nos commentaires sont enregistrés pour le jour où .

    Lors du dernier référendum, nous avons vu le coté démocrate de nos bergers.
    Nous allons bientôt voir leurs vrais visages. Et là, ils vont vraiment nous faire peur !

    PS : je n’ai pas changé d’alias (pat-mail) depuis 2005.

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  8. Je suis inspiré, je me lache allez :
    Le pigeon, le pigeon c’est un signal .
    Il est oint par le seigneur (1). Alléluia

    (1)Gave

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  9. à Bruno,à The Wolf,à vous tous

    Une de mes filles a vu une de ses amies se faire »incendier »,c’est en Haute-Savoie,mais ça pourrait être n’importe où,parce qu’elle à dit : »Je ne suis pas Charlie »
    Elle leur a ensuite expliqué qu’elle suivait le Blog à Lupus
    Et a fourni les explications qu’on peut y déduire 🙂
    s’en est suivie une interrogation générale.et des comportements beaucoup plus « civilisés »

    -J’aurais dû en parler plus tôt mais on n’est pas toujours disponibles
    L’information n »est qu’une goutte d’eau
    mais elle prouve que l’écoute du Blog dépasse largement le Pré Carré de la Finance
    Bien joué
    ça doit permettre,raisonnablement,d’ESPERER
    Bonne soirée

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  10. Une chose est de penser, et une autre la capacité de le dire. C’est dans ce sens que « j’entends » le mot « avocat », celui qui parle pour. Pour celui auquel talents ou connaissances manquent. Ou bien celui qui n’a pas accès à l’oreille de celui qui devrait l’entendre.
    Ils se gargarisent de valeurs à longueurs de journées… nos valeurs… les valeurs de la république! Mais dans la bouche de deux j’ai entendu « honnêteté », droiture, intégrité: Poutine et Bruno Berthez.
    Le discours de Poutine au Club Valdaï est représentatif.
    J’aimerai dire qu’une recherche (dans la Bible) à propos d’un article sur l’or – je pensais à un passage ou les gens jetaient l’or par les fenêtres – ma conduit à une série de versets sans rapports avec ma requête. Mais en rapport avec l’actualité! Dans le livre d’Essai, l’annonce d’une peuplade envahisseurs, une peuplade qui n’a rien à foutre du fric et de nos valeurs… Ca décoiffe! Or, vouant citer un de ces passages pour commenter une article de lesObservateurs.ch , j’ai décidé de lire tous les passages signalés jusqu’à la fin du livre. Et, tenez-vous bien, ça finit bien!
    Merci Monsieur Berthez!

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  11. Toujours aussi brillant dans l’analyse.
    Merci.

    Un mot sur vos excuses.
    En anecdote….
    Quand j’ai fait mon service national, mon adjudant m’a dit ;
     » Il n’y a que les faibles qui s’excusent », « suivi de, « on peut avoir des regrets, mais jamais de remords ».

    En aparté
    J’ai une citation que j’emploie régulièrement.
    « Il vaut mieux être un con qui le sait qu’un con qui s’ignore ».

    et je finirai par une incontournable d’Audiard ;
    « J’ai divisé la société en deux catégories: mes amis ou mes cons à moi et les cons des autres que je ne supporte pas. »

    Pourquoi s’excuser des réalités ?

    Pour finir, je ne partage pas votre notion du fascisme.
    Nous sommes plutôt en période de totalitarisme.
    Economique, financier, et politique par la Dominance.
    Elle a le bénéfice de l’immunité d’expression et l’acuité de nous conduire par les lois au….. fasicme version 3.0.
    La tolérance ne sera alors reconnue que par comportements autorisés, l’expression ne sera libre que si elle suit celle dictée, la liberté n’aura comme sens que celle qui sera accordée et penser ne sera toléré qu’a condition de suivre l’unique et légiférée.

    Encore merci pour votre vision, partagée.

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