Art de la guerre monétaire et économique

La situation en Grèce m’inquiète(C. Gave)/ Jacques Attali en plein délire constructiviste/ La Grèce : un client juteux pour la banque Lazard après Goldman Sachs ?/ L’arme la plus dangereuse de la Grèce n’est pas financière

Je ne peux pas m’empêcher d’avoir une certaine tendresse pour Syriza, le nouveau parti au pouvoir en Grèce, et pour une raison toute simple.Le nouveau premier ministre dit tout simplement la vérité. Ce qu’il dit est simple : Vous pouvez faire tourner n’importe quel modèle (Excel ou n’importe quel autre) en introduisant les hypothèses raisonnables que vous souhaitez sur des choses telles que les taux d’intérêts, le taux de croissance du pays, la pression fiscale et en aucun cas le pays ne sera capable de rembourser sa dette ou même de la servir.

Tsipras qui est en charge maintenant fait donc l’analyse qu’il faut partir de la réalité et ramener la dette Grecque à  un niveau ou cette dette pourrait être servie et remboursée tandis que l’économie pourrait à nouveau croitre. En cela, il rejoint la Parabole de l’Intendant Malhonnête des Evangiles qui va voir chacun des débiteurs de son Maitre pour leur demander COMBIEN chacun pouvait rembourser et une fois que cette somme a été payée, toutes les dettes anciennes furent annulées.

Ce que dit le Christ est tout simple : il vaut mieux avoir 50 % de quelque chose que 100 % de rien du tout, et il vaut mieux procéder ainsi que de transformer ses débiteurs en esclaves. Aprés tout, la productivité des esclaves est notoirement faible…et ils aiment rarement ceux qui les ont mis en esclavage.

C’est ce que les USA ont fait avec l’Allemagne en 1953, remettant 50 % de la dette allemande.

Ce que dit Tsipras est donc assez simple.

La dette Grecque a été accumulée de façon frauduleuse par des bandits de grand chemin, avec la complicité de toutes les autorités Européennes.

Par exemple, jamais la Grèce n’aurait du rentrer dans l’Euro et tout le monde savait que les chiffres  étaient  manipulés avec l’aide de la plus grande banque d’affaires Américaine. Remarquons que cette même banque a rendu le même service au gouvernement Italien à la même époque, ce qui n’était pas un service à rendre a l’Italie.Une fois la Grèce dans l’Euro, avec leur flair habituel, les grandes banques Françaises ou Allemandes  se précipitèrent pour développer la bas  leurs activités de prêts.Lorsque  la catastrophe se produisit en 2011, les pertes potentielles de ces banques étaient tellement gigantesques que leur survie était en jeu.Une opération de sauvetage fut montée à la hâte,   non pas pour sauver la Grèce, mais bien pour sauver les banques.

La perte potentielle de ces banques fut transférée aux autres Etats Européens ou a la BCE, ce qui libéra ces chères, très chères banques du boulet qu’elles s’étaient elles mêmes attaché à  la cheville.Et un plan type IMF fut mis en place pour contrôler l’économie grecque.Or ces plans ont toujours les mêmes caractéristiques:

-Hausse des impôts;

-Baisse des dépenses publiques

-Privatisations

Il manquait un léger élément à ce plan fort habituel, présenté par notre DSK national : une dévaluation.

Dans tous les autres plans  précédents, imposés à l’Indonésie à  la Corée,  ou à  l’Argentine, comme le but était de faire baisser la demande intérieure jugée excessive, la contrepartie normale était toujours de stimuler  les exportations en dévaluant massivement la monnaie locale.Mais voila, quand vous faites partie de l’Euro, toute dévaluation devient impossible.Contraction interne et contraction externe s’additionnèrent.

Et l’inévitable se produisit : l’économie Grecque entra en dépression et le PIB Grec se contracta massivement.Et la dette en pourcentage du PIB explosa.La Grèce est dans une trappe à  dette d’anthologie ou dans tous les cas de figure, la dette augmente plus vite que la richesse créée.Monnaie surévaluée,  demande interne en effondrement constant, la situation rappelait fâcheusement celle de la France en 1934 (déflation Laval), qui se termina comme chacun le sait par l’arrivée du front populaire et une solide dévaluation.

Et c’est ce que dit Tsipras

Ce qui nous amène à la situation actuelle.

Puisque la dévaluation est impossible, puisque la baisse de la demande interne a atteint ses limites humaines, le plus simple serait de se mettre autour d’une table et de procéder à un cout de rabot considérable sur la dette GrecqueOui mais voila : Si on le fait l’Italie, l’Espagne, le Portugal, l’Irlande vont demander la même chose et là,  à nouveau les banques allemandes et Françaises seraient en grande difficultés et nombre d’institutions publiques, dont la BCE devraient prendre des pertes gigantesques.

La situation est donc bloquée.

  • D’un coté, la Grèce, le débiteur qui ne peut pas payer.
  • De l’autre l’Allemagne le créditeur qui ne peut pas remettre sa dette à  un petit débiteur parce qu’il serait obligée de la remettre à  tout le monde, ce qui mettrait en danger tout son système financier.

Il n’a que deux possibilité de sortie à ce système binaire.

  • Ou le gouvernement Grec se couche
  • Ou la Grèce quitte l’Euro.

Les nouveaux politiciens Grecs ont fait le tour de toutes les capitales en expliquant la situation. La BCE vient de leur répondre en suspendant partiellement les lignes de crédit aux banques Grecques, signifiant qu’il n’y avait rien à négocier.

Il reste au nouveau gouvernement Grec à se coucher. 

Je ne sais pas pourquoi, je n’y crois pas trop. 

Note de l’auteur:

La presse  Internationale  a largement répercuté cette lettre envoyée au journal Allemand Handelsblatt par le nouveau Premier Ministre Grec. Je ne suis pas un lecteur aussi attentif que je devrais l’être de la presse française, mais je n’ai vu nulle part la traduction de cette missive. J’ai donc pensé qu’il serait bon que les lecteurs de l’IDL aient connaissance du point de vue de SYRIZA, qui a mon avis est loin d’être aussi extrémiste que nous le disent les journaux Français. La réalité est simple : La situation Grecque devient de plus en plus alarmante, et personne n’a le moindre espoir que la dette Grecque ne soit jamais remboursée. Le sauvetage de la Grèce en 2001- 2012 n’a été en fait qu’un sauvetage des banques Allemandes ou Françaises qui s’étaient engagées de façon inconsidérée dans ce pays et après ce « sauvetage » la dette Grecque en pourcentage du PIB a explosé. Les autorités Européennes, terrifiées par l’émergence de Podemos en Espagne ont sans doute décidé de faire de la Grèce un exemple. Je crains que cette politique du pire ne soit la pire des politiques.

En tout état de cause, chers lecteurs, lisez cette lettre et faites moi part de vos réactions et commentaires.

La discussion est ouverte.    

Charles Gave 

«Lettre ouverte» d’Alexis Tsipras aux citoyens Allemands sur ce qu’on ne leur a jamais dit sur la dette Grecque

Alexis Tsipras, le nouveau premier ministre de la Grèce, a envoyé ce courrier, juste avant les élections grecques, au journal Allemand Handelsblatt. 

« Chers lecteurs de Handelsblatt, 

Je sais d’avance que la plupart d’entre vous ont probablement une opinion déjà formée sur le contenu de cette lettre. Je vous invite, cependant, à la lire sans préjugés. Les préjugés n’ont jamais été un bon conseiller, et encore moins à un moment où la crise économique les renforce, en entretenant l’intolérance, le nationalisme, l’obscurantisme, et même la violence. 

Avec cette lettre ouverte, je souhaite vous exposer une version différente de celle qui vous a été fait au sujet de la Grèce depuis 2010. Et je tiens aussi et surtout à exposer avec franchise les projets et les objectifs de SYRIZA, si le 26 Janvier par le choix des électeurs devient le nouveau gouvernement grec. 

En 2010, l’État grec n’était pas en mesure de servir sa dette. Malheureusement, les dirigeants européens ont décidé de faire croire que ce problème pourrait être surmonté par l’octroi du plus grand prêt jamais consenti à un état, sous condition que certaines mesures budgétaires seraient appliquées, alors que celles-ci, manifestement, ne pouvaient que diminuer le revenu national destiné au remboursement des nouveaux et anciens prêts. Un problème de faillite a été donc traité comme s’ il s’ agissait d’un problème de liquidité. En d’autres termes, l’attitude adoptée, était celle du mauvais banquier qui, au lieu d’admettre que le prêt accordé à la société en faillite a « sauté », il lui accorde des prêts supplémentaires, prétextant que les anciennes dettes restent servies et prolonge ainsi la faillite à perpétuité. 

Il s’agissait pourtant d’ une question de bon sens de voir que l’application de la doctrine «extend and pretend» [étendre les maturités de la dette et prétendre que payer les intérêts ne pose aucun problème] dans le cas de mon pays aboutirait à une tragédie. Qu’au lieu de stabiliser la Grèce, l’application de ce dogme installerait une crise autoalimentée qui sape les fondations de l’UE. 

Notre parti, et moi-même, nous nous sommes opposés à l’accord de prêt de mai 2010, non pas parce que l’Allemagne et nos autres partenaires ne nous ont pas donné assez d’argent, mais parce que vous nous avez donné beaucoup plus d’argent que ce qu’il fallait et que nous pouvions accepter. De l’argent qui par ailleurs ne pouvait ni aider le peuple grec puisqu’il disparaissait aussitôt dans le trou noir du service de la dette ni arrêter l’alourdissement continu de celle-ci, obligeant de la sorte nos partenaires prolonger ce fardeau à perpétuité aux frais des citoyens. 

Et cette vérité était bien connue par les gouvernants allemands, mais ils n’ont jamais voulu vous la dévoiler. 

Et en effet, et avant même que la première année ne se soit écoulée et depuis 2011, nos prévisions ont été vérifiées. L’enchaînement des nouveaux prêts aux réductions drastiques des dépenses a non seulement échoué à dompter la dette, mais il a par surcroît puni les citoyens les plus faibles, en transformant les citoyens ordinaires qui avaient un emploi et un toit à des chômeurs sans-abri qui ont tout perdu, de plus, leur dignité. 

L’effondrement des revenus a conduit à la faillite de milliers d’entreprises, augmentant ainsi le pouvoir oligopolistique des entreprises qui ont survécu. De ce fait, les prix diminuaient moins que les revenus tandis que les dettes, publiques et privées, ne cessaient de s’alourdir. Dans ce contexte, où le déficit d’espoir a dépassé tous les autres déficits «l’œuf du serpent » n’a pas mis longtemps pour éclore – et les néo-nazis ont commencé à patrouiller les quartiers en semant la haine. 

Malgré son échec manifeste, la logique de «extend and pretend» continue à s’appliquer systématiquement encore aujourd’hui. Le deuxième accord de prêt de 2012, a ajouté une charge supplémentaire sur les épaules affaiblies de l’état grec, en réduisant les fonds de pension, en donnant un nouvel élan à la récession, en finançant aussi une nouvelle kleptocratie avec l’argent de nos partenaires. 

Des commentateurs sérieux ont parlé récemment de stabilité et même de croissance à propos de mon pays pour « prouver » que les politiques appliquées ont été efficaces. Aucune analyse sérieuse ne soutient cette «réalité» virtuelle. L’ augmentation récente de 0,7% du revenu national réel ne marque pas la fin de la récession mais sa poursuite, puisqu’elle a été réalisée dans une période d’inflation de 1,8%, ce qui signifie que (en euros) le revenu national a continué de baisser. Simplement, il diminue moins que la moyenne des prix – tandis que les dettes augmentent.

 Cet effort de mobilisation des «statistiques grecques», pour démontrer que l’application de la politique de la troïka est efficace en Grèce, est outrageant pour tous les européens qui ont enfin le droit de connaître la vérité. 

Et la vérité est que la dette publique grecque ne peut pas être honorée tant que l’économie sociale grecque se trouve en situation de simulation de noyade budgétaire (fiscal waterboarding). 

En outre, persévérer dans ces politiques  sans issue, dans le refus de reconnaître une simple question d’arithmétique, coûte au contribuable allemand et condamne en même temps un peuple fier à l’indignité. Et le pire: de cet fait, les Grecs se retournent contre les Allemands, les Allemands contre les Grecs, et l’idée d’une Europe Unie Démocratique est offensée cruellement. 

L’Allemagne, et plus particulièrement le contribuable allemand qui travaille dur n’a rien à craindre d’un gouvernement SYRIZA. Au contraire. Notre objectif n’est pas d’entrer en conflit avec nos partenaires. Notre objectif n’est pas d’obtenir des prêts supplémentaires ou un blanc-seing pour de nouveaux déficits. Notre objectif est la stabilité économique, des budgets primaires équilibrés et, bien sûr, la cessation des saignées fiscales opérées sur les contribuables depuis quatre ans par un accord de prêt inadéquat aussi bien pour la Grèce que pour l’Allemagne. Nous exigerons la fin de l’application du dogme «extend and pretend» non pas contre le peuple allemand, mais pour le bénéfice de nous tous.

Je sais, chers lecteurs, que derrière les demandes d’une «stricte application des accords» se cache la peur que « si nous laissons les Grecs faire ce qu’ils veulent, ils vont refaire le même coup». Je comprends cette inquiétude. Mais ce n’était pas SYRIZA qui a érigé en institutions dans mon pays la collusion des intérêts privés et la kleptocratie qui feignent de se soucier de l’observation «des accords» et des réformes puisque celles-ci ne les affectent pas, comme le démontrent les quatre dernières années des réformes engagées par le gouvernement Samaras sous la direction de la troïka. Nous, nous sommes prêts à entrer en conflit avec ce système afin de promouvoir des réformes radicales au niveau du fonctionnement de l’état, en établissant la transparence de l’administration publique, la méritocratie, la justice fiscale, la lutte contre le blanchissement d’argent. Ce sont ces réformes que nous soumettons à l’appréciation de nos citoyens aux prochaines élections. 

Notre objectif est la mise en place d’ un New Deal pour l’ensemble de la zone euro qui permettra aux grecs comme à l’ensemble des peuples européens de respirer, de créer, de vivre avec dignité. Avec une dette publique socialement viable. Avec une croissance qui est stimulée par des investissements publics financés – seul moyen de sortir de la crise – et non pas par la recette échouée de l’austérité qui ne fait que recycler la récession. En renforçant la cohésion sociale, la Solidarité et la Démocratie. 

Le 25 Janvier en Grèce, une nouvelle opportunité surgit pour l’Europe. Ne ratons pas cette chance ». 

Alexis Tsipras

SOURCE ET REMERCIEMENTS: INSTITUT DES LIBERTES 

http://institutdeslibertes.org/crise-grecque-le-point-de-vue-de-syriza/

Jacques Attali en plein délire constructiviste

attali-gouvernance-mondiale« Penser le monde comme un pays »… Alors que les conditions semblent réunies pour que tout s’améliore, la croissance est introuvable, le chômage et les inégalités explosent… Que se passe-t-il donc ? Jacques Attali croit avoir la réponse : C’est que l’économie est UNE tandis que les Etats et les gouvernements sont PLUSIEURS, et que chacun d’eux fait sa cuisine dans son coin. Cela « crève les yeux », non ? C’est d’ailleurs pour cette raison que personne ne le voit… Attali nous refourgue ici sa camelote mondialiste, qu’il présente d’ordinaire ainsi : « Aujourd’hui le marché est mondial mais les démocraties sont encore nationales ; il faut donc une démocratie mondiale ». Sauf que cette brillante notion de démocratie mondiale n’a aucun sens, toute démocratie étant par définition associée à un peuple. Faire du monde un seul pays, une seule démocratie c’est bâtir un empire par la force… Même l’Union européenne, « premier Empire non impérial » selon José Barroso, est un échec car elle nie la réalité des peuples et des nations, qu’elle cherche à dissoudre. Et puis enfin, Monsieur Attali, qui dirigerait votre gouvernement mondial, votre banque centrale mondiale, votre monnaie mondiale ?  Une toute petite minorité bien sûr, cette oligarchie de la finance mondiale qui se goinfre en pillant les richesses de la planète… OD

« L’économie du monde semble aujourd’hui incompréhensible : alors que tous les facteurs classiques de la croissance sont réunis (la population mondiale augmente, le progrès technique est gigantesque, l’épargne disponible est considérable, la liberté des échanges plus grande que jamais),  la croissance ralentit partout, sauf aux États-Unis pour le moment.  Et partout, même aux États-Unis, le chômage réel atteint des records, les  investissements s’essoufflent, les inégalités, surtout aux États-Unis, sont plus grandes que jamais.  Et la récente publication  de la valeur extrêmement basse du Baltic Dry Index,  (indice qui mesure le volume du transport en fret des matières premières,  et qui annonce depuis longtemps l’imminence des crises) a confirmé la tendance à la dépression et  semé la panique dans le petit milieu des traders.
Face à cette situation, aucune action classique ne semble fonctionner : les taux d’intérêts sont au plus bas ; les banques centrales déversent des sommes infinies dans le système bancaire ; les gouvernements font des déficits record.  Rien n’y fait. Rien ne démarre. Tout ralentit.  Même les prix.
De quoi souffre le monde ? Comment expliquer que ses formidables potentialités ne sont pas mises en mouvement ?  Les économistes, les sociologiques, les politologues du monde en débattent à l’infini sans qu’aucune réponse convaincante ne s’impose. Et sans que personne ne propose une nouvelle solution crédible.
Il est pourtant urgent de comprendre et de trouver une façon d’agir. Sinon, l’économie mondiale va plonger dans une  dépression globale aux conséquences politiques ravageuses : on verra, on voit déjà,  des partis extrêmes prendre le pouvoir et la démocratie être remise en cause, par des gens qui justement prétendent parler en son nom.
La réponse, pour moi, crève les yeux, même si peu de gens veulent l’admettre : L’économie mondiale est désormais une économie unique. Et on ne peut la comprendre en juxtaposant les analyses des  économies nationales et de leurs échanges. Il faut penser le monde comme une économie unique ; comme un pays. Mais un pays sans règle de droit ni  État régulateur.
Et une  telle économie, qui n’a jamais existé dans le réel jusqu’aujourd’hui, ne peut, selon toutes les théories existantes, que conduire à un sous-emploi des facteurs de production, c’est-à-dire à une insuffisance de la demande. Et aucun État régulateur n’est là pour la  compenser. Autrement dit, le  monde souffre de ne pas disposer d’outil capable de créer une  demande à l’échelle mondiale.
La solution idéale serait donc de créer une Banque Centrale mondiale,  avec une gouvernance démocratique, avec une monnaie mondiale, capable de déverser des ressources massives sur le monde. Sous forme de monnaie, ou sous forme d’investissements dans les secteurs de l’économie durable.
La solution médiane serait de demander aux gouvernements du G20 de se mettre d’accord pour relancer massivement des investissements publics, par des emprunts massifs, forcés si nécessaires, auprès des grands détenteurs de capitaux.
La solution la plus conforme aux intérêts des jeunes et des salariés serait d’augmenter massivement tous les salaires du monde, et d’accepter l’inflation. La plus conforme aux intérêts des détenteurs des capitaux  et des séniors seraient de faire monter massivement les Bourses pour créer de la demande par revalorisation des patrimoines.
Rien de tout cela n’aura lieu, évidemment. Donc, le plus vraisemblable est que chacun voudra continuer à le faire dans son coin, quitte à s’isoler des autres. Mais quiconque créera  une demande seulement chez lui, en augmentant massivement les salaires ou les dépenses publiques,  deviendra  rapidement dépendant de ses importations, sa monnaie s’effondrera. Les États-Unis peuvent le vouloir, comme, à l’autre bout du spectre, les Grecs. Cela les  conduira au protectionnisme, à la fragmentation, à la guerre.
Il est à la mode de dire qu’il faut penser le monde comme un,  à propos du climat et de réussir la conférence qui en traitera. Pourtant, s’il est une conférence mondiale urgente, c’est plutôt  celle qui réformerait le FMI pour le rendre plus démocratique et  lui donner tous ces pouvoirs.  Car si le monde n’agit pas rapidement  sur l’économie, le problème de l’émission de gaz à effet de serre sera  bientôt réglé de la façon la plus simple : personne n’en produira plus ».

Le blog de Jacques Attali, le 2 février 2015

https://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2015/02/08/jacques-attali-en-plein-delire-constructiviste/

La Grèce : un client juteux pour la banque Lazard après Goldman Sachs ?

Elisabeth Studer – 02 février 2015 – www.leblogfinance.com


La Grèce, un « client » très rentable pour les banquiers du monde entier ! Alors que la sulfureuse banque Goldman Sachs avait « offert » ses services à Athènes dans le cadre de ce qui pourrait bien ressembler à un pacte avec le diable, le ministère grec des Finances a annoncé samedi avoir choisi la banque franco-américiane Lazard pour conseiller le gouvernement sur sa dette. Dette d’un montant pour le moins conséquent qu’Athènes souhaite effacer en grande partie d’un coup d’éponge magique.

« Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, annonce qu’il charge la société de conseil financier Lazard de conseiller le ministère des Finances sur la dette publique et la gestion de la politique fiscale », indique ainsi un communiqué.

Interrogé vendredi sur la radio BFM Business, Matthieu Pigasse, vice-président de Lazard en Europe, avait d’ores et déjà fourni des éléments sur la politique qui pourrait être menée par l’établissement, et ce, alors même que le choix de la banque n’avait pas été officialisé.

« Cette restructuration est absolument nécessaire. Elle est non seulement nécessaire mais elle est possible », a estimé vendredi Matthieu Pigasse.   »Je pense qu’il faut réduire de moitié la dette détenue par les institutions publiques en Grèce », a-t-il ajouté.

Le vice-président de Lazard a ainsi préconisé une réduction de 50 % de la dette détenue par des créanciers publics, soit une réduction d’environ 100 milliards d’euros sur les 320 environ que représente cette dette (quelque 175% du PIB grec).

Rappelons que lors de la restructuration de la dette grecque, en 2012, seule la dette privée avait été restructurée et non celle détenue par l’UE et le FMI. « Sur les 320 milliards et quelque de dette, 75% est détenue par des mains publiques » a tenu à rappeler le vice-président de Lazard. Selon lui, « la restructuration doit porter sur cette dette publique », laquelle représente environ 200 milliards d’euros.

Au final, d’après ses estimations, cette opération devrait permettre à la Grèce de retrouver « un ratio dette sur PIB acceptable, aux alentours de 100 à 120% du PIB ».

« Il y a toute une panoplie de solutions possibles: l’allongement des maturités, la baisse des taux d’intérêt et une solution beaucoup plus radicale qui est ce qu’on appelle un ‘haircut’, un abattement de la dette », a-t-il argumenté.

Mais une phrase loin d’être anecdotique devra retenir toute notre attention. Le vice-président de Lazard a en effet indiqué que « la Grèce est devenue le laboratoire de ce que peut être l’Europe demain ». Propos prémonitoires ou stratégie bien ordonnée des banquiers proches des Etats-Unis ?

Rappelons que la banque Lazard a d’ores et déjà été associée au dossier grec, puisque qu’elle a conseillé le pays de 2010 à 2012, et plus particulièrement en 2012 lors de l’opération de restructuration de la dette privée grecque. Depuis, la banque franco-américaine a participé à des opérations de privatisation d’entreprises publiques grecques. Elle est également conseiller du fonds de restructuration bancaire.

Vendredi, Matthieu Pigasse a également concédé que dans le cadre de la première restructuration de la dette grecque, Lazard avait gagné une vingtaine de millions d’euros.

Rappelons par ailleurs qu’en février 2010, alors que certaines rumeurs laissaient entendre que des banques américaines – et non des moindres – pourraient être derrière les spéculations visant la Grèce, le New York Times avait affirmé de son côté que des banques de Wall Street – telles que Goldman Sachs – auraient usé d’instruments financiers complexes en vue « d’aider » Athènes à dissimuler l’ampleur de sa dette.

Des montages, précisait le journal,  « de même ordre que ceux qui ont été à l’origine de la crise financière outre-Atlantique ».

Selon le New York Times, citant « des personnes au courant de la transaction », un montage élaboré par Goldman Sachs aurait ainsi permis en 2001 d’aider le gouvernement grec à emprunter des milliards. Un « soutien » qui serait intervenu quelques temps après l’adhésion d’Athènes à l’Union monétaire européenne.

Goldman Sachs n’ayant rien d’un philanthrope, la banque aurait rémunéré ses « services » à hauteur de quelque 300 millions de dollars. C’est en tout cas ce qu’affirmait alors le NYT citant « plusieurs banquiers au courant de la transaction ».
Certains affirmaient également alors que des banques US pourraient tirer les ficelles, histoire de plomber la zone euro. ….. et de pouvoir proposer à terme à la Grèce des emprunts à des taux prohibitifs.

Quant aux liens entre la banque Lazard et Goldman Sachs, rappelons que Goldman Sachs a dirigé l’opération d’introduction de Lazard à la Bourse de New York le 5 mai 2005, en tant que chef de file du syndicat de placement des actions.

Sources : RFI, Reuters,AFP

http://www.leblogfinance.com/2015/02/la-grece-un-client-juteux-pour-la-banque-lazard-apres-goldman-sachs.html

L’arme la plus dangereuse de la Grèce n’est pas financière

Le problème grec n’est pas qu’économique, et pour cette raison, les dirigeants européens seraient bien avisés de trouver des concessions à accorder au gouvernement du Premier ministre Tsipras, avertit Bettina Schulz dans Die Zeit:

3 réponses »

  1. Attali est tout a fait ce que l’on attend de lui, un excellent economiste qui pose les bonnes questions et reçoit de la part des auditeurs du crédit intellectuel de ce fait,
    et un « chaouche » (larbin) du Nouvel Ordre Mondial en donnant les mauvaises réponses lesquelles lui sont soufflées par ses maîtres qui lui donnent 30 deniers de crédit.

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  2. Tandis que les « dirigeants » européens (tels que M.Moscovici) ne cessent de tenir des propos on ne peut plus lénifiants et infondés sur la Grèce prétendument tirée d’affaire les statistiques comptables,économiques,sociales,démographiques indiquent quant à elles une situation réellement catastrophique.Un tiers de la fraction la plus jeune de la population (15/29 ans)a définitivement quitté le pays !Le taux d’endettement,après une austérité inédite (dans l’histoire récente de l’humanité)reste aujourd’hui de 188% du P.I.B. preuve de la totale inefficacité des plans imposés par la fameuse « troïka ».Le bilan est très négatif pour les Grecs comme pour la Grèce.Les politiques menées tambour battant depuis une dizaine d’années dans le berceau de la démocratie occidentale ont eu des effets désastreux sur les STRUCTURES du pays en l’appauvrissant dramatiquement.Pourquoi ne dit-on pas cette vérité honnêtement ?Pourquoi ce beau pays ne rompe-t-il pas définitivement avec la zone euro en faisant défaut sur sa dette ?L’intérêt des peuples-et donc du peuple grec-doit primer sur l’intérêt des rentiers et des oligarques européens.


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