Art de la guerre monétaire et économique

Pause solennelle Par James Howard Kunstler/ L’éclairage de la BRI sur la chute du pétrole/ Pourquoi le pétrole pourrait rester bas pendant encore longtemps…/ Pétrole: les coûts de production créent un plancher à la baisse

Pause solennelle Par James Howard Kunstler

Les évènements se déroulent désormais plus rapidement que nos cerveaux n’arrivent à les suivre.  N’est-il pas merveilleux que le prix de l’essence à la pompe soit un dollar moins cher qu’il y a un an ? Beaucoup d’idiots peu clairvoyants festoient, inconscients du fait qu’un pétrole peu cher détruit la capacité pour les sociétés de livrer du pétrole dans le futur, quel qu’en soit le prix. Les puits de pétrole de schiste dans le nord du Dakota et au Texas, le projet Tar Sand dans l’Alberta et les forages pétroliers en eau profondes aux Etats-Unis comme à l’étranger ne sont pas économiquement rentables  à 45 dollars le baril. Les puits de pétrole de schiste encore en opération continueront de produire pendant encore un an, mais il n’y en aura pas de nouveaux de creusés lorsqu’ils s’épuiseront – 50% des réserves sont produites la première année, et les puits se vident généralement sous quatre ans.

Il faut dire que la structure financière des exploitations de schiste était suicidaire depuis le départ. Les forages et les opérations de fracturation ont été financés par des obligations toxiques à rendement très élevé, ou si vous préférez, de l’argent emprunté à des « investisseurs ». Tout le monde s’est mis à forer et à produire sans relâche, mais même à 105 dollars le baril, personne ne pouvait tirer profit de ces opérations. Les investisseurs n’ont pas pu être remboursés, et beaucoup de prêts provenaient de carry-trades établis par les too big to fail, gonflés par d’importantes « marges ». C’est ce qui a permis aux investisseurs de prétendre avoir risqué bien plus gros qu’ils ne l’avaient fait en réalité. Tous ces instruments à effet de levier – ces paris – ont été garantis dans un enfer de produits dérivés non-régulés prétendant agir en tant qu’assurance contre les mauvais paris, mais qui en réalité ne peuvent jamais payer quoi que ce soit puisque l’argent qu’ils représentent n’est pas là (et ne l’a jamais été). Arrivent ensuite les appels de marge…

En clair, profitez d’un prix à la pompe de 2,50 dollars tant qu’il durera, parce que quand les réserves actuelles de pétrole de schiste se seront épuisées, ce sera terminé. Quand toutes ces obligations qui se tiennent debout sur leurs montagnes de produits dérivés s’effondreront, l’industrie du pétrole e schiste ne disposera d’aucun financement. Plus aucune obligation à rendement élevé ne sera émise, parce que les précédentes auront fait l’objet d’un défaut. Très peu de nouveaux puits seront forés. La production pétrolière américaine ne s’en retournera jamais à son niveau de 2014-15 (qui aura été le plus élevé de tous les temps après celui des années 1970. Le rêve d’une indépendance énergétique ira s’écraser au loin sur la berge des promesses brisées. Et tout ça n’est bien entendu qu’une partie de l’histoire, parce que des répercussions se feront aussi ressentir sur le plan social et politique.

La grande table du banquet des conséquences a été dressée. Le prochain chapitre de l’histoire du pétrole aura plus de chance de voir entrer en jeu la rareté qu’un simple rebond de prix. Le point de bascule sera la déstabilisation inévitable de l’Arabie Saoudite, qui devrait arriver cette année, après que le roi Abdullah ibn Abdilaziz, 91, fils d’Ibn Saoud, quittera son trône des soins intensifs pour aller les vierges et festins du Paradis. En parlant e festin, j’imagine que l’EIIL se réjouit à l’idée d’envahir une Arabie qui ne serait plus qualifiée de Saoudienne ! Les Saoudiens sont si effrayés qu’ils ont parlé la semaine dernière d’un projet de construction d’un mur digne de celui de Berlin le long de la frontière avec l’Irak. Voilà qui suscite l’idée ridicule d’un scénario à la ligne de Maginot dans lequel des envahisseurs masqués se contentent simplement de contourner l’obstacle. Dans tous les cas, l’Arabie Saoudite se désintègrera de l’intérieur à mesure que les princes et les clans se chamailleront pour son contrôle. Que feront ensuite les Etats-Unis ? Se précipiteront-ils dans la région ? Ne serait-ce pas là le seul moyen pour eux d’arranger la situation ? (voir American Sniper.)

A l’échelle domestique, il y aura aussi de quoi s’occuper. La prochaine fois que les marchés des actions et obligations et les too big to fail s’effondreront – et il y en aura une – les mécanismes de sauvetage seront bien plus massifs que les taux d’intérêt zéro et les QE de 2008-15. La prochaine fois, les fédéraux devront confisquer certaines choses, briser des promesses, et en trahir beaucoup. La question sera de savoir pendant combien de temps le public pourra le supporter. L’armement massif  des polices américaines  en cours est peut-être un début de réponse à la question de savoir comment le gouvernement gèrera le problème.

James Howard Kunstler Kunstler.com Publié le 06 février 2015

http://www.24hgold.com/francais/actualite-or-argent-pause-solennelle.aspx?article=6275718126H11690&redirect=false&contributor=James+Howard+Kunstler.&mk=2

L’éclairage de la BRI sur la chute du pétrole

Le poids des dettes a amplifié la chute des cours. Selon la Banque des règlements internationaux.

La forte chute des cours du pétrole ne s’explique pas uniquement par l’offre et la demande. Elle est également due au poids de la dette et aux instruments de couverture utilisés sur ce marché, a expliqué la Banque des règlements internationaux (BRI) dans une analyse publiée samedi dernier.

En 1996 et en 2008, les fortes corrections sur les cours de l’or noir s’expliquaient par une contraction importante de la consommation ou par une hausse significative de la production, ce qui n’est pas le cas dans le récent mouvement puisque la production est restée proche des attentes tandis que la consommation n’a été qu’un peu plus faible que prévu, ont argumenté les auteurs de l’étude.

La baisse des cours, compte tenu de son ampleur, n’est pas sans rappeler les mouvements observés sur les actifs financiers, dont l’évolution dépend des anticipations quant aux conditions futures de marché. A cet égard, la décision de l’OPEP de ne pas réduire la production a été un facteur clé de la baisse des cours, ont-ils poursuivi.

Selon eux, d’autres facteurs pourraient cependant avoir amplifié la correction, l’un d’entre eux étant la dette accumulée par les acteurs du secteur pétrolier qui ont multiplié les émissions d’obligations ces dernières années.

Toutefois, la baisse des cours réduit la valeur des actifs pétroliers utilisés pour garantir les emprunts, et a pour effet d’affaiblir leurs bilans, conduisant à un resserrement des conditions de crédit. De plus, la chute des cours pèse sur leurs flux de trésorerie, augmentant le risque de défaut pour le paiement des intérêts.

Le second facteur tient à l’abondance de liquidités qui a facilité le recours aux instruments de couverture sur les marchés dérivés par le biais de «swap dealers», les opérateurs sur contrats d’échange.

Pourquoi le pétrole pourrait rester bas pendant encore longtemps…

| | Chronique AGORA

En ce moment, on ne parle que de la chute des prix du pétrole. Pourquoi ?

Je vais vous révéler un peu plus loin certains éléments que vous ne connaissez probablement pas sur la façon dont sont fixés les prix du pétrole— une explication donnée par le seul homme qui semble avoir compris cela : Warren Mosler, ancien banquier et excellent gestionnaire de hedge fund. Warren Mosler est également un pionnier de l’école de la pensée macroéconomique appelée Théorie Monétaire Moderne, ou TMM.

Mosler a récemment écrit une série d’articles brillants sur les prix du pétrole.

Les Saoudiens sont les producteurs d’appoint du monde entier et ce sont eux qui fixent les prix. Ils fournissent les 9 à 10 millions de barils de pétrole brut d’appoint consommés quotidiennement

D’abord, il faut comprendre que les Saoudiens sont les producteurs d’appoint du monde entier et ce sont eux qui fixent les prix. Ils fournissent les 9 à 10 millions de barils de pétrole brut d’appoint consommés quotidiennement. « Les Saoudiens ne vendent pas au prix au comptant sur le marché. Ils fixent des prix pour leurs clients/raffineurs et les laissent acheter la quantité qu’ils veulent à ces prix-là, » explique Mosler. « Dernièrement, les prix qu’ils ont fixé l’ont été avec un écart constant par rapport à divers prix de référence, comme le Brent. »

Par conséquent, s’ils décident, comme ils l’ont fait, de vendre moins cher et de laisser les raffineurs acheter la quantité qu’ils souhaitent, cela fait chuter les prix pour tout le monde, car les acheteurs se réfèrent au prix des Saoudiens. Ces demandes exigent des fournisseurs qu’ils s’alignent sur ces prix ou qu’ils laissent du pétrole invendu tant que les Saoudiens peuvent satisfaire la demande. Autrement dit, le comportement de l’Arabie Saoudite crée une spirale descendante tant qu’elle continue de casser les prix.

Pendant ce temps, la demande de pétrole est restée stable comme le montre Mosler. Pour lui, on ne peut pas parler d’ »excès d’offre » mais plutôt d’une réaction aux prix fixés par les Saoudiens. Par conséquent, les prix du pétrole n’augmenteront pas jusqu’à ce que : 

1) Les Saoudiens augmentent leurs prix ou que
2) La demande physique augmente au-delà de la capacité des Saoudiens à augmenter leur production.

▪ Armez-vous de patience…
« Les Saoudiens ne réduisent jamais leur production » remarque Mosler. « Ils fixent les prix et laissent le monde acheter ce qu’il veut à leur prix. Personne ne semble savoir cela. Tout comme personne ne demande jamais s’ils vont augmenter les prix. »

Le Ministre du pétrole saoudien, Ali Al-Naimi, dit exactement cela.

Il a ainsi déclaré que les Saoudiens ne réduiraient pas leur production « quel que soit le prix. » Dans une récente interview il a également déclaré : « Qu’il baisse à 20 $, 40 $, 50 $, 60 $, peu importe. » Pour l’Arabie Saoudite, comme pour les autres producteurs du Golfe, les coûts sont extrêmement faibles, entre 4 $ et 5 $ le baril.

Les Saoudiens tiennent en laisse les marchés mondiaux du pétrole. A moins que l’un de ces deux éléments mentionnés plus haut (ou les deux) ne survienne, il est difficile d’imaginer un scénario où les prix du pétrole atteindraient à nouveau 100 $ le baril, ou même 80 $.

Je dirais donc que les prix du pétrole resteront bas plus longtemps qu’on ne le croit

Je dirais donc que les prix du pétrole resteront bas plus longtemps qu’on ne le croit. Cela signifie qu’il n’y a pas urgence à essayer de se positionner sur des plus bas dans le pétrole.

Comme dans la plupart des baisses, il y aura assurément une phase difficile, source de grande angoisse, qui s’accompagnera de beaucoup de faillites. Mais nous n’en sommes pas encore là. Les valeurs pétrolières sont en baisse, certes. Mais je m’attends à voir une ou deux grandes compagnies pétrolières couler. Et beaucoup de petites entreprises disparaîtront.

Seront également touchées les valeurs des entreprises de services pétroliers, les banques ayant une exposition énergétique et l’immobilier dans les lieux à la pointe sur l’énergie. Cette phase désagréable durera quelque temps — pas des semaines ni des mois mais probablement des année

http://la-chronique-agora.com/petrole-bas/

Guerres entrecroisées pour le pétrole


Photo: D.R.

(Afrique Asie – janvier 2015)

La malédiction de l’or noir s’est abattue sur la Mésopotamie depuis sa découverte sous l’empire ottoman. Les guerres d’Irak, l’irrédentisme kurde et l’entrée en lice de l’Etat islamique plongent le « berceau de l’humanité » dans l’horreur et la désespérance.

La prise de la province de Ninive par l’Etat islamique en Irak a ouvert un nouveau chapitre de la guerre du pétrole au Proche-Orient. Contre toutes prévisions, c’est la Chine qui se trouve être le principal bénéficiaire du renversement de Saddam Hussein dans le secteur pétrolier. En 2013, elle a importé près de la moitié de la production irakienne. PetroChina contrôle quatre grands champs dans le sud du pays et le géant chinois CNPC (China National Petroleum Corporation) investit massivement dans les infrastructures pétrolières de production. Dur à digérer pour les majors pétrolières américaines qui pensaient toucher le pactole après l’installation d’un régime pro- américain à Bagdad en 2003. Devançant ses concurrents, Exxon Mobil a été la première à se rabattre sur le Kurdistan en signant, dès 2011, six contrats d’exploration et de production avec le Gouvernement régional du Kurdistan présidé par Massoud Barzani. Particularités : certaines concessions se trouvent dans les« territoires disputés », annexés par la Région kurde aux lendemains de la prise de Mossoul, et où s’affrontent depuis quelques mois djihadistes, peshmergas et milices chiites irakiennes « conseillées » par le général iranien Qassem Suleimani, chef des Forces al-Quds, unité des Pasdarans (Gardiens de la Révolution islamique) chargées des opérations à l’étranger.

La proclamation d’un Etat islamique à cheval sur le nord de la Syrie et l’Irak a permis aux Etats- Unis de revenir en force à Bagdad et, peut-être, de procéder à terme à une redistribution des cartes dans le domaine pétrolier. L’Iran qui partage cette analyse de la situation, a pris les devants en proposant ses services à Massoud Barzani, tout en restant inflexible quant à son soutien au régime de Bagdad concernant la question des « territoires disputés ». Amerli, débarrassée de la menace des djihadistes de l’Etat islamique qui l’assiégeaient, n’est pas seulement une ville turkmène chiite, mais elle est entourée de terres riches en hydrocarbures. Idem pour Jalawla et Saadiyah situées à 115 km au nord-est de Bagdad dans la province multiethnique de Diyala, près de champs pétroliers et de la frontière avec l’Iran.

Jackpot pour Chevron et Exxon

Autre conséquence de l’émergence de l’Etat islamique en Irak : Bagdad a mis fin à l’interdiction faite auGouvernement régional kurde (GRK) d’exporter son pétrole. Désormais, Erbil livrera 550 000 barils/jour –dont 300 000 provenant des champs de Kirkouk – par le réseau de pipelines kurdes, en accord avec de la société d’Etat Somo ; le GRK recevra en retour un milliard de dollars par mois pour payer, notamment, les salaires des peshmergas et des fonctionnaires.

Les réserves kurdes étant estimées à 14 milliards de barils et le prix de revient du baril de pétrole kurde n’étant que de 5 dollars, les majors occidentales se frottent les mains : Chevron et Total qui avaient été sommées par Bagdad de rompre leurs contrats avec la Région autonome vont pouvoir engranger des bénéfices considérables. La texane Marathon Oil et la canadienne Oryx Petroleum ont annoncé leur retour. Elles peuvent toutes dire, pour l’instant, merci à Abou Bakr al-Baghdadi !

L’accord conclu entre Bagdad et Erbil durera ce que durent les roses. Ces dernières semaines des médias kurdes ont en effet révélé que du pétrole provenant de puits sous contrôle de l’Etat islamiquetransitait par la Région autonome. Un million de barils de pétrole kurde a été livré au port israélien d’Ashkelon en juin dernier, et de mystérieux transbordements ont été observés en mer de Chine méridionale. Qui peut croire que ce genre de contrebande a lieu sans complicités à haut niveau ? Plus de 300 fonctionnaires ont été arrêtés pour calmer l’opinion publique kurde. Les membres des familles Barzani et Talabani impliqués dans ces trafics n’ont pas été inquiétés.

Publié avec l’aimable autorisation de Gilles Munier

https://resistanceauthentique.wordpress.com/2015/02/08/guerres-entrecroisees-pour-le-petrole/

Pétrole: les coûts de production créent un plancher à la baisse

Oil Crisis Chart - Zero Hedge

On observe déjà une réduction du nombre d’appareils de forage actifs et de la dépense d’investissement

Bien accroché à la barre des 100 dollars le baril jusqu’en juin 2014, le cours du pétrole s’est, depuis, écroulé. Il avait pourtant fait preuve d’une étonnante stabilité pendant plusieurs années, malgré divers épisodes d’anxiété macroéconomique et de troubles géopolitiques.

A 45-50 dollars le baril, le cours du pétrole s’approche du seuil au-dessous duquel, pour bon nombre d’entreprises du secteur, il ne fait plus sens de produire: celui des dépenses de caisse courantes (main-d’œuvre, électricité, transport) ou cash cost . Cette réalité est susceptible d’infléchir la production et mettre fin à la spirale de baisse.

Simple histoire d’offre et de demande? Certes, l’économie chinoise ralentit et la croissance de la zone euro péclote, freinant la consommation globale de matières premières. Le surplus d’offre est lié au boom du pétrole de schiste américain et aux exportations accrues de la Libye et de l’Irak. La force du billet vert a aussi un impact. Mais un tel effondrement des cours n’est pas justifiable par les seuls fondamentaux. La thèse évoquée d’une manipulation paraît peu plausible, vu la taille du marché et la multitude d’intervenants.

Le marché fonctionne désormais en mode panique, les fluctuations étant amplifiées par le gonflement des positions, de couverture ou spéculatives, sur le marché des contrats à terme.

Le pétrole brut est un fluide visqueux qui s’écoule de façon peu prévisible, ce qui rend la modélisation de son comportement complexe. Il en va de même pour son prix qui évolue de façon pro-cyclique. De fortes fluctuations peuvent être déclenchées par un écart prévu de seulement 2-3% entre l’offre et la demande, comme c’est le cas aujourd’hui.

Vers 2004, la production mondiale de pétrole a semblé devoir atteindre un plateau. Les oscillations de prix sont devenues plus violentes, avec la poussée de la demande chinoise et des pays émergents. Le cours du Brent a bondi à 140 dollars le baril en juillet 2008 pour se replier vers 30 dollars en 2009, avec la récession mondiale.

Le boom du pétrole de schiste américain a modifié la dynamique d’offre en place. A court terme, l’offre est peu sensible aux prix. Une baisse n’entraîne pas rapidement une réduction des quantités produites, car les dépenses de fonctionnement sont faibles par rapport au lourd investissement initial. Une fois le puits foré, le coût de pompage varie peu, qu’on l’exploite à 50% ou à pleine capacité.

Les producteurs de pétrole de schiste américains ont pu envisager d’accroître leur cycle d’investissement indéfiniment. L’OPEP était là pour fermer les vannes si nécessaire. Mais l’Arabie saoudite a, cette fois, préféré défendre ses parts de marché, cédant de facto son rôle de producteur charnière mondial aux Etats-Unis.

Tout se complique, car il y a parfois plus de dette dans le sol que de pétrole qui sort. La décision revient dorénavant à une multitude d’entreprises qui, ayant financé la concession et le capital initial par emprunt, se retrouvent confrontées à ce phénomène.

La production pétrolière à court terme est moins gouvernée par le coût du capital initial que par la dépense d’exploitation au comptant par baril (cash cost).

L’estimation de ce coût est inférieure à 10 dollars pour l’Arabie saoudite. Le pétrole jaillit pratiquement tout seul du sable! A l’extrême, pour le Venezuela, il est proche de 40.

Selon l’Agence américaine pour l’énergie (EIA), les compagnies cotées du secteur pétrolier américain ont des coûts d’exploitation situés entre 10 et 30 dollars le baril. Il leur reste de la marge avant de considérer des fermetures de sites. Mais pour les 400 000 anciens puits en fonctionnement, ditsstrippers , qui contribuent tout de même à environ 11% de la production américaine, les frais directs sont en moyenne nettement plus élevés. Certains petits producteurs ont «hedgé» leur prix de vente jusqu’à fin 2015 et trouvent des moyens pour améliorer l’efficience et réduire les coûts. Ils continuent pour l’instant à pomper, mais que va t-il se passer ensuite?

Pour les puits de pétrole de schiste, le taux de déclin de la production est proche de 45% la première année. Le seuil de rentabilité pour la plupart des champs pétrolifères se situerait entre 50 et 80 dollars. Au-dessous des cours actuels, peu de projets existants sont viables, et investir dans de nouveaux forages n’a plus de sens.

On observe déjà une réduction du nombre d’appareils de forage actifs et de la dépense d’investissement. C’est juste une question de temps avant que ne s’amorce une remontée des cours du pétrole. En attendant, les investisseurs désireux d’avoir une exposition boursière au secteur auront avantage à sélectionner les compagnies les mieux équipées pour survivre au niveau de cours actuel: celles ayant des prix de revient faibles, des bilans solides et un bon coussin de liquidités.

PAR FRANÇOISE MENSI Dr ès sciences économiques, senior portfolio manager et sous-directrice, Bonhôte & Cie SA

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/2d0540b0-b073-11e4-b561-84ba1d1afc1c/P%C3%A9trole_les_co%C3%BBts_de_production_cr%C3%A9ent_un_plancher_%C3%A0_la_baisse

L’or noir a mis fin à six mois de chute consécutifs. Mais à en croire les analystes, cette accalmie ne devrait pas durer

Le 5/2/2015

Environ 72 heures. Les prix du brut ont réussi à enrayer la dégringolade qu’ils connaissent depuis l’été dernier durant environ trois séances. Alors qu’ils avaient perdu plus de 50% de leur valeur depuis juillet 2014, les deux vedettes de l’or noir – le Brent coté à Londres et le «Light Sweet Crude» (WTI) coté à New York – ont repris des couleurs ce début de semaine. Respectivement de 17% (à 58 dollars) et de 19% (à 53 dollars). Avant de retrouver leur routine baissière mercredi: – 3,49% pour le Brent (55,89 dollars) et – 5,18% (50,30 dollars) pour le WTI.

Les raisons de cette accalmie? «Elles sont multiples», répondent comme à l’accoutumée les analystes. Pour Ole Hansen, la raison principale est «le sévère coup de frein sur la production annoncée aux Etats-Unis». L’analyste de Saxo Bank estime que «la surproduction américaine était l’une des principales causes de l’effondrement du prix du brut ces derniers mois. Le fait qu’on l’enraye est un signal fort» envoyé aux investisseurs. De même que les coupes brutales dans les investissements. Ces derniers jours, en marge de la publication de leurs résultats annuels, les géants du secteur (ExxonMobil, Shell, BP, Chevron) ont tous annoncé des retards ou des annulations dans leurs projets les plus complexes. Où situés dans les régions les plus hostiles (Arctique, nord du Canada, etc.)

D’autres phénomènes ont également participé à cette reprise: l’affaiblissement du dollar, l’intensification des combats en Libye (faisant baisser à nouveau la production locale) ou les annonces de grèves dans les raffineries américaines.

Toutefois, «un excédent d’offre ne disparaît pas en une nuit et la question de savoir si ce rebond sera durable reste en suspens», prévenait Chris Beauchamp, de IG Bank, dans une note. C’est l’avis de plusieurs analystes pour qui cette accalmie sera de courte durée. «La fête est déjà terminée et les investisseurs prennent leurs profits», estime Ole Hansen.

Selon les analystes consultés par Bloomberg, la moyenne 2015 du prix du Brent devrait toutefois se monter à 61 dollars alors que le WTI devrait s’arrêter à 57 dollars.

L’éducation pour succéder au pétrole

MARDI, 10.02.2015

Le prince héritier d’Abou Dhabi, cheikh Mohammed Ben Zayed Al-Nahyane a appelé hier à investir dans l’éducation avant l’épuisement, dans cinquante ans, des ressources pétrolières des Emirats arabes unis. «Nos devons avoir pour pari majeur alors que nos disposons encore de cette richesse (le pétrole) d’investir massivement dans l’éducation», a déclaré cheikh Mohammed en s’adressant au Sommet du gouvernement, une conférence annuelle organisée à Dubaï.

«Dans cinquante ans, le dernier chargement de pétrole quittera nos ports (…) et nous ne pourrons célébrer cela qu’au cas où on aura relevé le défi de l’éducation», a-t-il ajouté devant le sommet consacré à développer, par le recours aux nouvelles technologies, les méthodes de gouvernement. Il a minimisé l’impact de la chute actuelle des prix du pétrole sur l’économie des Emirats arabes unis en déclarant que le «bateau (l’économie des Emirats) continue de naviguer».

Cheikh Mohammed est l’adjoint du commandant des forces armées des Emirats arabes unis. Abou Dhabi détient l’essentiel des ressources pétrolières de la fédération.

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