Art de la guerre monétaire et économique

Les Clefs pour Comprendre du Dimanche 8 Février 2015 : Le Grand Secret, la vieille taupe creuse sous vos pieds Par Bruno Bertez (1ère partie)- Quand le dette remplace les salaires

Les Clefs pour Comprendre du Dimanche 8 Février 2015 :  Le Grand Secret, la vieille taupe creuse sous vos pieds Par Bruno Bertez (1ère partie)- Quand le dette remplace les salaires

Le pouvoir, en général, repose sur le secret. C’est parce qu’il y a des secrets qu’il y a des grands prêtres, des prophètes et des élites. Bref des sujets supposés savoir. Tous ces gens sont censés  avoir accès à ce savoir et c’est cet accès qui en fait des privilégiés, au-dessus des autres. Tous ces secrets les dépassent. Ils feignent de conduire ces mystères qui fixent votre destin. La dette est la taupe qui mine notre système. 

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Voici une piste de recherche pour les Conspirationnistes.  Dans notre système, il y a un grand secret. Un secret qui, comme tous les secrets -on se souvient de la lettre volée d’Edgar Poe- est tellement évident, crève tellement les yeux, qu’il rend aveugle: ce secret, c’est que notre monde est submergé de dettes. Et que l’on a trouvé le moyen de les gonfler à l’infini et de faire comme si  on pouvait les repousser à perpétuité. 

Notre monde  est tellement submergé de dettes qu’il a tendance à crouler sous leur poids, qu’il s’épuise à les traîner, qu’il a tendance à déflater comme on dit en langage politiquement-banquier centralement correct. Vous pédalez, le nez dans le guidon, et pourtant vous faites, au mieux, du surplace. Notre monde, dit-on, est sous le risque de la déflation. Il risque la baisse du niveau général des prix, car l’offre est supérieure à la demande de biens et services. Il souffre d’une insuffisance de la demande globale, dixit Bernanke et Draghi. 

Les gens n’achètent pas assez en regard de ce qui pourrait être disponible. On met les usines à l’arrêt et les hommes au rencart, faute de clients solvables. Si les clients ne sont pas solvables, c’est, bien sûr, parce qu’ils n’ont pas assez d’argent, pas assez de revenus ; car des besoins et des désirs, alors là, il y en a, à profusion. Dans notre monde, on manque de pouvoir d’achat, de revenus, et les consommateurs n’ont pas assez de salaires, rémunérations pour satisfaire leurs demandes et faire tourner les entreprises. C’est normal car dans le monde des pays développés, les salaires réels distribués disponibles après prélèvements obligatoires ne progressent plus depuis 20 ans. Les chiffres sont particulièrement nets aux USA car les statistiques là-bas, officielles et privées, abondent. Jamais le partage de la valeur ajoutée n’a été aussi défavorable aux salariés. 

C’est moins net en Europe mais cela ne change rien au raisonnement, puisque l’on nous dit -Draghi nous dit- que nous risquons la déflation pour cause d’insuffisance de la demande. En Europe, nous souffrons d’une demande chroniquement trop faible parce que nous distribuons trop peu de pouvoir d’achat à nos salariés. Nous distribuons trop peu de pouvoir d’achat parce que si nous distribuions plus, nous ne serions plus compétitifs, le chômage augmenterait. Remarquez qu’il augmente déjà et en continu et  que ceci indique que, « normalement », les salaires devraient encore baisser. C’est ce que  disent Hollande et maintenant Macron lorsqu’ils donnent la priorité à la reconquête de la compétitivité. 

Il y a donc un dilemme. La demande globale est trop faible pour faire tourner la machine économique, pour investir et mettre les gens au travail. Pour hausser le niveau de la demande, il faudrait distribuer plus de pouvoir d’achat. Pour distribuer plus de pouvoir d’achat il faudrait monter les salaires. Mais si on augmente les salaires, on ferme les entreprise et on met les gens au chômage, c’est à dire qu’ils perdent leurs revenus. Et ce dilemme est incontournable, c’est une contradiction majeure, une aporie.

 Alors qu’est-ce que l’on fait ? 

On fait plusieurs choses et le dosage des choses varie en fonction des pays, des systèmes et des cultures. 

La première est que l’on fait ce que l’on appelle du keynésianisme. Le keynésianisme, c’est cette forme de socialisme inventée par les Anglo-saxons pour « dépasser les contradictions du capitalisme ». Qu’est-ce que cela veut dire, faire du keynésianisme? Le keynésianisme, c’est en termes laïcs, l’équivalent de la charité chrétienne, on donne aux pauvres pour que le système continue de tourner. Cela veut dire que s’il n’y a pas demande suffisante pour faire tourner les entreprises, et mettre les gens au travail, alors on crée de la demande fictive. De la demande qui ne correspond à aucun revenu gagné, à aucun salaire ou à aucun intérêt de l’épargne. On distribue de l’argent, que l’on a ou que l’on n’a pas, sous forme de subventions, d’allocations, d’indemnités chômage, bref on fait du social. C’est ce que l’on appelle les amortisseurs keynésiens. On distribue de l’argent à ceux qui n’en gagnent pas, soit en le prenant à ceux qui en gagnent encore, soit en « inventant » cet argent, c’est ce que l’on appelle faire des déficits. C’est ce que l’on appelle symétriquement faire des dettes. 

Mais la distribution bute sur deux limites. 

En effet, si on distribue ce que l’on prend aux autres, alors la production est pénalisée, les charges dites sociales deviennent excessives et on devient moins compétitif. La seule différence est que l’on devient moins compétitif indirectement par les charges sociales excessives au lieu de le devenir directement par les salaires trop élevés. C’est typiquement la situation de la France, le poids des charges dites de répartition, keynésiennes, est devenu insupportable. 

En effet, disons-nous, la redistribution bute sur deux limites, la seconde, c’est celle de « l’invention » de l’argent, c’est à dire la fabrication de déficits, c’est à dire l’endettement. Car les facilités de l’argent tombé du ciel, les facilités et les délices de la dette ne sont pas éternelles, il arrive un moment où trop c’est trop. Les dettes deviennent trop élevées, elles dépassent les possibilités de remboursement et c’est ce que l’on appelle le surendettement. On est insolvable. La solvabilité est la limite à l’augmentation des dettes. C’est ce qui est arrivé en 2007/2008, partout dans le monde dit développé. A la faveur de la défaillance du secteur immobilier anglo-saxon et de la normalisation des prix du logement, on s’est aperçu, il s’est révélé que le monde était noyé sous les dettes et qu’il ne pouvait y faire face, c’est à dire payer les intérêts et assurer les échéances de remboursement. La défaillance de l’immobilier anglo-saxon a gagné de proche en proche tous les secteurs et tous les pays, la confiance ou plutôt les illusions ont disparu et comme l’a dit Warren Buffett, on a vu ceux qui se baignaient nus. C’est ce qui s’est passé en 2010, la prise de conscience du fait que certains se baignaient nus a touché l’Europe. On a vu que la Grèce d’abord, puis les autres pays du sud et l’Irlande étaient « à poil » et on a arrêté de leur prêter de l’argent. Ce que l’on appelle la crise de la dette euro. 

Vous remarquerez que l’on s’est bien gardé d’appeler un chat un chat et que l’on s’est efforcé à chaque rebondissement/extension de la crise de faire croire qu’il s’agissait d’événements isolés. Une des composantes du Grand Secret, c’est la dissimulation du fait que la crise est un tout et qu’elle est globale. Une seule fois, Bernanke a admis que la crise des subprimes n’était qu’un symptôme. Une seule fois en 7 ans. Qui, en ce moment, ose dire que les difficultés dans lesquelles se débattent la Chine, le Brésil, la Turquie, etc. sont des manifestations, des modes d’apparaître de la crise, la seule et même crise? Le saucissonnage fait partie des techniques du Secret.

 La solution de la redistribution keynésienne, disions-nous, devient caduque, bloquée, inadéquate. 

Il y a une seconde solution parallèle au keynésianisme classique, mais foncièrement différente. Au lieu de distribuer des revenus non gagnés pour soutenir la demande, alors on se dit que l’on a trouvé la panacée, il suffit de faire en sorte de créer du crédit.  Il faut faire sorte que les gens, les entreprises, les institutions, les gouvernements, même quand ils n’ont plus de sous, aillent à la banque et demandent du crédit. La somme des revenus gagnés est complétée par un pouvoir d’achat en provenance de la dette, le « revenu global » du système est ainsi bonifié et la somme de ce qui est gagné et de ce qui est emprunté sert à acheter, donc à faire tourner la machine économique. Le crédit, cela consiste à piller la demande future. Cela, c’est le système anglo-saxon fondé sur ce que l’on appelle le « deficit spending », on dépense ce que l’on n’a pas, en augmentant ses dettes. Et c’est vrai pour tous ceux qui dépensent, à savoir les ménages, les entreprises, les institutions et les gouvernements. Dans ce système, on  augmente ses possibilités d’acheter plus par des dettes nouvelles. 

Hélas, comme dans le cas keynésien classique décortiqué ci-dessus, il y a une limite et cette limite c’est la confiance, c’est à dire l’illusion que l’on peut s’endetter à l’infini, l’illusion que l’on peut honorer les paiements d’intérêt, les remboursements. Bref, là aussi la limite, c’est le surendettement, la solvabilité. 

C’est à ce point qu’il y a convergence entre les deux types de solutions, la keynésienne classique et la keynésienne dite moderne, financière, toutes deux butent sur la possibilité d’augmenter les dettes à l’infini, la possibilité de toujours compléter le vrai pouvoir d’achat gagné par un pouvoir d’achat tombé du ciel, c’est à dire un pouvoir d’achat à crédit. 

Il y a convergence car la question est la même, comment continuer à créer du pouvoir d’achat direct ou indirect sans augmenter les revenus et alors que l’on a touché les limites de la création de pouvoir d’achat par la dette? Répondons tout de suite à la question de savoir pourquoi on ne peut augmenter les revenus gagnés, distribuer plus de salaires. Et bien, c’est pour des raisons de compétitivité. Si on monte les salaires ou si on monte les charges sociales, alors, on cesse d’être compétitif et on perd des parts de marché, les entreprise ferment et le chômage s’accroît, ce qui réduit la demande ; on est coincé de ce côté dans un système régi par la loi suprême de la concurrence. Donc il faut dépasser les limites que le risque de surendettement impose à la dette. Et ceci est valable pour tout le monde. Quelle que soit l’origine des dettes, quels que soient les agents économiques endettés. Et c’est là où surgit notre fameuse « printing machine » chère à Bernanke. « Nous avons à notre disposition un instrument que nous pouvons utiliser sans effort, qui ne nous coûte rien, une machine à produire de la monnaie électronique ». Cette machine, il suffit de la faire marcher et de donner le produit de cette machine aux banques, aux gouvernements, aux pouvoirs politiques. Nous pouvons acheter ses dettes, leurs dettes, afin qu’ils dépensent sans avoir besoin de prélever et sans qu’ils aient à se soucier de leur solvabilité. Grâce à la fameuse printing machine électronique, un coup de clavier, et nous créons des trillions qui servent à acheter les dettes des gouvernements et à sécuriser/solvabiliser  les banques. Et ainsi le cycle du crédit peut être prolongé. En outre, cela permet de faire chuter les taux d’intérêt, ce qui rend le coût des dettes nouvelles quasi nul et en même temps revalorise les dettes anciennes car leur valeur monte quand les taux baissent. Grâce à notre printing machine, le manège de la dette peut continuer et, ce qui est extraordinaire, n’est-ce pas, au lieu de s’appauvrir, les gens se sentent plus riches!  C’est la quadrature du cercle enfin résolue, le mouvement perpétuel et le free lunch enfin possible, réunis. Nous avons vaincu la rareté. Nous avons échappé à la pesanteur. 

Avant la merveilleuse printing machine de Bernanke, maintenant prêtée à Draghi, le monde aurait dû se soumettre aux lois de la rareté et de la pesanteur. En 2008, le système aurait dû se purger de tout l’excès de dettes improductives, détruire les dettes sans valeur économique, restructurer celles  qui étaient encore sauvables mais fragiles,  bref il aurait du s’assainir. On aurait du « extirper toute la pourriture ». Ce choix a été refusé. Il a été refusé parce que la « printing machine » existait et que les élites se sont dit : « tentons de dépasser les limites, faisons encore un tour, repoussons le problème, nous verrons bien plus tard, si une occasion se présente de faire autre chose, ou si les miracles existent ». 

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Et voici ce que cela donné : 

Tout au long des sept dernières années, les dettes mondiales ont continué de galoper, d’enfler. En 2014, toutes les économies ont un ratio de dettes rapportées à  la richesse produite, au GDP, très supérieur à celui de 2007! Une incidente : rapporter les dettes au GDP est une entourloupe, car c’est supposer que l’on peut prélever sur les GDP à l’infini, or plus le pourcentage de prélèvement fiscal dans un pays est élevé et moins il reste de place pour prélever plus. Plus la part de l’Etat augmente et, moins cette part peut encore augmenter. C’est le problème de la France par exemple. 

En 7 ans, la dette globale a progressé de plus de 57 Trillions. Ainsi le ratio de dettes rapportées au GDP est passé de 269% à 286%. Une hausse qui équivaut à 17 points du GDP global! En 2000 la dette globale était de 87 Trillions, en 2007 elle était de 142 trillions, en 2014 elle est de 199 Trillions. 

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De 2000 à 2007, la dette globale a progressé au taux composé de 7,3%, de 2007 à 2014, elle a progressé au taux composé de 5,3%. Nous vous rappelons que nous sommes censés être en déflation et que la croissance des économies réelles n’est pas la moitié de ce qu’elle était entre 2000 et 2007. 

La progression des dettes des ménages a ralenti quelque peu en raison des faillites dans l’immobilier, de la dette a été détruite, mais la progression en taux composé a été de 2,8% l’an. 

La progression de la dette des entreprises ne s’est jamais ralentie alors que l’investissement est atone, elles ont augmenté leur endettement au rythme de 5,9% l’an ; il faut bien financer les fusions acquisitions et les rachats -déflationnistes- de titres, n’est-ce pas ? 

La progression des dettes de la finance s’est ralentie à un rythme de 2,9%, ce qui traduit à la fois une certaine prudence, mais aussi le transfert de la charge de création du crédit sur les gouvernements et leurs agences. Nous considérons méthodologiquement que les banques Centrales sont des Banques comme les autres et qu’elles doivent être intégrées au secteur financier. En conséquence, nous affirmons  que le vrai levier, le vrai endettement  du secteur financier doit inclure le bilan des Banques Centrales. Ce qui rend le deleveraging du secteur illusoire. 

La progression des dettes des gouvernements a explosé, le rythme de progression a quasi doublé à 9,3% l’an. En valeur absolue, la dette des gouvernements a monté de 25 Trillions. Ce qui traduit la prise en  charge du fardeau de la création de dettes par la collectivité, par la société civile, bref par les citoyens. C’est sur eux que l’on a transféré à la fois le coût et les risques de la dette!  

La charge de la dette, la charge de créer de la dette, c’est un coût pour la collectivité, c’est le coût de production d’une demande suffisante pour faire tourner le Système dans sa configuration actuelle. Et ce coût monte, monte pour une croissance qui, elle, devient dérisoire. Le rendement des dettes en terme de capacité à faire tourner la machine économique et à produire de la croissance est fortement décroissant. C’est une autre composante du Grand Secret. 

A fin 2014, la dette en valeur absolue est supportée à hauteur de 40 Trillions par les Ménages, 56 Trillions par les Entreprises, 45 Trillions par la Finance, 58 Trillions par les Gouvernements. 

Au cours de la période 2007/2014, il n’ y a pas eu de désendettement, pas de deleveraging, pas de destruction significative, pas de restructuration. Ce qu’il y a eu, c’est un transfert sur… vous. La fortune des ultra-riches riches s’est inflatée.  Non seulement les inégalités se sont accrues, mais les peuples ont un passif qui augmente et dont ils ne se doutent pas. 

Il faudrait une croissance exceptionnelle, accélérée, pour faire face aux dettes alors que le poids des dettes, au contraire, ralentit la croissance jusqu’à l’asphyxier. Il faudrait une hausse des impôts d’ampleur inimaginable pour rendre les gouvernements solvables, mais… la hausse des impôts tuerait le peu de croissance qui subsiste et pousserait les gens dans la rue. 

Restent les solutions exceptionnelles. Et vous comprenez pourquoi, partout dans le monde, sous prétexte de terrorisme,-que d’ailleurs on encourage-, on prend des mesures de contrôle et de répression des peuples afin de se préparer à …  à faire face aux réactions qui, un jour, se produiront face aux inévitables « solutions exceptionnelles ». Ainsi, dans la perspective des futures solutions exceptionnelles, on militarise la police. 

Un mot sur la Chine. C’est le maillon faible, sous cet aspect des dettes. La dette en Chine a été multipliée par 4 en 7 ans, elle atteint 28 Trillions. Elle représente 282% du GDP. Pas étonnant que le moteur de la croissance mondiale se grippe, que le prix des matières premières et du pétrole chutent.  

Sources :

Simon Kennedy Bloomberg, A world overflowing with debt

Ralf Atkins FT, Debt mountains sparks fears of another crisis

Mac Kinsey Global, Dobbs, Lund, Woetzel, Matafchieva, Debt and not much deleveraging

BRUNO BERTEZ Le Dimanche 8 Février 2015 

illustrations et mise en page by THE WOLF

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25 réponses »

  1. « Seuls les plus petits secrets ont besoin d’être protégés. Les plus gros sont gardés par l’incrédulité publique. »

    Marshall McLuhan

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    • @seb
      Pour repondre à un autre commentaire ailleurs

      Bien sur que condamner l’islam en bloc est une idiotie commode, merci de le souligner.

      Mais la distinction Islam modéré et Islam fondamentaliste est une distinction de propagande, publicitaire, elle n’est pas opérationnelle:Tout comme la distinction entre l’Islam politique des Freres Musulmans et l’Islam religieux des Wahabites.

      C’est comme si on réintroduisait dans l’appréciation de la religion catholique la ligne de partage de l’Inquisition.

      Elle n’ a pas plus de valeur que la disctinction de chez Danone entre le bon cholesterol et le mauvais cholesterol.

      j’y reviendrai, quand les esprits seront calmés.

      La situation présente ne se comprend que si on réintroduit la politique, c’est à dire la colonisation des régions dominées par l’Islam par les Anglo-saxons; il faut relire le grand discours inaugural de Bin Laden en 92 je crois.Je l’ai en, mémoire dans un autre ordinateur malheureusement.

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  2. Dimanche 8 février 2015 :

    Tsipras évoque l’obligation historique à réclamer le remboursement d’indemnités de guerre à Berlin.

    Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a évoqué dimanche l’obligation historique et morale de son pays à réclamer le prêt forcé et des indemnités de guerre à l’Allemagne, un sujet sur lequel Berlin a déjà dit non.

    « Il y a une obligation morale envers notre peuple, envers l’Histoire, envers tous les peuples européens qui se sont battus et ont donné leur sang contre le nazisme, une obligation historique à réclamer à l’Allemagne des indemnités de guerre et le remboursement du prêt forcé », a dit M. Tsipras en concluant son discours sur son programme de politique générale devant le Parlement.

    Le parti de la gauche radicale Syriza d’Alexis Tsipras réclame une somme d’environ 162 milliards d’euros à l’Allemagne, soit l’équivalent de la moitié de sa dette publique de plus de 315 milliards d’euros.

    http://www.romandie.com/news/Tsipras-evoque-lobligation-historique-a-reclamer-le-remboursement-dindemnites-de-/563702.rom

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  3. J’en verrai bien une autre de solution . Taxer fortement les revenus des trés Riches et investir avec , ou/et rembourser la Dette ou/et redistribuer .
    Seulement comme ce sont eux qui gouvernent , j’estime qu’on est passé au delà de la démocratie : à l’oligarchie , cette solution est exclue . L’impot est une chose qu’ils ne supportent pas , les hommes politiques non plus d’ailleurs , parce que là faut Parlementer .
    Le pb est donc surtout politique .

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    • Non

      Taxer est la solution de rêve des socio- démocrates., Cela leur donne plus de moyens et de pouvoirs pour nous dominer. Non la solution démocratique est d’empêcher les inégalités de se creuser et pour cela il faut sortir du système qui produit les inégalités à notre époque: la financiarisation et le détournement de la monnaie bien commun…

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  4. Ces chiffres de mac Kinsey sont édifiants. La dette des gouvernements des pays développés a explosé de +50% depuis 2007, et l absence de croissance et d’excèdent budgétaire fait que mécaniquement, cette dette va continuer à enfler dans les prochaines années.
    Jusqu’à présent cela a été indolore puisque la charge des intérêts n’a pas augmenté depuis la crise, grâce à la baisse des taux. Le plancher des taux n’est plus loin, on va donc voir le service de la dette augmenter régulièrement jusqu’à ce qu’on devienne tous grecs, et qu’il y ait une restructuration générale inévitable.
    Qui va payer? les caisses de retraite, les assurances-vie, les épargnants, les ménages japonais, les banques centrales( le contribuable) ….c’est évident. Mais au delà, quels vont être les secteurs massacrés ( santé? services publics? ) et ceux qui vont passer au travers? L enjeu des 2 prochaines années est là.
    Merci à ce blog d’alimenter régulièrement cette réflexion!

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  5. Quant à l’économie réelle, première partie de votre article, économie réelle qui compte d’autant plus que vous pariez sur sa « grande réconciliation » avec la finance dans un article précédent, le raisonnement mériterait d’être repris à partir de la non suppression ou du rétablissement des frontières. La compétitivité qui suppose la baisse des salaires ne vaut que si les Français sont en concurrence avec les pays à bas coûts qui sont aussi des pays à coups bas (dumping social et environnemental).
    Il est temps de se demander pourquoi la France a connu des périodes d’expansion. En ce temps là, il y a avait des frontières et les profits étaient réinvestis dans l’économie qui les avait produits.
    Protectionnisme n’est pas autarcie, et nous sommes bien les seuls à ne pas le pratiquer. Etats-Unis et Chine savent bien comment faire !

    Homo Durabilis & Rentabilis

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  6. Lundi 9 février 2015, vers 10h50 :

    La Bourse d’Athènes chute, les rendements s’envolent.

    L’indice ASE des marchés d’actions grecs chute de plus de 6% au lendemain du discours, ferme, de politique générale du premier ministre Alexis Tsipras. Les rendements s’envolent, celui à 3 ans frôlant le seuil des 20%.

    Les banques sont une nouvelle fois les plus touchées. Si l’indice général du secteur chute de 7,04%, Banque du Pirée abandonne 8,1%, Euro Bank 6,68%, Banque nationale de Grèce 5,45% et Alpha Bank 8,79%.

    Autre réaction, celle du marché obligataire, avec une poussée du rendement des emprunts d’Etat à dix ans à plus de 10%, à 10,6032%, contre 9,94% vendredi.

    Pour le seul rendement à trois ans, on approche les 20%, à 19,97%, contre 17,48% vendredi.

    Leçon grecque : plus aucun changement possible sans clash systémique.

    http://yetiblog.org/index.php?post/1362

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  7. Les événements se précipitent.

    L’Histoire est en train d’accélérer.

    « La possibilité que la Grèce quitte la zone euro est passée, avec ce discours, de 35% à 50% », estime Gary Jenkins, responsable de la stratégie crédit de LNG Capital.

    Lundi 9 février 2015, vers 13h40 :

    A la mi-journée, la Bourse d’Athènes perdait 6,0% et l’indice du secteur bancaire grec chutait de 11,5%, se rapprochant de ses plus bas historiques.

    L’action de la Banque du Pirée abandonnait 15,5%, Eurobank 10,4% et Banque nationale de Grèce 10,6%.

    Sur le marché obligataire, le rendement des emprunts d’Etat grecs à dix ans dépassait 11% et la hausse était plus spectaculaire encore pour le rendement à trois ans, qui dépassait 21%.

    Dans un discours au Parlement dimanche, Alexis Tsipras a déclaré qu’il n’accepterait pas une prolongation du programme d’aide financière dont bénéficie son pays, laissant craindre des tensions lors de la réunion exceptionnelle des ministres des Finances de l’Eurogroupe mercredi et du sommet de jeudi avec les dirigeants de l’Union européenne, favorables à cette solution.

    « La possibilité que la Grèce quitte la zone euro est passée, avec ce discours, de 35% à 50% », estime Gary Jenkins, responsable de la stratégie crédit de LNG Capital.

    http://www.latribune.fr/depeches/reuters/KBN0LD17D/la-confrontation-tsipras-bruxelles-inquiete-les-marches-grecs.html

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  8. Soit la Grèce baisse son pantalon et la démocratie chez eux ne s’en remettra pas soit elle fait une gigantesque quenelle à l’UE et sort du machin en faisant défaut et repartant à zéro avec cerise sur le gâteau une sortie de l’OTAN pour pouvoir faire levier sur une hypothétique alliance avec le bloc Russo-Asiatique !… mais auront ils les C……lles pour le faire ?

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  9. Franchement, quand on laisse des horreurs se perpétuer via Etat Islamique and co… tout ça pour des histoires politiques (qui d’ailleurs ont de tout temps existé) il y a vraiment de quoi être dégoûté de l’espèce humaine. J’en reviens à ce que je pensais: l’être humain n’évolue pas.

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  10. @ Barf : à trop crier au loup…

    Le grexit n’est qu’un grand épouvantail de papier tant que Podemos n’est pas au pouvoir. Le véritable enjeu est là : du côté de 5 étoiles en Italie à la rigueur aussi, ou le FN en France (je me marre encore du raz-de-marée « je suis Charlie » incantatoire de la presse quand on voit le score FN dans le Doubs… (manifestement, il y a un paquet de types qui ne s’appellent pas encore Charlie dans ce pays…) L’Espagne semble la plus dangereuse pour les ploutocrates que même Bepe Grillo ou le FN en France, deux partis qui veulent seulement leur part du gâteau à mon avis. Mais Podemos, là, c’est une autre affaire…

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  11. L’élite européenne ne veut pas du protectionnisme parce qu’il est néfaste aux intérêts des maîtres, les riches actionnaires des multinationales.

    Voici ce que j’écrivais le 15 mai 2008 :

    http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/un-protectionnisme-europeen-assume-39817

    Aujourd’hui, parce qu’ils ont logiquement échoué et que le système atteint ses limites, les US semblent avoir choisi l’option « guerre », pas chez eux, mais sur le continent Eurasie.

    Les européens en ont pris enfin conscience et tentent de neutraliser ce projet.

    Pour l’instant Obama hésite, comme d’habitude, mais si le pire n’est pas certain, il n’est pas non plus à exclure.

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  12. « mais si le pire n’est pas certain, il n’est pas non plus à exclure »

    Le pire sera certain dès 2017, date de l’entrée en fonction du successeur d’Obama. Qu’il soit Républicain ou Démocrate le nouveau président appuiera sur l’accélérateur et déclenchera une guerre avec Poutine.
    Ce qui retient Obama? La vanité : il veut laisser son empreinte dans l’Histoire et il ne voudrait surtout pas rester comme celui qui aura relancé la Guerre Froide (tout comme Merkel ne veut pas rester comme celle qui aura tué l’Euro).

    Dit autrement Obama envie terriblement Clinton d’être parvenu à rester dans les mémoires comme un président super-cool jeune et sympa, le Démocrate le plus cool à avoir accédé à la fonction suprême depuis Kennedy.
    Et accessoirement laisser une bonne image permet de vendre beaucoup d’exemplaires de ses mémoires, sans compter les conférences rémunérées… $$$$$$

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  13. Mardi 10 février 2015 :

    Le ministre allemand des Finances met en garde Athènes.

    Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a dit mardi que si la Grèce ne voulait pas d’un nouveau programme, alors tout était fini.

    Le ministre a ajouté que l’Eurogroupe voulait entendre mercredi de la part d’Athènes quelque chose qui l’engage.

    Il a par ailleurs démenti les informations selon lesquelles la Grèce serait parvenue à un accord avec la Commission européenne et a dit que l’Eurogroupe, soit l’ensemble des ministres des Finances de la zone euro, ne négocierait pas de nouveau programme pour la Grèce mercredi lors de sa réunion.

    http://bourse.lesechos.fr/infos-conseils-boursiers/actus-des-marches/infos-marches/le-ministre-allemand-des-finances-met-en-garde-athenes-1030668.php

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  14. Mercredi 11 février 2015 :

    Le ministre grec des Affaires étrangères en Russie.

    Le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Kotzias aura des discussions avec son homologue russe Sergueï Lavrov mercredi à Moscou, Athènes cherchant, selon certaines rumeurs, à trouver une aide financière en cas d’échec des négociations avec ses partenaires européens.

    Nikos Kotzias a été invité à Moscou par Sergueï Lavrov, précise le ministère grec des Affaires étrangères.

    http://www.challenges.fr/monde/20150211.REU9806/le-ministre-grec-des-affaires-etrangeres-en-russie.html

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  15. Il faut casser l’UMP, le PS. La recomposition est indispensable pour retrouver la voie démocratique.

    Je vois que Cambadélis craint un éclatement du PS. La clairvoyance serait -elle au rendez-vous?
    Non ce serait trop beau, car l’éclatement du PS qu’il craint n’est que politicien, il ne correspond à aucune donnée sociale, sociologique ou thématique et encore moins à une donnée de gestion.
    Pour lui l’éclatement du PS s’analyse en termes de partis, de tendances, de bipartisme et de tripartisme. Abstractions qui montrent qu’il n’a rien compris ni à la politique ni à la situation de la France ou même à la situation de l’Europe.
    Ses lignes de partage Droite /Gauche/Front National/Ecologistes/Front de Gauche sont politiciennes, elles ne correspondent à aucun découpage social, sociologique, managérial ou autre.
    Il raisonne en termes de boutique, comme un petit boutiquier.
    L’échiquier politique Français est inadéquat, il ne correspond pas aux clivages actuels de la Société Française, même pas à ses classes sociales. Il est inadéquat radicalement. Il n’exprime pas la société Française, il ne la reflète pas, donc il ne peut traduire en termes politique sa Volonté.

    En vertu du retard des organisations politiques, toutes sclérosées, monopolistiques, conservatrices, pour garder ses places, la classe politique est défaillante dans sa compréhension du monde présent. Elle est périmée. Dépassée. Archaïque. Mais elle veut continuer à croquer. La politique est une profession, on est entrepreneur politique dans nos systèmes.
    C’est en raison de ce retard qu’ils ne comprennent pas ce qui se passe dans la société. C’est en raison de ce retard qu’ils offrent des recettes politiques inefficaces, toutes rejetées par la population. C’est pour cela qu’ils mentent, propagandisent, violent les consentements et détournent les légitimités. C’est en raison de ce retard que les Français n’arrivent pas à clarifier ce qu’ils veulent, et donc à l’exprimer. Le pouvoir politique n’a plus aucun mandat légitime pour quoi que ce soit, voilà la réalité qui se cache derrière cette question de l’éclatement des formations politiques traditionnelles.

    Car le problème de Cambadélis, c’est aussi celui de Sarkozy et c’est la donnée la plus importante au lendemain du vote dans le Doubs: l’UMP doit se casser. Sur les grandes, très grandes options démocratiques, ils ne sont pas d’accord. Il y en a qui disent Sarkozy doit se casser, je dis l’UMP doit se briser, se scinder. Afin qu’une authentique, honnête recomposition politique puisse s’opérer. Afin que les voix cessent d’être détournées et qu’elles aillent là où elles doivent aller et non là où on veut qu’elles aillent. On force à des regroupements scélérats sans se rendre compte que les dégâts sont considérables. Le pays est ingouvernable, voilà ce que l’on ne veut pas reconnaitre.
    De nombreux Français ne se considèrent plus comme représentés. Ils n’adhèrent plus à rien. Voilà l’enseignement de l’élection du Doubs. On les frustre en leur imposant une offre politique qui n’est pas celles qu’ils souhaitent et considèrent comme pertinente. Si la politique est honnête, démocratique, alors elle doit refléter la société et non pas la masquer, la tordre pour en donner une image fausse.
    L’UMP pour être organisationnellement adaptée et faire son travail démocratique doit se scinder au lieu de larmoyer et d’implorer pour la sempiternelle unité, pour l’Union.

    L’Union, nous ne cessons de le dire c’est le fascisme car l’Union ce n’est jamais au nom des français réels, ceux qui existent, qu’on la fait, mais au nom d’une idée de la France, de la République dont certains se sont arrogés le monopole pervers et dogmatique..
    Les appels à l’Union ce sont des appels à faire taire ceux qui pensent autrement, veulent autre chose. L’Union c’est la confiscation de la démocratie. L’Union est une des armes des dominants et une arme dans la panoplie de la servitude. Non chacun doit s’exprimer et ensuite, seulement ensuite, il doit non pas faire l’Union, mais conclure des alliances. Dans les alliances on reste ce que l’on est, dans l’Union on se perd. Souvenez-vous de la fameuse Union de la Gauche qui a tué les Communistes.
    C’est une des raisons de l’abstention, des frustrations du peuple et du mépris généralisé pour la classe politique. Confusément les citoyens sentent que cela ne colle pas, que tout cela est à côté de la plaque, et qu’il faudrait autre chose dans l’organisation politique pour qu’ils y adhèrent. Il faudrait que la classe politique travaille un peu, réfléchisse sur la société, sur les choix et donc les options, et donc les vrais clivages, et que l’échiquier se réaménage en fonction de ce travail de remise en cause.

    Périodiquement, quand ils, le grand « ILS » prennent une claque, ils promettent de retourner au peuple, de se ressourcer! Hélas, cela dure le temps des congés; quand ils rentrent ils repartent dans leurs magouilles, dans leurs petits intérêts personnels ou leurs préoccupations d’écurie présidentielle.
    Ils s’en foutent d’être inadéquats ou non pertinents car en France disent-ils: On ne gagne jamais positivement, on ne gagne que contre quelqu’un. On gagne sur le rejet de l’autre. Conclusion, pas de stratégie, toujours la même tactique, se mettre en face de celui qui est en place et montrer que l’on est son rival. Ensuite il n’y a plus qu’à récolter.

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  16. Mercredi 11 février 2015 :

    « La Russie examinera un éventuel appel au financement du gouvernement grec, qui subit comme elle la ligne illégitime des Occidentaux », a assuré mercredi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov qui recevait son homologue grec, Nikos Kotzias.

    « En ce qui concerne les questions économiques, nous avons discuté aujourd’hui de la situation financière de la Grèce, qui est également dans une situation difficile en raison de la ligne unilatérale, illégitime de nos collègues occidentaux », a indiqué le ministre russe lors d’une conférence de presse avec M. Kotzias.

    Le nouveau gouvernement grec, élu le 25 janvier, ne cache pas ses sympathies pro-russes, suscitant des interrogations sur une possible réorientation stratégique de la diplomatie du pays membre de l’UE depuis 1981.

    http://www.romandie.com/news/La-Russie-prete-a-examiner-une-demande-daide-financiere-de-la-Grece/564738.rom

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