Art de la guerre monétaire et économique

Essai Trump classe tous risques Par Bruno Bertez

Essai Trump classe tous risques

overtheedge_logo-2

c1fubvjviai9pcpovertheedge_logo-2

By Brunobertezautresmondes, brunobertez.com janvier 6, 2017

A mesure que Trump désigne une  équipe commerciale très protectionniste la crédibilité de ses intentions s’affirme.  La Chine commence à y croire et elle  multiplie les mises en garde contre le risque de guerre commerciale. Jeudi la presse officielle chinoise a ainsi averti  que le prochain président des Etats-Unis, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, se trouvera face à des « gros bâtons » s’il tente d’imposer unilatéralement des taxes aux produits chinois importés aux Etats-Unis…

Nous même, avons douté du sérieux de Trump, ou plutôt nous lui avons accordé le bénéfice du doute. Nous savions depuis 2008 qu’il doutait du dogme du Free Trade, mais nous envisagions la possibilité que ce soit une simple posture de campagne électorale; or c’est un agenda.

cxlftgfuuaakhff-1

STEVE BANNON

L’autre élément qui nous convainc de prendre au sérieux sa volonté protectionniste, c’est la meilleure connaissance que nous avons maintenant  de sa personnalité. Il n’est pareil à aucun autre homme politique: il n’est pas sous l’influence de ses conseillers, c’est l’inverse. Il a une personnalité forte et des convictions et puis, c’est peut être le plus important: c’est un entrepreneur. Il a l’habitude de commander, d’être obéi , d’imposer et de prendre des risques.

Nous pensons que c’est le point le plus important. Un politicien de culture, un fonctionnaire ne cessent de peser le pour et le contre, ils intègrent le fameux « d’un côté il y a ceci  et de l’autre il y a cela » , cette culture est une culture de « hedge », de non prise de risques. Or Trump prend des risques, c’est sa culture fondamentale; il a,  si nos souvenirs sont bons déja fait trois faillites. Il est déja allé au tapis!

Une équipe  américaine très protectionniste

lc-galaxie-trump-v4_0_730_671

« Il y a des fleurs autour du portail du ministère chinois du Commerce », écrit  le ‘Global Times’, l’organe officiel du PC. « Mais il y a également des gros bâtons cachés derrière la porte… Tous deux attendent les Américains », poursuit le journal.Cette nouvelle charge venue de Chine intervient alors que Donald Trump s’est entouré d’une équipe commerciale de choc, composée de personnalités protectionnistes et favorables à une ligne dure face à Pékin… Dernière nomination en date, celle de l’avocat d’affaires Robert Lighthizer comme représentant américain au Commerce.

M. Lighthizer, 69 ans, a été représentant adjoint américain au commerce de l’ancien président Ronald Reagan dans les années 1980. Ensuite, au sein cabinet juridique Skadden Arps, il a représenté des clients américains dans des affaires de lutte contre le dumping et s’est battu pour un meilleur accès des entreprises aux marchés étrangers.

Robert Lighthizer, dont la nomination devra être confirmée par le Sénat, devra se coordonner avec le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, et Peter Navarro, nommé à la tête d’un nouveau Conseil du commerce créé à la Maison Blanche.  Ross et Navarro sont aussi des partisans d’une ligne dure en matière de commerce international, ce qui laisse penser que Donald Trump mettra bien en oeuvre ses promesses de campagne…

Unilatéralisme ou  négociations bilatérales

Le nouveau président  s’est engagé à remettre en cause de nombreux traités dont l’Alena  l’accord signé en 1994 qui institue une zone de libre-échange entre les États-Unis, le Canada et le Mexique…C’est la raison pour laquelle le cours du pesos mexicain a fluctué tout au long de la campagne, au gré des sondages et c’est la raison pour laquelle il est au plus bas maintenant. C’est certainement l’une des raisons complexes qui expliquent la tendance à l’érosion du Yuan Chinois, avec la fuite des capitaux conscients des difficultés de la période qui s’annonce.

Donald Trump a annoncé  pendant sa campagne son intention d’infliger aux produits chinois des taxes d’importation de 35%. Depuis son élection, Donald Trump a mis la pression sur groupes automobiles qui produisent au Mexique  les menaçant de taxes d’importations élevées si ils ne rapatrient pas des productions. Ford a déja obtempéré. Ses tweets sont aussi redoutés que des « executive orders »!

Un redoutable tweeter, sans intermédiaire

c1dkv6rxaaeolnw

Lundi 2 janvier, le président élu a  provoqué Pékin en estimant dans un « tweet » que « la Chine récupère des quantités considérables de richesses et de profits grâce à des échanges commerciaux totalement unilatéraux avec les Etats-Unis… »

A la mi-décembre, Donald Trump avait aussi provoqué la colère de Pékin en remettant pratiquement en cause, s’agissant de Taiwan le principe de la Chine unique . Il avait déclaré que les Etats-Unis n’étaient pas forcément tenus de se conformer à ce principe appliqué depuis près de 40 ans, et s’était adressé directement à la présidente de Taïwan, qui l’avait appelé au téléphone pour le féliciter de son élection.

Pour l’instant, tout va dans le même sens, celui de la confirmation: Trump veut la confrontation. La question de savoir si on va vers une guerre commerciale avec la Chine est à notre avis tranchée. Le fait que la guerre se déclare ou pas ne dépend à notre avis que des Chinois. Trump, lui, y va.

Nous sommes au début d’une partie de poker. Et c’est là ou la personnalité de Trump va avoir son importance: Trump prend les problèmes et les gens « par les couilles » , « grab them by the pussy ». C’est un mode opératoire .

Nous sommes à la fois dans l’économique, le financier, le monétaire et bien sur la géopolitique. Il va y aller à bras le corps, là ou cela fait mal. C’est un homme d ‘action, un joueur et il ne s’embarrasse pas de principes ou de règles, les règles sont faites pour être brisées.

Trump aime le jeu, la dette et l’incertitude. il sait ce que c’est que le levier et il l’ utilisé toute sa vie.  Il aime l’incertitude parce que c’est ce qui lui a permis d’accéder maintenant au sommet,  il aime en tirer parti. Le fait, pour lui d’être atypique, imprévisible est un point fort qu’il faut cultiver. Et il le cultive.

Nous pensons que son atout principal réside dans le fait de ne pas partager le sentiment d’impuissance des politiciens et des fonctionnaires; il a affirmé: « nous avons beaucoup de pouvoir sur la Chine, et les gens ne s’en rendent pas compte, ils font comme si ils n’en avaient pas ». Cela nous fait penser à ce que nous pensons de la France face à l’Allemagne: elle a beaucoup de  pouvoirs sur l’Allemagne, elle peut lui faire mettre les épaules à terre mais elle n’utilise pas ce pouvoir, à cause des collabos et des défaitistes. Elle se considère comme inférieure, elle a une mentalité de perdant. De victime.

Toute l’équipe de Trump se définit comme sceptique face aux bienfaits du libre échange, c’est un principe de base. Trump associe, amalgame  très clairement les partisans du libre échange aux élites, c’est un vice, un biais des élites. C’est un crédo des élites et comme son combat se dirige contre les élites, il y a fort à parier qu’il ne va pas céder sur ce point du libre échange . Il va y enfoncer un coin, parce que c’est politique: la vraie tradition conservatrice américaine est contre le libre échange et Trump veut, il le répète sans cesse, renouer avec elle. Et c’est là ou la gestion rejoint la politique la plus noble.

Hamilton, référence de Trump, le fondateur du conservatisme politique américain était contre le libre échange: » la politique du commerce extérieur est un outil, pas un dogme; un outil pour bâtir un pays fort et indépendant avec une classe moyenne riche et prospère ».

c0vyuxsuoaefgaz

Quelle sera la méthode de Trump, quelles sont ses  marges de manoeuvre? Il est trop tôt pour le dire, il n’est même pas encore en place. Mais ce qui nous parait évident c’est que la Chine et l’Allemagne avec leurs excédents colossaux ont du souci à se faire.

Donald Trump accuse la Chine de commerce « à sens unique »

Le président élu américain Donald Trump, qui entrera en fonction le 20 janvier, s’en est de nouveau pris à la Chine dans des messages publiés sur son compte Twitter, lundi 2 janvier. « La Chine récupère des quantités considérables de richesses et de profits grâce à des échanges commerciaux totalement unilatéraux avec les Etats-Unis, mais elle n’apportera pas son aide sur la Corée du Nord. Sympa ! », a écrit le président élu sur Twitter.

Le milliardaire réagissait aux déclarations du leader de Pyongyang, Kim Jong-un, qui a affirmé dimanche que son pays en était « aux dernières étapes avant le lancement test d’un missile balistique intercontinental ». Il a d’ailleurs affirmé, également sur Twitter, que la Corée du Nord ne se doterait pas d’une arme nucléaire en mesure d’atteindre les Etats-Unis. « Cela ne se fera pas », écrit-il.

http://president-trump.fr/donald-trump-accuse-chine-de-commerce-a-sens-unique?mc_cid=d1674a754e&mc_eid=b338f8bb5e

La Chine parce qu’elle est prise à contrepied au plus mauvais moment alors qu’elle a des difficultés à rebalancer son économie et à gérer ses bulles; et l’Allemagne parce qu’elle a,  face à elle un ennemi qui lui veut du mal, Draghi. Un ennemi qui a pour objectif de l’affaiblir de lui mettre des boulets au pied pour la rendre euro-compatible;  un ennemi  qui sape sa force à la base,  à la racine par sa politique au service des faibles et au détriment  des forts.

c08b5sjucaabikp

EN BANDE SON : 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s