1984

SYRIE | Qui gaze et qui enfume?

SYRIE | Qui gaze et qui enfume?

Les gouvernements occidentaux accusent Bâcher Al Assad d’avoir fait usage d’armes chimiques à Idleb, dernière grande ville aux mains des terroristes islamiques. Les médias français répètent l’accusation en boucle sans rien savoir du fond et sans même analyser la réalité de la situation. Dès lors plusieurs observations s’imposent.

D’Où viennent ces accusations de bombardement chimique? Principalement de deux organismes: les casques blancs et l’observatoire syrien des droits de l’homme.

Les casques blancs: Organisation humanitaire sur le papier, certes, mais dont les principaux financements viennent des gouvernements américains, français et anglais. Comble de l’objectivité: le fondateur de cette organisation n’est pas syrien mais anglais; James le Mesurier, philanthrope de la première heure puisqu’il travaillait autrefois pour une société militaire privée américaine nommée Olive Group. Par ailleurs, le chef syrien de l’organisation, Raed Saleh, a en même temps reçu un prix humanitaire aux États-Unis et interdit d’accès sur le territoire américain car il est associé à Al-Nosra.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme: Une des principales sources d’information depuis le début du conflit. Cette source est plus que critiquée par de nombreux experts (Fabrice Balanche notamment). Cet organisme est financé publiquement par le NED(National Endowment for Democracy), organisme basé à Washington, ouvertement néoconservateur, financé lui-même par le Congrès américain. Enfin selon Alain Chouet, ancien responsable de la DGSE et expert du monde arabo-musulman, l’OSDH fonctionne sur fonds saoudiens et qataris.

Tout ceci montre que ces sources sont plus que contestables. Quelques recherches suffisent pour rendre compte de ses informations, efforts devant lesquels les journalistes se sont manifestement abstenus.

Qu’on imagine un instant l’inverse: une source sur place financée par un fonds gouvernemental russe. Aucun journaliste ne s’approprierait cette source comme fiable (et il aurait peut-être raison) et mentionnerait immédiatement les liens gouvernementaux de cette organisation. Mais le deux poids-deux mesures est de règle dans ces affaires.

Si l’on se place le plan stratégique enfin, quel est l’intérêt pour Bachar Al Assad, qui accumule les succès militaires et politiques depuis un an, au moment où il est en passe de l’emporter, d’utiliser les armes chimiques, sachant très bien quelle sera la portée de ce geste sur le plan international?

Ceci rappelle furieusement, et en pire les prémices de la dramatique intervention en Irak. Par-delà les accusations hâtives et, de l’autre côté, les soupçons de false flag, la sagesse n’imposerait-elle pas pour règle de ne pas prendre de décisions lourdes de conséquences sur la seule impulsion d’événements à forte charge émotionnelle?

PS A propos: et les bombardements de Mossoul? Pourquoi n’en entend-on plus parler?

http://log.antipresse.net/post/7-avril-2017

Mais qui donc a vraiment attaqué ce site chimique ? Et, comment se fait-il qu’il y a prétendument encore des armes chimiques en Syrie, puisque, comme le dit si bien, Paul Craig-Roberts, analyste de référence US, ancien Sous-Secrétaire au Trésor de Ronald Reagan, elles ont toutes été détruites ? En lien.

http://www.paulcraigroberts.org/2017/04/07/washington-crossed-russias-red-line/

« L’attaque de Washington en Syrie est sans aucun doute un crime de guerre. Elle fut exécutée sans l’autorisation de l’ONU et même, elle est la couverture d’une attaque sous fausse bannière. L’attaque de Washington est même exécutée avant même qu’une enquête ne soit menée sur ce bombardement à Idlib, car Washington essaye d’utiliser ce bombardement comme une justification d’intervention. En effet, l’histoire que vend Washington sur des armes chimiques est peu crédible. Toutes les armes chimiques ont été retirées de Syrie par la Russie et ont été retournées aux alliés US et européens. La Syrie ne possède pas ce genre d’armement et n’a aucune raison d’en utiliser. Ajouté, que ce n’est pas l’affaire de Washington, quelles armes sont utilisées par la Syrie pour combattre les terroristes qui cherchent à faire tomber le gouvernement syrien. Les gouvernements en Europe, au Canada, en Australie et au Japon n’ont pas condamné ce crime de guerre. En effet, le MAF de Grande Bretagne a même déclaré son soutien. Ce qui révèle la profonde hypocrisie de l’Occident. C’est bien comme le déclare la Russie, que cette attaque aux armes chimiques a la marque d’un événement orchestré de toute pièce par Washington pour inaugurer une attaque contre la Syrie. Comme l’a expliqué le MDD russe, l’attaque US a dû être préparée à l’avance.

http://eng.mil.ru/en/news_page/country/more.htm?id=12117678%40egNews

Un bombardement US en Syrie doit être planifié à l’avance. En d’autres mots, oui, c’était un événement orchestré à l’avance. »

En lien, l’ancien ambassadeur de Grande Bretagne en Syrie, Peter Ford, formel, Hassad n’est pas à l’origine de cette attaque sur l’usine chimique. Il ajoute: « nous n’apprendrons décidément jamais, souvenez vous de l’Irak … »

Une interview à Sky News  de Peter Ford, ancien ambassadeur britannique en Syrie .

Peter Ford : Il faut se demander à qui profite (le crime). Clairement, ce n’est pas le régime syrien ou les Russes qui en bénéficient, et je considère comme hautement improbable l’hypothèse que l’un ou l’autre soient derrière tout ça.

Il y a plusieurs possibilités.

La première, c’est que tout ça soit des fake news, les images, les vidéos, les informations viennent toutes de sources de l’opposition, et non de journalistes indépendants crédibles.

Il est également possible que les images montrent les suites d’un bombardement qui aurait frappé un dépôt djihadiste de munitions chimiques. Nous savons de source sûre que les djihadistes stockaient des armes chimiques dans des écoles à Alep-Est car elles ont été vues ensuite par des journalistes occidentaux. C’est une autre possibilité.

Sky News : Quoi qu’il en soit, ceux qui prennent ces informations pour argent comptant soulèvent la question d’une intervention contre le régime d’Assad.

En réalité, nous n’apprenons jamais. Les (prétendues) armes chimiques de l’Irak, vous vous en souvenez ? On en a été matraqués (pour nous forcer à intervenir). À Alep, on nous a dit qu’un holocauste était en train de se produire, des massacres… Mais rien de tel ne s’est produit. Des reporters indépendants y sont allés après et n’ont trouvé aucune preuve de massacre. Ce que nous avons vu, ce sont des combattants se faire évacuer en bus calmement. Et nous avons découvert par la suite que beaucoup d’images étaient fausses.

Il y a aussi ce qui ont dit « OK, on en est là maintenant, mais une intervention en 2013 aurait pu changer les choses ».

Il n’est pas constructif de débattre de ce qui aurait pu se passer si ou si… Personnellement, je pense qu’en 2013, il était judicieux de ne pas intervenir aux côtés des djihadistes. Peut-être que je me trompe, mais je pense que la plupart des gens, lorsqu’ils y ont réfléchi une seconde, se sont demandés ce qui allait remplacer Assad et le régime séculier qui protège les minorités, les chrétiens, les droits des femmes… Je ne pense pas que les islamistes auraient constitué un meilleur pari, et c’est encore plus le cas aujourd’hui.

Ayez bien à l’esprit le fait qu’Idlib, où cela s’est produit, est un nid de vipères des djihadistes les plus extrémistes.

(Les interventionnistes) sont (comme) des chiens qui reviennent à leur propre vomi. Ils ont commis toutes ces erreurs – l’Irak, la Libye –, ils n’apprennent jamais, ils veulent reproduire le même scénario en Syrie. Heureusement, l’administration Trump a finalement évolué la semaine dernière, et cela peut être significatif, elle a finalement évolué la semaine dernière pour désavouer la politique d’Obama consistant à essayer de renverser le régime syrien, l’entourage de Trump a dit qu’ils sont plus intéressés par l’éradication de Daech, que telle est leur priorité.


Puis, en lien aussi, le seul homme politique raisonnable de ce guêpier neoconnien de Washington, Ron Paul, qui estime une folie ces attaques contre la Syrie. Un sage.

 

http://hildegardvonhessenamrhein.over-blog.com/2017/04/syrie-donald-trump-aurai-t-il-depasse-la-ligne-jaune-avec-moscou.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

3 réponses »

  1. Ce qui est quand même étonnant c’est que c’est Hillary la Sorcière qui lorsqu’elle était Secrétaire d’Etat, a accepté d’envoyer en cadeau à DAESH les stocks de gaz SARIN récupéré en Libye,
    et que comme par hasard … ce même gaz SARIN se retrouve dans les mains des troupes des fanatiques de DAESH en Syrie …comme par hasard…
    et ensuite les dirigeants occidentaux tous Pro-Mondialistes et en faveur du GAZODUC du QATAR ,
    viennent larmoyer en accusant immédiatement Bachar El Assad d’avoir envoyé soit disant des cartouches de SARIN sur des terroristes de DAESH et d’avoir collatéralement touché de nombreux civils…
    il est un fait que les djihadistes ( Voir Alep… ) se cachent et cachent leurs armes parmis la population urbaine,
    mais quel intéret aurait eu Assad à se tirer une balle dans le pied..???
    Et Quels intérets auraient les Américains et le QATAR à ce que les USA viennent prêter main forte à DAESH …???
    Le GAZODUC bien sur … hé oui… encore faudrait il que nos populations occidentales lobotomisées par la propagande bien rodée des médias aux ordres, soient encore capables de réfléchir un peu ….
    A qui profite le crime au Final ?
    Au QATAR et à ses Vassaux, à savoir les USA et l’Europe.

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  2. Personne de sérieux n’est dupe… une clique dont fait partie Hollande attend depuis longtemps de virer Assad histoire de déstabiliser un peu plus la région après les destitutions de Sadam Hussein et Khadafi. Quel est le but final de tout ça ?

    Quant à Trump serait-il l’émotif qu’on décrit pour balancer 50 missiles (certes dans le vide) après avoir vu des enfants gasés ou at-il seulement voulu reprendre la main pour des raisons de politiques intérieures après un début de mandat décevant ,

    Une certitude. Avec Hillary on aurait eu une action plus forte encore. C’est pour ça que j’ai soutenu Trump mais je commence à me demander s’il n’est pas quand même en train de subir les forces de l’Etat profond.

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