Art de la guerre monétaire et économique

 Après le coronavirus : l’Economie ?

 Après le coronavirus : l’Economie ?

L’autre grand effet du confinement, c’est qu’il a ruiné l’économie mondiale. C’en était aussi le but.

Emmanuel Macron parle tant qu’on ne fait pas toujours attention aux mots importants de ses discours. Heureusement, il les répète. Les plus marquants de sa longue allocution télévisée de la mi-mars furent ceux-ci :

« Quoi qu’il en coûte ».

Il l’a dit et redit : il faut vaincre le coronavirus et relancer l’économie « quoi qu’il en coûte ». C’est un discours nouveau dans la bouche d’un homme qui a continué la politique de son prédécesseur Hollande en matière de santé et rogné sur les dépenses de l’hôpital. Un discours nouveau chez un homme qui a soumis la réforme des retraites à l’équilibre budgétaire. Qui déplorait que l’on mît « un pognon de dingue » dans les aides sociales. Et puis c’est un discours nouveau en matière de santé publique. On sait que les soins, la santé, la croissance de l’espérance de vie, ont un coût – que les dirigeants évaluent, ce qui les mène souvent à rendre des arbitrages légitimes mais douloureux.

Répéter avec insistance « quoi qu’il en coûte » montre qu’on a changé de logique. Le président de la République l’a martelé, il est entré dans une logique de guerre. Dans la guerre, pour sauver un pays, on ne mégote pas sur les coûts, le gaspillage est permis, légitime, patriotique, vertueux.

Un enfant de dix ans voit que la forme de lutte choisie contre le coronavirus, le confinement, a précisément causé la ruine de l’économie qu’il faut maintenant relancer. Et qu’on aurait économisé « un pognon de dingue » en ne prenant pas de décisions aussi draconiennes et rigides. Mais la logique de guerre permet de faire passer la contradiction. C’est la guerre. Agissons quoi qu’il en coûte.

Ça va coûter bonbon. C’est précisément le but de l’opération.

C’est ici qu’il faut se rappeler le Rapport de la montagne de fer et son volet économique. Il préconisait de « gaspiller » une somme colossale pour remplacer la guerre dans sa fonction économique. Le montant retenu était 10 % du PIB mondial. Or, dans son discours solennel à l’ONU le 31 mars 2020, le secrétaire général Antonio Guterres a énoncé une exigence dont nous avons peu parlé. Il a demandé au monde entier de consacrer 10 % de son PIB à la « réponse massive, coordonnée, englobante et multilatérale » au coronavirus. 10 % du PIB mondial dont la gestion serait concédée à l’ONU. Le fameux « gaspillage » indispensable !

Le bilan économique du coronavirus n’a pas encore été dressé, on ne peut visiter les décombres, l’édifice continue de tomber pan par pan.

La bourse s’est effondrée de plus d’un tiers avant de se reprendre un peu. Des secteurs entiers d’activité ont plongé, d’autres tournent au ralenti. Jusqu’où se chiffre la décroissance ? Le gouvernement l’estimait à 8 % à la mi-avril, mais on est loin d’avoir enregistré les dernières pertes dues au confinement. On va arriver aux 10 %. Peut-être les dépasser.

Les déficits s’envolent, la dette aussi. Certains y trouvent du positif.

Les critères de Maastricht sont morts. La dette va devenir si énorme qu’aucun Etat ne pourra la rembourser, ce qui libérera tout le monde d’une certaine manière. Etc.

On se rassure comme on peut. Les critères de Maastricht, la dette, n’étaient que des moyens de mise en tutelle des nations. Il y en a d’autres. La Révolution peut changer de tactique pour s’adapter à la nouvelle situation. Emmanuel Macron n’a pas vraiment abordé l’économie d’après, dans son allocution du 13 avril, mais il a donné quelques clefs. Annulation de la dette du Tiers Monde. Accroissement de l’aide aux entreprises et aux ménages les moins favorisés. Il a annoncé aussi une relocalisation de certaines productions dans le cadre de « l’Indépendance stratégique ». Cela peut faire sourire chez quelqu’un qui a bradé Alstom, mais l’idée générale est nette : on va vers des dépenses sociales importantes et une relance keynésienne, avec des cadeaux au Sud (« nouvelle coopération »). Les mots de planification et de sobriété carbone ont encore été prononcés. Le Macron première manière (la réforme des retraites en fut la dernière trace) s’efforçait d’instiller un peu de libéralisme dans l’économie intérieure pour lui donner de l’air afin qu’elle supporte la politique socialiste mondiale de péréquation des richesses entre le Nord et le Sud. Le Macron deuxième manière s’oriente vers le socialisme à l’intérieur et à l’extérieur, avec un simulacre d’Etat stratège qui met en œuvre les directives du gouvernement mondial et une politique africaine bruyante.

A l’intérieur, les bénéficiaires relatifs du coronavirus sont ceux qui touchent leur revenu quoi qu’il arrive, retraités, chômeurs, puis les fonctionnaires, puis les salariés qui n’ont pas été mis au chômage partiel, quelques commerces de bouche, pharmaciens et artisans – tous les autres y perdant. Dans l’ensemble on marche vers le triomphe de la sportule, ce panier repas que le riche Romain donnait à ses protégés de la plèbe, les clients, en échange de leur allégeance et de leurs menus services, qui se transforma peu à peu en argent : c’est un pas vers le revenu qui ne dépend pas directement du travail, vers le revenu universel de base. Et sans doute, plus tard, vers un monde où le grand nombre ne travaillera plus, remplacé par les robots et l’intelligence artificielle.

A l’extérieur, le Tiers Monde va être libéré de sa dette.

En somme, le monde de 2020 et d’après va donc vers la décroissance et l’égalisation des revenus : c’est exactement ce que préconisent avec constance, depuis cinquante ans, les héritiers de la montagne de fer.

Le gaspillage aura donc servi à dégrader, à désintégrer l’économie mondiale pour la socialiser. Le coronavirus continue ainsi ce que le réchauffement du climat avait commencé. La taxe carbone par exemple fut à la fois un impôt levé sur le Nord et un gaspillage pour l’économie globale. Les transferts de technologies opérés du Nord vers le Sud au nom des normes écologiques étaient déjà une forme de socialisme mondial. C’est-à-dire une forme de spoliation. Le mondialisme est un Robin des bois très particulier : il vole aux pauvres des pays riches pour donner aux riches des pays riches et pauvres.

Or le grand mot de Macron depuis le coronavirus est la « solidarité ».

Un mot qui se répète en écho jusqu’à Bruxelles et au commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton. Ce Giscard bouclé est l’incarnation du technocrate international qui passe indifféremment du privé au public (PDG de France Télécom, ministre des finances, enseignant à Harvard). Au cœur des « stratégies » du système, il recommande aujourd’hui de la solidarité et un peu plus de souveraineté dans certaines productions avec la même pédagogie souveraine qu’hier pour préconiser plus de flexibilité. C’est au nom de la solidarité que Muriel Pénicaud, ministre du travail, a demandé aux entreprises dont l’Etat est actionnaire minoritaire de ne pas verser de dividendes à leurs actionnaires. Nous devons être moins riches pour donner leur chance aux pays les plus pauvres.

Les organisations internationales reprennent elles aussi, à propos de la pandémie, ce discours qu’elles tiennent depuis des décennies à propos d’environnement. L’analyse des textes de l’ONU, de l’OMS, du PNUED et des autres sur trente ans est formelle : le coronavirus reprend le rôle tenu par le réchauffement du climat. C’est le même discours et ce sont les mêmes recommandations. En 1992, la conférence de Rio posait en principe que « pour que les ressources globales se maintiennent dans des limites raisonnables pendant que le niveau de vie des pauvres s’élève, les sociétés riches devront consommer moins ». Boutros Boutros-Ghali, alors secrétaire général de l’ONU déclarait :

« Le surdéveloppement est aussi préoccupant que le sous-développement. »

A Rio, on accusa « les différences de niveau de vie, non seulement entre pays riches et pays pauvres, mais entre riches et pauvres d’un même pays », d’être la cause de la détérioration de l’environnement.

De même accuse-t-on aujourd’hui les différences de niveau de vie d’augmenter le risque des plus pauvres face au coronavirus : la surmortalité des Noirs aux Etats-Unis est montée en épingle dans ce sens.

Le péril pesant sur l’environnement exigeait alors, comme aujourd’hui le coronavirus, « un nouveau style de vie »

(Moustapha Tolba, directeur du PNUED, Déclaration finale de la conférence de Rio, 1992.)

 La santé de la Terre exigeait hier, comme aujourd’hui le coronavirus, une mise à niveau des économies : « Alors que dans certains pays le développement est synonyme de croissance économique, dans d’autres, il impliquera en fait une baisse de la consommation individuelle. »

(Conférence de la Terre (sous l’égide de l’ONU), Copenhague, Dimensions éthiques et spirituelles du progrès social.)

 Le coronavirus nous l’impose, la baisse de niveau de vie des pays riches va donc se poursuivre, mais comme les pauvres des pays riches, principales victimes des dernières décennies, n’en peuvent plus, on va desserrer les cordons de la manne sociale. Cela coûtera ce que cela coûtera mais cela permettra au processus engagé de se poursuivre sans révolte. Sans Gilets jaunes ni manifestations contre la réforme des retraites.

Considérée dans les années 90 comme un « vaisseau spatial » (l’expression allait être reprise) par le Premier ministre du Bangladesh, Zia, la Terre avait besoin, pour ne pas courir à sa perte, d’une direction mondiale. Pour assurer la décroissance nécessaire, Maurice Strong, l’éminence grise des secrétaires généraux de l’ONU en matière d’environnement, le coprésident du conseil du Forum mondial de l’économie de Davos, fixait un but simple en 1990 :

 « Le seul espoir de la planète n’est-il pas l’effondrement de la société industrielle ? N’est-il pas de notre devoir de le provoquer ? »

(Abraham and Sanders, The Greening, 1993, p. 100.)

Incroyable ? Oui, mais vrai.

Cela ne faisait qu’aller au bout des recommandations antérieures du CFR (Council on Foreign Relations) :

 « Un certain degré de désintégration contrôlée de l’économie mondiale constitue un objectif légitime pour les années 80. »

Hirsch, Doyle, and Morse, Alternative to Monetary Disorders, cité dans Fusion d’octobre 1979.

Le but assigné à cette apocalypse économique était un Nouvel Ordre piloté par les institutions internationales à travers la convergence entre socialisme et capitalisme dans le cadre fixé par les normes écologiques, éthiques, culturelles et sanitaires. Le socialisme de marché ainsi défini suppose le libre-échange et permet des profits aux entreprises, en particulier multinationales (à condition qu’elles se fassent le véhicule de l’éthique mondialiste et soient islamo-friendly, LGBT friendly, etc.). Mais il ne faut pas se méprendre : l’objectif est une Terre nouvelle sous un gouvernement mondial, non pas les superprofits de tel ou tel capitaliste.

Il faut écouter Marx à ce sujet :

« De nos jours, le système protecteur est conservateur, tandis que le système du libre-échange est destructeur. Il dissout les anciennes nationalités et pousse à l’extrême l’antagonisme entre la bourgeoisie et le prolétariat. En un mot, le système de la liberté commerciale hâte la révolution sociale. »

Altermondialisme et mondialisme sont les deux faces d’une même monnaie, les deux termes d’une même opposition dialectique, les deux fers au feu d’une même Révolution. Elle exploite le dynamisme du capitalisme au profit du socialisme.

De même faut-il croire George Soros quand il confie avoir voulu « gagner assez d’argent pour faire de la philosophie ». Son argent est un moyen de faire advenir la société ouverte, et la société ouverte n’a pas pour but de gagner de l’argent, mais le bien de l’humanité – tel que l’envisagent George Soros et ses amis.

Cet objectif, la ruine de l’économie mondiale par le coronavirus, le gaspillage de 10 % du PIB mondial ne l’éloigne pas, il le rapproche.

Hier, l’ouverture des frontières était nécessaire à la croissance, aujourd’hui, elle est nécessaire à la décroissance. Des relocalisations partielles d’industries dites sensibles ne changeront rien, globalement, à cet état de fait. Ce qu’il nous faut comprendre, c’est que la décroissance amène le gouvernement mondial. Comme l’explique le sociologue Edgar Morin dans son livre Terre-Patrie :

 « Comment décélérer ? (…) C’est un problème qui, à l’ère de l’interdépendance, ne peut être traité par une nation seule, qui sinon se retrouverait dans une autarcie asphyxiante. »

Emmanuel Macron est le disciple de Morin, il nous met en garde contre le « repli nationaliste et le repli égoïste », il préconise de nouvelles coopérations et la remise des dettes de l’Afrique. Voilà une feuille de route claire.

En somme, le coronavirus vient couronner un processus long de désintégration de l’économie industrielle et lui donner une accélération brutale dont les promoteurs du gouvernement mondial espèrent un saut politique, comme le montrent les appels de MM. Gordon Brown et Antonio Guterres. Hier soumise principalement aux normes écologiques, l’économie mondiale sera désormais soumise plus étroitement aux normes sanitaires, et la peur de la pandémie fera paraître urgent le gouvernement mondial.

EN BANDE SON :

Cliquer pour accéder à Coronavirus-Dans-la-matrice-globalitaire.pdf

3 réponses »

  1. Cette histoire de dette venait comme un cheveu sur la soupe. Beaucoup de plaisir pour son locuteur alors probablement (on a le plaisir qu’on peut). Il a même peut-être fait un défi avec Benalla qu’il le placerait ! Orgasme !

    Aimé par 1 personne

  2. Si ils souhaitent industrialiser l’Afrique en maintenant l’Occident dépendant et fragile, afin que L’Afrique devienne « La Nouvelle Chine occidentale », alors c’est un suicide organisé de L’Occident, car vu la démographie exponentielle de l’Afrique je ne donne pas 20 ans avant que l’Europe Occidentale soit conquise et écrasée, foulée aux pieds, ne serait ce que par la force du Nombre et de la Masse de ses conquérants.
    Chassez le Naturel et il revient au Galop, pas mieux qu’il y a 1000 ou 2000 ans ou 3000 ans, « L’instinct systématique » d’un groupe d’individus primaires et qui devient fort,
    (et à fortiori si sa taille devient colossale…),
    est de conquérir et de dominer d’autres Nations, d’éradiquer les vaincus et de soumettre de façon totale les quelques survivants qu’il reste.

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