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Après le coronavirus, quelle société, quelle politique ?

Après le coronavirus, quelle société, quelle politique ?

En France aussi, bien qu’on n’envisage le déconfinement qu’à partir du onze mai, on en est déjà à envisager « l’après ». Or pour connaître la société et la politique d’après le coronavirus, il était utile d’écouter le discours d’Emmanuel Macron le lundi de Pâques 13 avril 2020. Un discours qui pèse, puisque selon un sondage OpinionWay publié par les Echos, 62 % des Français ont été convaincus

https://www.lesechos.fr/politique-societe/emmanuel-macronpresident/sondage-exclusif-coronavirus-emmanuel-macron-a-convaincupres-de-deux-francais-sur-trois-1194666.

La pandémie fut selon Emmanuel Macron « un ébranlement », et nous en « avons appris quelque chose ». Elle nous donne « une chance dans cette crise de bâtir un autre projet ». Une nouvelle façon de vivre. Le président de la République a esquissé « le plan de l’après onze mai » et promis de « se réinventer ».

Son discours a dissipé les espoirs de quelques optimistes.

Ils avaient cru que, la crise née du coronavirus établissant aux yeux du grand nombre l’utilité des frontières, l’inutilité de l’Union européenne, les inconvénients de la mondialisation de la production, Macron, préfet démonétisé d’institutions mondialistes qui ont échouées, virerait sa cuti. Ils espéraient donc que la dynamique populiste l’emporterait et que la France et l’Europe rejoindraient ceux en qui ils voient des hérauts de l’anti-mondialisme, Trump, Bolsonaro, Boris Johnson, Salvini, Orban, Kaczynski, Poutine et Narendra Modi. Selon cette théorie, la réalité culturelle, ethnique, économique, politique, dissiperait les illusions du gouvernement mondial. L’irruption brutale de la réalité humaine casserait la Matrice.

Ils se sont trompés. Macron persiste et signe dans un plan de gouvernement mondial, sans changer d’objectif même s’il s’adapte à la situation. Merkel fait de même.

Cela s’explique par ce que la réalité n’a hélas aucune espèce d’importance dans un monde que la propagande place sous l’empire du virtuel. Les pandémies qui ont causé « l’ébranlement » fondateur dont parle le président de la République le montrent surabondamment.

Didier Raoult rappelle dans son petit livre le raffut que l’on fit hier autour du chikungunya, qui continue à faire parler les médias, alors que ce n’est pas « un danger de santé publique en métropole ». La fiction est simplement plus forte que la réalité.

Hollywood a produit, à l’occasion d’Ebola, un film d’épouvante, Alerte, où, pour tenter de juguler une fièvre hémorragique en Afrique, des Américains vêtus de scaphandres venaient en hélicoptère tuer les villageois atteints. Cette prophylaxie radicale n’était que du cinéma, mais des gens vraiment touchés par Ebola en Guinée ont vu le film sur leurs portables, et quand des équipes médicales sont venues les soigner, ils les ont massacrées, craignant qu’elles ne fassent comme dans le film !

Il se passe aujourd’hui autour du coronavirus une chose analogue : la révolution mondialiste impose son cinéma.

Le grand film du confinement en est la preuve. On a constaté plus haut que les pays d’Europe qui ont suivi l’exemple de l’Islande (Allemagne, Suède, Norvège, Autriche) ont de meilleurs résultats que ceux qui ont suivi l’exemple de la Chine (France, Italie, Espagne). En somme, ceux qui ont choisi de faire un grand nombre de tests, d’isoler et de traiter les infectés, et d’imposer le masque aux autres, ont eu de meilleurs résultats que ceux qui ont choisi le confinement de toute la  population.

Le confinement est un mauvais choix médical : cela indique que son objectif n’est pas médical.

Il est politique, social, spirituel.

Dans l’ensemble le confinement a favorisé l’expansion du mondialisme. Pendant le coronavirus, tout était arrêté, et en même temps tout a continué. La Révolution a tranquillement avancé. Le ministre de la santé s’est assuré que le confinement n’empêcherait pas les Françaises d’exercer leur droit inaliénable à l’avortement. Pendant que l’on traçait les portables des Parisiens pour déterminer que 17 % d’entre eux avaient fui la capitale pour la campagne la nuit précédent le confinement, 160.000 policiers, gendarmes et autres militaires ont vérifié que les Français ne partaient pas en vacances de Pâques.

Etrange tâche. Elle illustrait en toute tranquillité la mutation du régalien qui est une marque de la profonde réorganisation de l’Etat mis au service du gouvernement mondial.

On a même obligé le préfet de Paris, Didier Lallement, celui dont la casquette tombe sur les oreilles, à présenter ses excuses. En constatant une très forte surmortalité soudaine en Seine-Saint-Denis, il avait eu le malheur de dire que « ceux qu’on trouve dans les réanimations, ce sont ceux qui, au début du confinement, ne l’ont pas respecté, il y a une corrélation très simple ». Ce n’est pas tout à fait vrai, il y a un temps de latence. Mais, en gros, il n’avait pas tort de dire que l’indiscipline et la promiscuité favorisent la contagion. Hélas, le malheureux, que n’avait-il pas dit ! Ses propos furent jugés « scandaleux » par tout ce qui compte et qui juge, et il dut les retirer en public. On ne doit pas parler du rapport entre la pandémie et les désordres des quartiers, c’est tabou, strictement interdit. Cela doit pourtant peser sur la situation de la France, l’Espagne et l’Italie.

La distanciation sociale satisfait l’idéologie de plusieurs groupes qui concourent dialectiquement à la Révolution mondialiste, comme le fait aussi l’interruption du spectacle vivant (théâtre notamment) et de la fréquentation des restaurants. Les musulmans rigoristes sont satisfaits de ne plus serrer la main des femmes, les féministes heureuses de ne pas risquer de contacts douteux, et l’individu privé de vie sociale charnelle se réfugie dans l’activité virtuelle intense de son ordinateur.

L’après coronavirus sera mondialiste. Sans doute Emmanuel Macron a-t-il chanté un couplet chauvin sur les Français « debout, disciplinés », comme il a parlé naguère de « faire nation ». Il joue sur le sentiment national pour mieux berner le populo. Le gouvernement mondial en effet ne fait pas table rase des nations, il garde leur coquille pour mieux faire passer ses directives en flattant l’esprit de clocher. Ses objectifs cependant ne changent pas. Macron met en garde contre « le repli égoïste et le repli nationaliste », et sa collègue Angela Merkel, après la « grande mise à l’épreuve » du coronavirus, ne suggère pas d’autre solution que « plus d’Europe ». Pendant la pandémie, sans bruit, l’Albanie et la Macédoine du Nord sont entrées dans l’UE.

Même si, d’ailleurs, emportée par le Brexit et la mauvaise humeur italienne, l’Union européenne sombrait, le grand cadre de pensée et d’action demeurerait la planète entière. Emmanuel Macron a été formel, « A Pékin, Alger et Paris, ce sont les morts d’un même virus » et d’un même monde que l’on pleure. Il faut « bâtir des solidarités et des coopérations nouvelles », et pour commencer, « annuler toutes les dettes de l’Afrique ». Autrement dit, même la fin de Bruxelles ne signifierait pas le retour de la souveraineté nationale. Si le mondialisme doit changer le plan initial, qui est d’atteindre au gouvernement mondial à travers des « ensembles régionaux » (continentaux), d’autres voies seront ouvertes.

Voici, pour rappeler que la Révolution profite de tout, deux autres marqueurs mondialistes relevés à l’occasion du coronavirus.

La pandémie a donné lieu, à partir de l’insalubrité supposée du marché de Wuhan, à une propagande effrénée contre la consommation de viande d’animaux sauvages. La critique médicale a satisfait ici les militants anti-chasse, les vegans, les surveillants de la biodiversité et du droit du vivant. Le 24 février, le gouvernement chinois a interdit de vendre et de consommer des animaux sauvages. La civette palmiste masquée qui aurait transmis le virus du SRAS à l’homme se retrouve en soupe sur la table des Chinois raffinés, comme le luwak, alors que le cobra exige la friture et la patte d’ours, plus ferme, le braisage.

Selon Erin Sorell, chargée de recherches au département de microbiologie et d’immunologie de l’université de Georgetown, le coronavirus va provoquer « un changement révolutionnaire » dans la mentalité chinoise. D’après elle, c’était urgent : 70 % des zoonoses proviendraient des animaux sauvages.

Deuxième exemple, l’OMS a émis début mars une mise en garde contre l’argent liquide en ces termes : « L’argent change fréquemment de mains et peut ramasser toutes sortes de bactéries et virus. Nous conseillons aux gens de se laver les mains après avoir manipulé des billets de banque et d’éviter de toucher leur visage. Dans la mesure du possible, il serait également conseillé d’utiliser les paiements sans contact pour réduire le risque de transmission. » Cette recommandation satisfait les exigences mondialistes, qui réclament la fin du liquide et des paiements anonymes. Pourtant, l’OMS elle-même a dû reconnaître depuis que le risque de contamination par billets de banque était infime

https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/le-cashmenace-par-lepidemie-de-coronavirus-1190721

Cela n’a pas empêché les banques de relever le plafond des paiements sans contact.

Venons-en maintenant au plus important : les incroyables grandes manœuvres de l’asservissement volontaire qu’a engendrées le confinement. L’idéologie sans frontière a réussi un incroyable paradoxe. La pandémie, qui est la conséquence de ses principes, lui a permis de faire souhaiter par les peuples la politique de sécurité draconienne par laquelle elle entend établir le gouvernement mondial, même si, par tactique, elle a rétabli temporairement les frontières.

Dans son discours du lundi de Pâques, Macron a promis de nous donner bientôt, dans le plan de l’après onze mai, le « détail de l’organisation de notre vie quotidienne ». Vous n’avez pas la berlue : le président de la République française, considérée comme une démocratie, va fixer « le détail de l’organisation de notre vie quotidienne ». Aucun des dictateurs qui ont fait du bruit au vingtième siècle n’était descendu si loin dans le détail.

Cela éclaire le rôle qu’a tenu « l’ébranlement » du coronavirus : ce choc a permis un gigantesque exercice de soumission des populations,sur toute la terre, et cela va continuer plusieurs mois. Selon l’AFP, cent mille caméras à reconnaissance faciale ont surveillé Moscou vingt-quatre heures sur vingt-quatre pendant le confinement, et plus d’un milliard de Chinois ont été tracés en permanence grâce à des applications sur leur portable. Cela n’a étonné personne puisque la Chine est une dictature. La surprise est que le rapport de l’OMS a approuvé la chose. L’un de ses rédacteurs, professeur à l’université de Hong Kong, a précisé uniment : « Votre population, c’est votre système de surveillance. » Macron, lui, a ses coquetteries. Il ne veut « ni affaiblir notre démocratie, ni mordre sur la moindre liberté ».

Ça ne l’a pas empêché de décider et de poursuivre le confinement, contre les recommandations initiales de l’OMS, l’avis de certains spécialistes des maladies infectieuses, et les résultats des pays qui ne confinent pas. Pourquoi ? Hannah Arendt, une fois encore, propose une réponse :

« Pour s’implanter, le Totalitarisme a besoin d’individus isolés et déculturés, déracinés des rapports sociaux organiques, atomisés socialement et poussés à un égoïsme extrême. »

Jusqu’à ce que Jacques Chirac supprime le service militaire, les appelés arrivant à la caserne découvraient, à peine coiffés et habillés, une discipline qui leur semblait à la fois inutile et loufoque, le maniement d’armes. Pendant des heures, un sergent ou un adjudant leur faisait faire des mouvements arbitraires, se mettre au garde à vous, au repos, l’arme au pied, sur l’épaule, au port d’armes, jusqu’à ce que cela devienne parfait, réflexe, et que la main claque bien sur le bois du fusil ou sur le treillis. On marche au pas en appuyant bien le talon gauche. Il arrivait que cela lasse un peu et qu’on se demande à quoi cela servait. C’était montrer une belle légèreté et un manque de perspicacité regrettable : en fait, c’était la base à la fois de la discipline militaire et de l’esprit de corps.

De même les bizarreries du confinement sont-elles la base « l’engagement fraternel » que vante Macron, c’est-à-dire de l’obéissance à des consignes arbitraires. L’obéissance d’abord passive devient active. On prend des habitudes. On applaudit le soir à huit heures sur son balcon, si on en a un. On calcule mentalement à quelle distance on se trouve de la dame qui achète des poireaux. On craint que le gendarme qui vérifie votre attestation dérogatoire ne tousse.

Cette histoire d’attestation dérogatoire signée par soi-même est le sommet difficilement dépassable de l’infantilisation, et donc de la soumission, même teintée d’ironie, au pouvoir qui vous l’impose. On se demande si on a le droit de la rédiger au crayon, pour carotter un peu de temps. Et pour ne pas gaspiller le papier. On s’abîme dans des chicanes sans fin, des gymkhanas quotidiens de minuscules soucis directeurs. Avec ça, il y a des amendes prévues, des remontrances, des gardes à vue, des avertissements, la prison, même, en théorie et en cas de récidive grave.

Bien sûr, les gens deviennent fous. Dans le Var, à Sanary, le maire prétendait interdire à ses administrés de s’éloigner de plus de dix mètres de leur domicile. L’esclave, ou le Kapo, va au-delà des exigences du chef de camp. Beaucoup de maires ont imposé le couvre-feu, même le RN a demandé celui-ci. Etrange. Les populistes eux-mêmes participent à la mise en tutelle des peuples, ils en réclament plus. Et comme on est en guerre contre l’ennemi commun de l’humanité, la dénonciation devient vertueuse. On dénonce contre ceux qui reçoivent du monde chez eux ou enfreignent d’une manière ou d’une autre les règles du confinement. Un maire de l’Essonne a même appelé à la dénonciation des contrevenants.

Certains s’en sont montrés choqués

https://www.lci.fr/population/coronavirus-covid-19-pandemie-nonrespect-du-confinement-l-appel-a-la-delation-d-une-maire-de-l-essonnemontgeron-2150847.html

c’est pourtant tout à fait dans l’esprit de la surveillance participative instituée depuis longtemps sur Internet : on signale un contenu, ou un comportement, qui est « inapproprié ». C’est beaucoup plus fort qu’Orwell, c’est La Boétie et son Discours sur la servitude volontaire.

Surtout, le président l’a dit, cela continuera après. Le déconfinement sera étalé, de sorte qu’il est prévu qu’on ne reprenne jamais les habitudes anciennes. Nous serons des hommes nouveaux, réinventés.

Nous garderons les gestes appris pendant la « guerre » : comme dans la prophétie de la fondation Rockefeller en 2010. De toutes manières, non seulement nous devrons continuer à pratiquer les gestes barrières, mais il est probable que nous devions nous soumettre à des reconfinements périodiques, un peu comme les périodes militaires pour les réservistes de l’armée. Selon une étude publiée dans la revue Science le 14 avril et menée par des chercheurs de l’université de Harvard, cela sera nécessaire jusqu’à 2022, le temps qu’un vaccin efficace ait été mis au point ou que la population soit immunisée

https://actu.orange.fr/societe/high-tech/la-distanciation-sociale-sansdoute-necessaire-jusqu-en-2022-selon-des-chercheurs-d-harvardCNT000001pl5jX.html.

Comme symbole de cette incroyable asservissement des Français (et des autres, mais c’est en France que la didascalie du confinement a été la plus absurde et la plus envahissante), on a noté l’apparition des robots. Le robot ne tousse pas, le robot n’a pas la fièvre, le robot, son nom l’indique, travaille, il ne s’arrête jamais, sauf quand ses circuits chauffent. Le robot annonce et prépare l’avenir, puisqu’il remplacera demain les humains dans leur travail et que le confinement est aussi un exercice pour s’adapter à un monde sans travail humain (« Lisez, cultivez-vous », dit Macron). On a vu à Tunis un robot policier faire respecter le confinement. Il demande aux passants : « Qu’est-ce que vous faites ? Montrez-moi votre pièce d’identité. »

Et pas moyen de l’avoir au charme. A l’hôpital Circolo de Varèse, dans le nord de l’Italie, six robots ont permis de détendre un peu l’horaire des soignants submergés. Ils remplacent les infirmières dans certaines tâches, vérifient les paramètres vitaux ou déclenchent les procédures indispensables au maintien en vie de ces personnes durement atteintes. Certains sont blancs, dotés d’écrans et de capteurs sur ce qui fait office de tête, d’autres, plus simples, ressemblent à un petit balai noir sur roues avec une tête-écran rectangulaire. Ceux qui les pilotent économisent des équipements de protection. Un autre robot adoucit le confinement de Jérôme, ingénieur d’Angers. Il va faire ses courses. Il a été en contact avec un porteur de coronavirus, et son maraîcher ne tenait pas à tailler de bavette avec lui : le robot porte un cabas et a de l’argent dans sa poche, et tout se passe bien.

Demain ils courront plus vite que les chiens, se battront mieux qu’une compagnie et rempliront 95 % des tâches humaines. Quant aux Français, réinventés par le coronavirus et le confinement, ils applaudiront le soir à huit heures sur leur balcon.

Une brochure téléchargeable pour décrypter la crise du Covid-19

EN BANDE SON :

Cliquer pour accéder à Coronavirus-Dans-la-matrice-globalitaire.pdf

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