Christianisme

đŸ”„ Peter Thiel Ă  Rome : Quand les clercs du mondialisme hurlent Ă  l’AntĂ©christ

Quand les clercs du mondialisme hurlent Ă  l’AntĂ©christ

Il existe un signe infaillible pour reconnaĂźtre qu’un systĂšme idĂ©ologique est en train de vaciller.

Ce signe n’est pas la critique.

Ce signe est la panique morale.

Lorsque les gardiens d’un ordre commencent Ă  voir des complots thĂ©ologiques, des conspirations mĂ©taphysiques et des AntĂ©christs partout, ce n’est gĂ©nĂ©ralement pas parce que l’Apocalypse approche.

C’est parce que leur monde se fissure.

L’épisode de la venue annoncĂ©e de Peter Thiel Ă  Rome en est un exemple presque parfait.

Sous couvert d’analyse religieuse et thĂ©ologique, certains commentateurs tentent de construire un rĂ©cit inquiĂ©tant : celui d’une offensive idĂ©ologique visant Ă  capturer l’Église catholique au profit d’une droite technologique et populiste.

Le scénario est séduisant.

Un milliardaire de la Silicon Valley.
Des lectures de René Girard et de Carl Schmitt.
Des confĂ©rences mystĂ©rieuses sur l’AntĂ©christ.

La dramaturgie est parfaite.

Mais derriĂšre cette mise en scĂšne se cache une opĂ©ration beaucoup plus simple : la dĂ©fense paniquĂ©e d’un vieux monopole idĂ©ologique.


Le catholicisme : un territoire interdit ?

Depuis deux siÚcles, les élites libérales occidentales ont entretenu avec le catholicisme une relation ambiguë.

Tantît elles l’ont combattu.
TantĂŽt elles l’ont domestiquĂ©.
TantÎt elles ont tenté de le transformer en simple ONG morale.

Mais elles ont toujours cherché une chose :

le neutraliser politiquement.

L’Église devait devenir une institution humanitaire respectable.

Elle pouvait parler de pauvreté.
Elle pouvait parler d’écologie.
Elle pouvait parler de migrations.

Mais elle ne devait surtout pas redevenir ce qu’elle fut pendant des siùcles :

un acteur théologico-politique.

Car un catholicisme qui redeviendrait une force intellectuelle autonome serait une menace pour l’ordre idĂ©ologique contemporain.


La grande peur des clercs modernes

Les auteurs qui dĂ©noncent l’influence de Peter Thiel sur Rome semblent obsĂ©dĂ©s par une idĂ©e :

celle d’un catholicisme qui cesserait d’ĂȘtre alignĂ© sur l’idĂ©ologie dominante.

Dans leur rĂ©cit, Thiel devient une sorte de lansquenet thĂ©ologique, un mercenaire idĂ©ologique venu transformer l’Église en instrument des droites populistes.

La caricature est grossiĂšre.

Mais elle révÚle une peur trÚs réelle.

Ce que redoutent ces clercs modernes n’est pas l’influence d’un milliardaire.

Ce qu’ils redoutent, c’est la rĂ©ouverture du champ thĂ©ologico-politique.

Depuis la fin de la guerre froide, une Ă©trange fiction s’est installĂ©e en Occident :

l’idĂ©e que la dĂ©mocratie libĂ©rale aurait dĂ©finitivement rĂ©solu la question du sens de l’histoire.

Dans ce monde supposé post-idéologique, la religion devait se limiter à un rÎle moral secondaire.

Mais voilà que certains penseurs — Thiel parmi d’autres — remettent sur la table une question explosive :

et si l’histoire n’était pas terminĂ©e ?


RenĂ© Girard, l’Apocalypse et la panique des progressistes

L’une des raisons pour lesquelles Peter Thiel fascine autant ses critiques tient à une chose trùs simple :

il lit.

Et pas seulement des rapports d’investisseurs.

Il lit Girard.

Or la pensée de René Girard est profondément dérangeante pour la modernité.

Car elle suggÚre une idée simple mais explosive :

les sociĂ©tĂ©s humaines reposent sur des mĂ©canismes de violence et de bouc Ă©missaire que la modernitĂ© n’a jamais vraiment abolis.

Elle les a simplement dissimulés derriÚre de nouveaux récits moraux.

Autrement dit :

la modernitĂ© progressiste pourrait bien produire elle aussi ses propres formes de persĂ©cution, d’exclusion et de sacralisation politique.

Pour un systÚme idéologique qui se présente comme la fin de toutes les violences historiques, cette idée est intolérable.


Le vrai scandale : la politisation de la religion

Ce que certains commentateurs dĂ©noncent comme une dĂ©rive thĂ©ologique n’est en rĂ©alitĂ© que ceci :

le retour du politique dans le religieux.

Or ce retour n’a rien de nouveau.

Pendant deux mille ans, le christianisme a été un acteur politique majeur.

Il a façonné des empires.
Il a inspiré des révolutions.
Il a structuré des civilisations.

Ce n’est que dans l’Europe tardive du XXIᔉ siĂšcle que l’on a commencĂ© Ă  croire qu’une religion devait ĂȘtre idĂ©ologiquement neutre.

Cette neutralitĂ© n’a jamais existĂ©.

Elle Ă©tait simplement le masque d’un alignement implicite sur l’idĂ©ologie dominante.


Le paradoxe Thiel

Il existe d’ailleurs un paradoxe dĂ©licieux dans la panique actuelle.

Les critiques de Thiel dénoncent un milliardaire technologique qui voudrait instrumentaliser la religion.

Mais ces mĂȘmes critiques vivent dans un monde oĂč :

les ONG dictent la morale internationale,
les plateformes numĂ©riques façonnent l’opinion publique,
les institutions globales produisent des normes éthiques universelles.

Autrement dit :

ils vivent dĂ©jĂ  dans une civilisation oĂč le pouvoir Ă©conomique, technologique et moral est profondĂ©ment imbriquĂ©.

La différence est simple :

ce pouvoir Ă©tait jusqu’ici idĂ©ologiquement homogĂšne.


Rome n’est pas une start-up

Il y a enfin quelque chose de profondĂ©ment ironique dans l’idĂ©e que Peter Thiel pourrait transformer l’Église catholique.

Rome a survécu :

aux empereurs romains,
aux invasions barbares,
à Napoléon,
aux révolutions,
aux totalitarismes du XXᔉ siĂšcle.

Elle survivra probablement aussi aux confĂ©rences d’un investisseur de la Silicon Valley.

La vieille machine romaine possùde une inertie historique que peu d’institutions peuvent rivaliser.

Mais cette inertie ne signifie pas immobilité.

Car l’Église a toujours Ă©voluĂ© en interaction avec les forces intellectuelles de son Ă©poque.


Le vrai combat : le monopole moral

Ce qui se joue aujourd’hui n’est donc pas une tentative de prise de contrîle de l’Église par une droite technologique.

Ce qui se joue est beaucoup plus profond.

Il s’agit de savoir qui aura le droit de dĂ©finir la morale publique dans les sociĂ©tĂ©s occidentales.

Depuis plusieurs décennies, cette fonction a été monopolisée par une coalition étrange :

bureaucraties internationales,
universités,
médias,
ONG,
technocraties politiques.

Cette coalition s’est progressivement habituĂ©e Ă  considĂ©rer son propre langage moral comme universel et incontestable.

Mais ce monopole commence Ă  ĂȘtre contestĂ©.

Et c’est cela, au fond, qui rend l’affaire Thiel si inquiĂ©tante pour certains.


L’AntĂ©christ imaginaire

Au final, la vĂ©ritable ironie de cette affaire est peut-ĂȘtre la suivante.

Dans la tradition chrĂ©tienne, l’AntĂ©christ n’est pas nĂ©cessairement celui qui attaque la religion.

Il est parfois celui qui prétend incarner le Bien absolu.

Celui qui affirme que l’histoire est terminĂ©e.
Celui qui prétend avoir définitivement défini le sens du monde.

Or cette prétention ressemble étrangement à celle de certaines élites contemporaines.

Les mĂȘmes qui dĂ©noncent aujourd’hui la venue d’un milliardaire Ă  Rome comme un signe inquiĂ©tant.


La vieille leçon romaine

Rome, elle, a appris depuis longtemps une chose que les idéologues modernes semblent avoir oubliée :

les empires passent.

Les idéologies passent.

Les systĂšmes intellectuels passent.

Mais les grandes traditions religieuses ont une maniĂšre trĂšs particuliĂšre de survivre :

elles absorbent les tempĂȘtes,
elles laissent les modes intellectuelles s’épuiser,
et elles continuent leur route.

Peter Thiel repartira.

Ses critiques aussi.

Et Rome restera.

Thiel, Girard et le retour du Katechon

Quand la Silicon Valley dĂ©couvre que l’histoire n’est pas finie

Il y a quelque chose d’ironiquement magnifique dans le cas Peter Thiel.

Pendant des annĂ©es, la Silicon Valley a vendu au monde la religion de la disruption, du progrĂšs sans limite, de l’innovation rĂ©demptrice, du marchĂ© total, de la fluiditĂ© universelle. Elle a voulu remplacer les vieilles transcendances par la vitesse, les sacrements par les interfaces, le salut par l’algorithme, la Providence par le capital-risque.

Et voici que l’un de ses grands prĂȘtres revient aux textes les plus dangereux : RenĂ© Girard, saint Paul, Soloviev, le Katechon, l’AntĂ©christ, l’Apocalypse.

Autrement dit :
voici qu’un homme issu du cƓur mĂȘme du monde techno-capitaliste semble comprendre ce que les clercs progressistes refusent encore d’admettre :

l’histoire n’est pas finie,
la violence n’a pas disparu,
et la technique n’a pas aboli le tragique.


Girard : la modernitĂ© n’a pas supprimĂ© le sacrifice, elle l’a maquillĂ©

Le mĂ©rite de Girard, dans ce paysage de somnambules, est d’avoir rappelĂ© une vĂ©ritĂ© insupportable : les sociĂ©tĂ©s humaines ne tiennent pas naturellement par la raison, le contrat ou le progrĂšs, mais par des mĂ©canismes de rivalitĂ© mimĂ©tique qui finissent toujours, d’une maniĂšre ou d’une autre, par dĂ©signer un coupable Ă  immoler.

Le moderne se croit supĂ©rieur Ă  l’archaĂŻque.

Il croit avoir dépassé la chasse au sorcier, le lynchage rituel, la purification collective.

En réalité, il les a seulement sécularisés.

Le bouc Ă©missaire n’a pas disparu.
Il a changé de costume.

Hier, c’était l’hĂ©rĂ©tique.
Aujourd’hui, c’est le dissident, le rĂ©actionnaire, le populiste, le complotiste, l’homme Ă  bannir du cercle du licite.

La foule morale n’est pas morte.
Elle a obtenu des diplÎmes, des rédactions, des plateformes, des institutions, des chartes éthiques et des cellules de vérification.

C’est là que Girard devient explosif :
il montre que la modernitĂ© n’est pas la sortie de la violence sacrĂ©e, mais son recyclage sophistiquĂ©.


Thiel a vu quelque chose que les progressistes ne supportent pas

Peter Thiel, avec toutes ses ambiguĂŻtĂ©s, ses angles morts, ses contradictions de milliardaire technologique jouant au prophĂšte, a au moins saisi un point essentiel : le monde contemporain n’est pas pacifiĂ©. Il est saturĂ© de violence contenue, de rivalitĂ©s mimĂ©tiques globalisĂ©es, d’hystĂ©ries morales, de paniques fabriquĂ©es et de faux universels.

Le systÚme se présente comme humanitaire, philanthrope, inclusif, rationnel, pacificateur.

Mais plus il prétend abolir le conflit, plus il le déplace, le refoule, le moralise, puis le réinjecte sous forme de guerre civile froide.

C’est pourquoi la lecture girardienne fascine Thiel :
elle lui fournit le schĂ©ma cachĂ© d’un monde qui parle paix mais produit exclusion, qui invoque l’humanitĂ© tout en dĂ©signant chaque semaine un nouveau monstre public Ă  sacrifier.


Le Katechon : la pierre dans la gorge du monde moderne

Et puis il y a le mot dangereux.
Le mot que les modernes dĂ©testent parce qu’il introduit une limite.
Le mot que les universalistes abhorrent parce qu’il ralentit l’avancĂ©e du chaos habillĂ© en progrĂšs.

Le Katechon.

Dans la tradition chrĂ©tienne, c’est ce qui retient.
Ce qui diffùre l’explosion finale.
Ce qui empĂȘche, provisoirement, la montĂ©e totale du mystĂšre d’iniquitĂ©.

Le Katechon n’est pas le Royaume.
Il n’est pas le salut.
Il n’est pas le bien absolu.

Il est seulement ce qui freine la dissolution.
Ce qui bloque l’accĂ©lĂ©ration terminale.
Ce qui maintient un ordre imparfait face au déchaßnement du néant.

Et c’est prĂ©cisĂ©ment cela qui rend la notion insupportable aux clercs de l’illimitation moderne.

Car toute l’idĂ©ologie dominante repose sur un dogme implicite :
il faut ouvrir, fluidifier, déréguler, dissoudre, hybrider, dépasser, déconstruire, horizontaliser, mondialiser.

Le Katechon, lui, dit autre chose :
non, tout ne doit pas ĂȘtre livrĂ© au mouvement.
Non, toute frontiùre n’est pas un crime.
Non, toute limite n’est pas une oppression.
Non, tout frein n’est pas une rĂ©action.

Le Katechon est le nom théologique de ce que le monde progressiste hait le plus :
la retenue.


Le drame du monde contemporain : plus rien ne retient

VoilĂ  pourquoi cette affaire est capitale.

Nous vivons dans un Ăąge oĂč presque toutes les forces dominantes travaillent Ă  la dissolution :

  • dissolution des frontiĂšres,
  • dissolution des hĂ©ritages,
  • dissolution des sexes,
  • dissolution des peuples,
  • dissolution des loyautĂ©s,
  • dissolution des transcendances,
  • dissolution des limites anthropologiques elles-mĂȘmes.

L’homme nouveau rĂȘvĂ© par la technocratie globale n’est pas libre :
il est désarrimé.

Il n’habite plus un monde.
Il circule dans des flux.
Il ne reçoit plus un héritage.
Il consomme des identités jetables.
Il ne vit plus dans une histoire.
Il flotte dans un présent administré.

Face à cela, le retour du Katechon est inévitable.

Pas forcément sous une forme pure.
Pas forcément sous une forme noble.
Pas forcĂ©ment mĂȘme sous une forme thĂ©ologiquement cohĂ©rente.

Mais il revient, parce qu’aucune civilisation ne survit longtemps à la disparition de tous ses freins.


Thiel n’est pas un saint, mais le systĂšme le traite comme un dĂ©mon pour une raison simple

Soyons clairs : Peter Thiel n’est ni un PĂšre du dĂ©sert ni un docteur angĂ©lique.

C’est un homme de puissance, d’argent, de rĂ©seaux, de calcul, un produit typique de l’ñge techno-oligarchique. Il porte en lui les contradictions mĂȘmes du monde qu’il critique. Il combat certains dĂ©lires du progressisme tout en appartenant Ă  l’écosystĂšme qui a rendu possible la surveillance de masse, la gouvernementalitĂ© algorithmique et la fusion du capital avec la technique.

Mais c’est prĂ©cisĂ©ment pour cela qu’il est intĂ©ressant.

Quand un homme issu du cƓur du systĂšme commence Ă  parler de Girard, d’Apocalypse, d’AntĂ©christ et de Katechon, cela signifie que quelque chose craque au centre.

Cela signifie que mĂȘme au sommet de la pyramide technologique, certains sentent que le vieux rĂ©cit de la fin de l’histoire ne tient plus.

Et c’est ce que les propagandistes du monde liquide ne pardonnent pas.

Ils peuvent tolérer un milliardaire.
Ils peuvent tolérer un cynique.
Ils peuvent tolérer un libertarien.

Mais ils ne supportent pas qu’un homme de ce monde suggĂšre publiquement que le progrĂšs lui-mĂȘme peut devenir la forme terminale du dĂ©sordre.


Le vrai scandale

Le vrai scandale n’est donc pas que Thiel lise Girard.

Le vrai scandale est que Girard, relu par Thiel, puisse redevenir une arme contre le mensonge central de notre époque :
l’idĂ©e que plus de fluiditĂ©, plus de technique, plus de gouvernance et plus de moraline produiraient automatiquement plus de paix.

C’est faux.

Le monde moderne n’a pas aboli l’Apocalypse.
Il en a industrialisé les conditions.

Le Katechon revient donc non comme une coquetterie d’initiĂ©, mais comme une nĂ©cessitĂ© historique :
la nécessité de retenir encore un peu le déferlement,
de sauver encore des formes,
de maintenir encore des limites,
de tenir encore debout dans le grand lessivage.


Formule de clĂŽture

Thiel n’est pas le Katechon.
Mais le simple fait qu’il remette ce mot en circulation suffit Ă  rĂ©vĂ©ler l’effroi d’un systĂšme qui ne supporte plus qu’on lui oppose une limite.

Here Comes the War — New Model Army

Dans les annĂ©es 1990, New Model Army chantait dĂ©jĂ  ce que les Ă©lites occidentales refusaient d’entendre : l’histoire n’était pas finie.

Here Comes the War est un morceau de veilleur.
Une musique de guet.

La batterie martĂšle comme une marche inĂ©vitable, la guitare tourne comme un radar nerveux et la voix de Justin Sullivan annonce ce que les sociĂ©tĂ©s modernes refusent toujours d’admettre :

le conflit ne disparaĂźt jamais.

Il change de forme.
Il change de vocabulaire.
Mais il revient toujours.

Pendant trente ans, les Ă©lites globalisĂ©es ont tentĂ© d’imposer une fiction confortable : celle d’un monde administrĂ© par des institutions, stabilisĂ© par le commerce et pacifiĂ© par les normes.

La politique devait devenir gestion.
La guerre devait devenir police internationale.
La religion devait devenir morale humanitaire.

Et voilĂ  que tout revient en mĂȘme temps :

les rivalités impériales,
les fractures civilisationnelles,
les débats théologiques,
les imaginaires apocalyptiques.

C’est cela que certains intellectuels refusent de voir lorsqu’ils s’alarment de la prĂ©sence d’un Peter Thiel Ă  Rome.

Car ce qui les effraie n’est pas un milliardaire parlant de Girard ou d’AntĂ©christ.

Ce qui les effraie est bien plus profond :

le retour du tragique dans un monde qui se croyait dĂ©finitivement sorti de l’histoire.

Here Comes the War est donc la bande-son parfaite pour cet instant.

Pas parce que la guerre serait inévitable.
Mais parce que l’illusion d’une paix administrĂ©e s’effondre.

Et lorsque cette illusion tombe, les vieilles questions réapparaissent :
le pouvoir, la foi, la violence, la limite.

Autrement dit :
tout ce que la modernité pensait avoir définitivement rangé au musée.

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1 rĂ©ponse »

  1. « Peter Thiel Ă  Rome : Quand les clercs du mondialisme hurlent Ă  l’AntĂ©christ et pleurent le retour du Katechon »

    Peter Thiel arrive Ă  Rome.

    Et soudain les clercs du mondialisme hurlent Ă  l’AntĂ©christ.

    Pourquoi cette panique ?

    Parce qu’un milliardaire de la Silicon Valley ose parler de RenĂ© Girard, d’Apocalypse et de Katechon au cƓur du Vatican.

    Autrement dit : parce qu’il rappelle une chose que l’Occident postmoderne avait cru effacer :

    l’histoire n’est pas finie.

    Pendant trente ans, les élites ont vendu une fiction confortable :

    – la fin des idĂ©ologies– la gouvernance globale– la neutralisation du politique– la religion rĂ©duite Ă  une ONG morale

    Mais voilĂ  que tout revient :

    le tragique la thĂ©ologie politique les fractures civilisationnellesla question des limites

    Et cela provoque une réaction presque hystérique dans certains milieux intellectuels.

    Car le retour du Katechon — cette idĂ©e qu’il faut retenir le chaos â€” est incompatible avec l’idĂ©ologie dominante :

    celle de l’ouverture illimitĂ©e,du progrĂšs sans frein,de la dissolution universelle.

    Rome survivra Ă  Thiel.

    Mais ce qui terrifie les clercs du systùme, c’est autre chose :

    que le monde commence Ă  comprendre que l’illimitation est elle-mĂȘme une apocalypse.

     Ă€ lire sur Blog Ă  Lupus

    Bande-son de l’article :Here Comes the War — New Model Army

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