Douce France

L’Edito du Lundi 25 Aout 2014 : L’élève Hollande fait son devoir de cohérence Par Bruno Bertez

L’Edito du Lundi 25 Aout 2014 :   L’élève Hollande fait son devoir de cohérence Par Bruno Bertez

Le gouvernement Valls vient d’imploser. Les critiques très dures de Montebourg, puis de Hamon, ont rendu impossible la cohabitation instaurée il y a quelques mois par Hollande. La synthèse, laquelle avait déjà volé en éclats lors de nomination de Valls, est clairement abandonnée, mais on ne sait pas, à ce stade, par quoi elle va pouvoir être remplacée. Les institutions protègent le Pouvoir, même lorsqu’il a perdu sa légitimité, mais elles ne le protègent pas des chocs sociaux.

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Hollande a été mal élu, choisi sur un « énorme mensonge », et, au fil du temps, ce qui se déroule, c’est la révélation du mensonge, d’une part, et de ses conséquences, d’autre part. Tout était écrit dès avant le premier jour, et se donnait à lire dans l’absence de diagnostic qui avait présidé à la campagne. Celle-ci s’était déroulée dans le flou, l’esquive et l’enfumage, avec pour seul axe porteur, si on peut dire, le rejet de Sarkozy.

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Nous insistons sur le passé, car, pour comprendre où l’on va, il faut d’abord reconnaître d’où l’on vient. Et l’on vient d’une élection attrape-nigaud, le nigaud étant le peuple; attrape-nigaud qui était particulièrement honteuse et mal venue dans la situation grave dans laquelle se trouvait le pays. La gravité de la situation justifiait, pour une fois, le recours à la vérité. La France avait besoin d’un homme politique d’envergure, churchillien, et elle a eu un avatar de la république des partis.

Le cheminement a été sans surprise, de reniements en reniements, de renoncements en renoncements. D’échecs en échecs. L’actuelle récession a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase en tuant les illusions de reprise.

La première partie du quinquennat a été consacrée à approfondir les divisions entre les Français. On a payé en quelque sorte l’élection; on a distribué les miettes idéologiques qui étaient encore à disposition.

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La seconde partie a été celle de la pause et -si on ose dire- de la réflexion. On a enfin compris que les mesures initiales étaient contre-productives. On a ébauché des valses hésitations, un pas à droite, un pas à gauche, un pas en avant, un pas en arrière. On a appuyé sur le frein tout en cherchant l’accélérateur. Sorte de nouvelle tromperie dont la raison d’être était la proximité des élections européennes et municipales. Une tromperie décidée au plus haut niveau européen, il fallait, en ménageant la chèvre et le chou, tenter de faire en sorte que les eurosceptiques ne puissent se targuer de la victoire et ainsi préparer le terrain au deal scélérat entre les droites et les gauches soutiens de l’euro. Mais au niveau des élites européennes, il a toujours été entendu que la pause dans les « réformes », le « rééquilibrage budgétaire » et l’austérité n’étaient que temporaires, le temps de tromper les peuples. Après, il faudrait reprendre la marche en avant, là aussi, si on ose dire. La marche en avant vers la régression.

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La troisième partie était de source, sorte de dénouement du nœud de contradictions serré depuis deux ans. Les Premières gauches avaient accompli leur fonction historique de harki, de supplétif, elles ne servaient plus à rien, il fallait, soit qu’elles partent, soit qu’elles cassent. Après avoir divisé sa gauche électorale et perdu Mélenchon, on se libère du boulet écolo et, finalement, de tous ces archaïques, ces « gens d’une autre époque », comme dit le Vice-Président du Medef. On pousse à la porte tous ceux qui « s’opposent à l’idéologie de la Droite allemande ».

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Finalement, tout cela n’est que la longue histoire, étirée sur deux ans, de ce que l’on peut appeler une clarification. Nous étions dans les confusions, dans les contradictions, dans les mystifications, les rideaux se lèvent. Hollande va pouvoir prétendre jouer le rôle pour lequel il a été choisi par les élites européennes, américaines, bancaires, par les ploutocrates, par le MEDEFCFDT, les marginaux, etc. Il va rendre les clefs de la ville.

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Duflot a dit: « Hollande n’est le Président de personne ». Elle se trompe, lourdement, il est le Président d’une classe dominante qui, non seulement est en train de réussir à ne rien perdre dans la crise, mais en plus, prend appui sur elle pour renforcer ses pouvoirs, son statut, sa domination.

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Nous serions tentés de dire «bas les masques ». Ce serait, en y réfléchissant, injuste et inadéquat. Hollande, pas plus que Mitterrand, n’avait à notre avis, lors de son parcours, une idée claire du chemin qu’il lui faudrait parcourir pour satisfaire sa soif d’ambitions personnelles et sa volonté de puissance. Ni l’un ni l’autre n’avaient conscience du prix qu’ils allaient devoir payer pour avoir l’illusion d’occuper la première place. Ils ne rendaient pas compte de la puissance du Système, de ses ruses et de sa ténacité, pour parvenir à ses fins. Ils ont voulu participer, être partie prenante, rêvant d’exercer une action, d’infléchir, d’imposer leur marque. Hélas pour eux et pour la France, et surtout les Français, le Système est une machine à broyer, pour tout dire, c’est un engrenage. Et il en demande de plus en plus. Le Système, c’est Ugolin. On ne change pas les règles du jeu, on ne compose pas avec la logique qui est à l’œuvre, surtout quand plusieurs logiques cachées, entremêlées se combinent: logique de l’impérialisme et de l’hégémonie américains véhiculée par le dollar, logique de la domination allemande véhiculée par l’euro surévalué, logique de la situation de « Peak Debt », logique de la prééminence de la finance d’arbitrage à l’Anglo-Saxonne sur l’économie productive.

L’histoire de Hollande, c’est celle d’une décantation, pas celle d’un quelconque « bas les masques ». Nous lui faisons le crédit de ne pas « être méchant volontairement », pour nous, comme pour beaucoup de gens dans des situations semblables, il a fait un pacte avec le diable, un pacte qui lui a coûté son âme.

Le texte remis à la presse, pour annoncer la nouvelle, va à l’essentiel, le Président veut choisir « une équipe en cohérence avec les orientations qu’il a lui-même définies ». Ne souriez pas, oubliez la seconde partie, « les orientations qu’il a lui-même définies », ne soyez pas cruels, il sait bien qu’il n’a rien défini d’autre que son ralliement et sa reddition. Non, ce qu’il faut retenir, c’est le mot « cohérence ». Tout est dit, avant on était incohérent, maintenant on va tenter d’être cohérent. Au-delà de la tentative de se montrer habile, ce texte est un aveu profondément négatif.

Quelles sont ces orientations que Hollande prétend avoir définies ?

A notre avis, le pluriel est une formule de style, pour donner un peu d’ampleur à ce qui se réduit à ceci: le Président a choisi la reconquête de la compétitivité. Notre interprétation est validée par la personne des dissidents /opposants, Montebourg et Hamon. Ils se définissent comme s’opposant à la politique d’austérité comme moyen de reconquête. Ainsi Montebourg articule clairement son refus de céder à l’idéologie de la Droite allemande, il est contre « la réduction à marches forcées des déficits… c’est une aberration économique car elle aggrave le chômage et une absurdité financière car elle rend impossible le rétablissement des comptes publics ».

D’une certaine façon, on retrouve ce fameux faux débat qui agite la gauche depuis Mitterrand, le débat entre l’austérité et la croissance, c’est à dire la fuite en avant. Il reste toujours aussi mal posé, il reste toujours le marécage intellectuel dans lequel s’embourbent régulièrement les socialistes de droite et de gauche. Avant, la croissance butait sur le fameux Mur de l’Argent, en 1983, elle butait sur la contrainte extérieure, maintenant, elle bute sur la compétitivité. C’est un débat vide, sans contenu, ce qui est normal, car c’est un débat de politiciens, c’est à dire de gens qui n’ont jamais trempé les mains dans le cambouis de  la chose économique; ils n’en connaissent que des abstractions, des gloses et des regloses.

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Dès l’abord, la problématique est idiote, faussée qu’elle est par la pseudo-alternative, austérité ou croissance. Dès l’abord, elle est sans solution par l’idée implicite que la croissance se décrète et qu’elle peut être décidée du haut, d’en haut par des fonctionnaires ou politiciens constructivistes planqués dans leur macro-bureaux.

Si l’on en reste au niveau des orientations, personne ne peut valablement contester les orientations définies et le choix de mettre l’accent sur la reconquête de la compétitivité ; le débat n’est pas là. Il est dans les moyens, dans le contenu des orientations qui visent à la reconquête de la compétitivité.

Est-ce que la compétitivité peut être retrouvée ou créée par l’étatisme ? La volonté politique est-elle suffisante pour donner un contenu à l’activité économique productive de biens et services  susceptibles d’être demandés sur un marché international ? Voilà une question centrale, sinon préliminaire.

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Les conditions désincitatives dans laquelle se déroule l’activité des Français ne sont-elles pas à la racine, à la base du mal de notre affaissement? La volonté de favoriser par en haut les entreprises alliées du Pouvoir et de  l’Administration, au détriment des personnes, des chefs d’entreprises et des cadres, n’est-elle pas contre-productive et gaspilleuse, sans parler de l’iniquité qui en découle ?

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La volonté de paupériser les salariés et producteurs français pour les faire travailler plus pour les marchés étrangers, pour l’exportation, qui permettra  aux banques de faire leur plein n’est-elle pas structurellement déflationniste et productrice de régression? La destruction systématique du fond d’épargne des Français, afin de les empêcher de commettre le crime de l’accumulation de capital,  n’est-il pas responsable de la faiblesse de la prise de risque et d’initiative?

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La politique interventionniste qui fausse les prix et aboutit à une politique des revenus qui ne dit pas son nom, n’est-elle pas un obstacle à l’allocation efficace des facteurs de production, à la bonne utilisation des ressources? La politique monétaire et financière qui favorise la dette au détriment de la vraie épargne n’est-elle pas source gaspillage, de risque, d’instabilité et de malthusianisme frileux?

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Le choix d’une monnaie unique qui n’est pas et ne sera jamais la nôtre n’est-il pas l’obstacle majeur à la croissance? Depuis l’année 2000, la France a perdu plus de 20 points de compétitivité vis à vis de l’Allemagne, ce qui se cumule avec une spécialisation internationale dépassée et une insuffisance chronique d’investissement des entreprises petites et moyennes. A cela, il faut ajouter l’imbécillité qui consiste à favoriser, pour faire plaisir aux Allemands, le retour à la compétitivité des pays du sud et l’aide que nous leur apportons nous-mêmes à piller nos marchés intérieurs et extérieurs.

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Que dire de l’absence de formation utile et concrète dispensée par un milieu enseignant sclérosé, incapable d’introduire à la vie active?

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La liste est longue des questions qu’il faut oser aborder, si on veut dépasser le stade des incantations et atteindre, enfin, celui de la cohérence.

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BRUNO BERTEZ Le Lundi 25 Aout  2014

illustrations et mise en page by THE WOLF

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SUR LE FRONT: REVUE DE PRESSE ( Source et Remerciements à Maître Confucius)

COLLAPSE UPDATE: 

FRANCE:…démission du gouvernement  (dégradation financière + dissolution se rapproche)

http://www.leparisien.fr/politique/en-direct-critiques-de-montebourg-il-n-est-pas-deloyal-assure-thevenoud-ps-25-08-2014-4084457.php

http://www.challenges.fr/economie/20140825.CHA6887/hollande-demande-a-valls-de-former-un-nouveau-gouvernement.html

http://www.lemonde.fr/politique/live/2014/08/25/en-direct-manuel-valls-presente-la-demission-du-gouvernement_4476064_823448.html

http://www.economiematin.fr/news-demission-gouvernement-dissolution-assemblee-hollande

  1. ..Montebourg dit qu’on est dans "la cata" sur Europe 1

http://www.dailymotion.com/video/x24i9o8_montebourg-nulle-remise-en-question-de-la-solidarite-gouvernementale_news

  1. ..Réactions:…gouvernement en guerre civile pour Le maire…bateau ivre pour Philippot…roi nu pour Lienemann…dissolution pour Ciotti…poids de Montebourg…Eva Joli contre la rente et les banques…Hollande démission dit l’ancien commissaire au plan

http://www.dailymotion.com/video/x24i83n_bruno-le-maire-le-gouvernement-est-en-situation-de-guerre-civile_news

http://www.dailymotion.com/video/x24iefb_philippot-ce-pouvoir-est-devenu-une-sorte-de-bateau-ivre_news

http://www.dailymotion.com/video/x24ih6r_lienemann-hollande-se-trouve-comme-un-roi-nu_news

http://www.dailymotion.com/video/x24iiz6_eric-ciotti-pas-d-autre-solution-que-de-retourner-aux-urnes_news

http://www.dailymotion.com/video/x24ijth_demission-du-gouvernement-quel-est-le-poids-d-arnaud-montebourg-dans-cette-decision-guillaume-tresca_news

http://media.rtl.fr/online/video/2014/0825/7773874119_aphatie2508.mp4

http://www.latribune.fr/blogs/generation-deuxieme-gauche/20140825trib000845713/hollande-doit-renoncer-a-un-second-mandat.html

Nicolas Doze sur Montebourg

http://www.dailymotion.com/video/x24i3ua_nicolas-doze-rentree-tendue-pour-le-gouvernement-montebourg-veut-un-changement-de-cap-25-08_news

LES EXPERTS:…Montebourg…réformes en attente…professions réglementées (1.2)…démission du gouvernement (2.2)

http://www.dailymotion.com/video/x24ii8h_nicolas-doze-les-experts-25-08-1-2_news

http://www.dailymotion.com/video/x24iiaa_nicolas-doze-les-experts-25-08-2-2_news

POLITIQUE:…Hollande refuse de polémiquer avec Montebourg…Hollande pire que Sarkozy selon Melenchon…Hamon mécontent…insurrection en 2017 pour Melenchon

http://www.bfmtv.com/politique/propos-d-arnaud-montebourg-les-ecolos-satisfaits-philippot-et-melenchon-plus-reservesbr-829809.html

http://www.atlantico.fr/pepites/montebourg-franchi-ligne-jaune-selon-entourage-manuel-valls-1718927.html

http://www.huffingtonpost.fr/2014/08/23/hollande-pire-sarkozy-melenchon_n_5702626.html

http://www.leparisien.fr/politique/benoit-hamon-on-n-est-pas-loin-des-frondeurs-24-08-2014-4082427.php

http://www.liberation.fr/politiques/2014/08/24/pour-melenchon-2017-sera-une-insurrection_1085985

FRANCE:…IR payé par moins de 50%

http://www.atlantico.fr/decryptage/50-francais-paient-impot-revenu-comment-france-enferre-dans-systeme-pervers-jean-marc-daniel-1713218.html

FRANCE:…pays le plus bancarisé au monde, peu d’argent liquide chez soi, toute l’épargne à la banque (= Etat et banques en faillite pourront se servir)

http://www.leparisien.fr/espace-premium/fait-du-jour/les-francais-semblent-murs-23-08-2014-4080045.php

http://www.metronews.fr/info/epargne-baisse-du-livret-a-ou-les-francais-placent-ils-leurs-economies/mnhu!vEcsWxiaXOVpE/

FRANCE:…rentrée 2014 pire que 2013 pour les entrepreneurs…croissance molle

http://www.lepoint.fr/economie/pour-les-entrepreneurs-la-rentree-2014-sera-pire-que-celle-de-2013-25-08-2014-1856313_28.php

http://www.atlantico.fr/decryptage/croissance-molle-et-creusement-inegalites-comment-immobilier-est-devenu-plaie-economie-et-comment-thomas-piketty-est-passe-cote-1718476.html

ALLEMAGNE:. Dégradation du climat des affaires

http://www.capital.fr/bourse/actualites/le-climat-des-affaires-se-deteriore-encore-en-allemagne-957030

USA:…un ancien chef de la mafia dit qu’il faut acheter de l’or physique à cause de la bulle des actions

http://www.zerohedge.com/news/2014-08-23/former-mafia-boss-tells-cnbc-stocks-are-bubble-buy-physical-gold

12 replies »

  1. Démonstration aussi brillante qu’indiscutable qui me remet en mémoire
    cette vieille histoire de la puce et de l’énarque ? (et du polytechnicien)

    Laquelle se termine par :

    SI L’ON ARRACHE TOUTES LES PATTES À UNE PUCE,
    ELLE DEVIENT SOURDE ?

    De fait, si la conclusion est indiscutable …. les conséquences par contre ???

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  2. Bonsoir,

    Pour une rentrée, c’est une rentrée. Votre texte est, comme à l’habitude, d’une extrême richesse. J’y vois deux axes principaux, l’un économique, l’autre politique.
    L’axe économique d’abord: vous dénoncez, à juste titre, l’aveuglement et l’incompétence de ceux qui nous dirigent et le mensonge, le mot est faible, sur lequel Hollande a bâti son "succès" qui s’apparente de plus en plus à une victoire à la Pyrrhus. Ce mensonge amène une question importante: est-il un fieffé imbécile ou bien l’incarnation contemporaine du cynisme le plus abject. Par sa formation intellectuelle, ENA et HEC, il ne pouvait ignorer la situation économique du pays et la nature des remèdes requis ou bien, s’il l’ignorait, il est la preuve vivante que cursus impressionnant et intelligence ne vont pas de pair. Comme je le crois néanmoins intelligent, c’est le deuxième hypothèse, celle du cynisme, que je privilégie. Au "Paris vaut bien une messe" d’Henri IV, on peut désormais "La France vaut bien une crise".
    L’axe politique ensuite/ suite à vos réflexions, je me suis décidé à relire "Les conséquences politiques de la paix" (http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Conséquences_politiques_de_la_paix) de Jacques Bainville (http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Bainville). Au-delà de l’extraordinaire clairvoyance dont cet auteur, inconnu dans les "facultés" d’histoire française car victime silencieuse et impuissante du politiquement correct, fait preuve dans cette ouvrage en décrivant point par point la période 39-40, j’y ai relevé deux assertions tout à fait d’actualité et qui donnent du corps à votre réflexion. La première est la suivante et elle illustre à merveille l’attitude du gouvernement allemand actuel: "A défaut de Bismarck, le bon sens indiquait (et c’est ce qui empêchait certains français de croire à la possibilité de la guerre) que l’Allemagne devait éviter de casser quoi que ce fût dans une Europe formée à sa convenance, d’attenter à un état de choses dont elle est l’unique bénéficiaire, et au maintien duquel elle était la plus intéressée." La seconde est la suivante et elle montre à quel point la connaissance fine du passé est indispensable à celui ou celle qui veut diriger un grand pays, chose dont les derniers titulaires du poste étaient et sont totalement dépourvus (d’où les erreurs et fautes commises): "Avec une régularité frappante, depuis le milieu du siècle dernier (XIXème siècle pour Bainville mais la phrase est toujours d’actualité), chaque fois qu’un aspect de l’ancienne Europe a changé (et c’était toujours parce que nous l’avions voulu ou permis), la France a été la première à en pâtir". C’est ce qui pourrait inciter à penser que notre pays vit actuellement une crise débutée en 1914-1948 par une guerre imbécile gagnée par repli de l’ennemi et non par KO.
    "Nous étions dans les confusions, dans les contradictions, dans les mystifications, les rideaux se lèvent." Le réveil va être d’une brutalité inouïe pour tous les nigauds qui ont cru au mensonge incarné. L’actualité vient donner de l’eau à votre moulin, à savoir que toutes les mesures annoncées sont là d’abord pour conforter les banques et les groupes proches du pouvoir, quand on apprend que jamais il n’y a eu autant de dividendes que cette année (http://www.boursorama.com/actualites/une-annee-exceptionnelle-pour-les-dividendes-selon-henderson-gi-7e057481ee7c8f0776140ab26b508f59). Il y a bien longtemps que les clés de la ville ont été données mais Hollande est celui qui dissimule le moins son jeu.

    Bonne soirée

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  3. La médiacratie dans ses œuvres.

    Nous nous sommes efforcés de suivre les commentaires de médias sur la démission du gouvernement. Les lignes directrices de ces commentaires sont, soit les analyses en terme de carrière et d’ambitions personnelles, soit des analyses en termes politiciens du type dissolution ou non.

    Rien sur le fond du débat à savoir les orientations définies par le Président.
    Personne n’a pris la peine de les énoncer, de les clarifier et encore moins de montrer la ligne de partage entre les choix du Président et de Valls et ceux préconisés par les rebelles Montebourg, Hamon ou Filippetti. Personne ne s’est posé la question du contenu de la fameuse "cohérence" maintenant au centre des conversations. Personne n’a tenté d’ébaucher une problématique.

    Quelle est cette problématique?

    -Hollande s’est rendu compte du fait que la France a un vrai problème de compétitivité qui se manifeste par les déficits extérieurs, les besoins de financement, le potentiel de croissance faible, le chômage, l’affaissement et la régression du pays.
    -Ceci est un constat de bon sens, non politique, il s’impose à tous, de droite, de gauche, du centre. Il ne s’impose pas aux extrêmes qui eux, nient les règles du jeu telles que la nécessité de la concurrence et du profit minimum pour survivre économiquement dans un monde ouvert!

    -La première des étapes consiste à étudier cette perte de compétitivité relativement à nos partenaires; l’évaluer, la chiffrer en pourcentage, en points de compétitivité. L’étudier historiquement, voir quand elle s’est creusée, accentuée, aggravée. Essayer de la déglobaliser, pour se rapprocher des réalités économiques concrètes, bref affiner.

    -Définir les domaines où on veut être plus compétitif, sur quels marchés , vis à vis de qui; bref essayer de s’interroger sur nos atouts, nos points faibles, nos chances de réussite dans les différents domaines. Est-ce que nous avons un avantage en matière de facteur capital, facteur travail qualifié, facteur travail non qualifié, etc.

    -Quelle est dans cette perte de compétitivité la part de la surévaluation relative de la monnaie unique imposée à la France ?
    -Quel est le lien dialectique, transitif entre la compétitivité, la croissance et l’endettement du pays ?
    Nous simplifions la problématique car ce qui est important, ce n’est pas le contenu, mais la démarche.

    Une fois la problématique posée, un débat sur les moyens doit s’instaurer.
    C’est un débat légitime, à la fois politique d’accord, mais surtout économique et financier.
    Avez-vous entendu parler de cette problématique, de ce débat sur les moyens, les alternatives, des options? Non bien sûr. Tout est escamoté et escamoté idéologiquement par une affirmation péremptoire : le coût des salaires est trop élevé! Il faut baisser le coût du travail, il faut baisser les salaires réels, les salaires indirects, etc… Aucune question sur tout ce qui constitue la base de la compétitivité d’un pays : la dépense de l’état, le niveau des impôts, le niveau des loyers, le cout de l’alimentation, le cout de la santé, le cout de la formation, le poids des inactifs, … Non il faut attaquer bille en tête et proclamer, déclamer !
    Il faut s’interroger sur la question de l’investissement qui est au centre de la reconquête de la compétitivité, sur le niveau des profits en France, sur la distribution des profits entre les différents secteurs, sur le drainage du surproduit par les services, par la banque, par les rentiers et professions protégées. Comment parler de compétitivité sans s’interroger sur l’investissement alors que le seul lien économique prouvé et constant entre la croissance, la productivité et le chômage est précisément ce facteur central, l’investissement?

    Bayrou, le lamentable Bayrou ne trouve qu’une chose à dire, nous descendons la pente depuis 15 ans et la pente s’accélère. Sa solution c’est la dissolution. Mème chose pour Marine. Quant aux socialistes présents sur les plateaux leur seule question c’est : Y aura -t -il un vote sur la politique générale, une majorité pour faire passer le budget, est ce que la crise risque de déboucher sur une dissolution?

    Face à un évènement majeur, jalon important, pierre blanche sur le chemin de la situation politique et économique, voilà ce que l’on propose au public. Le citoyen reste sur sa faim sinon son ignorance.

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  4. Faire et défaire, c’est toujours travailler…

    Le sujet du logement est un sujet phare. Il éclaire la politique des gribouilles gouvernementaux.

    Si il y a un domaine ou l’incohérence règne en maître-maitresse?- c’est bien celui là.

    Pendant la phase I dite de division de la France, les socialistes se sont fixé pour objectif de casser le secteur du logement et de la construction; il fallait faire baisser les prix pour le rendre accessible au plus grand nombre d’électeurs. Il fallait punir les propriétaires exploiteurs.

    D’ou des taxes en veux tu en voila, des prélèvements, des confiscations, des disparitions de niches, des accumulations de frais de toutes sortes. On a détruit la fluidité du marché et tué les transactions.

    Résultat, le logement périclite, les prix chutent, les mises en chantier s’effondrent, les ventes de neuf plongent et les reventes sont anémiques.

    En Juillet les mises en chantier ont baissé de 10% à 26 317. Sur 12 mois le chiffre ressort à 305 079 soit un recul de 10%, c’est le chiffre le plus bas depuis … 1998. Beau résultat pour un pays qui a un problème chronique à la fois de manque de logements et de vétusté!

    Les ventes de logements neufs sont elles aussi en recul de 12% sur le second trimestre comparées à celles du trimestre correspondant de l’an dernier.

    Et tenez vous bien le gouvernement va faire évoluer la fiscalité, frapper un grand coup … il s’apprête à annoncer une carotte fiscale pour faire remonter les ventes, les mises en chantier, et donc les prix .

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  5. A mon sens ce sont les Français les principaux responsables ils ont voulu le beurre et l’argent du beurre où avoir les avantages du chien tout en voulant conserver la liberté du loup.

    Bien entendu le bonimenteur qui explique qu’il détient la solution est aussitôt élu, que cela fonctionne une foi deux fois d’accord mais pendant une quarantaine d’année c’est à l’encontre de toute logique et qu’au final on aura ni les avantages du chien et encore moins la liberté du loup, bref faut pas venir pleurer.

    j’espère que nous allons en prendre encore bien plus dans la tronche c’est le seul moyen pour cela nous rentre dans la tête : qu’il va falloir se retrousser les manches, bosser et se serrer les coudes tout en réfléchissant collectivement, finit le blig blig citadin , va falloir revenir au fondamentaux de nos ancêtres qui étaient pour la plus part des paysans….

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  6. A l’économie, le symbole de la finance!

    Nous avons, dans l’article ci-dessus, pris le contrepied de Duflot qui prétend que Hollande n’est le Président de personne; nous avons affirmé qu’il était le Président d’une coalition de dominants conduits par la finance et les ploutocrates. Nous avons suggéré que le remaniement était une décantation, une clarification qui allait faire ressortir plus nettement les orientations de Hollande.

    Les nominations illustrent jusqu’à la caricature notre analyse:

    A l’économie :

    -Montebourg le productiviste, industrialiste, nationaliste (maladroit et ringard) s’en va
    -Macron, de chez Rothschild, financier, moderne, mondialiste le remplace

    A lui seul ce choix est un symbole qui rend inutile toute autre remarque, tout est dit. Le choix révèle, dans sa nudité un peu obscène le sens profond qu’il fallait donner à cette recherche de la cohérence.

    Hollande provoque, car c’est cela, une provocation et impose la logique financière là ou la production était encore comme une sorte de dernier bastion de résistance. C’est à peu la même chose que la nomination par Mitterrand de Fabius pour remplacer Mauroy afin de liquider les canards boiteux de l’industrie française en son temps, dans les années 80.

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  7. Un vassal des Etats-Unis peut être recruté dans les partis politiques de droite, mais il peut aussi être recruté à gauche.

    Par exemple, Najat Vallaud-Belkacem est une "Young Leader".

    Young Leaders français recrutés à gauche : Frédérique Bredin, François Hollande, Anne Lauvergeon, Bruno Le Roux, Arnaud Montebourg, Aquilino Morelle, Pierre Moscovici, Alain Richard, Marisol Touraine, Najat Vallaud-Belkacem, …

    Young Leaders français recrutés à droite : Nicolas Bazire, Jérôme Chartier, Yves Censi, Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, François Léotard, Emmanuelle Mignon, Eric Raoult, Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez, …

    http://fr.scribd.com/doc/92211778/Fondation-franco-americaine-liste-des-Young-Leaders-francais-depuis-1981-French-american-foundation

    Emmanuel Macron est le nouveau ministre de l’Economie.

    Emmanuel Macron est un banquier d’affaires, qui travaillait à la banque Rothschild.

    « Début 2012, il est nommé gérant et pilote l’une des plus grosses négociations de l’année (le rachat par Nestlé d’une filiale de Pfizer). Cette transaction évaluée à plus de 9 milliards d’euros lui permet de devenir millionnaire. »

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Emmanuel_Macron

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  8. […] Nous avons, dans notre dernier Edito, pris le contrepied de Duflot qui prétend que Hollande n’est le Président de personne; nous avons affirmé qu’il était le Président d’une coalition de dominants conduits par la finance et les ploutocrates. Nous avons suggéré que le remaniement était une décantation, une clarification qui allait faire ressortir plus nettement les orientations de Hollande.  […]

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  9. Bonjour,

    Excellent comme toujours. Les chiffres d’août PMI sont tombés : de mémoire 46.5 pour la France, le signal pour Montebourg de déguerpir au plus vite avec des phrases chocs marquant une fausse opposition?

    Si l’économie se casse la gueule en fin d’année, vu la popularité du gouvernement pour engager des mesures urgentes, le bellâtre bourguignon pourrait revenir plus tard en disant "je vous l’avais dit" (il ose tout et se satisfait beaucoup de son action…)

    On n’a pas fini de se lamenter sur le sort de notre pays.

    Cdlt

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  10. […] Nous avons, dans notre dernier Edito, pris le contrepied de Duflot qui prétend que Hollande n’est le Président de personne; nous avons affirmé qu’il était le Président d’une coalition de dominants conduits par la finance et les ploutocrates. Nous avons suggéré que le remaniement était une décantation, une clarification qui allait faire ressortir plus nettement les orientations de Hollande.  […]

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