Art de la guerre monétaire et économique

Trappe à dette : Made in France

Les menaces de l’explosion de la dette française

Sur le grand emprunt, la commission Juppé-Rocard a tranché. Ce sera 35 milliards d’euros. Ce montant correspond à 9 milliards de moins que les paiements de la France en 2010 sur les intérêts de sa dette, écrit Cyrille Lachèvre, rédacteur en chef au Figaro. 44 milliards, c’est le troisième poste du budget, derrière l’éducation. «Notre pays peut-il un jour, perdre le contrôle de la dette?». L’Etat maîtrise de moins en moins ses charges d’intérêts.

PLUS DE DETAILS  EN SUIVANT :

La hausse des prix des matières premières en 2007 a obligé la France à verser 3 milliards d’intérêts en plus. Pour 2010, tout dépendra de la BCE. Un relèvement de 1% du taux de refinancement entraînerait un surcoût de 2,5 milliards pour les caisses françaises. Le deuxième danger concerne le rating. L’Allemagne place ses «Bunds» 25 points de base plus bas. Les marchés font déjà payer à la France une surprime.

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L’Article du Figaro : Le niveau de la dette française suscite de nouvelles inquiétudes  

Marie Visot  25/11/2009

La commission des finances du Sénat estime nécessaire que la France envoie «des signaux positifs» sur le rétablissement de nos finances publiques à nos partenaires et aux marchés.

Après la gestion de la crise, la gestion de la dette. C’est le slogan que pourraient adopter les grands pays industrialisés, qui voient la sortie de récession se profiler. De fait, selon l’OCDE, les 30 pays les plus avancés verront leur dette grimper jusqu’à 100% de leur richesse produite en 2010, signalant le quasi-doublement de leur endettement en vingt ans. Celle du Japon flirtera avec les 200% de son PIB, suivie par celles de l’Italie (127,3%) et de la Grèce (111,8%).

La France n’en est pas là… Sa dette n’aura atteint l’an prochain «que» 84% du PIB – un niveau déjà historique. Et dès 2013, elle aura dépassé les 90%. Le sénateur UMP Jean-Pierre Fourcade, membre de la commission des finances du Sénat, a estimé ce mercredi que l’Hexagone se trouvait aujourd’hui en situation de «dette perpétuelle». «La spirale de l’endettement est alimentée par le fait que non seulement il faut payer les charges de la dette mais que les recettes de l’année ne couvrent pas les dépenses», a déclaré le sénateur des Hauts-de-Seine. La charge de la dette est estimée pour 2010 à 42,5 milliards d’euros. Son paiement pourrait devenir le premier poste budgétaire en 2012.

Dans un rapport qu’il a présenté ce mercredi, Jean-Pierre Fourcade rappelle que l’évolution de la charge de la dette s’explique non seulement par le stock de dette qui augmente. mais aussi par le taux d’inflation : en 2008, l’écart par rapport à la prévision qui avait été établie par le gouvernement avait engendré un surcoût de 2,5 milliards, alors qu’il avait entraîné une économie de 2,8 milliards en 2009. Et enfin par le taux d’intérêt : l’Agence France Trésor a calculé qu’une augmentation de 0,25% du taux de la Banque centrale européenne en 2010 par rapport à ce qui est prévu (des taux courts à 1,3% et des taux longs à 3,9%) renchérirait la charge de la dette de 600 millions d’euros.

Conférence sur les déficits

La qualité de la signature de la France – qui bénéficie actuellement de la note maximale, AAA, de la part des agences de notation – lui permet aujourd’hui de se financer aux meilleures conditions. «Mais le maintien de son avantage est conditionné au redressement des finances publiques à moyen terme», réaffirme le Sénat, qui estime «nécessaire d’adresser des signaux en ce sens à nos partenaires et aux acteurs des marchés» à compter de 2011.

C’est ce qu’ont commencé à faire le chef de l’État, en annonçant la tenue d’une conférence sur les déficits publics, et le premier ministre, en fixant à 2014 le retour sous la barre des 3% de déficit public, «au prix d’ajustements très importants».

Début 2010, la France adressera à Bruxelles – qui exige aujourd’hui un calendrier plus ambitieux que celui de François Fillon – son plan pluriannuel de finances publiques. «Il y a un moment où il faudra prendre des mesures un peu brutales», estime l’entourage de la ministre de l’Économie, Christine Lagarde.

En ce qui concerne la gestion de la dette, le rapport souligne que le programme de financement présenté dans le projet de loi de finances (la France emprunterait 112 mil­liards en 2010) «est périmé avant même d’avoir été voté, compte tenu de l’absence d’éléments sur le futur emprunt national». Il en profite pour rappeler que ce dernier «serait beaucoup moins coûteux» s’il était souscrit sur les marchés plutôt qu’auprès des particuliers et s’il était émis en une fois, «avant la remontée des taux d’intérêt» . S’intéressant aux «participations financières de l’État», les sénateurs ne peuvent que constater que les entreprises publiques sont «touchées par la crise».

Le rapport souligne que la situation des marchés «ne permet pas d’envisager d’im­portantes opérations de privatisation en 2010». L’augmentation de capital de La Poste devrait faire figure d’exception. «Il n’y a pas eu de ressources affectées au désendettement en 2009 ; les perspectives pour 2010 ne permettent malheureusement pas d’envisager un sursaut en ce sens l’an prochain», concluent les sénateurs

EN COMPLEMENTS INDISPENSABLES : Trappe à dette : La dette publique se profile comme le nouveau péril global (cliquez sur le lien)

La trappe à dette versus France et Royaume uni (cliquez sur le lien)

5 réponses »

  1. Quand je voie la dette de la France je me dit que ont vas payer ça sur plusieurs génération mais que plus ça vas plus elle grossie comme la grenouille qui se voulais plus grosse que le bœuf. Se qui se passe à la fin, la grenouille éclate et nous avec.

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