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Commentaire :Trappe à dettes / Big Pig parmi les Pigs la Grèce devrait s’inspirer de l’Irlande

La Grèce et l’Irlande sont confrontés aux plus grosses difficultés budgétaires en Europe, mais les répercussions sont bien différentes pour les deux pays. Le manque de crédibilité de la Grèce lui a coûté cher auprès des agences de notation, de la Commission européenne et du marché obligataire. Elle devra donc travailler deux fois plus dur que l’Irlande à regagner la confiance de ces acteurs.

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Cette année, le déficit budgétaire devrait ressortir à 12,7% du PIB en Grèce et à environ 12% du PIB en Irlande. Le ratio dette sur PIB de la Grèce devrait atteindre 120% l’année prochaine et celui de l’Irlande, actuellement de 64%, dépasserait également les 100% si les créances douteuses liées au sauvetage des banques par le gouvernement étaient incluses. La Commission demande aux deux pays de ramener leur déficit sous la barre de 3% du PIB et leur ratio dette sur PIB à moins de 60%.

Toutefois, la Commission et les agences de notation adoptent une attitude nettement plus laxiste avec l’Irlande. Cette dernière propose de ramener son déficit à 10,8% du PIB pour 2010, alors que la Grèce vise 9,1%. L’Irlande a pourtant jusqu’à 2014 pour atteindre les objectifs fixés par la Commission, tandis que la Grèce doit s’exécuter d’ici à 2013. En outre, l’Irlande jouit encore d’une notre de crédit AA, alors que celle de la Grèce a été rétrogradée à BBB+.

Si l’Irlande bénéficie de ces faveurs, c’est parce que son budget 2010 présente des coupes visibles : une baisse de 5% à 15% des traitements des fonctionnaires, une baisse de 20% de la paye du Premier ministre et la réduction des allocations familiales. En comparaison, les réductions budgétaires de la Grèce sont axées sur des mesures ponctuelles, avec des efforts pour réduire l’évasion fiscale et un gel partiel des salaires et retraites du secteur public.

L’Irlande bénéficie de ce répit car elle a su dans le passé faire preuve d’un incontestable courage politique. Entre 1994 et 2006, Dublin a fait passer sa dette de 94% du PIB à 24% du PIB, selon Barclays Capital. La Grèce a très peu de crédibilité en comparaison: sa dette est passée de 108% du PIB en 1994, à 94% du PIB en 1999, avant l’introduction de l’euro, puis elle s’est de nouveau accrue. Les plans d’austérité irlandais sont acceptés par ses habitants, alors que la Grèce a été le théâtre d’émeutes l’année dernière.

Athènes n’a donc pas d’autre choix que d’accepter que le marché intègre un risque de défaut important de la Grèce. L’Union européenne mettrait sans doute en oeuvre un plan de sauvetage du pays le cas échéant, mais il serait subordonné à des conditions budgétaires strictes. In ne reste plus à présent à la Grèce qu’à s’inspirer de l’exemple irlandais à l’avenir.

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