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Réforme Zorrobama Banques US : Les termes du débat

 Zorrobama et son fidèle Sergent Bernie ( dit Léon BERNANKE l’homme qui tirait et nettoyait plus vite que son ombre)  ont décidés d’en découdre une fois pour toute avec Wall Street, mais il leur faut avant tout appréhender calmement l’origine des risques dans le secteur bancaire…..  

Les thèses de Paul Volcker, que l’on croyait marginalisé, semble prévaloir désormais à Washington avec l’annonce surprise par Zorrobama d’un revival du Glass-Steagall act avec l’interdiction qui serait faite à l’avenir aux banques de mener des « activités pour compte propre, » i.e d’avoir en leur sein ou de sponsoriser des hedge funds et des fonds de private equity et surtout de développer des activités dites de proprietary trading (« prop trade »). 

Il faudra voir bien entendu si cette annonce se concrétisera au Congrès dans la nouvelle législation, ce qui ne sera sans doute pas simple .Mais Zorrobama a a fait son annonce -ce qu’il a appelé la « Volker rule » entouré de Paul Volcker, dont le prestige est indéniable, et des leaders qui travaillent sur la nouvelle régulation au congrès, F Barney pour la chambre des représentants et le sénateur Dodd.

Il faudra aussi attendre pour avoir plus de précisions sur « comment ça marche? » dans la mesure où, dans les activités de trading les frontières sont floues entre les activités pour compte de clients(directement ou indirectement)et les pures activités de « prop trading ».Les banques d’investissement en indiquent la proportion ou pas, et les définitions sont variables . Goldman Sachs, pour sa part, déclare que ces activités représentent 12 % en moyenne de ses revenus.

PLUS DE DETAILS EN SUIVANT :   

  Banques de dépôt et banques d’investissement:   

les établissements bancaires mènent de multiples activités, plus ou moins complexes. Il est cependant possible de les classer en deux grandes catégories.   

Les banques dites de dépôt ont pour mission de récolter des fonds et d’accorder des crédits. Les prêts hypothécaires rentrent dans leur champ d’activité. La différence entre le taux d’intérêt auquel elles prêtent et celui auquel elles se financent détermine leur rémunération. La rentabilité est relativement faible, mais stable.   

Les banques dites d’investissement, ou appelées encore les banques d’affaires, offrent des services qui s’adressent à des clients plus professionnels. Elles peuvent mener l’introduction en bourse d’une société, émettre des obligations pour un industriel ou encore orchestrer la fusion ou l’acquisition d’une entreprise par une autre. Ces banques gagnent de l’argent avec des commissions. Cette activité est très rémunératrice, mais risquée et cyclique.   

Une banque intégrée, comme UBS ou Credit Suisse, propose l’ensemble des services de dépôt et d’affaires.   

Trading pour compte propre: acheter et vendre des actions, pour en prendre la version la plus simple, constitue l’activité de trading. Certaines banques développent cette activité pour leurs clients, mais aussi pour leur compte propre. De grands établissements, comme UBS, en ont fait un élément central de leur rentabilité avant que n’éclate la bulle des «subprime». En prenant de grands risques, certaines banques ont mis en péril l’argent de leurs clients.   

Glass-Steagall Act: en 1933, tirant les leçons de la crise de 1929, les Etats-Unis ont adopté une loi interdisant à une banque de mener de front les activités de dépôts et d’affaires. La dimension prise par certains établissements leur avait fait peser, comme aujourd’hui, un risque systémique sur l’économie. En 1980, puis en 1999, le Glass-Steagall Act a été abrogé.   

EN COMPLEMENTS INDISPENSABLES :   

WSJ : Banques: Obama met le feu aux poudres   

Barack Obama a déclaré jeudi qu’il souhaitait voir inclues dans la législation du secteur financier des mesures limitant les opérations pour compte propre et les investissements des banques dans les fonds spéculatifs et les fonds de capital-investissement.   

A première vue, ces propositions sont pertinentes. Après le traumatisme financier de ces dernières années, il est nécessaire de mettre en oeuvre des actions fermes pour éviter tout nouveau risque systémique.   

Toutefois, le projet d’Obama soulève deux grandes questions : Prend-il en compte d’autres activités tout aussi risquées ? Et quelles seront les entreprises touchées par cette action ?   

Sur le premier point, le problème est de définir les opérations pour compte propre. Ainsi, lorsque les banques procèdent à des opérations de trading pour leurs clients, elles prennent bien souvent des positions de nature spéculative sur leur bilan, ce qui crée une zone de flou.   

En outre, les banques peuvent comptabiliser de lourdes pertes sur des stocks d’actifs constitués pour d’autres raisons. C’est ce qui est arrivé à Merrill Lynch et Citigroup avec des crédits hypothécaires subprime intégrés à des titres structurés et des créances que les banques projetaient de céder. Des réglementations sont nécessaires pour protéger les bilans des accumulations d’actifs à risque hors opérations pour compte propre.   

Par ailleurs, on ne peut ignorer l’impact sur le bilan des grosses opérations sur titres. C’est pourquoi le président Obama doit soutenir les changements en faveur d’un financement de marché plus sûr.   

Sur le second point, Barack Obama a concentré son discours sur les établissements de dépôt présentant des activités sur titres de grande envergure. Cela ne dit pas ce qu’il adviendra de groupes comme Goldman Sachs et Morgan Stanley, qui pourraient vendre leurs petites banques de dépôt. Ni de la manière dont les règles s’appliqueraient aux filiales des banques étrangères.   

Il est probable que le projet soit retravaillé et allégé ou retardé à Washington. Les investisseurs doivent néanmoins s’interroger sur les banques qui seront le plus touchées par les mesures.   

Les grandes banques de dépôt avec des divisions titres importantes, comme Bank of America, J.P. Morgan Chase et Citigroup, pourraient être encouragées à se tourner de nouveau vers l’activité de banque commerciale traditionnelle.   

En revanche, Goldman Sachs ou Morgan Stanley ne pourront pas se dédouaner en se déchargeant de leurs dépôts. Si c’était le cas, les régulateurs pourraient introduire des restrictions sur les capitaux.   

Alors que Barack Obama se prépare à prendre d’assaut les banques de Wall Street, ces dernières ont toutes les raisons de s’opposer à lui.   

-Peter Eavis, The Wall Street jan10   

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Les mesures évoquées sont totalement artificielles»   

L’analyse de Nuno Fernandes, professeur de finance à l’IMD Lausanne   

Le Temps: Quel regard portez-vous sur les deux mesures défendues hier soir par le président Obama?   

Nuno Fernandes: Ce n’est en rien la bonne façon de s’attaquer au risque systémique [ndlr: que font peser les banques sur toute l’économie]. Je n’entends rien qui aille en ce sens. Aucune mesure à même de prévenir l’éclatement de crises similaires à celle vécue [il y a deux ans]. L’objectif reste de s’attaquer aux fonds propres insuffisants dont étaient dotés les établissements, au manque de contrôle sur les prêts débloqués. Or ceci n’est pas évoqué par le président Obama.   

Interdire les fonds spéculatifs gérés en interne par les banques ne permet donc pas, à vous entendre, de limiter ces excès?   

– J’entends des évidences, sur le ton du «plus jamais». Il peut être opportun de viser les hedge funds des banques. Mais, encore une fois, ceux-ci n’ont rien à voir avec les causes de la crise. L’origine de cette dernière est à chercher du côté des prêts irrécouvrables accordés par les banques. Du côté de la bulle immobilière créée par la politique monétaire désastreuse poursuivie sous l’ère Bush. Ou des ratios de fonds propres trop faibles des banques. Des problèmes qui ne sont pas pris à bras-le-corps.   

Et limiter la taille des banques, mettre fin au chantage du paradigme du «trop gros pour pouvoir être abandonné à la faillite»?   

– C’est une mesure totalement artificielle. Comment limitez-vous la taille d’une banque? En fixant un certain niveau d’encours de prêts qu’elles peuvent accorder?   

En réalité, cette crise vient précisément du fait que les règles en vigueur aux Etats-Unis ont continué de permettre la présence de centaines de banques dans ce pays, dont de nombreuses accordant uniquement des prêts à une clientèle située dans une région limitée. La théorie financière a toujours montré que plus une institution est grosse, plus elle peut diversifier ses activités et donc répartir ses risques.   

– Quid des attaques de la Maison-Blanche à l’encontre des primes variables «obscènes» versées aux cadres bancaires?   

– C’est une décision populiste, entièrement motivée par des raisons électorales. Il est, à mon sens, très dangereux de voir les banques réduire la part variable des rémunérations de leurs cadres ou de leurs traders – celle dépendant de la marche des affaires – pour en accroître le salaire fixe. En outre ces règles n’ont qu’un impact minime. En Suisse, le régulateur propose une diminution de 1 milliard de francs sur les 4 milliards de bonus qu’UBS compte verser. Une goutte d’eau face au total du capital UBS, de l’ordre de 40 milliards.   

«Populisme? Non, car Obama ne se contente pas taper sur les bonus»   

Cédric Tille, professeur d’économie à l’Institut des Hautes Études Internationales et du Développement à Genève   

Le Temps: La Maison-Blanche n’a pas hésité à demander l’interdiction des activités spéculatives des banques pour leur propre compte. Cela peut-il assainir le système financier?   

Cédric Tille: Cela va dans le bon sens. Ces activités spéculatives ont été facilitées par les véritables subventions croisées dont bénéficiaient les établissements en les finançant grâce aux dépôts de leur clientèle. Si ces paris avaient été pris à l’aide de prêts contractés à l’extérieur, les conditions d’emprunt auraient été moins chatoyantes. C’est pour cela qu’elles ont utilisé avec tant de liberté l’argent de la clientèle. C’est pour cela qu’on en est arrivé à une situation où, côté pile la banque gagne, côté face les contribuables essuient les plâtres.   

– Deuxième attaque du président Obama, la taille des banques. Un juste combat?   

– On est allé trop loin, sans anticiper la naissance de conglomérats financiers trop diversifiés et impossibles à gérer: même leurs différents systèmes informatiques ont du mal à se répondre. Les synergies [ndlr: générées par ces mastodontes] ne sont évidentes qu’en théorie. Moins en pratique.   

– Ne passe-t-il pas à côté d’autres réformes, complexes mais essentielles, comme le niveau des fonds propres des banques?   

– Mais de telles mesures sont déjà abordées par Conseil de stabilité financière [organe mandaté par le G20 pour dresser un cadre international de régulation financière]. Il est vrai que deux aspects clefs de cette crise restent encore à gérer. D’une part, le levier excessif [ndlr: l’endettement] auquel ont recouru les institutions financières, qui devra être limité. D’autre part, la complexité des produits à l’origine de la crise, qui requiert d’imposer des règles de transparence à des pans entiers des marchés.   

Quid des critiques évoquant un discours «populiste», afin de préparer la course aux élections de mi-mandat, en novembre?   

– Si les mesures évoquées se limitaient à une posture électoraliste, la Maison-Blanche aurait pu se contenter de taper sur les bonus, objet de la révolte de l’opinion publique à l’encontre de Wall Street…   

– En dépit de l’opposition forcenée des lobbies financiers, Washington parviendra-t-il à réformer son système financier?   

– Ces mesures ne sont encore que des annonces de la Maison-Blanche. Le chemin législatif menant à un meilleur encadrement du secteur sera très complexe. Et le risque reste toujours présent que les règles les plus restrictives soient tuées en douce dans les couloirs de Capitol Hill.   

LES CHANTIERS DES REFORMES FINANCIERES PAR PAYS : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/ac6282de-079d-11df-820c-743ddab9ef3c/ (cliquez sur le lien)

ET POUR TOUS CEUX QUI MAITRISENT LA LANGUE DE SHAKESPEARE :   

On trouvera en lien:
 
-La déclaration de B Obama (Business Insider):

-Le communiqué de la Maison Blanche (FT Alphaville):   

http://ftalphaville.ft.com/blog/2010/01/21/131786/white-house-size-and-scope-announcement/   

-Une interview très récente de Paul Volcker (FT Alphaville):
 
On trouvera aussi en lien un échantillon de réactions et analyses:
  
-Synthèse d’analyses aux US par FT Alphaville:
 
  
-Synthèse d’analyses en Europe dans FT Alphaville:
 
 
-Dépèches Bloomberg sur la définition du prop trading et la portée des mesures envisagées:

http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601109&sid=aKJuUZlozezE&pos=11   

EN COMPLEMENTS :  

Paul Volcker l’emporte face à Tim Geithner

Le conseiller spécial de Barack Obama inverse la logique soutenue par le secrétaire au Trésor

En baptisant «loi Volcker» son durcissement des règles bancaires, Barack Obama fait plus que rendre hommage à son conseiller spécial en matière de crise économique. Il consacre l’ancien gouverneur de la Fed grand vainqueur du bras de fer qui l’opposait au secrétaire au Trésor, Tim Geithner, depuis les premiers jours de la présidence actuelle il y a un an.

Parmi les conseillers économiques de la Maison-Blanche, Paul Volcker est celui qui se fait l’avocat de mesures interventionnistes, à l’opposé, bien souvent, des intérêts de Wall Street. C’est en maintenant contre vents et marées, au début des années 1980, les taux d’intérêt à leur sommet pour annihiler avec succès l’inflation, qu’il a acquis sa stature de gourou largement respecté de l’économie.

Logique inversée

A l’opposé, Tim Geithner préconise de laisser une large liberté au marché. Perçu comme partisan des vues des banques d’affaires, le ministre des Finances est étroitement soutenu par son mentor Larry ­Summers, directeur du National Economic Council (la cellule des conseillers économiques du président). Ancien secrétaire au Trésor sous Clinton et de Goldman Sachs, ce dernier avait incité Bill Clinton à signer en 1999 l’abrogation de la loi Glass-Steagall, mettant fin à l’interdiction faite à toute banque d’affaires de récolter l’épargne auprès du grand public.

L’une des conséquences indirectes de la «loi Volcker» sera d’inverser la logique des rapprochements bancaires opérés dans les urgences de la crise de 2008. Alors gouverneur de la Fed de New York, Tim Geithner avait piloté, avec le secrétaire au Trésor d’alors Hank Paulson, la fusion de Merrill Lynch avec Bank of America après avoir soutenu la reprise de Bear Stearns par JPMorgan Chase, mariant des banques d’affaires avec des établissements de dépôts

source le temps jan10

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Big Bang dans la gouvernance des banques   

Par Licia Innocenti   

Contrairement aux idées reçues, l’origine de la crise n’est pas le résultat de la cupidité de l’homme, mais bien les déficiences d’un système que l’on aurait intérêt à réexaminer   

Face à l’une des crises financières les plus sévères jamais connues, se trouve-t-on à la genèse d’une nouvelle gouvernance d’entreprise, avec une véritable prise de conscience des dérives du monde financier ou a-t-on ouvert la boîte de Pandore, avec l’interventionnisme de l’Etat?   

Depuis 2001, surtout suite aux faillites retentissantes de sociétés américaines, telles Enron et Worldcom tout le monde s’accorde pour penser qu’il faut porter un intérêt accru à la gouvernance d’entreprise. En 2002, le gouvernement américain adopte la loi Sarbanes-Oxley, afin de restaurer la confiance du public dans la manière dont les entreprises sont organisées et gérées.   

2007! Survient la crise des «subprime» qui expose les faiblesses de la réglementation du système financier. De nombreuses institutions bancaires font faillite, sont nationalisées et recapitalisées par les Etats.   

Il faut cependant distinguer les profondes défaillances révélées par cette crise, de ce qui a causé les faillites en 2001. Enron ou Worldcom étaient victimes de fraudes intentionnelles commises par des dirigeants peu scrupuleux, tandis que l’on s’interroge sur l’identité des véritables coupables de la crise actuelle. S’agit-il:   

Des banques d’investissement? qui ont développé au-delà du raisonnable des produits financiers risqués;   

Des dirigeants avides et aveuglés par le gain à court terme?   

Du paiement de bonus excessifs?   

Des agences de notation? qui n’ont pas suffisamment mesuré le risque de défaut de certaines entreprises, surnoté certains produits structurés, et noté des émetteurs de titres, dont elles tirent l’essentiel de leurs revenus;   

Du régulateur? qui aurait dû laisser moins de mou à l’autorégulation;   

En fait, la crise résulte principalement de la négligence de tous les acteurs susmentionnés et de la défaillance de tous les systèmes: finance, comptabilité, risques, juridique, opérationnel, direction générale et conseil d’administration. C’est donc en réalité une défaillance du système de gestion des risques comme tel, ou l’incapacité à maîtriser une réalité de loin trop complexe.   

A ce propos, Ray Soudah, fondateur de Millenium Associates à Zoug, me confiait que: «Si je devais choisir une seule défaillance de la gouvernance dans la crise actuelle, ce serait celle de l’inadéquation totale de la gestion des risques spécifiques et de portefeuilles de tous les établissements touchés.» Elle a été rendue possible, par la culture qui règne au sein des comités exécutifs et conseils d’administration et que je pourrais paraphraser de la manière suivante: «Cela semble complexe, mais nous avons confiance en nos collaborateurs et les ratios rendements/risques sont tout à fait tolérables.» Si seulement, les conclusions d’une récente thèse de doctorat sur la nouvelle gouvernance bancaire, par le Dr Julia Indira Ramlogan, de l’Université de Saint-Gall, avaient été suivies, telles que présentées d’ailleurs par les conseils d’administration et les dirigeants eux-mêmes, un apprivoisement de la crise ou sa modération aurait été possible, sinon probable.   

A tout le moins, la leçon de la crise de 1929 a été retenue. Les banques en faillite avaient entraîné dans leur chute l’ensemble de l’économie. Aujourd’hui, maintenir en état de marche le système bancaire est donc une priorité. Les banques centrales ont fait le nécessaire pour éviter une crise systémique en fournissant massivement des liquidités aux banques. En septembre 2008, le secrétaire au Trésor américain Henry Paulson débloque 85 milliards de dollars de fonds publics pour sauver AIG, premier assureur mondial. Une faillite d’AIG aurait coûté 20 milliards de dollars à Goldman Sachs, son plus gros créditeur. C’est ce que l’on a nommé: Too big to fail.   

Par son interventionnisme, l’Etat fait-il le procès du capitalisme? N’a-t-on pas, par ces interventions, ouvert la boîte de Pandore?    

On l’a vu récemment dans le Wall Street Journal: «L’Etat a consacré 700 milliards de dollars d’argent public au sauvetage des banques à l’automne 2008 et aujourd’hui 140 milliards de dollars, c’est le montant des rémunérations qui devraient être versées dans le secteur de la finance américaine.» Un record, malgré la crise. L’Etat absout-il ainsi tous les péchés du système ou est-il complice des défaillances constatées, ou peut-être même notre véritable coupable?   

A ce propos, Edmond Tavernier, partenaire de l’étude Tavernier Tschanz à Genève, commentait: «Je ne suis pas certain qu’il faille chercher à tout prix un coupable. En réalité, nous sommes tous coupables puisque nous avons tous, d’une manière ou d’une autre, participé à l’euphorie collective et bénéficié à des degrés divers de la richesse ainsi artificiellement produite. Il est plus important et judicieux de s’intéresser aux mécanismes qui ont permis ces excès. Contrairement aux idées reçues, l’origine de la crise n’est pas le résultat de la cupidité de l’homme, mais bien les déficiences d’un système que l’on aurait intérêt à réexaminer. L’on devrait commencer par réduire l’effet de levier sur ces instruments financiers que personne ne maîtrise véritablement et surtout que très peu de gens comprennent (banquiers ou non) et dont les effets combinés, assurément, ne peuvent eux être ni compris ni maîtrisés en raison même de leur complexité.»   

A mon sens, l’Etat est notre coupable. Coupable de ne pas avoir réglementé efficacement, de ne pas avoir contrôlé, d’être intervenu pour sauver et favoriser certains grands établissements qui avaient failli, de fermer les yeux sur le paiement de bonus indécents. Son intervention devrait rester une solution à court terme et exceptionnelle. Nous sommes à un point de non-retour et le big bang auquel nous assistons doit marquer la genèse d’une nouvelle gouvernance d’entreprise qui devra fixer des règles claires de transparence et d’équité. Elle devra garantir le Level Playing Field nécessaire à la compétitivité du système et éviter à l’avenir, que les établissements ne deviennent trop grands et se permettent tout et n’importe quoi.   

 

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