Commentaire de Marché

Actions/taux/thèmes d’investissement : Les Préférences 2010 de 16 Maisons de gestion

quelle orientation générale aux indices des marchés actions ; quelles perspectives d’évolution des taux pour les obligations, quel niveau d’inflation, la tendance pour le dollar et le prix du bail. Les trois quarts des investisseurs professionnels ont placé les actions en tête de leurs actifs préférés. Certes, ils n’excluent pas des parcours chaotiques, voire des consolidations à court terme. Mais ils préfèrent quand même les titres d’entreprises aux obligations d’Etat. Dans la même logique, ils privilégient les titres d’emprunts privés. C’est l’enseignement majeur de ce début d’année : les entreprises inspirent désormais plus confiance que les pays. Extraits choisis parmi les analyses des stratégistes.    

 » Si on espère une performance à 2 chiffres, c’est sur les actions qu’il convient d’investir. « 

PLUS DE DETAILS EN SUIVANT :

 » Le marché boursier directeur n’est plus Wall Street, mais Shanghai. « 

Eric Le Coz, membre du comité d’investissements (Carmignac)

 » Le rééquilibrage économique global a déplacé irréversiblement les foyers de croissance vers les pays émergents dont la force de traction est désormais telle que le marché boursier directeur n’est plus Wall Street, mais Shanghai. La reprise des pays développés va réduire leur déficit d’activité par rapport aux émergents. Y aura-t-il pour autant une surperformance de leurs Bourses ? Pas sûr. Car l’inévitable ponction à venir des excès de liquidités va inciter les investisseurs à plus de discernement.  »

 » Les valorisations rendent possible un retour des OPA. « 

Julien Vincenti, gérant allocation d’actifs (CCR AM)

 » Les facteurs de soutien à une poursuite de la hausse des indices semblent plus forts que les risques identifiés. Les conditions de financement sont meilleures et les valorisations rendent possible un retour des OPA. Enfin, l’effet retard de certaines analyses peut laisser la place à de bonnes surprises sur les résultats. Ces perspectives justifient un optimisme raisonnable. Mais la discrimination entre les supports et secteurs sera prépondérante.  »

 » Les actions pourraient d’abord s’apprécier de 5 à 10 %. « 

Vincent Guenzi, stratégiste (Cholet Dupont)

 » Pour l’instant, la conjoncture économique reste bien orientée et les discours des grandes banques centrales sont plutôt apaisants. Les actions pourraient d’abord s’apprécier de 5 à 10 %, puis être contrariées par une incertitude croissante (évolution des taux, rythme de la croissance, déceptions sur des résultats). Sur l’année, les indices devraient progresser modérément… La sélectivité reste de rigueur.  »

 » Les marchés sont au même niveau qu’en 2003. « 

Frédéric Buzaré, responsable de la gestion actions (Dexia AM)

 » Les actions sont la seule classe d’actifs à ne pas avoir retrouvé leur niveau de l’été 2008. Les marchés européens sont au même niveau que 2003 (actif net) alors qu’une hausse de 20 % des bénéfices est possible. Les actions peuvent ainsi progresser sans que leur PER s’enflamme. La stratégie des haltères qui consiste à concilier actions de croissance de qualité et titres plus cycliques semble être la meilleure pour profiter de la hausse des marchés, tout en restant prudent.  »

 » Le moment est venu de sortir des emprunts d’Etat. « 

Bill O’Neill, responsable de la stratégie (Merrill Lynch Wealth Management)

 » Bonne année pour les actions, en particulier pour celles exposées à la Chine, l’Inde, la Malaisie, l’Indonésie et la Corée et pour les titres cycliques, industriels et les matières premières. Les éventuels resserrements monétaires au second semestre pourraient apporter un risque de choc brusque, mais de courte durée. Aussi, le moment est-il venu de sortir des emprunts d’Etat où les risques semblent particulièrement patents sur les courbes de taux américains et britanniques.  »

 » Le potentiel de performance des actions est encore important en particulier au Japon. « 

Matthieu Grouès, responsable stratégie et allocation (Lazard Frères Gestion)

 » Les autorités resteront prudentes alors que certains risques demeurent. Dans un contexte globalement favorable, les actifs risqués et les actions sont à privilégier. Certes, ces dernières ont beaucoup progressé depuis leur plus bas, mais les niveaux étaient aberrants ! Avec la poursuite de l’amélioration économique, le potentiel de performance des actions est encore très important, en particulier au Japon.  »

 » Les actions continuent d’offrir d’intéressants points d’entrée. « 

Gerhard Aigner, directeur général en charge de la gestion d’actifs (Raiffeisen)

 » Les actions continuent d’offrir d’intéressants points d’entrée. On peut s’attendre à une hausse mais il est plus prudent d’étaler les investissements et de profiter des phases de baisse. A l’échelle mondiale, les investisseurs disposent de liquidités considérables. Dans un contexte marqué par une faiblesse durable des taux d’intérêt, la demande pour des formes d’investissements plus rentables ne va cesser de s’intensifier au cours des prochains mois.  »

 » De bien meilleurs rendements pour les actions. « 

Daniel C. Peirce,  » senior global strategist  » (State Street GA)

 » En valeur absolue, les rendements sur bénéfice estimés pour 2010 sont autour de 5 % pour le Japon, de 6 à 7 % pour les Etats-Unis et 8 % pour Europe. Ces rémunérations sont bien au-dessus de celles des obligations gouvernementales ou d’entreprises dont la moyenne des rendements tourne autour de 2 % pour le Japon et les Etats-Unis, et de 3 % à 4 % pour l’Europe. Ces niveaux sont donc suffisants pour soutenir les actions aussi longtemps que les perspectives de profits reste saines.  »

Rachid Medjaoui,adjoint au directeur de la gestion (La Banque Postale AM)

 » La tendance sur les marchés actions ne sera pas aussi spectaculaire qu’en 2009, mais si on espère une performance à 2 chiffres, c’est sur les actions qu’il convient d’investir. Enfin, compte tenu de leur prix actuel, les obligations indexées sur l’inflation offrent une protection intéressante. Car, si nous n’envisageons pas une reprise à court terme de l’inflation, nous ne pouvons pas l’exclure à moyen terme.  »

 » Les Français restent trop peu exposés aux actions. « 

Jean-Patrice Prudhomme, directeur de la gestion sous mandat (Barclays Wealth Managers)

 » L’amélioration de la conjoncture devrait être plus modérée de part et d’autre de l’Atlantique alors que la croissance restera forte dans les pays émergents. Après avoir massivement placé leurs économies en produits monétaires et en obligations du fait de la crise, les particuliers restent trop peu exposés aux actions, alors que ce placement est l’un des plus rentables sur longue période.

 source les echos jan10

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