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Le coton a dépassé les 2 dollars la livre à New York pour se crasher par 2 fois : grosse volatilité et « hot » spéculation

Le coton a dépassé les 2 dollars la livre à New York pour se crasher par 2 fois : grosse volatilité et « hot » spéculation 

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Deux dollars la livre quand à l’automne dernier on était encore à 80 cents. Le prix mondial du coton a donc été multiplié par deux et demi en un trimestre. « C’est de la folie », lâche un négociant. Et « techniquement le marché à terme peut aller encore plus loin puisqu’on estime à 1 million et demi de balle de coton – soit 12 % de la production de coton des Etats-Unis – la quantité de fibre pour laquelle les filateurs n’ont pas encore fixé leur prix. »

Les filatures achètent toujours sur leur coton physique en fixant la quantité mais pas le prix, dicté par le marché à terme. Cette année, espérant une baisse providentielle des cours, ils ont attendu le dernier moment, pour le contrat de mars ; leur ruée, en fin de semaine dernière sur le marché à terme a ravivé la flambée ; et la même chose devrait se produire sur le contrat de juillet.

Rien ne semble pouvoir arrêter l’ascension des cours, depuis que les inondations dans les champs de coton au Pakistan, puis en Australie, et l’arrêt des exportations indiennes ont réduit les stocks de coton disponible à leur plus bas niveau en 15 ans, par rapport à la demande mondiale.

Une demande en forte progression, puisque la Chine a consommé 33 % de fibre de plus le mois dernier qu’en janvier 2010.

Les spéculateurs se sont emparés du marché du coton et les tentatives de régulation, par l’augmentation des dépôts de caution, sont restées sans effet, tant ils ont engrangés de profits. Ce sont les négociants qui tremblent aujourd’hui de peur que certains fournisseurs de coton ne les livrent pas au prix qu’ils ont inscrit sur leur livres il y a encore quelques semaines, ou que les filateurs refusent de payer le prix demandé.

Ceux qui n’ont pas encore la marchandise perdent leur chemise sur le marché à terme, à cause des appels de marge incessants.

 De son côté l’industrie textile ne pourra plus différer très longtemps des achats pour la collection printemps-été 2012 ; et ils risquent d’être onéreux.

 Quant aux cotonculteurs africains, ils regardent flamber les cours sans réellement en profiter puisqu’ils ont déjà vendu toute leur récolte.

Par Claire Fages rfi fev11

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