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Les nouvelles exigences de l’Egypte envers ses acheteurs de gaz

Les nouvelles exigences de l’Egypte envers ses acheteurs de gaz

Le nouveau gouvernement au Caire semble vouloir changer les vieilles habitudes dans le commerce de ses hydrocarbures. Jusqu’à présent l’Egypte fournissait du gaz à la Jordanie à un tarif préférentiel de 3 dollars par million de BTU, l’unité de référence sur les différents marchés du gaz. Mais le prix mondial est à 3.75, aujourd’hui. Le Caire profite donc de l’arrêt des approvisionnements, dû à une explosion au départ de son gazoduc, il y a un mois, pour imposer ses nouvelles exigences.

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La Jordanie ne devrait pas rechigner à négocier une petite hausse des prix, étant donné l’importance cruciale du gaz égyptien, qui garantit 80% de ses besoins en électricité. A présent la compagnie électrique nationale jordanienne remplace le gaz par du fioul dans ses centrales électriques, ce qui lui coûte, affirme-t-elle, plus de 4 millions de dollars supplémentaires par jour. 

Derrière l’approvisionnement jordanien se cache néanmoins pour l’Egypte l’approvisionnement vers Israël, également privé de gaz égyptien depuis l’explosion de début février, puisque le gazoduc se sépare en deux branches pour desservir les deux pays riverains du Jourdain. La fourniture de gaz à l’Etat hébreu, 40% de ses besoins électriques tout de même, a toujours été très polémique en Egypte, elle l’est d’autant plus aujourd’hui qu’une opposition moins conciliante envers Israël est parvenue au pouvoir, et que des soupçons de corruption en faveur des proches de l’ancien régime au Caire se font jour à l’examen des contrats entre les deux pays.

 

En outre, et le différend était déjà en germe depuis la fin de l’année dernière, l’Egypte souhaite étudier la légitimité des frontières maritimes de son voisin israélien, depuis que l’Etat hébreu a annoncé la découverte d’un deuxième champ gazier en mer, Léviathan, après un premier gisement géant offshore, Tamar, à même d’alimenter Israël en gaz pendant 35 ans. Le Caire ne peut pas fournir à nouveau la Jordanie sans reprendre en même temps ses approvisionnements vers Israël, ce serait un tollé. Alors, étant donné les besoins colossaux des Egyptiens eux-mêmes en gaz, étant donné les prix encore très déprimés du gaz à l’international, l’Egypte a tout intérêt à attendre encore un peu.

Par Claire Fages/ rfi mars11

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