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Business as Usual version Mao : Difficile de se fier aux chiffres chinois

Business as Usual version Mao :  Difficile de se fier aux chiffres chinois

Chassez le naturel et il revient au galop…..

 

Réalisée par la Banque suisse  Bordier & Cie. Une étude relève de nombreuses incohérences dans les statistiques fournies par la Chine.

Le manque de fiabilité des statistiques chinoises préoccupe les acteurs financiers depuis de nombreuses années. Malgré une volonté déclarée des autorités de mieux faire, il reste difficile de se fier aux chiffres publiés. Leur utilisation nécessite d’effectuer une série de recoupements préalables pour essayer de converger vers des ordres de grandeur plus proches de la réalité.

PLUS DE TRAFFIC DE CHIFFRES EN SUIVANT :

Bordier & Cie vient d’éditer une monographie sur les zones d’ombre de l’information quantitative de la République Populaire de Chine et les écueils à contourner.

L’étude rappelle que le vice-premier ministre lui- même, Li Keqiang, a peu d’estime pour les indicateurs relatifs aux PIB fournis par les provinces dont il dénonçait  il y a quelques années la production artisanale. M. Li admet, qu’à l’époque où il dirigeait le parti communiste de la province du Liaoning, il corrigeait les erreurs de ses services à l’aide de données relatives à la consommation d’électricité, au fret ferroviaire et au montant des crédits

La collecte des données est complexe et repose sur la structure administrative à trois niveaux  du pays: provinces, districts et cantons. Le gouvernement de la RPC dirige 22 provinces, 5 régions autonomes, 4 municipalités et 2 régions administratives spéciales (Macao et Hong-Kong). Le Bureau national des statistiques (NBS) traite les données en provenance de deux systèmes de collecte dont le personnel combiné compte environ 40.000 employés.

Tout comme Li Keqiang, les analystes vérifient la valeur des statistiques par recoupement des données entre elles. Par exemple au premier trimestre 2009, le taux de croissance officiel du PIB chinois était de 6,1% et au second de 7,9%. Or sur ce même semestre, les exportations avaient chuté de 21,8% et la production d’électricité de 2,24%. Une incohérence qui avait attiré l’attention des observateurs.

Les statistiques officielles de l’emploi résistent mal à l’examen. Selon Jacques Nicola, auteur de l’étude de Bordier, les chiffres officiels de chômage (4% entre 2003 et 2008) ne tiennent compte que des citadins enregistrés au chômage et ignorent les citadins non enregistrés et les paysans. L’écart avec la réalité serait du simple au triple. Le Bureau international du travail (BIT) avait également relevé que les statistiques officielles relatives aux salaires sont biaisées et contribuent à fausser la statistique de la hausse des salaires sur le plan mondial. Les chiffres officiels de la Chine concernant la croissance des salaires en 2009 était de 12,8%. Une enquête pilote initiale menée par le Bureau national des statistiques de la Chine, citée par le BIT, montre en réalité que les salaires annuels dans le secteur privé n’ont augmenté que de 6,6% en 2009

Goldman Sachs produit un guide pragmatique de la fiabilité des statistiques chinoises et y note la fiabilité attribuée à différents ensembles. La meilleure note – 5 – est attribuée aux chiffres du commerce extérieur (contrôlable par des tiers), la pire – 1 – aux statistiques de chômage. Les statistiques de PIB sont notées 3.

Comme le souligne Jacques Nicola, de nombreuses statistiques sont incohérentes et même sciemment faussées. Les autorités locales ont une forte tendance à gonfler leurs chiffres pour satisfaire les objectifs de croissance qui leur sont fixés par le gouvernement central. En conséquence, la somme agrégée des PIB publiés par les provinces est nettement supérieure au PIB communiqué par le NBS. Les chinois publient d’ailleurs leurs statistiques annuelles, avant la fin de l’année ce qui laisse pensif sur la méthode utilisée.

L’Assemblée nationale populaire a adopté en juin 2009 une loi sur le nouveau système statistique, entrée en vigueur au 1e janvier 2010. La loi prévoit de lourdes peines pour la falsification des statistiques et insiste sur un contrôle de cohérence entre les différents échelons de l’Etat et les bureaux officiels centraux. La situation devrait s’améliorer.

Cependant, comme le fait remarquer Carsten Holz, professeur à l’Université des Sciences et Technologie de Hong Kong et spécialiste des données chinoises, il faut tenir présent à l’esprit que le NBS n’est pas une institution indépendante et qu’il est profondément enraciné dans le parti au pouvoir.

Nicolette de Joncaire/agefi avril11

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