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Impot dégressif : De Paris à Zagreb, la pression fiscale épargne les hauts salaires

De Paris à Zagreb, la pression fiscale épargne les hauts salaires

0.5% of the world's population owns 38.5% of its wealth. This is insane.

De Paris à Zagreb, la pression fiscale épargne les hauts salaires Seule l’Espagne a un peu relevé son taux d’impôt maximal sur le revenu. La moyenne suisse atteint 33,8%

Est-ce la crainte de voir les riches contribuables changer de pays? Ou la lenteur des réformes? En dépit du mauvais état des finances publiques de nombreux pays, la pression fiscale se fait jusqu’ici très peu ressentir sur les plus hauts salaires. Malgré la quête effrénée et généralisée de nouvelles recettes, qui se matérialise notamment par une pression accrue des percepteurs d’impôts étrangers sur les clients des banques suisses, les gouvernements n’ont pratiquement pas modifié leurs barèmes maximaux de l’impôt sur le revenu. C’est le constat qui ressort de l’étude annuelle diffusée mercredi par KPMG.

Parmi les vingt premières économies mondiales (en termes de PIB), l’Espagne est la seule à avoir revu son taux maximal à la hausse. Le gouvernement de Zapatero a introduit de nouvelles catégories fiscales pour les particuliers à hauts revenus. Ainsi, les salaires supérieurs à 175 000 euros sont maintenant imposés à 45%, contre 43% précédemment. L’Espagne rejoint ainsi la Grèce et l’Allemagne au 17e rang européen. Un classement dominé par la Bulgarie, avec un taux plafond de seulement 10%, juste devant la Russie (13%) et la Serbie (15%). Au niveau régional, l’Europe de l’Est arrive largement en tête, avec une moyenne de 17%. C’est aussi dans ces pays que le taux d’imposition maximal a le plus baissé. La Hongrie, par exemple, vient de passer à un système à taux unique. Le plafond est ainsi réduit de moitié, de 32 à 16%.

Mais cet exemple n’est pas révélateur de la tendance globale. Au niveau mondial, seuls 15% des 96 pays examinés par la société d’audit ont ajusté leurs barèmes en 2010, relève l’étude de KPMG.

Dans cet immobilisme, la Suisse reste une excellente adresse en Europe, juge également le cabinet d’audit. La moyenne de l’ensemble des chefs-lieux cantonaux est de 33,8%. Ce qui place le pays au 11e rang européen, entre la Pologne et Malte. Mais les disparités cantonales subsistent. A l’échelle des villes, c’est Zoug qui est la plus attractive, avec une taxe sur les hauts salaires limitée à 22,8%. Zurich prélève, elle, 40% de ce type de revenus. Quant à Genève, elle est une nouvelle fois la cité la moins confortable dans ce domaine. Le taux d’imposition maximal atteint 44,75%.

KPMG souligne toutefois une distinction primordiale qui concerne la Suisse: le niveau de salaire pour lequel s’appliquent ces taux maximaux est largement plus élevé ici que partout ailleurs. Un résident suisse doit gagner 712 500 francs par année pour atteindre le plafond fiscal. Au Royaume-Uni, un revenu de 274 000 francs suffit pour payer 50% d’impôts. En Ukraine, le plafond de 17% intervient

Infographie. Sofia, adresse de choix

Par Servan Peca/le temps oct11

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